Insectes
CCCXIX. La forme de ver est celle qui, partout , fait la base du corps de l’Insecte ; l’histoire des métamorphoses le démontre d’une manière à la fois claire et instructive.
CCGXX. On trouve donc ici , comme dans les Vers , une série d’anneaux tenant les uns aux autres (1) , ayant l’aspect de
( i) Geoffroy Saint-Hilaire considère les anneaux dn corps de l’Insecte comme des vertèbres rachidiennes , et les pattes comme des côtes. Il s’en
SQUELETTE BES ANÎMÀ.TJX ARTICULÉS. é3^
vésicules ouvertes en devant et en arrière , ou de protovertèbres extérieures , membraneuses , coriaces, la plupart du temps cornées , mais jamais calcaires, La manière dont ces anneaux se joignent ensemble , dont plusieurs se confondent pour produire certaines parties du corps , dont parfois aussi ils se résolvent en plusieurs segmens , et enfin dont les membres se développent , est susceptible d’offrir diverses modifications. Au milieu de la quantité innombrable des espèces , il serait impossible d’assigner aucun type gépérabsous ce rapport , si la nature ne s’en tenait pas , avec-un» granc^v jfixité.yù un principe unique de division. Maiscettecirconstance ;, que la Classe immense des Insectes est déterminée par-une, seule ; et même loi numérique dans sa segmpntafionjjduijassigneole'prémiér; rang parmi les animaux privés de egç^pjLjet , de; moelle épij nière , et prouve quelle est le couronnement de la série entière des animaux inférieurs , au-dessus. desquels elle Relève en outre par sa vie aérienne et par le développement de l’instinct. En effet , le défaut de précision et la variabilité caractérisent toujours le type inférieur de formation , comme la légitimité et la fixité sont le caractère du type supérieur, CCGXXI. L’état dans lequel l’Insecte se rapproche le plus de la forme du Ver, et où l’on trouve par conséquent l’expression la plus simple de sa forme , est celui de larve. Nous allons donc examiner d’abord quelle est la segmentation qui prédominé dans les larves. é.
Mais , déjà nous voyons apparaître avec la plus grande précision un rapport numérique absolument fixe ; car, dans toutes les larves , le corps proprement dit est essentiellement composé d’une chaîne de douze protovertèbres j offrant à son extrémité antérieure une protovertèbre sensorielle et maxillaire {tête), et à la postérieure une protovertèbre sexuelle et anale (1) , de sorte qu’il se développe en tout quatorze vertèbres, savoir,
fallait bien peu qu’iî ne s’élevât à l’idée àë1a“prdfdvértèbrei quoique sa détermination des pattes soit certainement fort erronée.
(x) Cette protovertèbre anale , qui porte à treize le nombre des, anneaux du corps de la Chenille, est plus petite et souvent un peu difficile à distinguer, ce qui fait qu’on la néglige fréquemment, et qu’en général pn ne compte que douze articles.
A : 12 : 1 , dont l'antérieure (tête) présente des vestiges de division en trois. Toutes les larves d’insectes se ressemblent donc sous ce rapport ; mais les subdivisions , notamment celles qui ont lieu dans le nombre douze , appartenant au corps , peuvent varier beaucoup^ (dtp • - :
CGCXXïï. Quelques larves f surtout parmi celles des espèces inférieures, par-exemple, celles des Charansons et des Abeilles (2) , n’offrent point de divisions essentielles , quoique cependant on aperçoive déjà fort bien , dans les premières , la différence entre lescinq articles antérieurs du corps , qui sont plus larges V et les sept postérieurs, qui sont plus étroits. Dans d’ autres/ au contraire ,lès douze anneaux du corps sont divisés d’une manière très-distincte, et en des proportions diverse» , par le développement de membres .
De ces divisions , la plus essentielle paraît être celle en 3:9, attendu que, dans beaucoup de larves de Coléoptères et d*H|ffîénoptèrëSi) ainsi que dans foutes les Chenilles , les trois anneaux antérieurs du corps portent des pattes. Les autres neuf anneaux se partagent de différentes manières , par exemple , en 7 : 2 , chez lès Éphémères , dont les sept premiers portent" des lames branchiales doublés , ou en 2:4 : 3 chez la pfüpart dès Chenilles (par exemple , Cossus', Elpenor), où les quatre anneaux ont des faussés pattes ", dont la première*' paire indique en même temps la division en 7 et en 5 , éommè nombres complémentaires impairs du nombre ibtâï 'dès douze anneaux du corps.
CCGXXIII. Si maintenant nous recherchons comment la.re-r partition do ces protovertèbrès change dans l’Insécfe parfait, nous trouvons une tendance bien prononcée à ramener le rapport numérique impur de 1 *12 I 1 , Ou, dans les subdivision^ tantôt 1* 3* 2! 4 \ 3'M . tantôt J 1 3 * 7 !2'. 1 , à une progrès? sion qui marche régulièrement par nombres primitifs jusqu’au premier nombre ^ar|ait^ c’esl-à-dire jusqu’à rix, Voilà pour-
(1) Il n’est pas sans signification que le nombre simple 12 prédomine ici , an milieu d?un développement intérieur’ -'plus considérable et en quelque sorte pins concentré , puisque la segmentation dès Vers réguliers indiquait encore la répétition du nombre 12 , par exemple 24.
(2) Swammebdam , Bibel der NaCur , pi. xtiv , fi’g. 9, pl .Xxiir, fi g. 1 4 •
SQUELETTE ©ES ANIMAUX AUTïCüLÉS. 23g
quoi , chez tous' les insectes , le corps entier se partage d’abord en trois ségmens principaux , comme chez les Crustacés, mais d’une manière plus distincte , savoir, en tête , thorax et abdomen ; voilà aussi pourquoi , chez tous les Insectes supérieurs , ces segmens tendent à se répartir ainsi 11 3’, 6 (pt. xxv, fig. xxyi) . Il disparaît donc, somme totale, quatre articles abdominaux ; mais , en revanche , la tripartition de la tête se prononce davantage , de sorte que le rapport devient :
Thorax Abdomen
qui se divisent en indivis.
1 2 thorax thorax non ailé ailé ipec- ( thorax ). tus ).
CGC XXIV. Telle est donc la manière remarquable dont le nombre douze procède du nombre quatorze. Mais une conversion si complète d’un rapport impur en un autre pur , par resserrement de la moitié la moins digne du corps et développement de la plus digne (la tête), he s’observé point dans tous les groupes d’insectes. Et ici c’est de nouveau la moitié la moins digne du corps (l’abdomen) qui offre la plus grande variété de nombres ; car tantôt le nombre 10 , propre aux larves , y persiste pleinement , et même la forme de ver se prononce encore davantage par l’allongement des anneaux , tantôt l’oblitération est excessive, et la réduction des dix anneaux dépasse le nombre normal six, en arrivant jusqu’à quatre seule? ment, cas dans lequel la segmentation du corps devient 1 1 2 1 4. Cependant les insectes supérieurs (Coléoptères) offrent la proportion la plus légitime dans leurs nombres , car leur abdomen n’a que six articles , qui sont même complètement subordonnés à ceux du thorax , sous le rapport du volume. La table suivante permettra de mieux saisir tous ces détails ;
Tête
qui se divisent en
(tête ma- (tête senxillaire ). sorielle).
Ordre Genre et espèce Nombre d’articles
abdominaux