ARCHITECTURE, PEINTURE, SCULPTURE
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Introduction historique.
t. Le mot archéologie , clans la généralité de son acception et selon son étymologie (Apxatoç ancien, et aô ï0 ; discours), comprend l’étude de l’antiquité tout entière par les monuments et par les auteurs. Bornée, comme l’usage l’a voulu, à la description des monuments, le nom (T arc h éog rapide conviendrait mieux à cette science, considérée dans cet objet unique; mais une distinction trop absolue serait presque oiseuse; le véritable archéologue ne peut se passer du secours des
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auteurs classiques pour expliquer les monuments, et à leur tour, les monuments éclaircissent un grand nombre de difficultés, insolubles sans eux, dans les textes des écrivains
anciens. Nous devons nous conformer à l’usage , et adopter le mot archéologie pour ce résumé, quoiqu’il ne doive traiter que des monuments antiques et ne point aborder la philologie.
2. L’archéoloaie diffère essentiellement de l ’ histoire de l’art des anciens et de l'érudition. La première nous enseigne les essais contemporains ou successifs des vieux peuples, et leurs efforts pour figurer les objets qui composent l’univers matériel, ceux que l’esprit de l’homme créa après Dieu; comment, d’une imitation servile, l’art s’éleva jusqu’à ce beau idéal qui ajoute à l’univers des beautés dont il ne renferme point le type
complet, et, par le secours de l’allégorie et effets magiques d’une langue de convention , il sut réaliser toutes les créations du génie. La seconde s’attache plus particulièrement au texte môme des écrits des anciens, les interprète , les épure des taches que l’ignorance et l’erreur y introduisirent; et, s
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elle est véritablement philosophique, elle conclut, du rapprochement des faits constants et bien observés, quel fut l’état réel de l’esprit et des moeurs des hommes de l’antiquité. L’interprétation des inscriptions est réellement une partie de l'érudition ; mais elle reste classée dans l’archéologie quand elle s’applique aux monuments antiques: elle prend pour cela le nom de paléographie :
considérée dans sa généralité, et comme science appliquée aux inscriptions anciennes et modernes, elle se nomme êpigraphie.
L'archéologie se borne à décrire et à expliquer les monuments qui sont l’ouvrage des anciens peuples. Ceux qui la confondent avec l’histoire de l’art et avec l’érudition, ne font ni de l’archéologie, ni de l’art, ni de l’érudition : ces trois genres de connaissances s’éclairent mutuellement; mais chacune d’elles se propose un but spécial, a son système, ses préceptes et sa nomenclature à elle seule.
3. L’utilité de l’archéologie est trop généralement avérée, pour nous arrêter à la démontrer ici. Elle est le guide le plus tidèle pour l’historien des temps anciens; elle lui fournit les plus authentiques documents, et, à
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moins de nier l’utilité de l’histoire, on ne peut mettre en doute celle de l’archéologie.
Pour les siècles antérieurs à Homère, toute l’histoire est dans l’archéologie; les relations abondent sur les temps qui suivirent ce génie sans modèle et sans rival; mais l’étude approfondie de ces relations y découvre parfois des traces de quelques influences qui
montrèrent à l’écrivain la vérité là où elle n’était pas, ou bien un peu autrement qu’elle ne fut en réalité : Thucydide est un excellent
Athénien dans l’histoire des guerresciviles de toute la Grèce. Les monuments ne sont d’aucun parti; les faits qu’ils énoncent portent avec eux une naïve certitude, et s’ils con-
tredisent l’historien, ils le condamnent comme
coupable d’erreur ou de mensonge.
4. L’histoire ancienne s’éclaire et s’agrandit par leurs témoignages : pour les homme célèbres, elle y trouve leurs noms véritables, leur origine et leurs portraits ; pour les peuples, leurs opinions et leurs préjugés, le® religions et leurs cultes, leur science civile, politique, économique, administrative, le® progrès dans les connaissances utiles à lac 1 ' vilisation, leurs moeurs publiques et privées
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leur régime général, enlin ce qu’ils firent pour la vérité, et les erreurs qu’ils ne purent éviter; pour les lieux, des notions authentiques d’où la géographie tire des faits importants, qui lui manqueraient sans leur secours; et pour les temps, des époques certaines qui, comme des jalons lumineux, dissipent une partie des ténèbres dont la succession des siècles passés enveloppa les vieilles annales de l’esprit humain : les monuments contemporains nous signalent ses progrès.
5. L’archéologie se propose donc de tracer le tableau de l’état social ancien, par les monuments. L’homme et ses ouvrages doivent être le véritable but de son étude; tous les monuments, même les plus communs et les plus grossiers, déposent de quelques laits, et l’ensemble de ces faits est comme une statistique morale des anciennes sociétés. Considérée de cette hauteur, l’archéologie mérite le nom de science, son utilité frappe dès l'abord ; la variété des moyens propres à son étude nous
charme bien vite. Elle nous fait vivre et #
nous entretenir avec tous les grands hommes et tous les grands peuples des temps passés ; nous cherchons notre histoire dans la leur,
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et nous 11 e savons pas résister au plaisir de comparer nos croyances avec leurs opinions nos goûts avec leurs usages, et nos espérances avec leurs destinées.
6. Plusieurs méthodes se présentent pour l’élude de l’archéologie : l’une est chronol o- • gique, l’autre analytique, ettoutesdeux.siou les isole, pèchent en quelques points essentiels; celle qu’on a suivie dans la rédaction de ce résumé a semblé laisser le moins à désirer, et se prêter à des rapprochements qui vont au but même de cette étude.
7. La méthode chronologique consiste à traiter des monuments de chaque nation en particulier, selon l’ordre de priorité que l’histoire lui assigne. Mais cette méthode, pour être la plus commode, n’est pas sans de graves inconvénients; on saura d’abord ce que firent les Égyptiens, ensuite les Grecs, ensuite les Italiens ou les Romains, si l’on veut; mais les rapprochements qu’on doit tiret de ces exposés, qui embrassent tant d’objets divers, seront nécessairement moins fructueux , parce que leurs éléments seront plus dispersés; et ce travail de l’esprit, qui recherche avec tant d’avidité les origines dans les
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analogies, les singularités dans les dissemblances, deviendra par là plus laborieux, plus incertain, et perdra, à la fois, de son charme comme de sa certitude.
8. La méthode analytique , en traitant de chaque sujet en particulier, relativementà tous les peuples à la fois, quoique moins défectueuse que la première, est un peu trop soumise à l’arbitraire de l’archéologue, qui commencera, de son gré, par traiter ou de la religion, ou de l’état des arts, ou des usages civils et militaires, des monuments funéraires ou des monuments religieux. Ce plan peut plaire par sa généralité, par la liberté même qu’il laisse à l’écrivain ; mais là où les monuments nous manquent , que pourra dire l’archéologue?
La science ne comprend que les faits conservés parles monuments même; elle recueille ces faits, les coordonne, les interprète, et ce sont ces interprétations qui vont prendre leur place dans les divers chapitres de l’histoire même des anciens. Et, ne perdant pas de vue que la science ne se compose que de ces interprétations, on conçoit que sa théorie ne doit venir qu’après ces faits, et qu’elle doit être subordonnée à leurs résultats, fondés sur
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la nature même et la diversité d’expression des monuments.
9. Il nous a donc semblé pouvoir satisfaire aux conditions les plus désirables en adoptant une méthode à la fois chronologique et analytique. Le même sujet sera considéré chez les divers peuples à la fois, mais selon leur ancienneté relative. Cette méthode conservera ainsi l’ordre des origines et des modifications; eile fera distinguer les institu-
teurs premiers de leurs élèves, et l’invention, de l’imitation plus ou moins complète; elle nous montrera les pratiques de tout genre , courant le monde avec les colonies, exportées par les migrations des philosophes voyageurs; et lorsqu’un usage sera remarqué à la fois chez deux peuples d’un âge différent, l’histoire écrite nous expliquera ordinairement le temps, les causes et lés circonstances de cette communication, ou si l’histoire se tait, l’archéologie suppléera peut-être à son silence et remplira ainsi ses lacunes. Cette méthode nous apprendra donc ce qu’on s fait dans chaque pays, dans des circonstances communes à tous, dans les circonstances par-
ticulières à chacun ,
et comment les arts di-
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vers concoururent à l’accomplissement de ces vues analogues ou opposées.
10. Chaque monument est en effet le produit, soit d’un art unique, soit de plusieurs arts à la fois ; mais l’espèce et la destination de chaque monument se rattachent plus particulièrement à un seul, et quoiqu’un temple ait .été érigé avec les secours de l’architecte, du sculpteur, du peintre et du graveur, l’architecte fit plus que les autres, et c'est comme ouvrage d’architecture qu’il doit être plus particulièrement considéré. Nous trouvons dans ce principe un second moyen de compléter notre méthode : 1° en classant tous les monuments selon l’art qui les a exécutés; 2° en les considérant comme sacrés , civils ou militaires, et funéraires , subdivision qui appartient également à chacune des grandes divisions fondées sur la diversité des arts.
Le tableau suivant expliquera pleinement notre pensée :
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