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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE PIED

Le pied, de môme que la main, est composé de trois portions distinctes.

Ses usages chez l'homme ne sont plus les mêmes. De môme que pour la jambe comparée à l’avantbras, la mobilité n’est plus ici le but principal de la structure de l’organe; le pied doit servir à la fois de base de sustentation du corps en transmettant son poids total au sol par une surface dans les meilleures conditions possibles d’équilibre, et de levier pour la locomotion.

Voyons s’il remplit ces conditions :

Un simple coup d’œil suffit pour démontrer que les parties les plus pesantes, c’est-à-dire les organes ou viscères contenus dans les cavités, sont situées à la face antérieure du corps, de là une tendance naturelle aux chutes en avant. C’est pour éviter ces accidents que le plus grand prolongement des pieds est en avant, l’insertion des os de la jambe avec le tarse se faisant tout à fait en -arrière. Chez les animaux à deux pieds, comme les oiseaux, le corps étant en équilibre dans la position horizontale, la jambe s’articule de manière à répartir le poids du corps sur tout le pied également.

La saillie du talon a pour but d’avantager la puissance dont l’effet utile doit être le soulèvement du corps sur la pointe du pied pendant la marche. Nous avons ici un levier du second genre. La puissance est représentée par le tendon d’Achille , qui agit de bas en haut; la résistance est la résultante du poids total du corps transmis par le membre à l’articulation du tibia avec l’astragale, le point fixe est la pression exercée sur le sol par

les orteils. La saillie du talon est le signe distinctif de la race humaine. Elle diminue avec la perfection du type ; peu prononcée chez le nègre, elle devient peu apparente dans les espèces dégénérées comme le Boschiman.

L’articulation du tibia avec le tarse est organisée avec toutes les conditions désirables de mobilité et de solidité. J/articulation se faisant à angle droit, le poids est transmis directement sans fatigue aucune des ligaments. La flexion n’est bornée que par la rencontre de la mortaise formée par l’articulation tibio-péronière avec le col de l’astragale.

Dans l’extension, la poulie de l’astragale glisse d’arrière en avant sur la surface articulaire correspondante; ce mouvement n’est limité que par la rencontre du calcanéum avec les téguments qui enveloppent la région postérieure de l’articulation.

La multiplicité des os du tarse est la condition essentielle de sa solidité et de sa mobilité. Les chocs ou même la contraction des muscles si puissants qui agissent sur cette région, eussent amené de nombreuses fractures sans cette segmentation qui décompose les forces vulnérantes.

N’ayant entre eux qu’un simple mouvement de glissement, leur réunion peut développer la flexion, l’extension, l’adduction, l’abduction et même une sorte de rotation.

La disposition de la plante du pied en forme de voûte a pour but d’empêcher la compression des nerfs, des vaisseaux et des tendons de cette région. L’absence de concavité constitue le pied plat.

Nous avons vu que, dans la main, le premier métacarpien et le pouce étaient libres (108) et par

conséquent pouvaient être opposés aux autres doigts. Cetle nécessité n’existait pas pour le pied dont les orteils n’ont qu’un seul but, d’assurer le contact et par suite la fixité du pied avec le sol et ne sont pas appelés à servir d’organes de préhension.

Cette disposition est le caractère qui a été choisi comme type de distinction de l’homme qui, dans l'échelle animale, occupe le premier rang avec le nom d e bimane. Le singe qui lui fait suite est appelé quadrumane , les quatre extrémités ayant chez lui le pouce opposable, et servant la fois à la préhension et à la locomotion.

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