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CONSIDÉRATIONS SUR LE FÉMUR

Nous venons de voir que l’angle de la tête du fémur était plus obtus chez l’homme que chez la femme. Cette disposition accroît encore l’évasement des hanches que nous avons signalé chez la femme.

Il en résultera une sorte de gêne dans la marche, la projection en avant de chaque membre nécessitant un déplacement du tronc dans le même sens ; le col du fémur étant chez l'homme presque sur le même axe que le corps de l’os, la cuisse se dirigera verticalement vers le sol. Chez la femme, le grand trochanter étant fortement rejeté en dehors, le fémur se trouvera porté en dedans : aussi le parallélisme des membres inférieurs existera chez l’homme, tandis que chez la femme les cuisses forment un angle dont le sommet est au point de contact des genoux, qui sont dirigés en dedans.

Le fémur exécute les mêmes mouvements que l’humérus moins la circumduction. Nous avons vu que la tête de l’humérus n’était qu’en contact avec la cavité glénoïde (96) ; la tête du fémur, presque

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sphérique, est reçue dans une cavité très-profonde dans laquelle elle roule.

La tête du fémur est unie à la cavité cotyloïde par deux ligaments : le ligament inter-articulaire, sorte de cordon fibreux et la capsule qui enveloppe la tête de Los et s’insère au pourtour de la cavité cotyloïde.

Ces deux ligaments sont extrêmement lâches; l’on peut s’en assurer en se tenant sur un seul pied, la jambe opposée oscille sans efforts à la façon d’un pendule. Cette oscillation favorise singulièrement la marche, le membre se déplaçant sans avoir besoin de l’action musculaire. Quelle est donc la force qui maintient en contact les surfaces articulaires ?

Cette force est tout simplement la pression atmosphérique ; on peut s’en assurer sur le cadavre : si l’on vient à donner accès à l’air entre la tête du fémur et la cavité cotyloïde, le membre pend inerte, les surfaces ne sont plus en rapport, la tête de l’os se déplace, et il devient impossible de provoquer un mouvement régulier.

L’obliquité de l’articulation du fémur avec l’os iliaque, a pour résultat de décomposer les actions de la pesanteur en mettant le centre de gravité audessous de la ligne de suspension et en même temps d’amortir l’ébranlement produit sur le bassin par la chute sur les pieds, ébranlement qui eût pu causer les plus redoutables désordres dans les organes que cette cavité renferme.

C’est dans le but d’obtenir encore par l’obliquité une plus grande décomposition des secousses que F Instruction gymnastique prescrit dans les divers sauts en avant, en hauteur, profondeur, etc. (Section I, art. 1er, 74 et suivants), de toujours faire en sorte de tomber sur la pointe des pieds. Le

membre inférieur décrit alors une série de lignes brisées qui atténue considérablement l’impression du choc. Dans les chutes d’un lieu élevé sur les talons, le contre-coup produit inévitablement des fractures du fémur ou des os de la jambe ; si la tête du fémur résiste, elle peut produire un défoncement de la cavité cotyloïde ; mais grâce à son obliquité d’insertion, les fractures de l’os iliaque sont extrêmement rares.

Les mouvements permis à l'articulation du fémur avec l’os iliaque sont :

A. La flexion. Ce mouvement est le plus étendu.

B. L’extension. Ce mouvement ne peut pas comme pour le l'humérus produire la flexion en arrière, la capsule articulaire subissant dans ce sens une torsion qui produit un raccourcissement qui rend impossible la continuation de l’extension.

C. h’ abduction. Ce mouvement n’est limité que par la rencontre du bord supérieur du col du fémur avec la cavité cotyloïde.

ü. L 'adduction. Ce mouvement n’est borné que par le contact du membre opposé ; il peut être porté plus loin à l’aide d’une flexion, et les deux cuisses peuvent alors se croiser l’une sur l’autre.

E. La rotation, qui est le passage de l’un à l’autre des mouvements précédents.

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