Sens pour le rapport chimique de la masse : Goât
3. Sens pour le rapport thermo-électrique ou dynamique de la masse : Sens de la chaleur (2).
B. Sens qui agissent à distance, et ne sont susceptibles que de perceptions médiates. Comme ils doivent également se rapporter aux trois dimensions du monde extérieur, on en compte aussi trois , qui sont des répétitions et des perfectionnements des trois précédents.
1. Sens pour le mouvement interne (vibration) de la masse qui se propage à travers des milieux extérieurs : Ouïe.
2. Sens pour les émanations et les changements de composition d'une masse dans les milieux qui entourent l'être sentant : Odorat.
3. Sens pour la tension photo-électrique de la masse , c'est-à-dire pour celle qui produit la lumière dans les milieux extérieurs : Vue.
De ces six sens, le toucher , le goût et celui de la chaleur sont inférieurs , et ils se rattachent à des organes qui appartiennent encore immédiatement à la vie de nutrition, la peau et l'intestin. L'ouïe, l'odorat et la vue, au contraire, sont des sens supérieurs; ils supposent des organes particuliers pour leur développement complet , se rattachent d'une
(2) C'est à tort que l'on confond ensemble le sens à l'aide duquel nous apprécions la chaleur et celui qui nous fait jugerdela manière dont les corps remplissent l'espace. J'éprouve évidemment des sensations tout à fait différentes quand j'approche ma main du feu et quand je la pose sur un corps solide , quand je me sers du toucher pourjuger de la température ou de la forme d'un objet. De ce que ces deux formes de sensation sont toujours unies ensemble dans un même organe, c'està-dire dans la peau , 11 ne s'ensuit pas ([u'elles ne constituent qu'un seul sens , une seule manière de sentir; c'est seulement une preuve qu'elles occupent un degré peu élevé dans l'échelle de la sensibilité, puisqu'elles n'ont point encore pu se séparer et s'isoler l'une de l'autre.
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TRAITÉ DANATOMIE COMPAREE.
manière plus intime au système nerveux et au névrosquelette , et ont par conséquent leurs foyers dans les appareils nerveux les plus parfaits, dans le cerveau (S 85).
Comme il résulte de là que la surface cutanée , interne ou externe , est la partie aux dépens de laquelle se développent dans l'origine tous les organes des sens , nous nous trouvons conduits naturellement à d'autres principes encore par rapport à la formation primitive d'un organe sensoriel. Dès qu'un système nerveux spécial se manifeste , le nerf est , de toute nécessité , l'un des facteurs essentiels de l'organe du sens , et la peau est l'autre. Toutes les fois que l'extrémité d'un nerf entre en contact avec la peau , le tissu de celle-ci s'épanouit en quelque sorte , elle s'élève à un plus haut degré de développement, et l'on voit apparaître une papille nerveuse. C'est à ce degré que s'arrête l'organe du toucher et du sens de la chaleur, ainsi que celui du goût, même lorsqu'il a acquis le plus de perfection. Mais dès qu'un nerf particulier, uniquement consacré à un genre de sensations, vient à se développer vers l'organe cutané, la papille acquiert une organisation plus complexe; elle se gonfle, il s'y forme des cavités remplies tantôt de certains liquides indifférents , tantôt d'air , qui s'ouvrent même, jusqu'à un certain point, à l'extérieur, et l'on voit alors paraître les organes que nous appelons olfactif, visuel et auditif, organes pour tous lesquels , même quand on les observe au maximum de perfectionnement^ on démontre aisément qu'ils procèdent d'une papille nerveuse , pourvu qu'on prenne la peine de pénétrer assez avant dans leur histoire.