RÉGION THORACIQUE
GRAND pEcroraAL (sterno-huméral, Ch.).(Noy. Prépar., p.22.)
Triangulaire , fixé en haut au tiers interne du bord interne de la clavicule, à la face antérieur du sternum et aux cartilages de prolongement des six premières vraies côtes, M. H. Cloquet excepte la première, quelquefois à celui de la septième, et à une aponévrose qui se continue avec celle de l'abdomen. Ces trois insertions ont reçu: la supérieure, le nom de portion claviculaire; lamoyenne, de portion sternale, et Vinférieure , de portion costale. La portion claviculaire est séparée de la suivante par uneligne celluleuse, et du deltoïde par un petit intervalle qui reçoit la veine céphalique. Il importe de connaître cette disposition, lorsqu'on veutouvrir cetteveine, ainsi que M. Lisfranc l’a proposé dans certains cas. Les fibres charnues nées de cette triple insertion, se dirigent de dedans en dehors, d'avant en arrière, et viennent se rendre, les premières au-devant du tendon commun ; les secondes, à sa partie. moyenne, ct les dernières derrière lui, en croisant la direction des premières. Ce tendon commun /est replié sur lui-même, ce qu’il est facile de voir en le détachant pour le déployer. Les deux feuillets qui le composent, se réunissent intimement vers l’humérus, et s’insèrent à la lèvre antérieure de la gouttière bicipitale ; en bas, il envoie un
proldngemént qui concourt à former l’aponéyrose brachiale.
Rapports. En dedans, avec le sternum, les cartilages des vraies côtes, et ces côtes, les muscles droit, grand oblique, grand dentelé, sous-clavier et petit pectoral ; au milieu, avec le creux de l’aisselle, dont il forme la paroi antérieure ; en dehors, avec l’humérus, le coraco-brachial et le biceps ; en avant, il est en rapport avec les mamelles, la peau et le
muscle peaucier. Usages. Lorsque le grand pectoral prend |
son point fixe sur la poitrine, il rapproche le membre du tronc, et lui imprime une rotation de dehors en dedans. Si
MYOLOGIE.— GRAND ET PETIT PECTORAUX.—TRIANGULAIRE. 207 prend son point fixe sur l’humérus, celui-ci étant lui-même fixé , il élève le thorax et est alors inspirateur. Il agit aussi avec le grand dorsal, dans l’action de grimper.
PETIT PECTORAL (costo-coracoïdien, Ch.).(Noy. Prépar., p. 22.)
Mince, triangulaire , attaché inférieurement à la face antérieure etau bord supérieur des cinquième, quatrièmeet troisième vraies côtes, par trois languettes aponévrotiques qui se continuent avec le plan fibreux qui recouvre les muscles inter-costaux externes. Les fibres charnues qui naissent de ces insertions, se portent en convergeant, en dehors, en haut et en arrière, en passaut au-devant du creux de l’aisselle, et viennent se terminer par un tendon à la partie antérieure du bord interne de l’apophyse coracoïde.
Rapports. En avant, avecle grand pectoral ; en arrière, avec les côtes, les muscles inter-costaux externes et grand dentelé, les vaisseaux axillaires et le plexus brachial. Usages. Ce muscle peut prendre son point fixe sur l’omoplate, celleci étant elle-même fixée ; dans ce cas, il relève les côtes et agit comme inspirateur. S'il prend son point fixe sur les côtes, celles-ci étant fixées , il déprime le moïgnon de l’épaule et est antagoniste du trapèze.
Il n’est pas rare de trouver le petit pectoral subdivisé en deux faisceaux ; quelquefois on rencontre , au-dessous de ce muscle , un troisième pectoral , ce qui établit une analogie remarquable avec la conformation des oiseaux.
TRIANGULAIRE DU STERNUM (séerno-costal, Ch.). (Voyez
Prépar., pag. 23.)
Très mince, appliqué contre la face interne du sternum et des cartilages costaux; fixé inférieurement et latéralement au bord de l’appendice xiphoïde et du sternum, jusqu’au cartilage de prolongement de la quatrième côte. Les fibres charnues qui succèdent à cette insertion se dirigent en dehors, et d'autant plus obliquement en haut, qu’elles sont plus supérieures. D’abord réunies en un seul faisceau , eiles se séparent en plusieurs languettes pour s’insérer aux bords etàla face interne des deuxième , troisième, quatrième,
cinquième et sixième côtes. Ces languettes s’entre-croisent quelquefois avec les inter-costaux.
Rapports. En arrière , avec la plèvre et un peu le dia- ‘phragme; en avant avec les cartilages des quatre dernières côtes sternales , les inter-costaux internes et les vaisseaux mammaires. Usages. Ce muscle prend son point fixe sur le sternum , il abaisse les cartilages de prolongement ; et agit comme expirateur.
GRAND DENTELÉ ( costo-scapulaire, Ch.). ( Voy. Prépar. ,
Ce muscle, irrégulièrement quadrilatère, situé sur les côtés du thorax, très large, est terminé en avant par un bord dertelé que forment des digitations attachées à la face -externe des huit ou neuf premières côtes ; la première s’attache au bas de la face externe de la première côte, à la partie supérieure de celle de la seconde, et à une aponévrose placée entre elles deux;’ la seconde de fixe sur la deuxième côte; la troisième et la quatrième s’insèrent aux côtes correspondantes ; les dernières, d’autant plus longues qu’elles sont plus inférieures, viennent de la face externe et du bord supérieur des cinquième, sixième, septième et huitième côtes, en s’entre-croisant avec des digitations du grand oblique.
La réunion de ces faisceaux semble donner lieu à une division du muscle en trois portions : l’une, supérieure, venant des deux premières côtes, monte à l’angle postérieur de l’omoplat ; la moyenne, dirigée des deuxième, troisième et quatrième côtes, s'implante au bord vertébral; la troisième enfin monte des dernières digitations vers l’angle inférieur de l’omoplate.
Rapports. En avanteten bas avec le grand dorsal et la peau; en haut, avec les deux pectoraux , les vaisseaux axillaires et : leplexus brachial; en arrière, avec les côtes, les inter-costaux et quelquefois le petit dentelé postérieur et supérieur. Usages. Lorsque ce muscle prend son point fixe sur les côtes, il tire l’omoplate en avant , et surtout l’angle inférieur ; il relève par conséquent le moignon de l'épaule; c'est ainsi qu’il agit quand on soulève de pesants fardeaux. S'il prend son point fixe sur le scapulum , celui-ci étant
# MYOLOGIE: — GRAND DENTELÉ, — INTERCOSTAUX. 209 fixé , il imprime un mouvement aux côtes. Quelques anatomistes ont dit qu’il portait les côtes en dehors ; mais lorsqu’on connaît bien l'articulation costo-transversaire ; OS que cet agrandissement transversal de la poitrine est impossible. Le mouvement dont il s’agit se borne à relever le bord de la côte. Lorsque le tronc appuie sur le sol par les membres antérieurs , comme dans un grand nombre d’animaux, le corps paraît suspendu entre les deux omoplates, par le moyen des grands dentelés, qui représentent une véritable sangle, aussi sont-ils énormément développés chez eux, et chez les hommes qui portent de lourds fardeaux.
RÉGION INTER-COSTALE.
INTER-COSTAUX EXTERNES ©t INTERNES. (Voy. Prépar., p. 23.) /
Caractères généraux. Insérés en haut à la lèvre externe du bord inférieur de la côte qui est au-dessus ; en bas au bord supérieur de la côte inférieure, présentant deux faces, l’une interne; l’autre externe, formés de fibres charnues obliques , mélangées avec des fibres aponévrotiques de même direction, disposition très importante dans l’opération de l’empyème, parce qu’en faisant reconnaître ces muscles au fond de Pincision , elle indique qu’on approche de la cavité thoracique, et qu’il faut alors redoubler de précaution. Les inter-costaux concourent à former les parois thoraciques. Suivant plusieurs physiologistes, ils sont inspirateurs et expirateurs.
Caractères particuliers. Les inter-costaux externes différent des internes par leur insertion; ils se fixent près de la colonne vertébrale et dé l’articulation costo-transversaire , et se terminent à l’union de la côte avec son cartilage de prolongement. Les inter-costaux internes commencent près de angle de la côte, puis ils se prolongent jusque vers le Sternum. Les fibres des externes sont dirigés obliquement de haut en bas, et d’arrière en avait; celles des internes ont une directection opposée. La face interne des inter-costaux externes est en rapport en grande partie avec la face éxterne des inter-costaux internes; la face interne des inter-costaux internes avec les membranes ; la face externe des inter-cos-
taux externes avec les muscles vus précédemment. Les usages de ces muscles doivent varier, parceque leur direction n’est pas la même, les inter-costaux externes sont plus particulièrement destinés à élever les côtes; les inter-costanx internes ont, au contraire, pour usage de les rabaisser.
sous-CLAVIER (costo-claviculaire, Ch.) (Voy. Prépar., p- 232)
Inséré par une extrémité à la partie externe de la face inférieure de la clavicule, et à la partie externe de la face antérieure du ligament coraco-claviculaire, fixé par l’autre extrémité au moyen d’un tendon sur la partie supérieure de la première côte , dans son union avec son cartilage de prolongement.
Rapports. En devant, avec le grand pectoral ; en arrière, avec les vaisseaux et nerfs axillaires ; en bas, avec la première côte; en haut, avec la clavicule. Usages. Le plus ordinairement ce muscle, prend son point fixe sur la poitrine, et rapproche la clavicule de la première côte; il peut aussi tirer la côte vers la clavicule.