‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 214 sur 351 · TRACHÉE-ARTÈRE · texte numérisé non relu

TRACHÉE-ARTÈRE

La trachée-artère est un canal continu supérieürement avec le larynx, divisé inférieurement en plusieurs branches;) située exactement sur la ligne médiane; elle est étendue depuis le niveau de la cinquième vertèbre cervicale jusqu'au niveau de la cinquième vertèbre dorsale; sa lon-

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SPLANCHNOLOGIE. — TRACHÉT-ARTÈRE. bo5 gueur est d'environ huit pouces. On distingue à l’arbre aérien deux portions, une:cervicale et une thoracique. La portion cervicale est en rapport, en avant, avec les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien ; le corps thyroïde la recouvre un peu; en arrière, elle est en rapport avec l’œsophage ; la colonne vertébrale et le muscle long du cou ; latéralement avec les gros vaisseaux. La portion thoracique correspond antérieurement aux grOS vaisseaux qui arrivent et sortent du poumon ; emarrière, elle est immédiatemen en rapport avec l’æsophage, si ce n’est à sa partie inférieure ; latéralement , avec la plèvre et les poumons ; à gauche, âvec l’aorte. |

: La trachée-artère, à l’intérieur, a la forme d’un canal eylindroïde; un peu aplati en arrière, dans l’endroit où manquent les anneaux cartilagineux. Au niveau de la cinquième vertèbre dorsale, l'arbre aérien se divise en deux branches appelées bronches ; celles-ci, parvenues dans le poumon , se partagent en trois divisions pour les trois lobes du poumon droit, et en deux pour les lobes correspondants du poumon gauche, Ces ‘branches se terminent par des ramifications extrêmement nombreuses. 44135

Les grosses bronches sont d’un volume inégal. La droite

est plus /serosse que la sauche de près d’un tiers. Sous le g q 6

rapport de la direction et de la longüeur, elles présentent aussi üne différence très grande : la bronche droite est courte et dirigée horizontalement, la bronche sgauche"est allongée et obliquement dirisée en bas. ds

Les bronches, placées en arrière des poumons, sont en rapport, én avant, avec le faisceau des veines et des artères ; en arrière, elles ont des rapports variables : la gauche corres- . pond à Paorte et un peu-# l’œsophage, la droite à la veine

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Structure de la trachée-artère. Ce canal aérien est formé de parties solides qui en constituent le squelette , et de parties molles qui les revêtent. | - Les parties solides sont cartilagineuses et non fibro-cartilagineuses, comme l’ont prétendu plusieurs anatomistes: ce sont des espèces de cerceaux incomplets, au nombre de seize à vingt. Îl yen a six sensible; pour la bronche droite, et hüuità

neufpourla gauche ;îls représentent des anneaux élastiques,

formant les trois quarts d’un cercle, interrompus dans léur tiers postérieur, placés horizontalement les uns au-dessous des autres, séparés par des intervalles étroits, entre lesquels se t'ouve une membrane fibreuse qui réunit leurs bords ; ils sont en rapport, en dedans, avec la membrane muqueuse, un peu en dehors avec la membrane fibreuse;en arrière, on ne trouve plus que des fibres musculaires.

Les cerceaux cartilagineux changent de forme à mesure qu’on avance dans l’intérieur des poumons ; ils deviennent de plus en plus petits, en proportion du rétrécissement graduel des ramifications bronchiques; les derniers qu’on aperçoit se présentent sous la forme de noyaux osseux.

Le premier anneau cartilagineux a la plus grande ressemblance avec le cartilage cricoïde; le dernier anneau est triangulaire, et vient, par sa pointe, plonger dans l’intérieur des deux bronches. Dans les oiseaux, cet anneau se dilate beaucoup. Vers soixante ans, les anneaux cartilagineux sont passés à l’état osseux.

I entre dans la composition de la trachée une membrane fibreuse dans l’homme, musculaire dans les grands mammifères : cette membrane s'étend depuis le cartilage thyroïde jusqu’au niveau des bronches, et, suivant plusieurs, jusque dans les dernières ramifications bronchiques; en arrière, elle est aplatie ; dans les autres parties, elle est interrompue par les cerceaux cartilagineux; elle est très élastique, et communique, suivant Béclard, cette propriété au poumon.

Outre le tissu fibreux, on trouve une membrane muqueuse qui s’étend jusque dans les dernières divisions des bronches. Plusieurs anatomistes prétendent qu’elle tapisse les cellules: aériennes : cette disposition n’a pas encore été reconnue. La muqueuse trachéale se continue en haut avec celle du larynx ; elle est garnie d’un grand nombre de follicules qu’on rencontre surtout à la partie inférieure de la trachée et au niveau des bronches. |

À la partie postérieure de la trachée-artère, on remarque des fibres musculeuses transversales qui s’insèrent aux anneaux cartilagineux et au tissu fibreux situé dans leurs intervalles ; elles recouvrent la face interne de ces anneaux et de ce tissu, dans une étendue d’une à deux lignes, Meckel et Béclard disent qu’elles augmentent en proportion inverse:

SPLANCHNOLOGIES = POUMONS. M0

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des cartiliges, et qu'on peut les poursuivre plus loin EC ces derniers. |

Structure intime du poumon. Les poumons sont divisés

- en deux grands lobes ; chacun de ces lobes est partagé en

lobes secondaires; ceux-ci se subdivisent à leur tour en lobules séparées par des Bgnes celluleuses, ét présentant exactement la même structure et la même forme. Sous le rapport de la forme, leur disposition est semblable; ils représentent tous des polygones à six côtés. La structure est également la même, puisque les bronches, en se terminant, donnent constamment naissance à des cellules. Willis les regardait comme des petits culs-de-sacs. Senac pensait qu’elles formaient des cellules polyèdres. M. Magendie, qui à donné une très bonne description de la structure du poumon, s’est aidé de l’étude de l'anatomie comparée. Il a vu que dans l’insecte chaque tuyau bronchique se terminait dans un cul-de sac; que dans les grenouilles, dont l’orgamisation était déjà plus compliquée, le cul-de-sac était plus dilaté et partagé par des cloisons incomplètes ; que dans les tortues, les cloisons étaient plus complètes; et, en montant ainsi dans l’échelle des animaux, il est parvenu à distinguer que chaque poumon de l’homme n’était autre chose qu’une cavité dans laquelle venait se rendre la bronche ‘correspondante , mais dont les cloisons étaient beaucoup; plus exactes que celles des autres animaux. | AE

Ainsi, en dernier analyse, chaque lobule pulmonaire est. une cavité polyèdre, tapissée par une membrane intérieure, irrégulièrement cloisonnée par des subdivisions vasculaires, et dans laquelle arrive une division bronchique. Sur chacun de ces lobules vient s’en surajouter d’autres dont la réunion: constitue l'organe pulmonaire; cette disposition est surtout apparente chez les vieillards qui ont exercé des professions pénibles, levé de pesants fardeaux , et chez lesquels on rencontre cette altération que M. Laënnec a décrit sous le nom. d’emphysème pulmonaire.

Développement. Les poumons ne se développent que très tard. À deux mois de vie intra-utérine, on ne les aperçoit encore que d'une manière confuse ; et même, pendant tout le cours de la vie fœtale, ils sont très différents de ce qu'ils seront dans l’âge adulte. En effet, ils sont repoussés en arrière

contrela colonne tériéhtale) à cause du développement considérable du cœur et de Pbeuce de l’air; leur pesanteur absolue est moins considérable qu’après " naissance , leur pesanteur spécifique l’est au contraire davantage ; etsion les metalors sur l’eau, ils ne surnagentpointettombentau fond; tandis que lorsqu'ils ont respiré, quoique leur pesanteur soit plus grande, ils ne se précipitent pas. Immédiatement après la naissance, les poumons se dilatent, remplisent la cavité thoracique; de sales qu'ils étaient, ils prennent une couleurrosée : chez la femme ils sont moins considérablesque chez l’homme. Dans les intervalles des lobules pulmonaires, existe une matièrenoire, colorante, qu'on a quelquefois prise à tort comme une altération pathologique, puisqu'elle a toujours Heu dans l’état sain,

Vices de développement. Quelquefois il n'existe qu’un seul poumon; dans d’autres circonstances, les poumons manquent totalement; cette disposition se rod tit constamment chez les acéphales:

Usages. Les poumons servent à la respiration ; leurs fonctions sont de deux ordres, mécaniques ou chimiques: dans le premier cas, le sae pulmonaire est obligé de suivre le mouvement des parois pectorales ; pour l’introduction‘et la Sortie de Fair; dans le-second cas, le sang, qui arrivait noir dans les Lot pulmonaires, se transforme en rouge mu le contact de l'oxygène, ) +

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