‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 221 sur 351 · ARTÈRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES

Les artères sont les vaisseaux qui portent le sang du cœur à toutes les parties du corps. À leur origine, elles naissent

: des deux ventricules par trois festons qui appartiennent à

la membrane moyenne artérielle, correspondent exactement aux valvules sygmoïdes, et viennent s’insérer sur la zône fibreuse artérielle. Les artères, comme tous les vaisseaux,

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sont situées dans les interstices des organes; elles accompa- ‘gnent généralement les nerfs et sont accompagnées par les

veines. |

Les artères sont placées dans le sens de la flexion ; elies sont droites dans leur trajet, le plus ordinairement elles sont flexueuses. Cette disposition existe surtout dans les organes susceptibles de distensionset de retrait ; dans d’autres circonstances, la flexuosité a pour but de modérer le choc du sang, comme cela se remarque à la base du cerveau. Dans beaucoup de grands mammifères, les artères sont, non-seulement flexueuses, mais elles se décomposent à linfini pour se recomposer ensuite (réseau admirable de l'artère carotide

interne ).

Dans leur trajet, les artèressont tantôt séparées, tantôt réunies ; elles forment alors des anastomoses qui varient à l’infini. Le mode de réunion peut se faire obliquement, on l’appelle alors anastomose angulaire ; il peut avoir lieu par une branche transversale, on lui donne le nom d’anastomose transversale ; on l'appelle encore anastomose: par arcade, anastomose en polygone ou en cercle, etc. Dans quelques cas, les flexuosités ne sont apparentes qu’à l’intérieur. Les artères sont accolées aux veinés; elles sont alors plus épaisses de ce côté. Après s’être divisées un certain nombre de fois, elles arrivent dans lorgane, où elles se partagent en un grand nombre de ramifications. La division principale de l’artère porte le nom de tronc, ses divisions secondaires, de branches, de rameaux et de ramuscules. En se séparant, les artères forment un angle aigu; il est d’autant plus prononcé, qu’on s'éloigne plus du cœur, tandis qu’il devient d’autant plus obtus, qu’on s’en rapproche davantage. Dans certains organes, les artères se terminent en étoiles; dans d’autres elles forment des cercles; en général, elles présentent une foule de variétés; mais constamment elles communiquent avec les veines; à leurs dernières extrémités, il existe également une communication avec les vaisseaux lymphatiques. Cette disposition s’observe de la manière la plus manifeste, lorsqu'on injecte de l’essence de térébenthine par les artères; on les voit, aussi s’ouvrir à la surface extérieure des membranes séreuses par des porosités latérales, ou des vaisseaux exhalants. Enfin,

ARTÉRIOLOGIE. — ARTÉRES. bo elles s'ouvrent encore dans les cavités aréolaires des tissus érectiles formés par les dernières divisions des veines.

Les artères présentent à l'extérieur des filaments cellulaires, qui l°s unissent aux parties voisines; à l’intérieur, elles sont lisses, et se continuent avec la membrane interne des cavités gauches , et ne présentent aucune valvule. La texture des artères résulte de trois couches superposées , une externe, une moyenne et une interne. L'interne est tout-à-fait semblable à celle des cavités gauches du cœur ; elle est mince, lisse, et offre beaucoup d’analogie avec les séreuses. On la sépare aisément de la tunique moyenne, à laquelle elle est unie par du tissu cellulaire. Lorsqu'on la tiraille, elle se rompt avec la plus grande facilité. Les ligatures produisent le même effet. Cette membrane présente. des plicatures longitudinales , surtout apparentes dans les artères des membres ; on distingue également des plicatures transversales au niveau des articulations ; elles sont destinées à empêcher le tiraillement de l’artère à Pintérieur.

La tunique moyenne, appelée aussi musculeuse, tendineuse, est épaisse, jaune , formée de fibres transversalement dirigées. Lorsqu'on exerce des tractions sur elle, on ne voit point les fibres se déchirer, mais elles paraissent visiblement se séparer. Cette tunique peut être subdivisée par la dissection, en un certain nombre de couches. C’est cette structure particulière qui avait fait dire aux anätomistes, qu’il y avait plus de trois couches membraneuses dans les artères. Les fibres de la tunique moyenne sont de la nature des ligaments jaunes ; elles jouissent de beaucoup d’élasticité. Cette memibrane à une épaisseur variable : en l’examinant dans différents endroits, on voit qu’elle est beaucoup moins considérable dans les grosses artères que dans les petites. On a dit que certaines artères cérébrales ne présentaient point de membrane moyenne; les ossifications suffisent pour prouver son existence. Ce sont ces ossifications qui, déterminant la rupture des artères dans un grand nombre de cas, donnent lieu aux apoplexies qui arrivent si fréquemment chez les vieillards. luth

La membrane externe, aussinommée celluleuse, nerveuse, fibreuse, etc., est blanchâtre. Elle est formée d’un tissu fibrocellulaire très dense, de sorte qu’on ne parvient que fort

difficilement à la rompre; son épaisseur est peu considérable; mais sa texture oblique ét entrecroisée lui donne une résistance très forte. On n’y trouve jamais de graisse et de sérosité. Elle reçoit beaucoup de vaisseaux et de filaments nerveux. |

Enfin on trouve une quatrième enveloppe qui n’appar-

tient point en propre aux artères, c’est la gaine celluleuse

de ces vaisseaux. Elle les entoure partout, excepté dans le

cerveau. Son calibre est assez grand pour » les artères y :

. puissent jouer librement.

Outre ces éléments, les artères reçoivent encore dans leurs parois de petites artères, qu’on connaît sous le nom de vasa vasorum. | k

Propriétés. Après la moit, la lumière des artères reste béante, ce qui dépend de ee élasticité, et de la résistance de rive parois. L’extensibilité de Es est également très prononcée, suivant leur direction transversale et longitudi-

nale. Pendant l’état de vie, elles jouissent de la contractilité qu’on a appelée vitale; cette propriété n’est véritablement que l’exténsibilité plus développée sous l’influence dela vie.

Les artères présentent une résistance très grande, qu’elles doivent à leur tunique externe. En effet, si on applique sur un vaisseau artériel quelconque une ligature mince et serrée, les deux tuniques interne et moyenne se trouvent

coupées , tandis que l’externe est seulement enfoncée. Ce.

fait a été signalé par Desault.

Les artères jouissent de deux modes différents d’extensibilité, lun, longitudinal, se fait principalement par la tunique ester l autre, transver sal, a lieu aux dépens des tuniques externe et moyenne.

Les artères se dilatent par la contraction du ventricule; elles reviennent ensuite sur elles-mêmes, et pressent le liquide qu’elles contiennent dans leur dilatattôl (pouls ). Elles se distendent d’abord transversalement , puis elles

redressent leurs flexuosités ; c’est ce qu’on appelle le mou-

vement de locomotion.

Dansleur développement, les artères ne présentent d'autre particularité que de se montrer après les veines.

Les variétés des artères sont soumises à des lois : lorsqu? elles s’éloignent de leur type ordinaire, ou elles serapprochent

ARTÉGIOLOGIE. — ARTÈRE PULMONAIRE: 533 de celui qu’elles avaient dans lenfant, ou bien elles établissent une analogie très grande entre le système artériel de

l’homme, et celui des animaux ; dans d’autres cas, elles ten-

dent à raprocher les artères des veines ou des vaisseaux lymphatiques.

ARTÈRE PULMONAIRE. (Voy. prépar., pag. 50.)

L’artère pulmonaire nait du:sommet du ventricule droit du cœur, se porte obliquement de droite à gauche et d’avant en arrière. Après deux pouces de trajet, elle se partage en deux branches, l’une droite, l’autre gauche. Au point de séparation, on voit s'élever un cordon fibreux, arrondi, solide, épais d’une ligne , et long de quatre à peu près ,qu’on appelle Zigament artériel. Ce cordon monte un peu obliquement, de droite à gauche, et vient se fixer à la partie concave de la crosse de l’aorte. Rapports. Placée dans la portion postérieure de la cloison médiastine, cette artère est en rapport en avant avec les feuillets fibreux et séreux du péricarde ; en arrière, elle est appliquée sur la crosse de Paorte, et cache cette artère à son origine; & gauche, elle correspond à la lame médiastine de ce côté; à droite, elle est en rapport avec l’aorte.

Les deux branches s’écartent de tronc à angle droit ; pour gagner chacune le poumon qui lui correspond. La Linie

droite, plus longue et plus grosse que la gauche, passe transversalement derrière l’aorte et la veine cave supérieure, s'enfonce dans la scissure du poumon, et se partage en trois rameaux. La branche gauche, plus courte et plus étroite, se dirige vers le poumon gauche, passe obliquement au-devant de l’aorte et au-dessous de la crosse , ‘se porte de dedans en dehors dans la scissure du poumon, et se divise en deux rameaux. Toutes ces divisions secondaires de l'artère pulmonaire, après s'être subdivisées un grand nombre de fois, viennent s’aboucher par leurs dernières extrémités avec l’origine des veines et avec les artères et les veines bronchiques. Chez le fœtus, l’artère pulmonaire est très développée; les deux branches n’existent pas, et le tronc se termine vers la convexité de la crosse de l’aorté par le canal artériel. Lors

de la formation des poumons, on voit naître des parties supé-

-rieures et latérales du trone les deux branches ; et à mesure

que le fœtus avance en âge, le canal artériel se rétrécit, de sorte qu’il est oblitéré à la naissance. On a quelquefois vu l'artère pulmonaire venir du ventricule gauche, des deux ventricules à la fois, de l’aorte. Dans d’autres cas, elle se continuait avec l’aorte à sa partie inférieure.

ARTÉRE AORTE. (Vov. Prépar., pag. 50.)

Cette artère s’élève du ventricule gauche par un mode qui lui est commun avec l’artère pulmonaire, se recourbe et vient se terminer en se bifurquant danslarésion abdomin ale, au-devant de la quatrième vertèbre lombaire ; on considère à l’aorte une portion thoracique et une portion abdominale ; ces deux portions sont elles-mêmes subdivisées en plusieurs. autres. |

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