SYSTÈME REPRODUCTEUR
» c'est à peine si on l'aperçoit matériellement » sous les caractères d'embryon. »
Tous ces phénomènes se reproduisent de la manière la plus complète dans l'organisme animal. Nous trouvons des animaux où la propagation n'a lieu que par le détachement de rejetons dans lesquels une portion du corps de la mère apparaît de suite comme embryon matériel , où même elle s'accomplit par une véritable scission du corps de la mère en pkisieurs lambeaux. Chez d'autres , il se forme d'abord des organes différents, d'ordinaire dévolus à des individus divers, qui appartiennent plus spécialement, les uns à la vie végétative (organes femelles), les autres à la vie animale (organes mâles), et dont l'action réunie communique à une masse de matière organique primaire, préalablement émanée de l'organe végétatif, la faculté de régénérer en elle l'organisme animal tout entier, c'està-dire lui imprime le caractère d'un œuf dans lequel , comme dans la graine , et plus même encore qu'en elle, l'embryon n'existe qu'en idée (virtuellement), attendu qu'il faut un concours de certaines circonstances extérieures pour qu'il arrive à l'existence matérielle.
De même que , dans les plantes , la graine n'est pas toujours le produit du concours des étamines et du pistil , puisqu'il lui arrive fréquemment (par exemple,dan8 les Champignons, les Lichens , etc. ) d'être engendrée par un organisme végétal où cette opposition ne s'est point encore réalisée ; de même aussi , chez les animaux , la formation des œufs est trèssouvent le produit d'un corps dans lequel on n'aperçoit point encore de séparation matérielle entre les organes mâles et femelles , et qui par conséquent ne se montre animé que d'une faculté productive primahe.
Enfin les organismes, tant animaux que végétaux , ne doivent pas toujours naissance à d'autres organismes de même espèce qu'eux, et ils peuvent aussi être produits de toutes pièces par la matière organique primaire ou secondaire, par l'extinction de la vie dans d'autres organismes , et par la décomposition de ces derniers.
D'après toutes ces considérations réunies , nous pouvons donc présenter les divers modes d'origine des animaux sous la forme du tableau suivant.
par une matière organique indifférente.
par des organismes individuels vivants, et
par une matière animale primaire (créatîon). par une matière animale secondaire, provenant de la décomposition de corps individuels vivants ( génération spontanée }.
par division du corps maternel en plusieurs parties, qui deviennent autant d'individus nouveaux ( reproduction par scission ).
immédiatement, l'embryon sortant du corps maternel sous la forme d'un bourgeon ( reproduction par gemmation.i)
par formation d'une masse particulière de matière organique primaire , qui produit l'embrj'on, soit
sans opposition asexueUe).
de sexes ( génération
médiatement par le moyen de l'œuf, qui naît :
par opposition de sexes (génération sexuelle).
simple ; chez les hermaphrodites parfaits , qui se fécondent eux-mêmes, double; chez les hermaphrodites qui ont besoin de se féconder muluellement.
résultat du concours de deux individus d'un sexe différent.
Mais si les divers modes de développement des plantes , par tubercules , bourgeons et graines , se réduisent , en dernière analyse , à un seul , il en est de même aussi pour ceux des animaux. On n'aura pas de peine à s'en convaincre si l'on réfléchit que la génération sexuelle nousramène à la génération asexuelle, le germe qui a besoin d'être fécondé appartenant davantage à l'organe femelle ou végé-
tatif, que l'œuf se développe dans l'organe femelle comme un rejeton de cet organe , qu'ainsi la génération asexuelle conduit à la reproduction par gemmation;, et cette dernière à celle par scission, les gemmes ou bourgeons faisant primitivement partie intégrante du corps maternel , enfin que tous ces modes d'engendreraent ne peuvent avoir d'autre source que la matière organique primaire
reproduite , laquelle se rattache en dernière analyse à la matière primaire elle-même. Cependant ces distinctions vont nous être utiles dans les considérations auxquelles nous allons nous livrer, et nous remarquerons que le mode le plus simple d'engendrement appartient aux classes inférieures, tandis que la génération sexuelle surtout se rencontre dans les classes supérieures , avec des modifications très-diversifiées.
Du reste , cette section sera partagée en deux chapitres. Dans le premier j'examinerai les organes destinés à la production d'organismes nouveaux , et auxquels se rattache une modification particulière du toucher , qu'on pourrait désigner sous le nom de sens génital, à peu près comme une autre modification de ce sens constitue celui du goût , qui est lié aux organes digestifs. Dans le second chapitre, je traiterai du développement des nouveaux organismes eux-mêmes.