Pélécypodes
On parvient aisément à démontrer le système nerveux de la Mulelte ( Unio pictorum) , en laissant l’animal plongé pendant quelques jours dans l’esprit de vin. Ici également on rencontre d’abord un anneau nerveux entourant le court œsophage d’une manière lâche , et offrant des deux côtés deux ganglions assez considérables (pl. ii, fig. xix, a). De ces ganglions partent deux longs filets, qui passent au dessus des lames branchiales , et marchent vers la partie postérieure du corps, où ils se réunissent en] un gros ganglion (c), au voisinage de l’anus. Mais le quatrième ganglion , qui est le plus fort , et que Mangili (3) a décrit le premier, se trouve dans la masse du pied, au dessous de l’ovaire (b). C’est le ganglion inférieur ou ventral de l’anneau nerveux , qui n’offre encore
(1) Nova act. nat. curios -totn. XVI, p<ng. SgS.
(2) ScHA.r.K. De ascidiarum structura. Halle, 1814.
(3) REti.’s, jdrchivfuer Physiologie, toin. IX , cah, i.
SYSTÈME NERVETIX. 43
aucune trace ici d’un ganglion supérieur ou tergal , analogue proprement dit du cerveau des classes les plus élevées.
Les Anodontes ressemblent presque entièrement aux Mulettes , sous ce rapport.
La partie postérieure du système nerveux d’un grand nombre de Bivalves , par exemple de Y Area New (1) , que Poli a figurée souvent et très-bien , à la vérité sous le nom de système lymphatique , est conformée de la même manière.
b. Grastéropodes , Crépidopodes et Ptéropodes.
L’anneau nerveux qui entoure l’œsophage n’est pas seulement plus fort dans les Gastéropodes , il étreint encore davantage le canal , ce qui fait que , chez les espèces munies d’une coquille , il peut accompagner la masse charnue de la bouche dans le mouvement que lui impriment les faisceaux musculaires particuliers qui la ramènent en arrière vers les viscères. Cet anneau offre ordinairement deux ganglions dans les Limaces {Limas;) et les Limaçons {Helis;). Le supérieur, auquel je donnerai le nom de ganglion cérébral , est bilobé ; il fournit des branches aux tentacules , aux yeux , à la bouche et aux parties génitales, et donne en outre, au dessous des nerfs optiques, deux filets minces , qui , à l’origine de l’œsophage et à sa face inférieure , se réunissent en un ganglion plus petit , d’où partent deux filets nerveux dont la direction est la même que celle du canal. Le second ganghon nerveux de l’anneau , situé au dessous de l’œsophage , surpasse de beaucoup le ganglion cérébral en volume , ce qui nous rappelle sa grosseur dans les Bivalves ( § 69 ) , et il fournit plusieurs branches nerveuses tant aux viscères voisins qu’aux fibres musculaires du pied(pl. iii , fig. in , 1, 2).
Les nerfs des autres Gastéropodes suivent plus ou moins la même distribution. Ainsi , par exemple , le Lièvre de mer
(r) Testacca utrîusque SiclUæ, Parmæ, tom. ii, tab, XXV, fig. i.
44 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
{Aplysia ) offre , d’après Cuvier , un anneau médullaire analogue , mais les ganglions de ce collier sont disposés autrement. Outre le cérébral, il y en a deux latéraux, qui remplacent l’inférieur (pl. iii , fig. i , m). Du reste , chez cet animal aussi , le ganglion cérébral fournit , près de l’origine de l’œsophage , une paire de nerfs qui produisent là un quatrième ganglion plus petit ; en outre un gros filet descend du ganglion latéral droit du collier jusqu’àla région du cœur, où il donne naissance àj un cinquième ganglion assez gros ( i ) , ce qui rappelle presque la disposition du système nerveux dans les Bivalves. C’est aussi un des caractères particuliers de ce système nerveux , que les deux ganglions latéraux du collier soient unis ensemble , non-seulement par la forte commissure inférieure du collier lui-même , mais encore par une anse plus grêle , qui entoure le tronc de l’artère de la tête , et d’où partim nouveau filet impair.
Si la disposition du ganghon unique placé sous l’œsophage rapproche le système nerveux de l’ Aplysie du type de l’ordre suivant , où le ganghon cérébral est le seul renflement du colüer médullaire , d’un autre côté il ne manque pas non plus de circonstances à l'égard desquelles la forme de ce système s’avoisine aussi de celle qu’il affecte dans les Acéphales. On peut citer en exemple le système nerveux de l’Ormier {Haliotis tuherculata) , qui , d’après Cuvier , est totalement privé de ganglion cérébral , comme celui des Bivalves , tandis que les deux ganghons latéraux du colüer médullaire se réunissent en dessous , par l’intermédiaire d’une forte commissure , et y produisent un troisième gros ganglion nerveux , dont les branches sont principalement destinées aux viscères voisins. L’anneau nerveux qui entoure l’œsophage n’est fermé en dessus que par la commissure formant un petit renflement, qui envoie quatre filets aux diverses parties de la bouche.
Le système nerveux de V Hélix vivipara est conformé de
la même manière ; car , au lieu â^un ganglion cérébral , on trouve également deux ganglions latéraux chez ce mollusque (pL m, fig. VII, VIII, U. .)
Une disposition analogue , quant aux points essentiels , règne aussi dans les Crépidopodes et les Ptéropodes.
Le système nerveux des Clio en particulier ressemble beaucoup’à celui des Gastéropodes , d’après les observations de Cuvier ( pl. iii , fig. x, g), tandis que , suivant Cuvier et Delle Cliiaje , celui de la Plerotrachœa rappelle fortement l’état de choses existant dans les Pélécypodes, car il oflre ime anse nerveuse très-longue et im ganglion divisé en quatre parties, qui est situé en arrière, dans le voisinage des branchies.
A l’égard du système nei'veux de l’Oscabrion ( Chiton ) , qu’on parvient difficilement à, préparer , il se fait remarquer par un anneau nerveux un peu plus fort en dessus, qui en ■ toure l’œsophage sans le serrer beaucoup , fournit plusieurs filets nerveux , et offre inférieurement de petits ganglions doubles.