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Autant les Grecs s’attachèrent à repré

glyptographie des romains. 83

senter le nu, autant les Romains montrèrent dégoût pour les figures drapées. Les pierres gravées faites à Rome portent en général les marques de cette préférence; et Dioscorides lui-mème, si fidèle d’ailleurs au goût de sa nation, fil un Mercure drapé. Cette exigence romaine fut très-défavorable au bel art, et les pierres gravées exécutées à Rome se ressentent de cette influence fâcheuse : le mérite des ouvrages ne s’y remarque plus. Le dessin ne cesse pas d’être correct; mais il n’y a plus dans la composition ni élégance ni génie. L’idéal, qui anime les figures grecques, ne s'aperçoit plus dans les figures romaines, et l’art semble décliner peu à peu vers une imitation trop servile. On suit les traces de sa dégradation par l’examen des pierres gravées qui sont les portraits de Lucius Verus, Gordien, Maximien, Probus et Constantin.

50. Les pierres gravées portant une inscription sont plus communes parmi les ouvrages romains que parmi ceux des Grecs, et ces inscriptions romaines sont de cinq sortes : 1° le nom de l’artiste ; 2° le nom du personnage qu’il a représenté; 3° plus ordinaire-

ÎMEUIIES GRAVÉES.

ment, le nom dit propriétaire de la pierre;

4° le nom de celui qui en à fait présent à | une autre personne; 5° les vœux , les sou- ! liai ts, les expressions affectueuses qui accom- [ pagnaienlce présent, comme : mullis annii !

( vivas sous-entendu), ave, amor meus, et | les acclamations relatives aux jeuxdu Cirque, i

§ V. Glyploçjraphie du Bas-Empire.

51. Dans le Bas-Empire, quand tous les arts périssaient , la glyptique se conserva et j! leur survécut même; elle était inséparable I de l’art de graver les coins pour les mon- i 1 naies. On connaît donc une assez grande 1 quantité de pierres gravées dans le Bas-Erii-- i pire; la plupart sont, remarquables par la 1 grandeur des onyx, cl nous avons déjà cité I t le saphir de Constance, ainsi nommé parce i > qu’il représente l’empereur Constance chas— saut au sanglier dans les environs de Césarée i t de la Cappadoce. Les pierres gravées de ce 11 temps présentent tonies les difformités tiuij style du Bas-Empire.

52. Bientôt la glyptique, eti se perpétuant 1 au sein de la barbarie, fut adoptée par les | ; chrétiens pour reproduire les objets consa- 1 n

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crés par leur religion. Ils portaient aussi des bagues dont les pierres représentaient ces objets, et l’on a recueilli des bijoux de ce genre dans les plus anciens cimetières des chrétiens; ou voit sur leurs sarcophages et dans leurs bas-reliefs des ligures ornées de colliers, de bracelets, de boucles d’oreilles et de bagues composées de métaux précieux et de pierres gravées. Les pierres chrétiennes qui portent des inscriptions ne sont pas rares. Mais les sujets les plus ordinaires sont tirés de l’ancien et du nouveau Testament; on peut même les classer d’après deux époques : pour la première on peut remonter jusqu’à Eve, qui a été tigurée sur un lapislazuli;pour la seconde époque, ou le nouveau Testament, les sujets qu’il a fournis sont encore plus nombreux que pour la première, et l’ordre chronologique est ici le meilleur pour une classification méthodique. On distinguera cependant, parmi les pierres chrétiennes, t° les sujets historiques , ou représentant les portraits et les actions du Christ, de la Vierge, des apôtres et des saints, sans emblèmes ni allégories; 2l> les sujets symboliques , tels (pie le vaisseau, symbole,

PIE1UIES GIIAVEES.

de l’Église même; l’ancre, le poisson; 3U les pierres inscrites, qui sBnt très-communes, et I contenant les noms du Christ, des saints, el les formules secrètes consacrées parmi les chrétiens, telles que 1° le mot ixors, qui signifie poisson, symbole tout chrétien, et qui de plus contient toutes les lettres initia- > les de la légende du Christ, Jésus- Christ fils : de Dieu, sauveur, le ; xf'.ro; glo-j rio;

2° le monogramme du Christ fait des lettres XP groupées; 3° enlin des acclamations telles que celles-ci: Ioannes Vivas In Deo. Il faut aussi rappeler, au sujet de la glyptique chrétienne, que les fidèles se contentèrent parfois d’inscrire le nom d’un de leurs célèbres personnages à côté d’une tête ) j qui était réellement celle d’un personnage païen. Ainsi, on voit à la Bibliothèque | royale une belle tête du Caracafla à côté de laquelle on a inscrit le nom de S. Pierre. : On traita de même les sujets les plus profa-nes, en les considérant comme des représentations de sujets sacrés.

53. Aux connaissances littéraires et my— j Biologiques indispensables pour l’étude de J la glyptographie , on doit ajouter des notions ;

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suffisantes de lithologie, alin de bien distinguer les matières, non-seulement pour apprécier sous ce rapport une pierre gravée, mais encore pour la critique de ce genre de monument par rapport aux anciens qui n’ont pas connu toute la lithologie des modernes, et qui ne purent employer que les productions des pays où leurs relations s’étendaient alors. Ce point est assez essentiel, parce que les plus habiles faussaires ont employé quelquefois des matières occidentales provenant de régions d’où les anciens ne purent jamais en tirer, et la fraude se déclare d’elle-mème par un tel fait bien avéré. Certaines pâles antiques ou modernes imitent aussi les matières naturelles si parfaitement, que l’on peut s’y méprendre; mais l’épreuve de la pesanteur spécifique et do la dureté de la matière, si l’étude delà lithologie nous a donné ces notions élémentaires, nous préservera de toute surprise; c’est ainsi que les sciences s’éclairent mutuellement, et l’on voit ici comment la connaissance de la minéralogie, delà physique et de la chimie peuvent être utiles à l’archéologue qui semble ne se vouer d’abord qu’à l’étude des productions imma-

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