‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 138 sur 152 · VALLÉE EMPOISONNÉE · texte numérisé non relu

VALLÉE EMPOISONNÉE

« En nous approchant de cette vallée , dit un voyageur récemment arrivé de Java dans Londres, nous éprouvâmes de fortes nausées, une sorte d'étourdissement, et nous sentîmes une odeur suffocante. Mais à mesure que nous atteignions ses limites, ces symptômes se dissipèrent, et nous pûmes examiner à notre aise le spectacle qui se déroula devant nos yeux. La vallée peut avoir environ un mille de circonférence ; elle est d'une forme ovale ; sa profondeur est de 30 à 35 pieds ; le fond en est tout-à-fait plat , sec, dépourvu de végétation et jonché d'ossemens humains et de squelettes de tigres de sangliers, de cerfs, d'oiseaux, etc., épars au milieu de gros blocs de pierre. On ne remarque aucune vapeur quelconque ni aucune ouverture sur le sol, qui paraît aussi dur et aussi solide que la pierre. Les coteaux escarpés qui environnent cette vallée de désolation sont couverts, depuis le sommet jusque près

de leur pied, d'arbres et d*arhrisseaux d'une belle végétation. Avec l'assistance de nos cannes de bambou , nous descendîmes sur les flancs de ces coteaux jusqu'à environ 18 pieds du fond de la vallée. Quand nous fûmes arrivés en cet endroit, nous chassâmes un chien jusqu'au bas du coteau : en moins de 15 secondes il tomba sans mouvement, mais respira encore 18 minutes. Un autre chien, chassé delà même manière , tomba au bout de 10 minutes. Un poulet ne vécut qu'une minute et demie , et périt même avant d'avoir atteint le fond. Devant nous se trouvait un squelette humain que j'aurais bien voulu enlever. Mais c'eût été une insigne folie que de l'essayer. Les os , dans celte vallée , acquièrent la blancheur et l'apparence de l'ivoire. On pense généralement que les squelettes humains sont ceux de malfaiteurs ou de rebelles qui , poursuivis sur les chemins, sont venus se réfugier et chÉfeher un abri dans ce lieu , ignorant les effets pernicieux de l'air qu'on y respire. Les montagnes qui avoisinent la vallée sont volcaniques ; mais dans la vallée ellemême il n'y a pas la moindie odeur sulfureuse , ni aucune apparence d'éruption volcanique à aucune période. » La vallée se nomme en langue javanaise Guevo-Oupas.

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