CiRRIPÈDES
CCLXXXV. Parmi les Mollusques pourvus de membres , les Cirripèdes annoncent leur infériorité par le défaut de séparation entre la tête et le corps , l'absence d'organes sensoriels à la tête, et la fixation de leiu- corps. Ils n'ont également qu'un dermatosquelette simple, portant le type de la sphère squelettique primaire , et en général divisé d'une manière géométriquement très-régulière.
Ainsi, par exemple, dans les Coronules et les Balanes , la coquille se divise d'après les nombres quatre et six , c'est-à-dire qu'elle se partage autour de la bouche en quatre et autour du corps en six pièces (fig. ix). Cette diversité dans le mode de division des régions antérieure et moyenne du corps pourrait être considérée comme indice d'une séparation du dermatosquelette général en moitié appartenant à la tête et moitié appartenant au tronc. La formation tout entière se rattache manifestement encore à celle des Echinides, ainsi que Goldfuss en a déjà fait la remarque.
CCLXXXVI. La formation de la coquille
SQUELETTE DES MOLLUSQUES
est fort analogue dans les Lepas ; seulement ici, la sphère creuse , qui continue toujours à être la forme fondamentale, se partage essentiellement, dans le sens de son axe , déterminé par le canal intestinal , en trois segments, deux latéraux et un tergal (fig. vni), dont les latéraux se subdivisent à leur tour (surtout dans la Lepas anatifera) en deux autres , l'un plus grand , l'autre plus petit (2, a, b), de sorte que, somme totale, on compte cinq pièces à la coquille. Dans la fente longitudinale entre les deux pièces latérales divisées , se trouvent la bouche (a) et l'anus (;S) ; l'animal est adhérent à la région de la bouche , comme l'Oursin vivant porte aussi toujours sa bouche tournée vers le bas , et à partir de là l'enveloppe coriace ( qui , dans l'origine , est fixée immédiatement sans pédicule ) se prolonge en un tube par le moyen duquel l'animal adulte tient au rocher , comme par une sorte de cordon ombilical.
Quant aux six paires de bras cornés de ces animaux, on doit les considérer comme des lames branchiales desséchées et fendues ; ils font saillie dans la fente longitudinale a fi, de même que les lames branchiales des Pélécypodes entre les moitiés latérales de la coquille. Ce phénomène est fort remarquable, parce qu'il nous offre le premier exemple de la métamorphose des branchies en pieds, que nous retrouverons toujours chez les animaux articulés. Il est très-significatif aussi que la substance cornée se manifeste dans un dermatosquelette calcaire. Du reste, il n'y a encore de véritables branchies qu'à la base des premières paires de membres, c'est-à-dire des plus rapprochées de la tête.
Un rudiment de splanchnosquelette est indiqué aussi, presque comme dans lesBullées, par de petites dents cornées à l'orifice de la bouche.
CCLXXXVII. Si la forme des coquilles de Mollusques dont il a été question jusqu'ici nous offre la scission de la sphère squeletlique primaire , tantôt en deux moitiés latérales, tantôt en une moitié tergale et une moitié ventrale, enfin en six segments qui la divisent dans tout son pourtour, les Tubicinelles présentent une autre modification de la sphère creuse primaire qu'on ne concevra bien que quand on connaîtra la manière dont l'animal se développe. La partie essentielle
du squelette est bien encore, comme dans les Coronules et les Balanes , une sphère creuse devenue conique et partagée longitudinalement en six pièces ; mais la force et l'épaisseur de cette sphère vont en augmentant depuis la base de l'animal jusqu'à l'orifice buccal , au lieu daller en diminuant comme dans les Balanes, et de plus elle forme , de distance en distance , des renflements globuleux (qui augmentent peut-être pendant la vie) , de manière que le tout semble déjà* prendre le type d'un animal articulé
(fig. XIX j.