Acarides. 7. Arachnides
Treviranus a donné (3) une belle anatomie du Mgua {Acarus americanus). Cet animal nous fournit l’exemplé d’une métamorphose remarquable des mâchoires en organes de succion -, car une paire de ses mâchoires , probablement les mandibules, se développent en une trompe garnie de fortes dents dirigées en arrière , tandis que l’autre paire devient une gaine contenant deux aiguillons. Cet animal nous oflre , en outré , une ramification du canal intestinal qui rap -
(1) TREViRAHns , FermzjcAie VcArÿien , tom. Il , pl. ym , fig. 6.
(2) Meckei’s System der <vergleîchenden Ànàiomie , tom. IV , pag. l53.
(3) TisBEMâ-Hiî’s Tieitschriftfuer Phynolàgie, tom. IV, pag. i85.
aS TRAITÉ d’anatomie comparée.
pelle celle que nous avons décrite chez plusieurs Annélides , par exemple chez les Aphrodites ( § 508). En effet, à un œsophage court et droit ( pl. Vî , fig. sxi ) succède un sac oblong (b) , s’ouvrant à l’anus , qui tient lieu d’estomac et d’intestin , et des extrémités tant supérieure qu’inférieure duquel sortent , de chaque côté , de longs vaisseaux ramifiés (d, e, f), qui paraissent être destinés à distribuer le liquide nourricier dans le corps , et qui , pendant la vie , affectent différentes situations , suivant qu’ils sont plus ou moins remplis.
A l’égard des Arachnides , leur bouche est de nouveau armée d’une paire de mandibules, souvent en forme de pinces, et pourvues d’organes venimeux dont je parlerai plus loin. Il y a , en outre, une paire de maxilles. Le canal intestinal offre plusieurs différences. Dans le Scorpion ^ il est droit et sans renflement ; on ÿ remarque seulement une légère constriction à l’endroit où s’insèrent les deux conduits appelés biliaires (pl. yii, fig. xiii). Il se termine entre le dernier et l’avant-dernier anneau du dermatosquelette , dans l’abdomen ou ce qu’on nomme la queue , et à sa face inférieure. Chez les Araignées , par exemple ÏAranea diadema , l’œsophage est grêle et pourvu de deux paires de courts cæcums à son extrémité ; ensuite l’intestin , qui së prolonge toujours en ligne droite dans l’abdomen , se dilate en un estomac à parois minces , étroitement uni avec le corps graisseux analogue au foie , après quoi il se resserre un peu , puis s’élargit de nouveau en une sorte de gros intestin , auquel aboutit un cæcum avec quatre vaisseaux sécrétoires ( pl. vu, fig. I ). Dans la Mygale avicularia , Meckel a trOuvé , au milieu du thorax , un estomac arrondi , oblong , musculeux et revêtu d’un épiderme rude et corné.
Les vaisseaux sécrétoires qu’on rencontre ordinairement chez les Arachnides , vers la fin de l’intestin , méritent encore une mention particulière., Tels sont la bourse du venin dans les Scorpions et les organes propres à filer des Araignées.
La bourse à venin du Scorpion est logée dans le renfle-
OB.GAHES DE ’Lk DIGISTION.
ment globuleux du dernier anneau du corps , qui se termine par un aiguillon délié (1).
Quant aux organes propres à filer des Araignées, ils se composent de quatre filières, placées au dessous de l’anus, et dont le bout arrondi est percé , comme un crible , de trous par lesquels sort le liquide visqueux destiné à produire les fils (pl. VII, fig. IX). Intérieurement, on trouve une multitude de sacs rameux , les uns plus et les autres moins longs , dont la forme varie suivant les espèces , qui occupent ordinairement une grande partie de l’abdomen ( fig. iii ) , et qui sont destinés à sécréter ce liquide visqueux. Du reste , on aperçoit encore , auprès des filières , une paire de petits membres , qui se rapprochent beaucoup des palpes maxillaires , et dont l’usage est peut-être d’opérer la fusion en un seul des quatre fils qui sortent des filières.