‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 120 sur 129 · Lignes bicourbes , pro- 6. Surfaces terminées uni · texte numérisé non relu

Lignes bicourbes , pro- 6. Surfaces terminées uni

duites par la combinaison de quement par des courbes sucourbes supérieures. périeures ( comme celle d’une

forme ovalaire aplatie dans le sens de sa largeur ).

DCCCXCYI. Dès qu’on a bien dans la tête cette gradation de la dignité des lignes , l’examen de la formation squelettique chez l’homme fait apercevoir un phénomène remarquable, savoir, que tous les os humains normalement développés sont terminés par des lignes et dés surfaces d’ordre supérieur, , comme l'exige la symétrie essentielle nécessitée par des

(i) Qu’on trace un cercle sur une feuille de papier , et qu’ensuite on roule cette feuille sur elle-même, il en résultera une double courbure de la ligne circulaire.

600 PARTICULARITÉS du squelette chez l’homme. causes élevées ; tandis que , chez les animaux , ces limites sont visiblement formées par des lignes inférieures en dignité. La différence est si prononcée que tout individu qui , même sans être versé dans l’anatomie , se serait exercé l’œil à saisir les rapports de délimitation linéaire dominans chez l’homme , pourrait arriver sans peine à distinguer des os humains et des os d’animaux , uniquement en comparant les principes différens de la conformation des uns et autres (1).

(i) L’étnde des détails da squelette humain , envisagé sons ce point de vue , conduit aux plus intéressans résultats. Pour me rendre un peu pins clair, je renvoie aux fig. vxr à xix, pl.xxvxrr, qui représentent des contours exacts, dessinés en appliquant les surfaces osseuses sur le papier ; l’esquisse du corps de la vertèbre de Poissons , .fig. x, représente un cercle pur, tandis que , dans celles du corps de la vertèbre cervicale du Crocodile, fig. xr, et du Vautour brun, fig. xii, on voit déjà se joindre aux lignes droites des courbes supérieures, qui demeurent dominantes dans les corps, de la première vertèbre dorsale du Babouin , fig. xm , jusqu’à ce qu’enfin la vertèbre lombaire du même animal , fig. xiv , b} offre des courbes supérieures réunies avec des segmens de cercle , mais cependant encore d’une manière un peu brusque, tandis que, dans le corps de la vertèbre lombaire humaine, fig. xrv, a, les limites sont uniquement formées par des courbés supérieures qui se fondent ensemble avec harmonie. La même gradation s’observe aussi dans les contours des os des membres , comme on peut s’en convaincre en comparant le diamètre à peu près circulaire encore du fémur d’un Perroquet, fig. iv, avec celui d’un, fémur de Phoque , 'fig. vint , déjà circonscrit par des courbes supérieures , et enfin avec celui du fémur humain , fig. vu, qui offre manifestement une combinaison de courbes supérieures. Cette particularité delà formation squelettique humaine se reproduit jusque dans les parties les plus intérieures et les plus déliées , comme le prouve une observation extrêmement intéressante d’A. Meckel, qui a trouvé que les canaux demi-circulaires du rocher de l’homme différaient d’une manière bien tranchée de ceux des animaux par leur courbure plus complexe et en même temps latérale (double courbure), tandis que ceux des animaux n’offrent qu’une simple courbure circulaire. Que l’on compare également les belles courbures doubles des os des membres, des côtes, et même du crâne de l’homme, où les lignes droites sont réservées aux seules divisions exigées sur la ligne médiane par la symétrie, avec les parties correspondantes des animaux , qui se terminent par des lignes droites , par des lignes circulaires, même par des angles , n’offrant jamais que partiellement des courbes supérieures , et l’on se convaincra de plus en plus que la proposition émise précédemment est vraie jusque dans les plus petits détails.

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DCCCXCVII. Si maintenant nous embrassons d’un seul coup d’œil les rapports des diverses parties du squelette les unes avec les autres , nous arrivons aussi , sous ce point de vue , à reconnaître chez l’homme une conformation beaucoup plus élevée et plus belle que chez les animaux. Pour mieux s’en convaincre , on n’a qu’à prendre la colonne deutovertébrale tout entière , qui enveloppe les grandes masses centrales du système nerveux , et la contempler depuis la dernière vertèbre caudale jusqu’à la vertèbre faciale antérieure , en la séparant de tous les arcs costaux qui s’y rattachent , tant au tronc qu’à la tête , et lui donnant la direction quelle a chez l’homme placé debout et jouissant pleinement de l’énergie vitale. Cela fait , qu’on me suive dans ce que je vais dire des particularités que cette colonne présente sous le rapport de sa conformation.

DGCCXCVIII. Combien n’est-on pas frappé d’abord de l’oblitération de la colonne vertébrale rachidienne, et du développement des grandes deutovertèbres du crâne , dont l’enveloppe quelles fournissent au cerveau ne se répète qu’ici par un dépôt de phosphate calcaire autour du cerveau dans le cerveau lui-même , c’est-à-dire autour delà glande pinéale. En oblitérant le rachis et faisant entièrement disparaître son membre terminal impair , la nature ne donne-t-elle point à entendre que le mouvement doit y être subordonné à la sensibilité et diminué? Ne s’ensuit-il pas qu’il y a un caractère mimique et moins de dignité dans les mouvemens du rachis, dont la courbure indique la faiblesse et la soumission, puisque les forts mouvemens latéraux et les contorsions du rachis ont été reconnus pour n’être point beaux long-temps avant qu’on soupçonnât la signification physiologique de ce pressentiment î Combien donne à réfléchir la belle légitimité des proportions numériques au rachis, où restent libres, pour les quatre régions supérieures du tronc , 4X 6 vertèbres rachidiennes, qui à leur tour se divisent en 2 X 12 , et chaque 12 en ô + 7, nombres dont la source élevée a été démontrée précédemment ! Il n’y a pas jusqu’à l’oblitération des intercorps de vertèbres qui n’ait une haute signification, ainsi que la soudure des vertèbres sacrées , résultant d’un antagonisme avec les vertèbres crâniennes.

602 particularités du squelette chez l’homme.

DCCCXCIX. Si nous portons ensuite nos regards sur la formation des parties de cette colonne vertébrale entière , combien ne sommes-nous pas frappés d’y voir les tritovertèbres parallèles inférieures prédominer et les deutovertèbres s’oblitérer tout-à-fait vers l’extrémité inférieure ( pôle du mouvement ) , par antagonisme avec le développement exclusif des deufovertèbres de la face ( pôle du sentiment ) , où les corps de vertèbres ont disparu tout-à-fait , et avec le développement extraordinaire des deutovertèbres au crâne ( pl. xxxi , fig. v, i, h, m ) , où l’on ne trouve plus aucune trace de tritovertèbres rayonnantes , qui ont pris au contraire tant d’extension à la région inférieure de la colonne vertébrale (1).

DCCCCH. On ne doit pas moins avoir égard à la direction de toute cette colonne vertébrale, qui ne peut également point être celle de la ligne droite , de sorte que , comme la flexion latérale ne s’accorde point avec la symétrie, on voit apparaître celle d’avant en arrière et d’arrière en avant, et finalement celle de haut en bas, d’après des courbes d’une beauté particulière et d’une grande diversité. A l’égard des courbures en avant qu’affectent les extrémités supérieure et inférieure, de la colonne vertébrale , on doit les considérer comme des restes de la courbure primordiale de la colonne entière sur le jaune ( voy. pl. xxii , fig. xxiv , ou , pour la juger d’après ce qu’elle est dans la nature , la figure qu’en a donnée Baer , De ovi mammalium et hominis genesi , fig. 7 et VIIb ). Ce sont aussi des choses très-significatives , que la courbure supérieure soit la plus forte , que son point de culmination devienne la vertèbre centricipitale ( correspondante à la masse cérébrale moyenne, qui est à proprement parler la première dans l’ordre d’apparition), enfin que le nombre des flexions

(i) La connaissance des parties élémentaires du squelette étant fort utile pour l’intelligence des diverses gesticulations et contorsions mimiques et artistiques de la forme humaine, il me suffit de faire remarquer que, dès les ' temps les plus reculés , un pressentiment du rapport dont je traite ici a fait regarder la parure de la tête par.des crêtes ou des pointes saillantes sur la ligne médiane comme l’expression figurée de la force physique, et l’implantation, au contraire, de cornes sur les côtés de la tête elle-même , comme celle de la prédominance d’une nature animale, ou même de la bestialité.

PARTICULARITÉS DU SQUELETTE CHEZ l’hOMME. 6o3 comprises entre les courbures supérieure et inférieure corresponde à celui dès régions principales du tronc ; car une flexion plus courte d’arrière en avant correspond à la région cervicale , une autre plus longue d’avant en arrière aux ré • gions thoracique et épigastrique , et une troisième plus courte d’arrière en avant à la région hypogastrique. Un calcul exact du rapport normal de ces flexions serait un problème extrêmement intéressant (1).

i DGCCCI. Une autre circonstance , fort remarquable encore , consiste en ce que les parties de cette colonne vertébrale , notamment celles qui sont le plus développées , c’està-dire les vertèbres céphaliques, offrent, dans les limites d’une forme normale propre à l'espèce humaine , des variétés individuelles de conformation, qui peuvent également conduire aux recherches les plus importantes. Ainsi, quelle diversité dans la formation de la vertèbre, spécialement de la tête , et dans les courbes des inflexions de la colonne vertébrale, pour peu même que nous nous bornions à comparer les conformations d’homme et de femme qui méritent, à proprement parler , l’épithète de belles ! Il ne faut pas perdre de vue qu’une juste appréciation de la signification des parties élémentaires du crâne peut seule frayer la voie à une crânioscopie scientifique. Car , reconnaître qu’ originairement chacune des trois grandes vertèbres crâniennes correspond à une masse cérébrale , que chaque masse cérébrale est primordialement parallèle a l’un des côtés des perceptions sensorielles (ouïe, vue, odorat), élémens de notre développement intellectuel ,

( i) La perfection dè la courbure de la colonne vertébrale chez l’homme est cause que les vertèbres nasales s’infléchissent de haut en bas, suivant la même direction que celle d’après laquelle les særtèbres cervicales se courbent pour aller joindre la tête. Dé là aussi la conaition de la beauté particulière du profil humain , et l’énorme distance qui le sépare de celui des animaux , chez lesquels il arrive souvent encore que la colonne vertébrale soit étendue sur le même plan, et marche par conséquent en ligné droite.

Le calcul du rapport normal des courbes de la colonne vertébrale dorsale . résoudrait plusieurs autres questions, et par exemple ferait connaître quelle est, à proprement parler, l’inclinaison normale du bassin, qui dépend entièrement de la flexion d’avant en arrière des vertèbres sacrées.

6o4 PARTICULARITÉS DU SQUELETTE CHEZ LHOMME. que l’un ou l’a/utre côté peut prédominer dans telle ou telle in~ dividualitè , et que sa prédominance s’ exprimera au dehors par un développement plus considérable de la vertèbre crânienne correspondante , c’est choisir un tout autre point de vue , et s’ouvrir de tout autres vues , que quand on prétend fonder la crânioscopie sur la doctrine arbitraire et véritablement absurde en saine philosophie , qui place , avec Gall, les organes de l’âme à la surface du cerveau (1).

DGCCCII. Nous trouvons matière à des considérations non moins importantes lorsque nous contemplons la série entière des arcs protovertébraux du squelette humain , en remontant depuis les arcs destinés aux membres pelviens jusqu’aux arcs costaux de la face. D’abord on est frappé du haut degré de légitimité pure , c’est-à-dire de correspondance parfaite avec la signification primordiale , qui s’observe dans la puissante prédominance des grandes protovertèbres du tronc sur les petites protovertèbres de la tête , des proportions exactement inverses qu’offrent les deutovertèbres , et de la manière dont cette subordination des côtes faciales est la condition de la beauté particulière de la face humaine (2).

DCCCCIII. Je serais entraîné beaucoup trop loin si je vou-

(1) Gall a bien reconnu, avec le coup d’œil du génie , qu’une certaine forme de crâne se rattache à certaines particularités intellectuelles; mais, en voulant appliquer sa découverte , il a commis l’erreur d’assigner pour siège à ces particularités intellectuelles tels ou tels points isolés de la surface dn cerveau, ce qui lui a fait perdre de vue les rapports et la signification du tout. Sa conclusion n’était pas moins absurde que ne le serait celle d’un homme qui, ayant observé que les fous aiment à se coavrir de vêtemens bizarres, assignerait ces vêtemens pour siège à leur folie. Apprécier exactement des faits authentiques recueillis jusqu’à ce jour sur la crânéioscopie ,et les rapporter à la doctrine des parties primaires dn squelette delà tête, serait également un problème mgne de l’avenir.

(2) Dans la conformation humaine ordinaire, la côte faciale antérieure fait un peu saillie en avant de la voûte de la vertèbre crânienne antérieure ; aussi l’angle facial de Camper ne s’élève-t-il pas tout-à-fait à 90 degrés. On n’en est que plus frappé du profond sentiment qu’avaient de la signification physiologique des formes, les artistes de l’antiquité, qui, lorsqu’ils avaient à représenter l’idéal de la forme humaine , portaient cet angle facial jusqu’à 90 degrés.

PARTICULARITÉS DU SQUÈLÈTTE CHEZ l’hOMME. 6û5 lais poursuivre la forme particulière des divers arcs costaux ; mais du moins ne puis-je me dispenser de signaler les points suivans :

1° La délicatesse des rapports par lesquels la différence sexuelle s’exprime , précisément chez l’homme , dans les protovertèbres qui correspondent à la sphère végétative. Il suffit de rappeler , à cet égard*, la conformation, si différente dans les deux sexes , des os pelviens, des côtes, des clavicules et des côtes céphaliques.

2° La perfection avec laquelle les trois paires de côtes faciales répètent le thorax du tronc dans la tête , et le répètent également avec plus d’étendue en largeur que chez les animaux.

3° On voit manquer ici , parce qu’elles se rapprochent trop de celles des deutovertèbres , les formes des' rudimens des protovertèbres auxquels il arrive si souvent de constituer sous le rachis des anneaux qui enveloppent les organes centraux de la vie végétative ; mais , en revanche, les arcs enveloppant les artères vertébrales,, qui sont formés des pièces tergales supérieures et inférieures des protovertèbres de la région cervicale, se reproduisent en quelque sorte à une puissance supérieure , et se répètent deux fois.

DGCCCIY. Si maintenant nous passons aux membres , quelle énorme différence ne trouvons-nous point à leur égard ! Combien est remarquable la disparition totale des membres impairs , qui primordialement avaient été les premiers à paraître î Quels perfectionnemens et quelles modifications offre , dans sa configuration , la tritovertèbre diconique , qui , chez l’homme aussi , fait la base de tout squelette de membre ! Le puissant développement des membres , surtout au tronc , n’est-il pas en harmonie avec la signification du mouvement qui réside en eux? Le peu de développement des membres céphaliques, comparé à celui des vertèbres crâniennes , ne correspond-il point à la prédominance de la sensibilité dans la tête , qui finit même par abolir presque entièrement la mobi üité. dans les membres céphaliques du côté lumineux, c’est-à-d lire dans les cartilages auriculaires , et par là s’oppose aussi ià ce qu’il se développe en eux des tritovertèbres ossifiées ?„

606 particularités du squelette chez l’homme.

DCCCCV. Enfin , à quel point n’est-il pas significatif que l’homme soit le seul chez qui l’importante différence entre une paire de membres affectés à la région pelvienne, à celle delà respiration aqueuse pendant la vie foetale , et une autre paire appartenant à la région thoracique , à celle de la respiration aérienne parfaite , se prononce d’une manière à la fois si belle et si convenable , et où les premiers de ces membres soient affectés à la fonction inférieure de la locomotion , tandis que les autres le sont à celle bien supérieure d’un mouvement sensible , c’est-à-dire de la palpation ! Sans parler d’une foule d’autres questions, qui devraient être examinées dans uni ouvrage spécial , mais que je suis forcé ici d’abandonner à la sagacité du lecteur.

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