‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 84 sur 95 · Animaux aiticulés · texte numérisé non relu

Animaux aiticulés

Les derniers ordres de cette classe , ceux des Enthelmin^ thés et. des Annélides , ressemblent parfaitement aux Mollusques inférieurs , sous le rapport du sens auditif.

Les travaux de Fabricius , de Minasi , de Scarpa et autres n’ont démontré positivement l’existence de ce sens que chez les Décapodes , ordre dans les diverses familles duquel son organe offre essentiellement la même forme. Dans l’Écrevisse commune , quand on contemple la tête de l’animal en dessous , on ne tarde point à apercevoir cet organe sous la forme d’une papille conique très-dure du dermatosquelette , qui appartient aux grandes antennes , et qui renferme la partie la plus essentielle , le sac du vestibule. Cette papille n’est point séparée de la cavité céphalique par des os , mais elle n’est point non plus close en dehors , où elle se termine par une ouverture ronde , sur laquelle est tendue une forte membrane , et qu’on peut , jusqu’à un certain point , comparer à la fenêtre ronde de l’oreille humaine. Le nerf qui se rend au petit sac logé dans la cavité de cet organe , est une branche de celui qui appartient à la grande antenne, et, par conséquent , il naît du ganglion cérébral. Le sac luimême ne contient point de petite pierre (pl. vi , fig. xi, XII). -

La cavité auditive n’étant plus ici entièrement fermée à l’extérieur , c’est déjà un progrès essentiel que l’organe a fait depuis les Céphalopodes supcriexns.

Un fait assez singulier , c’est que , jusqu’ici , il n’a point

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encore été possible d’assigner , d’une manière positive , le siège de l’organe auditif des Insectes , quoiqu’on ne doute pas. que ce sens ne leur appartienne , d’autant plus que plusieurs d’entre eux produisent des sons à volonté , et qu’on découvre quelquefois une analogie remarquable entre la conformation de ces organes vocaux et celle de l’appareil auditif d’animaux supérieurs (i). Il est vrai que Comparetti (2) a décrit les organes de l’ouïe chez plusieurs Insectes , mais il ne l’a pas fait de manière à ce que d’autres anatomistës pussent constater l’exactitude de ses assertions. Ce qu’il y a de plus vraisemblable- , c’est que , quand il se développe de véritables organes auditifs chez les Insectes , leur siège se trouve au voisinage des antennes , comme chez les Décapodes , car on pourrait penser aussi que les dilatations vésiculeuses des trachées , qui , parfois , chez le Lucanus cerms entre autres , entourent en grand nombre le ganglion cérébral , reproduisent les vibrations sonores et les transmettent àk sphère de la sensibilité. En effet , nos gros Coléoptères , tels que Lucanus et Prionus , présentent , sur une saillie que le dermatosquelette fait au devant de l’œil , sous l’antenne , et immédiaternent derrière la mandibule , une fossette qui peut très-bien tenir lieu d’un organe de l’ouïe , quoique je n’y trouve pas de sac auditif proprement dit , car je vois , dans le mâle du Cerf-volant , une petite branche latérale du nerf antennaire se diriger vers elle. Il serait possible aussi que la membrane qui , chez la Locusta verrucivora , unit les antennes à la tête et présente une surface assez étendue , fût une espèce de membrane du tympan ou de membrane d’une sorte dé fenêtre vestibulaire , que le mom vement des antennes pourrait tendre ou relâcher : la persistance de l’ouïe , après qu’on a coupé les antennes , fait qui d’ailleurs a besoin encore d’être constaté , ne prouverait

(i) Voyez mes Atialehien fuer Natur-und Heilkunde , 1829, pag. 164.

^2) Observadones analomxcœ de aure interna . Padoue 1781 , in -4-.

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rien contre cette liypottièse , comme le pense Weber (4), puisque les antennes sont une condition , non pas de l’existence , mais de la perfection seulement du sens.

D’autres observations encore viennent à l’appui de ces vues ; ce sont celles que Treviranus a faites (2) sur l’organe probablement auditif de \2i BlaUa orientalis , qui consiste en une ouverture ovale , située immédiatement derrière l’insertion des antennes , et couverte d’une peau blanche , concave de dehors, en dedans ; celles de Ramdohr (3) sur l’organe auditif de l’Abeille , qu’il a cru trouver^dans une vésicule placée à la racine des mâchoires ; une autre remarque de Treviranus (4) , qui rend vraisemblable que la massue antennaire des Papillons diurnes renferme un appareil auditif; enfin , l’opinion de Straus-Durkheim (5) , qui place le siège de l’ouïe dans les antennes feuilfetées du Hanneton. Blainville (6) a cru trouver , chez les Cigales , à la partie postérieure de la tête et des deux côtés, une petite ouverture conduisant dans une cavité qui lui paraît être un appareil d’audition : il saisit l'occasion de dire que cet orifice doit être considéré comme une ouverture respiratoire transformée , comme un stigmate céphalique , ce qui nous semble être applicable aussi aux ouvertures probablement auditives dont il a été parlé plus haut; car cette hypothèse repose sur l’idée que la région respiratoire du tronc doit se répéter également à la tête , mais s’y élever à la dignité d’organe-

(1) De aure et auditu. Léipzîck , 1 820 , pag. 7.

(2) Erscheinungen und Gesetze des organîschen Lebens , totn, II , F. r,, pag. 104.

(3) Magazin der Gesellschaftnalurforschender Freunde zu Berlin,. pag. 389.

(4) Loe.c{t.

(5) Considérations générales sur l’anatomie comparée des animaux anti^ cillés , Paris 1828, in-4, fig., pag, 4i9*

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sensoriel , de cavité olfactive ou auditive , idée à l’âppui de laquelle nous trouverons des faits bien prononcés dans les classes supérieures. Enfin , Treviranus est tenté de regarder comme des organes d’audition les cavités internes , tapissées de membranes délicates et entourées de vésicules aériennes, qu’on trouve chez quelques Hyménoptères , Diptères et Névroptères (1) ; et J. Muller attribue le même usage , dans le Gryllus hieroglyphicus , à deux enfoncemens placés sur le dos de la troisième vertèbre pectorale et fermés par une membrane délicate, derrière lesquels existe une vésicule pleine de liquide, qui^reçoit des nerfs du troisième ganglion de la moelle épinière (2).

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