‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 20 sur 129 · CIRCONSTANCES GÉNÉRALES DE GE DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES GÉNÉRALES DE GE DÉVELOPPEMENT

XXL L’animal vit comme unité, c’est-à-dire comme un tout, et il vit aussi comme pluralité , c’est-à-dire dans ses diverses parties. Les systèmes qui représentent le mieux l’animal dans son unité ont été désignés sousl’épithète d'animaux proprement dits, etceux par lesquels se manifestent tantla diversité du corps 'animal dans l’espace que la diversité de ses métamorphoses dans le temps , l’ont été sous celle de plastiques ou végétatifs.

Lés plus essentiels de ces systèmes sont , parmi ceux de la sphère animale , le système nerveux , ç’est-à-dire la forme de la distribution légitime et fixe de la moelle nerveuse ; parmi ceux de la sphère végétative , le système vasculaire , c’est-àdire la forme de la distribution légitime et toujours variable de la masse du sang dans le corps.

XXII. L’idée de l’unité de l’animal ne peut se représenter , dans le système nerveux , que par suite d’une relation et d’une subordination d’un grand nombre de parties à une seule ; car

lorsque chaque partie est égale à l’autre, et qu’aucune n’a de rapport aux autres , il y a pluralité , mais il n’y a point unité.

Ainsi , pour que les divers systèmes nerveux de l’animalité représentent une série de développemens de bas en haut , il faut que le dernier membre de la série représente la plus grande pluralité , et le premier l’unité absolue.

XXIII. Il résulte donc de là que le degré le plus inférieur de répartition de la substance nerveuse doit être celui où une pluralité absolue et une parfaite uniformité président à la distribution de cette substance dans le corps entier , c’est-àdire OÙ elle n apparaît point encore comme système particulier , et où elle ne se distingue pas de la substance ponctiforme animale primaire ou générale (pl. xvi , fig. i , A).

Un système nerveux proprement dit n’apparaît que quand la moelle nerveuse se sépare de la masse commune du corps , et devient une partie distincte. La forme de cette partie peut varier extrêmement , mais ce quelle doit toujours avoir d’essentiel , c’est de représenter une unité , précisément parce que le système nerveux doit représenter l’unité dans l’animal.

XXIY. Mais la plus simple expression du rapport de la pluralité à l’unité est le type de celui qui existe entre les rayons et le point central. Les rayons et le centre , qu’on appelle nerfs et ganglions dans le système nerveux , sont donc les deux premiers facteurs de tout système nerveux , quelque forme qu’il puisse affecter. Mais s’il ne se développait qu’un seul ganglion dans le corps animal , ganglions et nerfs rayonnans demeureraient les seules formes de la moelle nerveuse. Si , au contraire , il se développe plusieurs ganglions , avec leurs nerfs rayonnans , il doit survenir encore une troisième partie qui réunisse ces ganglions ensemble , attendu que , d’après sa nature, un système nerveux doit consister en ganglions réunis, et jamais en ganglions séparés. Il doit donc se former des filets jointifs , des lignes de moelle nerveuse conductrice , entre les divers ganglions , et ces filets constituent un troisième facteur , que l’on désigne sous le nom de commissures .

XXY. Un système nerveux qui se compose d’un plus ou moins grand nombre de ganglions réunis par des commissures et pourvus de nerfs rayonnans, est appelé système ganglion-

nuire. Nous voyons en lui le second degré de développement de la moelle nerveuse , dont le premier est représenté par la dispersion de cette dernière dans une pluralité indéfinie , dans le corps animal tout entier.

Un troisième degré , le plus élevé de tous , est celui qui consiste en ce que la pluralité des ganglions se confond tellement en une unité, par l’entremise des commissures, qu’une masse ganglionnaire acquiert une prépondérance décidée sur toutes les autres , par son développement. Cette masse centrale supérieure , à laquelle le système nerveux entier se rapporte , comme chacun des premiers nerfs le fait au ganglion le plus simple, porte le nom de cerveau, e tle système nerveux tout entier prend alors celui de système cérébral , dont la conformation particulière peut du reste varier à l’infini , comme celle du système ganglionnaire.

XXVI. Les résultats auxquels nous venons d’arriver peuvent être traduits sous forme de tableau, de la manière suivante.

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