‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 106 sur 318 · CÉPHALOPODES · texte numérisé non relu

CÉPHALOPODES

Chez les Céphalopodes, le Poulpe surtout, on trouve , comme dans la plupart des Gastéropodes , un pharynx épais et charnu (pi. iv, fig. V , vni , a ) , dont le volume est considérable en proportion de celui de l'animal. Ce pharynx, logé dans l'intérieur et à la partie antérieure du cartilage céphalique annulaire, est extérieurement armé de deux fortes mâchoires cornées , qui cependant ne sont point articulées avec le cartilage ^ et qui ont la forme d'un bec de Perroquet. Ces mâchoires , composées d'une pièce supérieure et d'une autre pièce inférieure (pi. iv, fig. xvn ), sont douées d'une force musculaire puissante , et entourées , tant par un entonnoir charnu (lèvres) , que par la couronne des bras (fig. vni, f ). Dans l'intérieur de la bouche on trouve une petite langue cartilagineuse, aussi peu mobile ici que dans l'ordre précédent. Les conduits salivaires s'y ouvrent également. L'œsophage, qui est assez étroit (pi. iv , fig. vni , h) , traverse le cartilage céphalique et le collier médullaire , ce qu'il fait de bas en haut dans la situation naturelle de l'animal , qui a la bou-

(2) H.BuRMEiSTER, Beitrwge zur Naturgeschichte der rankenfueser. — Berlin , 1834, in-4o , 2 pi. Martin Saint-Ange . Mémoire sur l'organisation des Cirripèdes et sur leurs rapports naturels avec les animaux articulés. Paris, 183yi,in-4o, fig.

ORGANES DE LA DIGESTION

che tournée vers le bas , comme les Astéries etlesOm'sins. Il pénètre dans la cavité abdominale , où , chez la Seiche ordinaire , il se dilate en un vaste estomac muscnleux , communiquant par une ouverture assez étroite avec l'intestin. Celui-ci débute par une portion renflée , à laquelle s'insère un cœcum contourné en spirale , dans l'intérieur duquel la bile s'épanche , de même que chez l'Aplysie. Le cœcum décrit un tour et demi, et de plus il est toujours pourvu d'une valvule spirale , dont les tours sont nombreux et étroits. Dans le Calmar , l'estomac principal a la forme d'un long sac qui s'étend jusqu'au fond de l'abdomen.

Mais celui de tous les Céphalopodes qui se rapproche le plus des Aplysies , sous le rapport de l'appareil digestif, est le Poulpe (par exemple YOctopus moschatus). Chez cet animal , l'œsophage se dilate également en mie grande cavité ayant la forme d'un jabot ; vient ensuite un estomac peu distinct toutefois du suivant , puis l'estomac charnu ordinaire , auquel s'insèrent le canal intesti nal et en même temps le cœcum ordinaire, contourné en spirale (fig. vni,i kl m). L'intestin lui-même n'est jamais fixé par un mésentère dans les Céphalopodes; mais lui et l'estomac sont renfermés dans un sac péritonéal mince (fig. iv,n). Du reste , il est généralement assez court. C'est dans le Calmar qu'il a le moins de longueur , et , chez cet animal , son intérieur est garni de plis longitudinaux , ainsi que celui de l'estomac. Dans cet ordre de Mollusques il ne se contourne plus autour du foie , et il se termine , à peu près comme dans les Ascidies , en dedans de la grande ouverture infundibuliforme située à la région antérieure du cou (fig. IV , a) , par laquelle sortent les excréments, les œufs, la semence et l'encre.

Quant à ce qui concerne cette dernière, elle est le produit d'une bourse membraneuse, revêtue intérieurement d'une membrane villeuse , qu'on trouve dans la Seiche au fond de la cavité abdominale , et dans le Calmar , un peu plus haut, près du foie. Cette bourse du noir s'ouvre à l'extrémité du rectum même , par un canal extérieur , long dans la Seiche et le Poulpe (fig. viii , p ) , plus court dans le Calmar.

Les organes digestifs du Nautile ressem-

blent beaucoup à ceux des Seiches , d'après les recherches d'Owen (1). A peu près comme dans le Poulpe , l'œsophage se dilate en une large poche semblable à un jabot , et à laquelle succède l'estomac proprement dit, qui est fort etmusculeux. A cet estomac s'insère un appendice correspondant au cœcum en spirale, et qu'on peut comparer au pancréas. Enfin l'on trouve un intestin assez court , qui, après avoir décrit une seule courbure , s'ouvre sous l'entonnoir.

IIL Organes digestifs dans les animaux articulés.

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