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Il existe une classe particulière de mo

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numents qui n’avaient pas ce caractère dans l’antiquité, et qui abondent dans toutes les collections publiques et particulières; je veux dire celte foule d’objets antiques qui furent d’un usage général, et qui servaient à l’art de se nourrir, de s’habiller, de se parer, aux besoins et aux commodités de la vie domestique, aux cérémonies de la religion, à l’art de la guerre et aux rites funéraires. Ils sont, comme les autres, le produit d’un seul art ou de plusieurs; mais les arts qui les ont produits s’y montrent non pas comme en étant le but, mais seulement le moyen. On a donc pu les distraire de la classification adoptée pour les monuments d’une plus grande importance; la variété infinie de ces meubles, armes, ustensiles, poids, mesures, etc., nous y a môme forcés, et il suffira de l’étendue de leur nomenclature, pour justifier le parti que nous avons pris d’en former une classe générale, tout à fait distincte des autres.

12. Néanmoins, nous soumettrons cette nomenclature, autant du moins qu’il nous sera possible, à l’ordre précédemment indiqué, car l’histoire des arts des anciens est aussi dans leurs moindres productions, et ûn

IimiÜDUCïION

ustensile quelconque dépose également de leur infériorité relative, de leur progrès commun, de leur perfectionnement.

13. Le style d’un monument quelconque est le premier indice de son origine; l'œil exercé, d’après des règles précises, ne confondra pas une figurine étrusque avec une figurine égyptienne, quoiqu’elles aient quelques caractères communs, ni une statue grecque avec une statue romaine, quoique Rome doive toutes ses productions aux artistes de la Grèce. Il en est de même du plus petit meuble; et comme la connaissance du style particulier à chaque peuple de l’antiquilé est une des notions les plus utiles à l’archéologue, nous essayerons d’ajouter quelques préceptes positifs aux exemples rassemblés dans les planches,' et tirés des monuments de cinq de ces peuples que l’on peut considérer comme les seuls classiques pour notre Occident, d’après l’ordre établi dans nos études.

14. Nous comprenons dans cette liste les Egyptiens , les Grecs , les Ilalioles ou anciens peuples de l’Italie, les Gaulois et les Romains. Il y a sans doute aussi des anti-

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quilés en Asie, et des monuments anciens dans les Amériques; la première même, l’Asie, s’infiltre déjà avec de grandes promesses dans l’histoire de nos langues savantes, mais dans l’histoire des hommes elle manque de dates, d’annales proprement dites : l’Asie fait ainsi, dans les études classiques, comme un monde à part qui a aussi ses doctrines et ses merveilles; mais elle n’entre pas encore assez avant dans nos éludes ordinaires, dans notre système d’enseignement public, elle n’est pas assez mêlée à nos souvenirs, à nos origines, au goût général, pour trouver dans ce résumé une place en rapport avec son importance même; elle n’excite pas d’ailleurs cet intérêt universel qui fait accueillir si bien tous les souvenirs des Gaulois, nos premiers ancêtres, des Romains qui subjuguèrent les Gaulois et envahirent la Grèce, des Grecs enfin qui soumirent l’Egypte, après s’être formés à son école. Nous ne ferons donc que mentionner rapidement des monuments asiatiques. Quant à ceux, qu’on a rencontrés dans les Amériques, bien des incertitudes en frappent encore toute interprétation, et la question relative à l’ori-

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gine de la population américaine est peutêtre la moins difficile à résoudre parmi celles qui se rapportent à cetle vaste contrée. Il existe d’ailleurs une grande inégalité dans la nature des monuments d’art laissés par ses anciennes populations, et l’on pourrait presque soupçonner que ses trois ou quatre cents langues vulgaires indiquent tout autant d’origines diverses de civilisation. L’usage de l’ccriture y fut généralement inconnu, le Mexique excepté, avant les invasions européennes; et il y a bien peu de souvenirs historiques à chercher dans les antiquités éles peuples qui ne savent pas écrire. Nous serons donc nécessairement très-court en ce qui touche à l'archéologie américaine.

15. Quoique borné principalement à l’étude des monuments des cinq peuples que nous venons de nommer, ce traité pourrait être fort étendu , parce que c’est chez eux que se trouvent pour nous l’origine et le développement de toute science noble en son but et utile en ses effets : la société civile actuelle est le résultat de leurs expériences; leur sagesse appelle notre admiration, et leurs erreurs mêmes notre respect. Mais nous

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avons dû souscrire aux limites qui ont été tracées parles maîtres, et ne point perdre de vue qu’il est quelquefois possible de faire un livre utile, quoique peu étendu, sur un sujet qui prête à tant de développements. Nous avons donc borné, et tout nous en faisait un devoir, les notions que celui-ci renferme, à celles qui sont d'une utilité plus générale relativement à l’espèce de monuments que le lecteur peut avoir plus souvent l’occasion d’étudier.

16. Les monuments romains sont comme un produit du sol delà France; les monuments grecs ne se voient que dans les riches collections, et ceux des Ilaliotes presque nulle part qu’en Italie; mais les monuments égyptiens affluent depuis quelques années, et leur variété n’étonne pas moins que leur nombre et la richesse de quelques-uns d’entre eux. Nous essayerons de satisfaire, à tous les égards, les personnes que le goût des beaux-arts et de la solide instruction porte à recueillir ces véritables reliques de l’antiquité. Nous n’écrivons pas pour les savants de profession , nous réclamons au contraire leurs conseils et leur indulgence.

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17. Nous prions de considérer que ce liésiimé d'archéologie est le premier livre élémentaire, publié en France, qui en embrasse toutes les parties. Il existe une foule d’excellents ouvrages où les vrais principes de la i science sont consignés, et les bonnes leçons très-abondantes ; je les ai pris pour guides, et j’ai dû m’appliquer, moins à écrire un traité complet sur la matière, qu’à éviter les erreurs en traitant des sujets, cependant assez nombreux, qui ont pu trouver place dans mon plan. Il y aurait beaucoup à a jouter pour rendre cet ouvrage complet. Je serai satisfait si la critique y trouve peu à reprendre, et s’il présente à l’archéologue et à l’amateur les véritables rudiments d’une science vaste dans son objet, importante dans son but, qui charme à la fois l’esprit et l’imagination, et rappelle de la manière la plus expressive et sur la foi des témoins contemporains, les plus grands et les plus nobles souvenirs de l’histoire.

18. Les aucicns ne connurent pas l'archéologie comme science: l’Égypte se place à l’origine des sociétés policées, elle n’eut point d’antiquités à étudier que les siennes pro-

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près; la Grèce alla lui demander des lois, des institutions, et son génie perfectionna les arts dont elle recueillit les éléments sur les bords du Nil. La Gaule était solitaire commfe ses druides; les vieux Italiens se perdent dans les ténèbres primitives de notre Occident, et Rome n’emporta delà Grèce que des objets de prix, comme butin, et non comme sujets d’étude. Elle dépouilla aussi l’Égypte de quelques obélisques et de quelques statues; mais c’étaient des trophées qu’elle enlevait, et dans l’esprit du vainqueur il n’entrait aucune des vues que se propose l’archéologue. On pourrait considérer Pausanias comme amateur; il décrit soigneusement les monuments de la Grèce; mais il ne systématise point leur étude, et la science archéologique est encore à naître après lui.

19. Elle est un des bienfaits de la renaissance des lettres en Europe, et ne date que de celte époqueà jamais mémorable. Le Dante et Pétrarque, en cherchant les vieux manuscrits, recueillirent aussi les vieilles inscriptions. Les médailles attirèrent encore l’attion du chantre de Laure;, it en envoya une collection au roi Charles IV, en lui proposant

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pour modèles quelques-uns des grands princes dont il lui offrit les effigies. Des restes de la peinture antique furent découverts à 1 époque même où l’on commençait à raison-* nersur la théorie de cet art, au seizième siècle. Le Laocoon apparut en même temps; Raphaël et Michel-Ange étudièrent la sculpture antique, les pierres gravées, les grandes ruines de l’architecture grecque et romaine; les érudits y cherchèrent l’explication des traditions écrites sur 1 antiquité, et la science propremente dite fut dès lors fondée. Laurent de Môdicis établit à Florence un enseignement public de l’archéologie; l’histoire de l’art vint puiser à la môme source que ses théories; Winckelmann écrivit sous l’inspiration de ses chefs-d’œuvre, et l’alliance des arts et de I archéologie fut scellée par le génie de ce grand homme.

20. A de nombreuses monographies ou descriptions spéciales de certains monuments, succédèrent des traités généraux que, dans cette science comme dans quelques autres,* un zèle trop hâtif s’était empressé de produire. Des systèmes, parfois hasardeux, prirent la place de théories souvent erronées :

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mais la raison humaine est comme la sphère des lixes; un astre nouveau, en s’élevant sur un horizon, en entraîne d’autres sur tous ses points, et ceux-ci sont éclairés simultanément d’une lumière nouvelle. Quand la physique fut dépouillée de ses erreurs, l’archéologie le fut aussi des faux systèmes : toutes les sciences ont été fondées quand les saines méthodes se sont dévoilées à notre esprit. L’entendement humain est un, il ne peut croire tout à la fois à la vérité et à l’erreur : c’est un instrument qui opère de même sur toutes les matières. Louis XIV fonda l’Académie des belles-lettres; Rome expliquâtes monuments de sa splendeur primitive; des voyageurs courageux allèrent exhumer ceux de la Grèce, et le monde savant fut comme un laboratoire où l’on s’efforçait de ressusciter l’antiquité pièce à pièce. Grævius et Gronovius avaient recueilli dans leurs volumineuses collections les fruits épars de tous ces labeurs; Gruter et Muratori formaient un corps systématique ,de toutes les inscriptions trouvées dans le monde romain; Montfaucon expliquait parles monuments les mœurs et les usages des anciens; dom Martin, la religion des Gaulois;

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Baxter, les antiquités britanniques, et Kircher s’était donné pour un OEdipequi interprétait toutes les énigmes égyptiennes.

21. Le Siècle dernier fut réellement celui qui fonda la véritable science de l’antiquité : les conjectures téméraires, les explications puériles furent enfin décrédilées; la multiplicité des monuments, la fondation des musées, le goût des collections particulières, multiplièrent aussi les moyens propres aux éludes fondées sur les rapprochements, et chaque partie de la science eut des maîtres dont les écrits forment encore les meilleurs disciples : le comte de Caylus soumit à l’ordre chronologique les monuments des différents âges, et pénétra le secret delà plupart des arts qui les avaient produits; Morcelli proposa un système régulier pour la classification des inscriptions selon leur sujet, et pour leur étude selon leur style; Eckhel coordonna méthodiquement la science des médailles; Rasche la rédigea selon l’ordre alphabétique; Passeri et Dempsler ouvrirent à Lanzi la car- ^ rière des idiomes et des monuments de l’Ita- ' lie antérieure à la fondation de Rome; Iferculanum et Pompeï étaient découverts ; l’abbé

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Barthélemy réédiliait la Grèce de Périclès de ses propres débris ; Zoëga déblayait les avenues de l’antique Égypte, et Yisconli paraissait au milieu de tant de travaux comme bien capable de les compléter tous.

22. Le commencement du siècle actuel est l’époque d’une révolution nouvelle dans la science : la France lettrée fit la conquête de l’Égypte savante; l’archéologie connut eulin ses origines. La Grèce antique y rechercha aussi les siennes; des lumières nouvelles éclairèrent réciproquement l’élude de l’une et de l’autre; un magnifique ouvrage fut le fruit du zèle le plus actif et le plus fructueux : monument d’un éternel honneur pour la France, qui l’a donné à l’Europe littéraire comme le fruit d’une ardeur à l’épreuve des périls, et d’une constance qui fut plus que

| du courage.

23. Dès lors la science s’agrandit et appela | de nouveaux disciples dans la carrière; Mil— j lin s’était voué à l’explication de l'antiquité

figurée : ses Monuments inédits , son Recueil de vasespeints, sa Description des tombeaux deCanosa, méritèrent tous les suffrages; Mongezétudia les monuments de toute espèce et en

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donna souvent d’heureusesinterprétalions; son Dictionnaire d’antiquités estpourlascienceun guide à la fois savant et élémentaire. Dans les autres contrées, en Italie surtout, l’archéologie classique eut de nombreux partisans; Naples et Rome en nomment plusieurs, tels que Rossi, Carcani, Fea, Testa, Cancellieri,

P. Visconti, dont les travaux ont obtenu une légitime réputation; à Peruze, M. Vermiglioli professe l’archéologie, en publie les éléments, et il se voue en même temps à l’interprétation des monuments étrusques; à Florence, M. Micali a consacré à l’histoire des peuples qui firent ces monuments , un ouvrage célèbre dès son apparition ; MM. Zannoni et Jnghirami, quelquefois scs antagonistes, rivalisent de zèle avec MM. Alessandri et le comte Capponi, pour faire connaître ! convenablement les richesses de la célèbre galerie de Florence; à Milan, les Cattaneo, Malaspina, et ceux qui marchent sur leurs traces, ont répandu la lumière sur les ténèbres des vieux temps; à Turin, où la munilU cence royale a offert la plus honorable hos- I pitalité à de brillants débris de l’antique Égypte, MM. de Balbe, Napione , Peyron,

HisroiuguE.

Gazzera , et autres savants distingués , sont aussi voués au culte de l’antiquité; l’Allemagne, si docte et si laborieuse, suit les nobles exemples des Ernesti , des Heyne, et de tant d’autres érudits qui ont associé les monuments à l’interprétation des auteurs; l’Angleterre exploite aussi à la fois ses antiquités romaines, galliques, saxonnes et normandes; et tant d’efforts réunis ne peuvent être infructueux pour l’histoire approfondie des primitives expériences sociales, seul but vraiment philosophique de l’archéologie.

2 t. Dans notre France, enün, la science archéologique ne promet pas de moins heureux résultats; ses antiquités nationales, malgré le malheureux incident qui a ralenti les premiers efforts, trouvent dans tous nos départements des explorateurs instruits et désintéressés, dont le zèle est soutenu par la conscience du service important qu’ils rendent aux arts, aux lettres et à l’histoire; d’honorables récompenses ( une médaille décernée par l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres) ont déjà recommandé à l’estime publique, entre autres recherches, celles de MM. Sehxveighœuser (sur le Haut-

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Rhin), feu Delpon (Loi), Dumêge (Haute- || Garonne et Tarn-et-Garoune) , feu Giraud (Côte-d’Or), Chaudruc de Crazannes (Charente-Inférieure et Gers) , Allou (Haute- Vienne), feu Artaud (Rhône), Jollois (Vosges), Saint-Amans (Lot-et-Garonne), Golbéry (Haut-Rhin), Penchaud (Bouches-du-Rhône et Gard), Gaujal (Aveyron); et quelques-uns d’entre eux ont associé toutes les ressources de l’érudition à l’examen et à la description des moumenls. Dans l’Académie, M. de La Borde publie la collection de tous ceux de la France; MM. Boissonnade et Raoul-Rochette appliquent à l’histoirel’inlerprélationdes marbres écrits recueillis dans l’ancienne Grèce ; par les soins de ce dernier, les médailles nous révèlent des rois dont l’histoire écrite n’a pas conservé les noms; M. Letronne semble s’être consacré à ceux de l’Égypte grecque et romaine, et prépare laborieusement la publication de tous les manuscrits sur papyrus réunis à Paris , et de toutes les inscriptions recueillies en Égypte; ailleurs, ces manuscrits sur papyrus ont occupé les veilles de MM. Young, Boeck, Kosegarlen et autres; j’ai réuni mes efforts à ceux de ces savants

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distingués; eutin l’alphabet des hiéroglyphes a été découvert, et il restitue à l’histoire des siècles qu’elle avait oubliés. Que de raisons pour espérer que l’étude de l’archéologie retirera des lumières nouvelles de cette persévérance éclairée , et l’histoire , des documents authentiques qui rectifieront ses erreurs et combleront d’immenses lacunes !

25. Tel est le but que l’archéologie doit se proposer constamment. Les objets qu’elle embrasse dans scs études sont nombreux, et variés. Pour les Lraiter tous selon leur importance, un ouvrage étendu serait nécessaire, et sans doute au-dessus de mes forces. Je n’ai donc point perdu de vue la véritable destination de ce résumé : il doit présenter une série de préceptes éprouvés et d’instructions concises et certaines, telles qu’elles résultent des travaux des grands maîtres où elles sont répandues. Mais cette série, malgré ses généralités, doit aussi être réduite à ce qui peut intéresser le plus grand nombre d’amateurs : peu d’entre eux ont l’occasion d’étudier les grands monuments de l’architecture antique; ce que nous en dirons se réduira donc aux faits principaux qui constituent la diffé-

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rence des styles et des pratiques des divers peuples dont nous nous occupons. Les produits de la peinture antique s’offrent moins rarement aux yeux de l'observateur; on tâchera d’en parler de manière à le satisfaire, à l’égard des vases peints en particulier, genre d’ouvrages aujourd’hui assez commun. Les objets de sculpture sont aussi très-nombreux, et chacun deux porte l’empreinte du génie du peuple qui l’exécuta; nous lâcherons de satisfaire à cet égard à ce qu’exige un livre élémentaire sur celle riche matière; et quant aux médailles et aux inscriptions, comme celles de l’empire romain se retrouvent partout, et bien plus communément que celles des rois, des peuples et des villes de la Grèce, en donnant sur ces dernières des renseignements généraux sur leur type, leur légende, leurs sujets historiques ou mythologiques, nous nous appliquerons plus particulièrement à réunir sur les premières toutes les notions qui peuvent en faciliter l’élude et l’explication. Les meubles et ustensiles civils, religieux ou militaires, seront considères par rapport à chacun des peuples dont nous nous proposons ici d’étudier les monuments, et

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leur variété même en jettera peut-être un peu clans la rédaction d’un ouvrage où nous tacherons de réunir les deux qualités les plus indispensables, la clarté et l’exactitude.

26. Il existe une foule de traités particuliers sur chaque partie de l’archéologie, et quelques-uns sont l’ouvrage de savants justement célèbres ou distingués. En réunissant ici pour la première fois, et dans un résumé sommaire, l’ensemble de leurs préceptes et de leurs décisions, je m’appliquerai particulièrement à me montrer fidèle à leur autorité; et en y ajoutant les faits nouveaux que mes études spéciales, notamment sur les antiquités égyptiennes, qui aujourd’hui se placent Justement en tête de toutes les autres, m’ont permis de recueillir, j’ose espérer de pouvoir offrir aux amis éclairés de l’antiquité un ouvrage qui ne leur sera pas tout à fait inutile, et pour lequel je n’ai pas eu de modèle. Je rassemble et reproduis les leçons éparses des grands maîtres, c'est un nouvel hommage à leurs travaux et à leur mémoire.

PREMIÈRE DIVISION

27. Chaque peuple eut ses règles, ses proportions et son goût particuliers, tout en se proposant le même but, c’est-à-dire la solidité, la régularité et la convenance. L’influence des climats et des institutions publiques se montra surtout dans les produits de l’architecture. Dans notre Occident, les temples à ciel ouvert conviendraient aussi peu à sa température qu’à nos habitudes; les jeux de la scène entraient beaucoup plus dans les mœurs nationales des Grecs et des Romains que dans les nôtres; les comédiens n’étaient point proscrits par les pontifes; enfin, l’art de la guerre , tel qu’il était chez les anciens, imposait d’autres principes à l’architecture militaire.

MONUMENTS d’AKCHITECTUHE.

SECTION I

lies murs et des murailles; des mortiers et des ciment».

28. Egyptiens. Les murs d’enceinte des villes égyptiennes sont généralement construits en briques crues séchées au soleil, ou cuites; leurs dimensions sont variables; le limon du Nil en a fourni la matière, et quel- . quefois elles portent de courtes inscriptions hiéroglyphiques enfermées dans un parallélogramme. On ne connaît comme ouvrages de l'architecture égyptienne que des temples, des palais, des pyramides, des obélisques , des murs d’enceinte ou de quais, et autres conslructions publiques; les constructions particulières, les maisons, etc., ont disparu par le laps de temps, soit qu’elles fussent construites en terre ou en briques, soit avec d’autres matériaux aussi périssables. Le caractère général et spécial de l’arclii lecture égyptienne est dans l’inclinaison sensible ou talus de tous les côtés ou parements. On connaît d’ailleurs la solidité de leurs ouvrages; elle provient surtout du bon choix des matériaux, de leur volume extraordinaire, et du soin

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