‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 201 sur 318 · A. MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

A. MOLLUSQUES

XXXI. Comme j'ai déjà fait remarquer, d'une manière générale , que cette classe se distingue surtout par un plus grand développement de l'anneau nerveux primaire , il importe de rechercher d'abord à quoi l'on reconnaît que cet anneau s'est développé davantage.

Or , le plus ou moins de volume d'une masse médullaire centrale et son plus ou moins de développement dans l'endroit qui convient le mieux à la moelle nerveuse, c'est-àdire au côté lumineux ou tergal de l'animal , sont immanquablement les circonstances qui attestent qu'elle se trouve à un degré plus ou moins élevé d'organisation.

Sous le premier point de vue , un anneau nerveux primaire est d'autant moins développé , qu'il contient plus de ganglions , et que ceux-ci sont à la fois plus égaux et plus petits. Il l'est d'autant plus , au contraire , qu'il renferme moins de ganglions , que l'un d'entre eux prédomine davantage sur les autres, et que même on n'en compte qu'un seul.

Sous le second point de vue , la formation de l'anneau nerveux primaire est au plus bas degré lorsque ses ganglions se développent sans indiquer encore une distinction entre

côté lumineux et côté terrestre, côté droit et côté gauche, et qu'ils apparaissent soit exclusivement , soit du moins plus volumineux , au côté terrestre de l'animal. Elle est au plus haut degré , quand le ganglion du côté lumineux surpasse les autres en volume et en développement , à plus forte raison lorsqu'il est seul.

On conçoit du reste que les nerfs rayonnants propres aux ganglions suivent pas à pas ces derniers dans leur développement , car les rayons doivent être déterminés par le centre. Donc, quand les ganglions acquièrent plus de développement , leurs nerfs et surtout les terminaisons périphériques de ces derniers , c'est-à-dire les organes sensoriels , doivent en prendre aussi davantage.

Les considérations auxquelles je me livrerai plus loin feront voir comment ces différences se trouvent réalisées dans les divers ordres de Mollusques. Elles démontreront en même temps qu'un accord parfait règne entre la perfection de l'organisation générale et le développement du système nerveux , de sorte que cette dernière circonstance suffit pour justifier la place plus ou moins élevée qu'on accorde à telle ou telle famille dans le système zoologique.

XXXII. En passant aux spécialités du système nerveux dans les Mollusques , il ne faut pas perdre de vue que notre but principal est de mettre ea évidence la conformation légitime de la partie la plus essentielle de ce système , c'est-à-dire de l'anneau nerveux primaire. D'après cela , nous devons d'une part choisir, parmi les innombrables formes individuelles , celles qu'on peut surtout considérer comme caractéristiques , d'un autre côté faire abstraction de la manière dont les autres nerfs se distribuent dans le corps , où nous trouverions déjà çà et là des vestiges de multiplication de l'anneau primaire et en général de conformations plus compliquées. En effet, on n'oubliera point que je me propose ici de faire ressortir la véritable légitimité de l'organisation animale , et que je manquerais mon but si j'allais me perdre dans le dédale des formes infiniment variées de la nature , dont l'anatomie philosophique doit toujours supposer que l'anatomie descriptive et comparative a déjà indiqué les pruicipales.

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