Fpissons
Les organes au moyen desquels les Poissons flairent de loin leurs alimens et jugent que l’eau convient ou non à leur respiration , consistent généralement en deux petites fosses situées à l’extrémité antérieure du museau , et entourées d’uü rebord saillant, un peu mobile. Ces fosses n’ont absolument aucune connexion avec la cavité orale et gutturale. Leur fond est tapissé d’une membrane muqueuse fine, et une sorte de valvule bouche souvent leur entrée. Quelquefois elles sont assez petites , comme dans l’Anguille ; parfois aussi une espèce de valvule partage leur orifice en deux , de manière qu’à l’extérieur on aperçoit deux trous de chaque côté,
(i) Vermhchte Schriften ,\om. II,.pag. 1^6,
ORGASES DES SENS. 427
comme dans la Perche et le Brochet. Ailleurs elles sont extrêmement grandes , comme dans la plupart des Raies et des Squales. Enfin , dans la Baudroie , suivant Scarpa , elles font saillie , en manière de calice , sur la surface aplanie de la mâchoire supérieure (1). Chez aucun poisson leur forme ne ressemble davantage à celle du nez des animaux supérieurs que dans les Chimères , où l’on est surtout frappé de les voir très-rapprochées l’une de l’autre , séparées seulement par une cloison , et pourvues d’espèces d’ailes du nez cartilagineuses. La membrane muqueuse qui en revêt le fond^ tantôt est plissée en manière d’étoile , comme dans le Brochet, tantôt forme un pli longitudinal , sur les deux côtés duquel on distingue des côtes transversales ( Carpe , Raie, Squale ), ou des saillies imitant un pinceau , ainsi que je l’ai remarqué dans quelques petites espèces de Cyprins. Enfin les côtes transversales dont je viens de parler sont parfois elles-mêmes ramifiées , par exemple dans l’Esturgeon , d’après Cuvier. La première paire de nerfs se distribue dans ces fosses ; après avoir produit des renflemens , elle envoie une multitude de branches déliées à la face postérieure de la membrane muqueuse qui les tapisse ( pl. iv, fig. xxv).
Je trouve cet organe sous une forme tout-à-fait différente et très-simple dans les Lamproies et
viatilis ). Ici , c’est une sorte de bourse qui s’ouvre à l’extérieur , sur le milieu de la tête , à l’extrémité antérieure du crâne proprement dit, immédiatement au devant du cartilage olfactif roulé en cornet , et qui se termine , à l’intérifeur et en arrière , par un cul-de-sac dont le fond repose précisément sur la continuation de l’œsophage. On assure cependant que , dans les Myxines , ce sac communique avec l’œso-
(i) C’est une analogie très- remarquable avec les organisations précédentes , où les organes olfactifs avaient la forme de palpés où d’àntennes
4^8 TRAITÉ d’AnAtOMIE COMPARÉE.
phage par une ouverture (d). A sa partie moyenne, il offre une dilatation qu’un cornet cartilagineux entoure en arrière, et qui est tapissée d’une membrane noirâtre, derrière laquelle se terminent les nerfs olfactifs.
L’organe olfactif de X Ammocœtes branchialis est construit de la même manière , selon Rathke ; seulement on n’y trouve pas le cornet olfactif cartilagineux , non plus que la membrane olfactive plissée (pi. xvii , b).