VEINES DES MEMBRES SUPÉRIEURS
Divisées, comme celles des membres thoraciques, en superficielles et en profondes, les dernières doivent être préparées comme l'artère crurale. Pour découvrir les superficielles, a grande et la pétite saphène , on dissèque la peau avec précaution , depuis le pli de l’aine jusqu'aux orteils. La grande monte sur la malléole interne; la petite passe derrière la malléole externe. |
LYMPHOTOMIE.
Nous empruntons cet article au magnifique ouvrage de Mascagni, à l'exception de quelques modifications qui sont dues au professeur Duméril et à M. Bogros.
Les vaisseaux lymphatiques doivent être injectés, comme les veines, par leurs extrémités inférieures. Pour y parvenir, on se sert d’un tube de verre de cinq à six lignes de diamètre et d’un pied à deux de longueur *. M. Duméril ajuste x l’une de ses extrémités, un bouchon de liége , à travers lequel il fait passer , Jusque dans Ja cavité du grand cylindre, le bout d’un second tube de verre ayant une ligne et demie de diamètre et trois pouces environ de longueur ; ces différentes pièces fixées avec une dissolution à chaud de cire d’'Espagne , il courbe le petit tube à la lampe d’une bougie, en [ui donnant la direction qu’il juge convenable, et il effile le bout en pointe plus ou moins déliée. Le mercure purifié est la matière dont on fait plus fréquemment usage dans l’injection des vaisseaux lymphatiques.
Lorsqu'on veut injecter ces vaisseaux, il faut se procurer un sujettrès maigre et légérèement infiltré , ou mieux encore, . suivant M. Marjolin , un ictérique où un individu qui a succombé à un engorgement chronique des glandes mésentériques , inguinales et axillaires:
« Quand vous aurez préparé toutes les choses nécessaires , PO RENE ARS DT ON - OR COREN Au OMRMR 200 TL MARS
: Bogros employait un tube de trois pieds de hauteur, s’adaptant à un tuyau flexible de gomme élastique, terminé par un robinet de fer, auquel se fixe un petit tube afhlé à la lampe. Quelques personnes substiluent à ce dernier tube de verre, un petit tube d’acier, très délié.
| LYMPHOTOMIE.—CANAL THORACIQUE. . 6Q dit Mascagni, Vous ferez transporter Le cadavre dans uu lieu exposé à une vive lumière. Si vous voulez injecter les Iymphatiques superficiels des membres supérieurs ou inférieurs du tronc, de la tête, des fesses, des parties génitales, vous ferez sur le dos du pied, de la main, près des doigts ou sur leurs téguments, une incision avec un petit scalpel , et vous séparerez le pannicule graisseux de la peau. Vous agirez de même sur toute autre partie, mais, quelle qu’elle soit, vous ne la dénuderez des téguments que dans une petite étendue, de peur que d’autres Ilymphatiques , exposés à l’air, ne viennent à se vider , et qu’ils ne se dérobent à la vue.
» Après cette opération, vous apercevrez plusieurs vaisseaux déliés, noueux, remplis d’une humeur transparente, s’anastomosant entre eux, et formant des rameaux qui, par leur réunion successive , donnent naissance à des troncs assez volumineux pour qu’on puisse y introduire facilement un tube de verre.
» Lorsqu'on veut injecter les lymphatiques profonds du pied, on enlève les téguments au-dessous de la malléole externe, et la petite saphène étant à découvert, on apercoit au-dessus, au-dessous ou latéralement, un ou deux troncs lymphatiques. Les vaisseaux qui accompagnent l'artère tibialepostérieure, antérieure et la péronnière, sont ordinairement apparents sur le dos et la plante du pied , et vis-à-vis l'articulation tibio-astragalienne. On trouve de la même manière les troncs Ivmphatiques qui partent des muscles des fesses et des hanches, ainsi que les mammaires, les épigastriques, les iliaques circonflexes, les lombaires, les intercostaux, et enfin tous ceux qui viennent des muscles, et acne Mont les vaisseaux.
» On trouve les Iymphatiques profonds des membres supérieurs sur le dos et dans la paume de la main; mais la quantité de graisse qui les entoure rend difficile l Re oduction du tube dans les vaisseaux palmaires.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels du foie et du
poumon, s'offrent facilement à la vue; ceux du foie sont ordinairement remplis d’une humeur transparente colorée par une teinte jaunâtre ; et comme la plupart de leurs troncs traversent les ligaments de ce viscère, en exposant ceux-ci à la lumière, on découvre aisément les vaisseaux qui nous oc-
76 PAÉPARATIONS ANATOMIQUES.
cupent, on en observe la marche, et on en suit la direction sur la surface du viscère. Quant à ceux des poumons, on les distingue avec facilité, parce qu’étant remplis d’une humeur transparente, ils tranchent sur la couleur de la surface un peu livide et tachetée de ces viscères. Toutes les fois qu’on injecte les vaisseaux superficiels du poumon ou du foie, leurs vaisseaux profonds se remplissent aussi, mais l’injection est rarement complète, parce que les ruptures qui ont lieu , l’empêchent de réussir.
» Les lymphatiques profonds des autres viscères se trouvent facilement dans le voisinage des vaisseaux sanguins, car is s'offrent à la vue, remplis d’une humeur transparente. »
Les lymphatiques des intestins sont assez difficiles à injecter près de leur bord convexe ; il est bon de s’exercer d’abord à faire quelques injections de. ces vaisseaux sur les intestins et sur le mésentère du cheval.
On peut encore étudier les lymphatiques qui naissent’des intestins, en tuant un animal trois ou quatre heures après qu’il a mangé. Certains cas pathologiques les rendent quelquefois très visibles ; j'ai eu deux fois occasion de les voir, chez des sujets ouverts par mon célèbre confrère M. Andral. ls s’abouchaient avec les villosités, rampaient sous la muqueuse, traversaient le mésentère, et allaient aboutir au réservoir de Pecquet: ï
Quelle que soit la partie qu’on veuille injecter, nous conseillons d’employer l’appareil de Bogros.
Après avoir mis à nu le vaisseau , suivant le procédé décrit, on saisit l’instrument, rempli de mercure aux trois quarts de sa hauteur, à la réunion des deux tubes, en linclinant sur l’avant-bras, pour que le métal ne coule pas sur la pièce qw'on prépare. Il faut alors approcher l'extrémité capillaire de l'instrument, du lymphatique qu’on veut injecter, et la faire pénétrer presqu’horizontalement dans la cavité de ce vaisseau, par un léger mouvement de rotation de la main. On ramène ensuite la grande branche du tube à une direction parfaitement verticale, et le poids du mercure le fait passer avec facilité dans les vaisseaux. |
L’injection des Iymphatiques conduit naturellement à celle des glandes, qui est beaucoup plus difficile à effectuer.
: Mascagni assure-que lorsqu'on veut étudier la structure in-
LYMPHOTOMIE. — NÉVROTOMIE: 7r
terne d’une glande, on doit injecter ses lymphatiques avec un liquide qui se solidifie par le repos ou le refroidissement, et séparer les uns des autres , avec la pointe d’une aiguille, tous les vaisseaux remplis d'injection. ;
On dissèque ensuite Les vaisseaux lymphatiques injectés, en commençant par les membres, dont on enlève la peau avec beaucoup de précaution, en-ayant soin de ne pas emporter le tissu cellulaire sous-cutané. On aperçoit alors les lymphatiques, situés la plüpart dans le voisinage des veines superficielles ; si lon coupait un vaisseau, il faudrait aussitôt y faire deux ligatures.
Les troncs profonds doivent être disséqués comme les artères qu’ils accompagnent.
On trouve facilement les lymphatiques des membranes qui revêtent les cavités splanchniques et les lymphatiques superficiels des viscères ; il n’est pas aussi aisé de voir les profonds, à moins qu’on neles ait remplis d’une injection solide, et qu’on ait fait macérer l'organe.
À la face et au cou, on se comporte comme aux membres, en cherchantégalement leurs glandes avec soin.
On termine la dissection en poursuivant jusqu’à leur embouchure dans les veines, les lymphatiques principaux, le
canal thoracique *, qui s'ouvre presque toujours par un seul,
tronc, dans la partie postérieure de la veine sous-clavière gauche, à l'endroit où elle reçoit la jugulaire interne, et le grand tronc lymphatique du côté droit, qui s’ouvre dans l’angle de réunion des veines sous-clavières et jugulaire-interne.
NÉVROTOMIE.
La plupart des anatomistes sont dans l’usage de séparer le cerveau, ses dépendances et la moelle épinière de la deseription des nerfs; cette marche offre trop d’inconvénients pour que nous ne nous empressions pas de lui substituer la méthode beaucoup plus naturelle et plus simple de la dissection des nerfs, précédée de celle des centres d’où ils tirent leur origine. Nous diviserons cet article en quatre
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3 Ce canal est placé dans la poitrine, entre l'aorte et la veine 22yg05.
Ë SLT 72 PRÉPARATIONS ANATOMIQUES. A à
parties, la première comprenant les membranes ; la seconde, le cerveau, ses dépendances, et les nerfs qui en naine la LMisirabe la moelle épinière et ses nerfs; la JAI enfin, le grand sympathique et ses divisions.