‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 108 sur 318 · Annélides · texte numérisé non relu

Annélides

Il y a aussi, parmi les Annéhdes, des espèces dans lesquelles on n'aperçoit point de canal intestinal (Gordius), et d'autres (Planaria) chez lesquelles cet organe ramifié rappelle la structure qu'il offre dans les Distomes. Quelquefois le corps entier constitue un tube extrêmement long , ouvert à ses parties supérieure et inférieure, comme celui des Hydres; tel est le cas des Nemertes. Mais le plus souvent il y a un intestin long et droit , de même que chez les Enthelminthes nématoïdes. Ainsi le ver de terre â , comme l'Ascaride lombricoïde , une bouche en suçoir , derrière laquelle se trouve un pharynx charnu, un œsophage étroit , un petit jabot, et un estomac arrondi et charnu , semblable à celui de certains Gastéropodes, par exemple du Limnœusstagnalis. A cet estomac, dont la membrane interne est délicate et se détache aisément, succède un large intestin, ordinairement de couleur orangée, pourvu de nom- ■ breux plis transversaux et d'un renflement ^ longitudinal, et fixé à la peau, ainsi que l'estomac et l'œsophage , par un grand nombre de ligaments transversaux. L'anus s'ouvre à l'extrémité postérieure du corps (pi. v , fig. xn, XIII ).

Dans la Sangsue (Hirudo médicinalis) , la bouche est triangulaire et entourée de petits

rebords tranchants qni servent à entamer la peau. On trouve ensuite un fort pharynx charnu , qui est le principal organe à l'aide duquel l'animal suce le sang (1). Puis vient un estomac large . long , à paroi mmce , et assez solidement uni à la peau extérieure , dans l'intérieur duquel des cloisons transversales produisent plusieurs cellules qui communiquent ensemble par des ouvertures ovales. A peu près aux trois quarts de la longueur du corps , il naît de cet estomac , au moyen d'une ouverture infundibuliforme très-étroite, un intestin fort étroit, qui se dirige d'avant en arrière , entre deux appendices en cul-de-sac de l'estomac. L'anus est un petit trou situé au bord supérieur de la ventouse postérieure (2) (pi. v , fig. xvni).

Les organes digestifs sont plus développés encore dans les grandes espèces marines d'Anuélides, par exemple dans les Néréides , dont le pharynx , qui peut se renverser en dehors comme le sac stomacal des Astéries, est garni de petites dents cornées, situées en face les unes des autres et se remuant latéralement, et dont l'estomac lui-même se trouve muni de deux petits cœcums (pi. v , fig. xxn); ou dans les Amphitrites, par exemple, VAmphitrile ventilahrmn, dont l'estomac parcourt le corps entier , mais se contourne en spirale d'une manière remarquable, et est retenu en place à chaque tour par une petite cloison transversale membraneuse, semblable à celles qu'on voit chez le Ver de terre.

Les organes digestifs de V Aphrodite aculeata sont surtout remarquables par leur disposition toute particulière. A un court œsophage membraneux succède un long estomac , qui s'amincit en arrière , et dont les pa-

(1) Si une Sangsue, dont on coupe le corps derrière la tête, continue à sucer, ce n'est point une preuve que l'animal ne se nourrit pas par succion , mais c'en est une que cette dernière fonction se trouve remplie presque exclusivement par le pharynx.

(2) La digestion s'accomplit avec une lenteur remarquable chez ces animaux, dans le corps desquels le sang reste plusieurs mois sans subir de changements (Oken's Zoologie, tom. I, pag. 3G9). On trouvé quelque chose d'analogue chez un grand nombre d'animaux à sang froid des classes supérieures. Il faut considérer aussi comme un rapport avec des organisations moins élevées, l'habitude qu'ont les Sangsues de rendre leurs excréments bien plus souvent par la bouche que par l'anus, auquel aboutit un très-grêle intestin.

rois sont de nature cartilagineuse (pi. v, fig. xxv, a). L'intestin est droit et décrit seulement un petit arc derrière l'estomac. Les longs cœcums ramifiés qu'il reçoit de chaque côté (fig. x.xx, b) méritent d'autant mieux d'être notés , qu'ils rappellent non-seulement les vaisseaux nourriciers partant de l'estomac dans les Acalèplies , mais encore les vaisseaux hépatiques qui entourent ce même organe dans les Astéries.

Le canal intestinal du Siponcle est trois à quatre fois aussi long que le corps , et contourné en spirale.

Dans VArenicola piscatorum, le pharynx ne constitue point une masse musculaire ; l'œsophage a le huitième de la longueur du corps, et l'estomac en a le tiers : celui-ci est d'une belle couleur jaune , et partagé intérieurement en cellules profondes.

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