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Pour l’étude de la peinture des an

198 MONUMENTS UE PEINÏUKE.

ciens, la galerie de Portici offre la collection la plus complète et la plus curieuse. On sait, en effet, qu’au moyen de procédés mécaniques très-ingénieux, et, par une grande singularité, qui sont indiqués par un ancien, Varron, on est parvenu à enlever toutes ces peintures exécutées à fresque ou à sec sur les murs intérieurs des édilices de Pompéï et d’Herculanum. On ouvre le mur avec précaution autour de la peinture ; on renferme le carré qui la porte dans un cadre de bois retenu par des crochets en fer ; on scie la partie postérieure du mur, on la remplace par un placage d’ardoises, solidement attachées par une forte gomme, et on enlève ainsi le morceau de mur tout entier. Il arrive aussi que lorsque la couche de l’enduit qui porte la peinture est très-épaisse, elle a assez de solidité pour qu’on puisse, sans risque, la détacher du mur; on l’encadre ensuite, et on la double d’ardoises comme à l’égard des tableaux qu’on a sciés.

Il est aussi, daus l’histoire de la peinture, une autre époque mémorable qui ne doit pas être oubliée ici, c’est celle qu’on nomme du Bas-Empire ou des premiers temps du christia-

îisme : les catacombes de Rome en renfernent les monuments. Leur étude est trèsutile, car le symbolisme et l’allégorie des païens y servent à l’expression des idées et des croyances chrétiennes : Orphée y représente le bon pasteur, un poisson le nom du Christ, et les plus anciens manuscrits peints ont conduit ces traditions artistiques jusqu’à nos jours. L’école byzantine transmit l’art au Perugino par l’intermédiaire des peintres grecs et slaves qui en conservèrent les principes et la pratique depuis le huitième siècle jusqu’au quatorzième; alors l’art prit en Italie son droit de cité.

SECTION 111

Vases peints.

§ Ier. frases peints en général.

143. Les vases peints sont au nombre des monuments les plus curieux, les plus élégants et les plus instructifs qui nous soient parvenus de l’antiquité. La beauté des formes, la finesse de la matière, la perfection des

vernis, la hardiesse des compositions, ia variété des sujets et leur intérêt pour l’histoire, donnent aux vases peints une importance peu commune parmi les productions de l’art des anciens. Aussi les vases peints ont-ils été recueillis avec un empressement assidu dès qu’ils ont été connus, et les plus remarquables ont été reproduits par le burin d’habiles graveurs, et expliqués par des savants célèbres. Les arts modernes et l’archéologie y ont cherché en même temps de beaux modèles et une instruction solide.

144. On les a connus pour la première fois au dix-septième siècle ; Lachausse en publia quelques-uns dans son Muséum romanum, en 1690 ; Berger et Montfaucon imitèrent son exemple; Dempster en traita ensuite avecquelque étendue; Gori,Buonarottiet Caylus ajoutèrent quelques notions générales à celles de Dempler; Winckelmann ne pouvait les omettre dans son immortel ouvrage sur l’histoire de l’art des anciens, et il modifia, par la justesse de ses aperçus, les doctrines de ses prédécesseurs. Enfin la belle collection d’Hamilton, publiée par d’Hanearville en 1766, mit les pièces de ce procès littéraire sous les

yeux du public; Passeri soutint encore, après lui, l’opinion italienne relative à l’origine de ces vases; Tiscbbein, Boettiger et Millin se déclarèrent pour le sentiment de Vinckelrnann, et l’étude de ces magnifiques monuments le confirme aujourd’hui dans presque tous ses points.

145. Les vases peints reçurent d’abord la dénomination de vases étrusques ; Dempsler, grand partisan de ce qu’on appelait l’étrus-

I comanie , leur avait donné cette dénomination, et les antiquaires toscans la défendaient comme un titre d’illustration pour leur patrie. La comparaison impartiale des monuments n’avait pas encore établi de distinction fondamentale entre le style étrusque propre et l’ancien style grec. Toute composition caractérisée par la roideur des traits, par des plis droits dans les vêtements, les cheveux longs et tressés, était attribuée aux Étrusques. On leur attribuait donc les vases peints qui offraient ces caractères; et malgré l’évidence des sujets empruntés aux idées mythiques des Grecs, malgré même les inscriptions toutes grecques qu’on y lisait, une tradition trop facile y reconnaissait tout ce qui pouvait

expliquer les mœurs, les usages, les croyances et l’histoire même des Étrusques. On voulait enfin que ces vases fussent sortis des manufactures d’Arezzo, parce que Martial vante les poteries de celte ville, et l’on regardait comme y ayant été transportés par les Étrusques mêmes, ceux qu’on trouvait dans la Campanie, la Fouille, et même en Sicile.

146. Cette doctrine n’a pu tenir contre un examen tant soit peu réfléchi, surtout depuis qu’on a trouvé des vases peints à Athènes, Mégare, Milo, en Aulide, en Tauride, à Corfou, et dans les îles de la Grèce. Il est vrai qu’un très-grand nombre a été tiré de l’ancienne grande Gi’èce, de Nola, de Capoue, Naples, Pæstum, etc., et de la Sicile; mais on en trouve aussi aillesrs, môme hors des pays de l’ancienne domination grecque.

147. On s’étonnerait de la parfaite conservation de monuments antiques si fragiles, si l’on ne savait qu’on les recueille dans des tombeaux, placés hors des villes, à une petite profondeur, excepté à Nola, où ils sont à plus de 20 pieds de la surface à cause des éruptions du Vésuve qui ont exhaussé le sol. Les tombeaux sont bâtis en briques cuites ou en

I iriques grossières, quelquefois aussi en granles pierres, et ceux-ci sont plus spacieux, ls forment une chambre sépulcrale dont les nurs sont revêtus de stüc, et souvent ornés le peintures; le corps du mort est couché au nilieu; un petit vase est près de sa tête; les tulres, entre ses jambes, autour de lui, ou accrochés aux murs par des crochets en bronze ; le nombre et la richesse des vases répondent au rang du personnage pour lequel le tombeau fut construit. Il y a ordinairement un vase en aiguière dans sa patère ou cuvette. On y retrouve d’autres meubles et ustensiles, des armes et des bipennes, déposés en même temps que les vases.

148. Quant aux usages qu’en firent les anciens, les opinions sont partagées aussi : mais l’examen d’un grand nombre de vases permet de croire que les uns servirent aux usages domestiques, les autres aux cérémonies religieuses, à rappeler les victoires remportées dans les jeux publics; quelques-uns enfin ne furent qu’un ornement pour l’intérieur des habitations, et tels sont les plus grands, destinés par leur volume, leur poids et leur forme, à rester à la même place , et ceux

môme d’ u 11e moindre proportion, qui n’ont point de fond, et ne pouvaient rien contenir. On retrouve dans les uns toutes les formes des ustensiles nécessaires pour les repas, pour recevoir les mets, les vins et autres liquides, les onguents et les parfums; ceux-ci servirent donc aux usages domestiques. Les autres, par l’élégance de leurs formes et la recherche des ornements, eurent une destination plus solennelle : le goût des arts en embellit les demeures des dieux et des hommes. La piété des parents orna le tombeau des morts de ceux de ces vases qu’ils avaient préférés durant leur vie, qui étaient associés à leurs habitudes ou leur rappelaient des circonstances dont ils chérissaient le souvenir. Cet usage les a fait parvenir jusqu’à nous.

149. La diversité des sentiments sur l’origine des vases en a jeté beaucoup aussi dans leur dénomination. A celle de vases étrusques succéda celle de vases grecs, trop générale encore; Visconti voulut les nommer grœcoitaligues ; Arditi, italo-grecs ; Lanzi, campaniens , siciliens , athéniens, selon qu’on les trouvait dans la Campanie, la Sicile, à Athènes; M. Quatremère de Quincy, vases céra-

nographiques (d’argile peinte), et Millin, ases peints, en général, en ajoutant le lieu i ù ils ont été découverts. Il est possible de 'en tenir à une dénomination plus méthodiue, en considérant, 1° que les vases peints , arment une classe spéciale de monuments ; 0 qu’il est reconnu aujourd’hui que les ïtrusques en fabriquèrent ainsi que lesGrecs; i° que le sujet même de la peinture est le ype le plus certain de leur origine, à l’égard les vases étrusques surtout, puisqu’on ne ieut pas croire que les Grecs aient peint sur :es vases les mythes, les croyances ou l’his- Joire de l’Étrurie, quoique les Étrusques aient >u le faire pour les Grecs; 4° que les vases qui portent de; sujets purement grecs se rerouvent dans beaucoup de contrées et de ieux différents, sans pour cela qu’ils portent lucun caractère local, appartenant tous éga-

lement à l’art grec, et sans autre distinction que celle qui résulte, du style même, selon la plus ou moins grande antiquité de l’exécuion. On peut donc adopter la dénomination générale de vases peints, distingués en étrusjues, pour ceux qui sont l’ouvrage de ce peuple, et en grecs, pour ceux, en bien plus

grand nombre, qui n’onl pas une autre origine; et ceux-ci se classeront encore selon leur ancienneté relative, prouvée par le style des figures, les caractères, la forme et l’orthographe des inscriptions quand elles ac- , compagnent la peinture. Nous adoptons ici i celte division, qui nous a paru la plus simple j et la plus naturelle, pouvant également s’ap- ! pliquer aux vases peints de tout autre peuple, si le hasard en faisait découvrir. Nous observerons, à ce sujet, qu’aucun passage 1 d’ancien auteur ne peut servir à jeter quelque lumière sur les incertitudes que font naître les opinions diverses émises à l’égard des vases peints : l’érudition n’a trouvé jusqu’ici, dans les écrivains grecs ou latins, rien qui 1 leur soit expressément relatif que leurs noms divers, et cette singularité, quand il s’agit de monuments si riches, si variés et si nombreux, a été très-justement remarquée.

§ II. Vases peints étrusques.

150. Les vases auxquels on ne peut contester cette origine ont été trouvés à Yoltérre, Tarquinia, Péro'uze, Orviete, Vilérbe, Aqua-

lendente , Corneto , et autres lieux de l’anùienne Étrurie. La terre dont ils sont composés est d’un jaune pâle ou rougeâtre ; leur jvernis est terne; le travail assez grossier; les irnements sont dépourvus de goût et d’agrément, et le style des ligures a tousles caractères assignés déjà à celui des Étrusques (n° 98). Les figures sont dessinées en noir sur la couleur naturelle de l’argile; quelquefois un peu de rouge est jeté sur le fond noir des vêtements.

151. C’est par le sujet surtout que l’on distingue les vases étrusques des vases grecs. Sur les premiers, les figures ont le costume particulier à la vieille Italie; les hommes et les héros portent une barbe et une chevelure volumineuses; les dieux et les génies, de grandes ailes; on y reconnaît enfin des divinités, des pratiques religieuses, des usages, des attributs, des armes et des symboles différenciés de ceux des Grecs. Si une inscription en caractères étrusques, volsques, etc., tracée constamment de droite à gauche, accompagne la peinture, la certitude sur l’origine du vase est alors complète. Il est vrai que la plupart des caractères de l’ancien alphabet grec ont la

même forme que ceux de l’alphabet étrusque; mais il y a dans celui-ci quelques signes particuliers qui peuvent prévenir toute confusion. On a vu plus haut que les vases peints étrusques sont très-rares et en très-petit nombre, comparativement à ceux qui sont dus aux arts de la Grèce.

§ III. phases peints grecs.

152. Ils sont faits d’une terre plus ou moins line et très-légère. Leur couverte extérieure paraît être une espèce d’ûcre jaune ou rouge, réduite en poussière très-fine, mêlée avec un corps gommeux ou huileux, et appliquée au pinceau. La couverte intérieure est noire, et a l’éclat de l’émail. On croit qu’elle est formée avec une matière charbonneuse, de la plombagine ou de l’anthracite, appliquée sur le vase encore humide, ou bien délayée dans un coulis d’argile appliqué sur le vase sec, et qui a cuit avec lui; car, soumise à l’action d’une chaleur blanche, cette couleur n’a éprouvé aucune altération. On croit aussi que ce vernis pouvait avoir une base ferrugineuse. Le traité de la cêramie des anciens, que feu Artaud devait publier, au-

rail jeté de nouvelles lumières sur cette parlie intéressante de l’histoire des arts des ahdens.

153. Les formes des vases dérivent en géîéral de la forme de l’œuf ou de celle d’une iloche renversée; une espèce particulière apiroclie de la ligure d’une corne : on nomme :eux-ci rythons, diota les vases qui ont deux uses, et patères ceux qui ont la forme d’un lisque. Ils sont de grandeurs très-variées; m en connaît de plusieurs pieds de hauteur :t d’un diamètre proportionné; il y en a qui l’ont pas un pouce de longueur. En général, es formes sont belles et gracieuses , le galbe rès-éléganl, et les anses ajoutées avec beauoup de goût, quelquefois trôs-ornées, et les lus remarquables sont à coude cygne. (PI. I, g- «•)

Un savant connu par des succès réels dans interprétation des peintures de vases, M. Th. anofka, s’est particulièrement occupé de reannaltre la dénomination donnée par les recs eux-mômes à chaque espèce de vase don sa forme. M. Panofka recueillit toutes ces énominations dans le texte des auteurs, et elforça de les appliquer aux diverses sortes

de vases : il devait résulter de ce travail consciencieux une nomenclature scientilique très-utile à l’étude et à la description de ces productions si variées de l’art grec, et cette nomenclature s’introduisait déjà dans les catalogues et les explications des vases peints, lorsqu’un autre savant helléniste, M. Letronne, vint jeter quelques doutes sur la certitude d’une partie de cette nomenclature de M. Panofka. Il est vrai de dire cependant I qu’il y a vérité démontrée dans la plupart de i ces dénominations, et démontrée par des notes écrites sous le pied des vases mêmes, où, pendant que la matière était encore molle, on traçait avec une pointe le nom même du vase, ce qui en indiquait la forme j exacte à l’ouvrier chargé d’en monter les di- jj ' verses parties. C’est ainsi que les recherches s de M. Panofka ont été réellement utiles à fl l’étude des vases peints. 1 (l

154. Les couleurs sont appliquées de difle— 4 rentes manières, qui constituent deux genres- 4 particuliers de vases. Les uns sont couverts l( en dedans d’une couleur noire; le dehors est fi un fond jaune ou rouge, et les ligures y sont du tracées aussi en noir comme une espèce de* mi

silhouette. On les appelle vases noirs ; ils sont en général du premier style, leurs sujets appartiennent aux plus anciennes traditions mythologiques, et leurs inscriptions aux plus anciennes formes de l’alphabet grec , écrites de droite à gauche ou en boustrophédon. Les vêtements, les accessoires, les harnais des chevaux et les roues des chars, sont retouchés de blanc.

155. On couvrit ensuite tout le vase de la môme couleur noire, en épargnant seulement en dehors la place et la forme des figures, qui sont alors de la couleur de la pâte du vase; les contours, les cheveux, les vêtements, etc., sont dessinés avec cette couleur noire.

156. Il y a donc deux classes générales de vases grecs, déterminées par les figures qui sont noires ou jaunes. Mais il est à remarquer que les vasès de JYola, ainsi appelés parce qu’on les trouve dans cette ville, quoiqu’à figures noires quelquefois, et même avec des figures noires et jaunes à la fois, ne remontent pas tous à la première époque de l’art grec. On trouve aussi sur les vases des ligures du plus ancien style, mais dont les détails mieux terminés annoncent une époque moins

reculée, et vraisemblablement l’imitation d’un sujet ancien très-accrédité, perfectionné par de meilleurs artistes. En général, les vases de Nola sont d’une terre très-line et légère, de petites dimensions, mais de formes très-élégantes, avec des dessins très-bien exécutés, des sujets curieux, des compositions trèsagréables, et le vernis noir très-brillant.

157. On doit remarquer les divers membres du vase, le pied, la panse, le col et les anses, l’ouverture qui le termine. Le sujet est sur un côté de la panse; quelquefois aussi il en occupe toute la surface, mais plus ordinairement une partie seulement, et alors il y a un revers , assez ordinairement insignifiant, composé de deux ou trois ligures de vieillards appuyés sur un bâton et qui instruisent un jeune homme, ou lui présentent quelque instrument ou ustensile; une bacchanale compose aussi parfois ce revers. Enfin on trouve encore deux sujets sur les deux faces du vase. Le pied, le col et les autres parties portent des ornements en labyrinthe formé par des carrés liés entre eux, en méandres, en vagues, enpalmeltes, etc. (PL I, flg. 15); une couronne orne le col, ou bien une tête de femme,

sortant d’une fleur, remplace la couronne; ces ornements sont en général d’un très-bon goût; les anses en sont ordinairement décorées. Un vase peint a quelquefois deux rangs de peintures sur la panse; il est alors à deux ’ registres.

158. On remarque des différences sensii blés, outre celles du style, dans l’exécution I de ces peintures. Elles ne sont pas toutes d’un | grand mérite; mais la hardiesse des contours j s’y montre généralement. Elles ne pouvaient j être exécutées qu’avec la plus grande célérité, la terre absorbant très-vite les couleurs,

, et si cette ligne avait été interrompue, la re- | prise devenait sensible. On a cru que les figures étaient exécutées au moyen de patrons I découpés, qui, appliqués sur le vase, conservaient dans le fond noir leurs masses princi- I pales jaunes, qu’on terminait ensuite au pin- I ceau. Mais cette opinion d’Hamilton a été ! abandonnée par lui-mème, depuis surtout qu’on a reconnu les traits d’une pointe avec j laquelle l’artiste avait d’abord esquissé sur i la terre molle les contours essentiels, qu’il i arrêtait définitivement et terminait ensuite au roseau ou au pinceau garni de couleur

noire, sans s’astreindre même à suivre le trait tracé ]>ar la pointe. Ces traits même ne s’observent que rarement : tout dépendait donc de la science et de la hardiesse des artistes. Ils devaient être nombreux, puisque les monuments de ce genre sont si communs, et la plupart sont d’excellentes études pour la correction du dessin et l’élégance de la composition. Très-peu des artistes dont ils sont l’ouvrage y ont apposé leur nom; on connaît ceux deLasimon, Taléidès, Asteaï et Calli— phon. Taléidès est le plus ancien; ses dessins annoncent l’enfance de l’art, et ceux des autres d’assez grands progrès ; le nom se reconnaît au mot EnoiEïEN, ou bien ixp.vi'En ou ei'p vs'e , faisait, peignait ou a peint , qui le suiL immédiatement. Parfois ces deux mots EnoiÉsKN et eppa'I'En ou leurs variantes se lisent sur le même vase; le premier se rapporte au potier, et le second au peintre.

159. D’autres inscriptions se lisent aussi sur des vases, et elles leur donnent beaucoup plus de prix. Ce sont ordinairement les noms des dieux, des héros et autres personnages mythologiques qui sont mis en action dans les sujets de' la peinture. Ces inscrip-

VASES PEINTS GKECS.

i lions ont un double intérêt : 1° par la forme des caractères et l’ordre suivant lequel ils sont tracés, on peut connaître la plus ou moins grande antiquité du vase, ces inscriptions ayant dû suivre toutes les variations de l’alphabet grec ; on examinera donc attentivement si l’inscription va de droite à gauche, si les voyelles longues hü, les lettres doubles >rs, sont remplacées par les voyelles brèves ou les lettres simples; ce sont en général des signes d’antiquité relative qui prouvent celle du vase même; 2° parce que ces noms expliquent invariablement lesujetde la peinture, et indiquent même par un nom inconnu jusque-là, soit un personnage qui en portait quelquefois un autre, soit un personnage dont, le véritable nom était ignoré, enfin des êtres mythiques dont les écrits qui nous restent des anciens n’ont point parlé. Ces notions authentiques sont d’un très-haut intérêt pour l’étude de la mythologie grecque considérée à diverses époques, et pour l’interprétation et l’intel ligence des anciens poêles tragiques ou lyriques. On a trouvé aussi sur des vases des inscriptions morales ou historiques, en prose ou en vers : c’est comme un

fragment original d’un manuscrit des beaux temps de la Grèce. Les lettres de ces inscriptious sont majuscules ou cursives; elles sont tracées très-délicatement, et exigent souvent beaucoup d’attention pour être aperçueselles sont en noir ou en blanc au pinceau ’ ou bien gravées en creux avec un poinçon très-fin. On doit les recueillir avec un grand soin; elles ajoutent d’ailleurs beaucoup à l’intérêt et au prix d’un vase.

160. Le mot KAAOxse lit très-fréquemment, sur les vases qui portent des inscriptions, accompagné presque toujours d’un nom propre d’homme ou de femme, mais plus ordinairement d'homme. Il paraît que le peintre 1 écrivait d’abord en exécutant le vase, et qu on y ajoutait ensuite, quand il sortait de ses mains, le nom de la personne qui devait le garder; on trouve en effet des vases où aucun nom ne suit ce mot grec qui signifie, en général, beau. On y lit quelquefois kaaos kaau, beau, belle, ce qui fait supposer que le vase a été un cadeau de noces, et si deux noms propres suivent, ce sont ceux des fiancés. Avec la formule xaipe, salut, le vase était offert à un jeune homme à l’occasion de quel-

VASES PEINTS GHECS. 217

ue événement mémorable de sa vie, tel u’une victoire aux jeux gymnastiques : du îste le mot kaaos était le compliment babijellement adressé aux individus distingués ar leur beauté. Avec la forme x«SoxaTa(w, était beau et brave, ce qui était le comble e l’éloge d’une personne. Il paraît que kaaox îuI emporta ensuite les mêmes acceptions, i Mazzocclii l’a expliqué comme une acclatation d’amitié, d’attachement ou de reconaissance en l’honneur de celui dont le nom ; suit, et qui était écrit, soit par l’artiste qui Bi faisait présent du vase, soit par l’ordre de ilui qui l’offrait à la personne nommée sur •vase. C’était donc une sorte de bravo, de Ival pour cette personne. Guattaui a pensé ae le mot kaaos était écrit par l’artiste i-dessus de celle des figures de son vase qui atenait le plus de suffrages quand il l’ex- >sait en public; mais il faudrait pour cela îe le nom propre écrit sur le vase fût aussi slui du personnage mythologique au-dessus îquel se trouve l’inscription, ce qui n’arrive is. On s’en tient donc à l’explication plus mple et plus naturelle, qui fait du mot rais une véritable acclamation flatteuse.

161. Les sujets représentés sur les vases peints, quoique infiniment variés, peuvent se réduire à trois classes qui les renferment tous : 1° sujets mythologiques; 2° sujets héroïques,- 3° sujets historiques; et leur étude offre le double avantage de l’instruction et de l’agrément.

162. Les sujets mythologiques se rapportent à l’histoire de tous les dieux , et leurs aventures très-humaines y sont reproduites sous mille formes. C’est encore la connaissance de la mythologie grecque qui peut seule en expliquer les personnages et les circonstances; mais elle ne sullit pas toujours, et ce n’est pas trop quelquefois de toutes les ressources d’une érudition profonde. Toutefois il est reconnu que la plus grande partie des peintures de vases sont relatives à Bacchus, à ses fêles et à leurs mystères. On y voit sa naissance, son enfance, son éducation, tous ses exploits, ses débauches, ses banquets et ses jeux; ses compagnons habituels, ses pompes religieuses, les lampadophores agitant leurs longues torches, les dendrophores élevant des branches d’arbre, ornées de guirlandes et de tablettes; les initiés se prépa-

rant aux redoutables mystères, euiin les cérémonies particulières à ces grandes institutions, et les circonstances relatives à leurs dogmes et à leur but. .On remarquera attentivement l'état des ligures; la barbe aux divinités maies, et les vêtements pour les déesses, caractérisent la première période de l’art grec. C’est dans les temps postérieurs qu’on voit Bacchus imberbe et Aphrodite nue. Les vases de la Pouille les représentent en cet état parce qu’ils sont d’une époque secondaire.

163. Les sujets héroïques représentent également les actions des héros de l’ancienne Grèce, Hercule, Bellérophon, Cadmus, Persée et Andromède, Actéon, Danaüs, Médée, les Centaures, les Amazones, etc. ; et la Théséide ou mythe de Thésée ne fut pas moins fertile pour les artistes que l’Héracléide même ou mythe d’Hereule.

164. Les sujets historiques commencent avec la guerre de Troie, et les peintres comme les poètes trouvèrent dans cet événement un vaste champ pour exercer leurs talents et leur imagination. Les principaux acteurs de ce drame mémorable reparaissent sur les va-

ses, ainsi que les circonstances qui furent . pour les princes qui y prirent quelque part le • résultat de leur présence devant Ilium ; mais ; il est à remarquer que l’ensemble de ces ; sujets historiques ne s’étend pas en deçà des ; Héraclides. On peut considérer comme appartenant à la classe des vases historiques les peintures relatives à des usages publics ou domestiques, les travaux intérieurs, les jeux, les repas, les représentations scéniques, les combats d’animaux, la pêche, la chasse et | les sujets funéraires; sous ce rapport, les vases peints sont d’un intérêt tout particulier i pour l’étude des mœurs et des usages de l’ancienne Grèce, et de ceux que les Ro- I mains adoptèrent d’elle par imitation.

165. On doit placer ici une remarque importante, relative à la variété des sujets mythologiques, héroïques et même historiques. Ces sujets, les premiers et les seconds surtout, I semblent former une mythologie et une histoire héroïque à part de celles des poètes et des prosateurs grecs. On voit sur les vases I des personnages inconnus aux écrivains, des scènes entières qui le sont aussi, et qui ne s’expliquent par aucune tradition écrite, ou

ui sont figurées avec 'des circonstances que 'histoire n’a pas connues ou ne nous a pas onservées. On juge par là combien l’étude pprofondie des vases peints peut ajouter ncore à ce que l’antiquité classique nous pprend des temps primitifs de la Grèce. On , du reste , remarqué aussi que la mytho- )gie des poètes n’est pas toujours conforme celle des prosateurs; et parmi les poètes tême, celle des lyriques diffère souvent de e qu’ont écrit les poètes tragiques. Le temps eut expliquer ces anomalies importantes; js traditions devaient s’altérer, et il put arivcr une époque, celle des grands écrivains e la Grèce , par exemple, où, dans cette conusion, il s’établit une espèce d 'éclectisme ui laissait au poète, au mythographe, etc., i liberté de choisir, parmi ces traditions, oit celle qui convenait le plus au but et à la lature du poème, soit celle qui paraissait la ilus vraisemblable. Les vases peints, les plus nciens surtout, qui sont antérieurs à ces crivains, nous en apprennent donc plus, ou ious apprennent autrë chose que leurs ou- ’rages : c’est ce qui donne à l’étude de ces nonuments un intérêt si grand et un charme

réel; ils représentent d’ailleurs authentique- . ment la véritable histoire de l’art chez les Grecs, depuis son origine jusqu’à sa perfection.

166. Il est très-singulier qu'aucun auteur ancien n’ait parlé des peintures de vases, . quoique ces meubles élégants fussent d’un usage si général ; on ne connaît aucun passage qui soit très-clairement relatif à ces vases. Pline, l’historien de l’art des anciens, n’en dit pas un seul mot, et il a évidemment ignoré l’existence des grandes fabriques de vases peints qui florissaienl dans des villes peu;; éloignées de Rome; il ne parle pas davantage des riches manufactures de la Grèce, de la Sicile et des colonies grecques en Italie : il paraît que leurs ouvrages n’étaient point transportés à Rome. Sénèque raconte, il est vrai, que les colons établis à Capoue par Jules- César détruisaient, pour bâtir des maisons de campagne, les plus anciens tombeaux, et même avec une espèce d’ardeur, parce qu’ilsy trouvaient des vases antiques ( aliquanturrv vasculorum operis antiqui reperiebant ).

Quelques critiques ont avancé que vascula pouvait s’entendre de vases de bronze, les vascularii étant bien distincts des fictilarii.

Cependant comme il s’agit ici de Capoue, et qn’on ne trouve dans ses tombeaux antiques que des vases de terre, il est très-vraisemblable que la phrase de Sénèque peut s’appliquer aux vases peints qu’on recueille encore si abondamment dans ces tombeaux. Les Romains purent donc les connaître; et cette opinion semble juslitiée par l’observation suivante.

167. Les Grecs d’Italie inhumaient les corps sans les brûler; on ne trouve donc pas dans les tombeaux grecs de cendres humaines enfermées dans les vases;, ceux-ci sont placés aux côtés du corps couché sur le sol. On a découvert cependant quelques vases remplis de cendres, et d’ossements à demi brûlés; et comme l’usage des Romains était de brûler les morts, on en a conclu que le vase d’abord, déposé vide dans une sépulture grecque, en avait été tiré, et qu’il avait ensuite servi d’urne cinéraire à un Romain. Ces substitutions n’étaient pas rares dans l’antiquité, et il y a au Musée du Louvre un vase en albâtre oriental, exécuté en Égypte, qui porte une inscription égyptienne, et qui a servi ensuite d’urne cinéraire à un membre de la

224 MONUMENTS DE PEINTÜHE.

famille romaine Claudia, comme le montre l’inscription latine gravée sur la panse du vase, à l’opposite de l’inscription égyptienne. {

fCe sont en effet les découvertes des vases grecs faites en Italie, qui ont jeté bien des doutes sur quelques points fondamentaux de la science des vases peints. Comment aurait-il pu en être autrement, lorsque trois à quatre mille vases peipts sortent inopinément des antiques tombeaux que recelle le sol de l’antique Ëtrurie , et que la plupart de ces vases sont enrichis d’inscriptions, donnant un double prix aux sujets peints qui les décorent déjà! Une grande difficulté naissait de celte découverte ; il s’agissait de concilier le caractère évidemment grec de ces vases avec leur origine étrusque; car ils étaient tirés des sépultures de la ville étrusque de Yulci, détruite par les Romains vers l’an 250 avant l’ère cbrélienne, et d’un terrain qui fait suite des possessions de feu Lucien Bonaparte, prince de Canino.

Les savants de tous les pays s’intéressèrent à cette mémorable découverte, qui était la plus grande révélation qui nous fût venue de l’antiquité depuis la découverte d’Her-

VASES PEINTS GllKCS.

culanum, et ils prirent part aux utiles discussions qui s’engagèrent publiquement, sur ce grand sujet.

Un habile antiquaire allemand, M. Gerhard, se chargea d’en faire une étude approfondie, et il en rendit les résultats publics dans un rapport qui a mérité de nombreux suffrages. L’auteur s’efforce d’y démontrer la vérité de ses conclusions, que nous devons résumer ici en peu de mots.

Dans le travail des vases de Vulci on doit reconnaître l’art grec, qui s’y produit de trois manières différentes : l’une semblable aux ouvrages de Nola et d’Agrigente, l’autre qui doit être attribuée à des artistes grecs établis en Élrurie; la troisième enfin annonce des ouvriersétrusquesimitantlesouvragesdes Grecs; mais on pratiqua en même temps les trois manières déjà indiquées (n° 156), savoir: Figures brunes sur fond jaune, figures noires sur fond rougeâtre, et figures rougeâtres sur fond noir.

Il n’y a que des sujets grecs sur ces vases de Vulci, et notamment les sujets mythologiques plus propres à l’Atlique dans toutes ses prospérités. Les dieux sont barbus, et les déesses vêtues. Parmi les sujets

îs

226 MONUMENTS DE PEINTUKE.

civils, un grand nombre annoncent des prix aux jeux Panathénaïques, et autres usages de l’Altique.

Toutes les inscriptions qu’on a réussi à lire sont grecques et en dialecte attique. Il y a aussi quelques inscriptions étrusques; d’autres ne sont que la dénomination même des formes des vases qui les portent sous leurs pieds, et les noms des peintres et des potiers.

Le style de quelques vases est archaïque, c'est-à-dire imitatif de celui des ouvrages des temps antérieurs. Les vases à ligures noires étaient des prix pour des vainqueurs, et ceux à ligures rouges, des présents de noces ou d’une fête. Il n’y a point de sujets relatifs aux mystères et aux cérémonies funéraires, el l’époque de la destruction de Yulci porte a croire que les vases trouvés dans ses tombeaux, et appartenant à l'époque de la plus grande prospérité des colonies grecques en Italie, sont aussi antérieurs aux vases de la Pouille et de la Basilieate.

Tous ces vases à sujets et à noms grecs onlils été fabriqués en Grèce, el transportés par le commerce, accueillis par la curiosité en Pirurie? La réponse affirmative a celte quos-

VASES l’EINXS GRECS. 227

lion ne manque pas de partisans ; mais M. Gerhard pense que tous ces vases sont l’ouvrage d’artistes altiques ou athéniens établis à Vulci , où un mélange de population grecque avec la population indigène dans la môme cité expliquait suffisamment la présence de ces artistes et le succès des produits de leur industrie.

168. En sortant des fouilles, le vase est couvert d’une couche de terre blanchâtre assez semblable à du tartre, et de nature calcaire; elle disparaît au moyen de l’eau-forte. Mais celte opération doit être faite avec beaucoup de précautions; l’acide ne mord pas sur le vernis noir du vase, mais il peut promptement altérer les autres couleurs.

Quand les peintures ont souffert par les sels terreux, on les restaure en raccordant les couleurs affaiblies avec celles qui subsistent encore. Mais ce travail de restauration, surtout si l’artiste se permet d’y ajouter des détails qui ne sont pas évidents dans l’original, peuvent altérer ou métamorphoser un sujet, et l’archéologue doit tenir peu de compte de ces travaux modernes dans l’étude d’un vase peint. Quelquefois on a enlevé ces

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repeints, et reconnu au-dessous le véritable sujet de la peinture.

1GO. Quant aux imitations faites soit pour l’amour de l’art, soit par des faussaires, les premières sont très-louables et ont concouru puissamment au perfectionnement de la céramie des modernes; les secondes sont trèsblâmables, et des amateurs distingués y ont été trompés. Pietro Fondi, qui avait établi ses fabriques à Venise et à Corfou, a particulièrement réussi dans ce genre d’escroquerie; il y en a de plusieurs espèces ; le vase est antique, mais les peintures sont modernes; on a ajouté des détails et des inscriptions aux peintures antiques; sur un vase noir, on a enlevé le vernis par places pour découvrir la couleur de la terre, et on y a peint des ligures; mais les différences du style du dessin, la multiplicité des détails, les ongles indiqués aux doigts de la main et du pied , trahissent bientôt cette fraude, de même que la grossièreté de la terre qui rend les vases plus pesants, et l’éclat métallique du vernis. L’épreuve qu’on fait subir aux couleurs des vases faux est aussi très-concluante : si le faussaire a employé des couleurs détrempées

dans de l’eau ou de l’alcool , il suffi! de passer dessus de l’eau ou de l’esprit-de-vin pour les faire disparaître; les couleurs antiques ayant été cuites avec le vase, résistent à cette épreuve.

170. Les gouvernements d’Europe ont reconnu toute l’utilité des collections de vases peints pour l’avancement des arts utiles et des beaux-arts. Les collections publiques se trouvent dans les villes principales, et à Paris, à la manufacture de porcelaine à Sèvres, et au cabinet des antiques de la Bibliothèque du roi. La collection du Musée du Louvre l’emporte sur toutes les autres de Paris, depuis qu’on y a réuni celle de feu Durand, si remarquable par le nombre et la variété des vases, par leur él égariez; , leur grandeur , et par la richesse des peintures de quelques-uns d’entre eux. Des amateurs éclairés s’empressent aussi d’orner leur cabinet de ces beaux et précieux monuments, de les livrer aux investigations des artistes et des archéologues, et l’on peut citer part iculièrement les collections formées à Paris par feu le duc de Blacas, M. le comte Pourtalés, et le baron Roger. Les tempêtes politiques ont dispersé la première et forcé l’il-

lustre possesseur à chercher uu tombeau dans une terre étraugère; celle de feu le baron Roger a été vendue après sa mort : M. de Pourtalés enrichit actuellement la sienne. Il en existe encore de publiques ou de particulières en Italie, en Angleterre et en Allemagne. Beaucoup d’amateurs ont aussi réuni un plus ou moins grand'nombre de vases.

171. Quelques-unes de ces collections ont été publiées; d’habiles artistes ont reproduit les formes et les peintures des vases; des savants distingués en ont expliqué les sujets. Telles sont la première collection d’Hamillon expliquée par d’Hancarville; la seconde, par Tischben et I talinski ; celle de Dresde, dont Boettiger a décrit les plus remarquables, etc. Il existe aussi des recueils gravés, dont les sujets sont tirés de divers cabinets ; et tels sont, entre autres, celui de Passeri, Picturæ Etruscorum in vasculis nunc primùm collecta; , Romæ, 1767-1773; 3 vol. in-fol. ; et celui de Millin, Peintures de vases grecs , 2 vol. in-fol. On trouve aussi dans les recueils académiques et les journaux littéraires de l’Europe, dans ceux de l’Italie surtout et dans les ouvrages d’archéologie, la description de

quelques vases peints isolés. Les études dont ils sont l’occasion paraissent inépuisables, et appellent le concours des savants de tous les pays. On peut dire que les sujets de recherches archéologiques et artistiques fournis par les vases grecs sont si rryiltipliés, que les savants ont été contraints de s’adonner à de simples monographies. Ainsi Millin avait publié une ores téide; M. Raoul-Rochette s’est attaché à l’histoire d’Achille, ou plutôt à la légende mythique du héros, telle qu’elle nous est transmise par les monuments, et leur savante interprétation a fait de l’Achilléide un des plus beaux et des meilleurs ouvrages modernes sur l’antiquité figurée. Le progrès sensible fait depuis quelques années dans la science des vases grecs peints en promet de plus intéressants encore , et confirme l’espoir lentement conçu de voir se resserrer de plus en plus l’alliance de l’archéologie avec l’érudition, de la science des monuments avec la science des auteurs. Les vases peints se placent sans nul doute au premier rang parmi les productions de l’art des anciens. Leur étude est indispensable à l’érudit; c’est pourquoi nous avons tâché de réunir dans ce résumé,. trop

sommaire sans doute, les principes généraux qui peuvent conduire à la connaissance de ces curieux et utiles monuments, si intéressants à la fois pour l’histoire et les beauxarts.

172. Quant aux vases de tout autre genre que les vases peints, et dont les formes, la matière, la destination, intéressent également l’archéologue, nous en parlerons dans le chapitre général des meubles, armes et ustensiles des anciens, et nous les considérerons par rapport à leurs usages religieux, domestiques ou funéraires. Nous embrasserons ainsi l’ensemble de ce genre de monuments, le plus nombreux dans les collections d’antiquités, et pour lesquels les anciens employèrent les matières les plus précieuses comme les plus communes. Nous complétons ce que nous avions à dire des ouvrages de peinture, par quelques notions principales sur les mosaïques.

SECTION IV

Mosaïques.

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