partie est renflée à son sommet, et fusiforme à son extré
mité inférieure, où elle communique avec les vaisseaux et nerfs des mâchoires. À l’extérieur , la racine de la dent est recouverte par deux membranes (alvéolo - dentaires). Ces deux membranes ne dépassent pas le collet.
Les dents n’existent point avant deux mois de vie intrautérine. Après cette époque , on aperçoit déjà dans les mächoires des cavités qui seront un jour les alvéoles ; chacune d’elles contient une vésicule gélatiniforme à laquelle on a donné le nom de follicule de la dent. Ce follicule est très gros, et formé de deux parties : l’une extérieure, c’est la portion membraneuse du follicule ; l’autre centrale, c’est le noyau pulpeux dont nous avons déjà parlé, et qui communique avec les vaisseaux et.nerfs venant des mâchoixes: La portion membraneuse est elle - même ‘composée de deux membranes , l’une externe fibreuse, l’autre interne. vasculaire ?. :
Avant la formation de la 754 il existe, entre le noyau et la membrane interne, un TEA acide ( dé nature lactique, suivant Berzélius), qui disparait, lorsque la couronne est formée, et qu’elle est revêtue d’émaïl, ce qui a fait dire que ce liquide contenait les matériaux dt l’émail. Bientôt, sur le sommet de la pulpe, apparaît un pointosseux triangulaire, qui prend la forme d’un chapiteau : cette lame osseuse est
repoussée en haut par, une autre lame qui se développe au- :
1 Telle est apparence ordinaire-de la partie membraneuse du follicule. Pour de plus amples détails, nous renvoyons aux ouvrages de MM. Serres et Delabarre. x
| OSTÉOLOGIE ÉT-SYNDESM. 2 DENTS. dsl dessous; mais À mesureque les lames s’ajoutent au chapiteau, comme elles sont obligées, en s’élargissant, de suivre la forme du noyau , puisqu’elles sont toujours pressées entre lui et l’alvéole, la calotte devient concave ; elle descend le long des côtés du noyau, forme le fût cylindrique de là dent, et bientôt la racine. L'accroissem nt se faisant à l’intérieur , le noyau pulpeux se trouve comprimé > et Son volume. se réduit de plus en plus; chez les animaux on peurs le développement des dents incisives n’est pas borné comme chez l’homme, parce que la dent ; au lieu d’être ovalaire > est conique.
Structure. Les dents de l’homme sont formées de deux substances, l’intérieure , nommée vulgairement substance osseuse, ivoire d’Hunter , et l’extérieure, émail. Les fibres de l’ivoire sont disposées parallèlement entre elles ; Se coutbent selon le contour extérieur de la dent , et constituent
des couches intimement appliquées les unes sur les autres.
L’acide nitrique y démontre la résence des deux principes : que y P C P
constituants des os. {’émail est calcaire ; il se montre très tard, et la direction de ses fibres va en sens contraire de celles de l’ivoire, c’est-à - dire qu’elles sont perpendiculaires à la surface de da dent; si elles avaient moins de con-
tinuité , elles la revêtiraient d’une sorte de velours. L’émail .
n'existe point sur les racines.
Division des dents. Elles sont au nombre de trente-deux, seize à chaque mâchoire , implantées dans leurs alvéoles , se rapprochant de la figure d’un cône, et divisées en trois classes, savoir : les incrsives, les canines et les molaires.
… Des dents incisives. Ce sont les plus antérieures ; il y en a quatre à chaque mâchoire. Les deux plus grosses occupent le milieu ; les latérales sont plus petites. Cette disposition constante en haut, est inverse en bas. La couronne est aplatie d’avant en arrière , cunéiforme » Convexe en-devant, concave en arrière, triangulaire sur les côtés qui répondent aux autres dents. La racine est unique, allongée, conique, un peu aplatie transversalement.
Des dents canines, laniaires ; œillères. Il n’y en a que
deux à chaque mâchoire , une de chaque côté des incisives. La couronne est conique, un peu concave en arrière , ayant un sommet mousse , quelquefois tuberculeux ; la racine 4
beaucoup de ressemblance avec celle des incisives; elle est la plus longue de toutes ; et quelquefois contournée en crochet. À l’union de la base et de la couronne existe un rétrécissement qui décrit deux courbes antérieurement et postérieurement, ‘
Hu
Des dents D ot Immédiatement placées après les canines , elles sont au nombre de vingt, dix à chaque mâchoire, cinq de chaque côté ; divisées en quatre petites molaires (bicuspidées, Ch.), et en six grosses molaires (multicuspidées, Ch.), pour chaque mâchoire. La couronne des petites molaires est irrégulièrement cylindrique ; en dehors eten-dedans, elle est lisseet convexe; en avant et en ‘arrière, elle est presque plane. Le sommet offre deux tubercules, l’un interne , plus petit, l’autre externe, plus gros, séparés par une rainure assez profonde. Le collet est circulaire; la racine est quelquefois simple , d’autres fois bifurquée , creusée sur ses faces de deux rainures assez profondes. La couronne des grosses molaires cubiques, offre en haut, pour les dents de la mâchoire inférieure, et en bas, pour celles dela supérieure, quatre ou cinq tubercules à facettes séparées par des rainures qui se croisent; le nombre Île plus ordinaire des racines, est de trois; le plus petit est de deux; le plus grand , de cinq; chacune: a dans l’alvéolé générale une
‘alvéoic particulière. La dernière grosse molaire , appelée
dent de sagesse, est généralement plus petite que les autres.
Développement. Les incisives se développent par trois points osseux triangulaires , qui se réunissent en un seul ; il ny a qu'un point pour les canines. Le développement des petites molaires a lieu par deux points ; celui des grosses molaires se fait par autant de points qu’il y à de tubercules. Lu
Éruption. Les dents, par un mécanisme qui est encore inconnu, percent la partie supérieure des deux membranes. Ce phénomène a lieu le plus ordinairement à six mois de vie extra-utérine. On voit d’abord sortir les dents de la mâchoire inférieure , et puis celles de la mâchoire supérieure : mais dans l’ordre suivant : les incisives centrales inférieures apparaissent les premières, puis les incisives correspondantes supérieures; la même marche a lieu pour
OSTÉOLOGIE ET SYNDESM. — DENTS. 179 les incisives latérales, la première molaire, 14 NE vi molaire * et la canine des deux mâchoires.
Les premières dents ont reçu le nom de dents de lait; elles n’offrent rien de particulier, excepté les molaires, qui sont toutes multicuspidées , et dont la couronne est ventrue ; renflée en dedans.
À quatre ans, deux molaires paraissent ê à chaque mâchoire, on les appelle premières grosses molaires ; ce sont les date "de quatre ans. À l’âge de sept ans envoi les vingt dents qui existaient avant quatre ans, tombent duré ordre suivant lequel elles étaient sortiés dbe alvéoles. Si lon examine les arcades dentaires à cette époque, on aperçoit au-dessus et au-dessous dés dents de la première dentition, d’aûtres dents qui sont contenues dans des alvéoles MERE Ru Bientôt leur développement se faisant de plus en plus , elles usent le sommet de leurs alvéoles, exercent une pression sur l’extrémité de la racine des dés de la première dentition ; au bout d’un tempsplus ou moins long, cette racine se oué entièrement usée, et le plus léger effort de mastication la chasse de Véfréoiee ou, pour parler plus convenablement, la couche sur l’ Ste duré M. Serres a remarqué que Qu la seconde dentition , il existait un filet fibreux ur partant du sommet du follicule, traversait des trous qu’on aperçoit dans les maxillaires. Ce filet, qu’on nomme
ductus dentis, paraîtrait avoir pour usage dé: tirer la dent en haut.
De huit à dix'ans, on voit pousser à da mâchoire une dent molaire, qu’on nomme dent de huit ans. La dent de sagesse paraît souvent à dix-huit ans, quelquefois plus tard ; elle forme le complément des trente-deux dents”.
Pendant le développement des dents, l’arcade dentaire se développe elle-même. Dans les premiers temps, la mâchoire
, est peu allongée, et sa branche est inclinée en arrière; mais orsque toutes les dents sont sorties, le condyle ne chan- ‘géant pas de place, l allongement considérable dela mâchoire
1 I n’y a point de petites molaires chez le jeune enfant.
2 On voit quelquefois des dents reparaître pour la troisième fcis : M Blandin en a montré un exemple remarquable à son cours, Se
350 ANATOMIE DESCRIPTIVE. | d'avant enarrière, donne à la branche une position perpentdiculaire. Peu à peu le frottement continuel des dents produit l’usure des aspérités qu’on voit sur leur couronne. À mesure que ces phénomènes se passent , les dents sortent des alvéoles , et finissent par en être tout-à-fait chassées ; quand elles sont sorties, les alvéoles se resserrent, l’allongement du corps de l’os diminue, et l'angle redevient obtus.
À la mâchoire supérieure, l’arcade dentaire est d’abord peu allongéeg elle arc-boute sur l’apophyse ptérygoïde, qui est alors très eblique; mais lorsque; par la sortie des dents, le corps de l’os s’allonge d'avant en arrière, Vapophyse devient perpendiculaire ; à la chûte des dents, elle reprend sa direction oblique.