‹ Traité élémentaire d'astronomieChapitre 83 sur 152 · LES CATARACTES DE L'ORÉIVOQUE · texte numérisé non relu

LES CATARACTES DE L'ORÉIVOQUE

« Les cataractes de Maypurès n'offrent pas, comme le saut du Niagara , haut de cent soixante pieds , la chute d'un énorme volume d'eaîi , qui se précipite à la fois tout entier ; ce ne sont pas non plus des défilés étroits à travers lesquels le fleuve pénètre en accélérant son cours, comme nuPongo (1) de Mansériché, de la rivière des Amazones. Elles se forment d'une quantité innombrable de petites cascades , qui se suivent en tombant de degrés en degrés. Le raudal, c'est ainsi que les Espagnols nomment cette espèce de cataracte , est déterminé par un archipel d'îlots et de rochers qui rétrécissent tellement le lit du fleuve , large de huit mille pieds , que souvent il ne reste pas vingt ineds de libre pour la navigation. Le côté de l'orient est aujourd'hui beaucoup moins accessible , et plus dangereux que celui de l'occident

(I) ResserreiTunt extraordinaire cl ti lleav€ entre des rochers escarpés.

Les degrés les plus célèbres et les plus difficiles sont ceux de Purrimarimi et de Manimi ; leur hauteur est de neuf pieds , un nivelîement géodésique est rendu impossible par les obstacles insurmontables qu'opposent les localités et l'air infect et irempli de myriades de moustiques; mais en me servant du baromètre, j'ai trouvé, avec surprise, que la chute entière du Raudal depuis l'embouchure du Caméji jusqu'à celle duToparo, était à peine de vingt-huit ou trente pieds ; je dis avec surprise , puisque le fracas écumeux des vagues est du non pas, comme on le croirait, à la hauteur de la cataracte, mais au rétrécissement du fleuve par un nombre infini de rochers et d'îlots, et un contrecourant occasion^ par la forme et la situation des masses de rochers. C'est ce que l'on reconnaît facilement, lorsque du village de Maypourès on descend au bord du fleuve , en franchissant le rocher de Manimi.

« C'est là qu'on jouit d'un aspect tout-à-fait merveilleux. Les yeux mesurent soudainement une nappe écumeuse d'un mille d'étendue. Des masses de rochers d'un noir de fer sortent de son sein , comme de hautes tours; chaque îlot, chaque roche, se pare d'arbres vigoureux et pressés en groupe ; audessus de Teau est sans cesse suspendue une fumée épaisse; à travers ce brouillard vaporeux où se résout récume , s'élancent les cimes de hauts palmiers. Dès que le rayon brûlant du soleil du soir vient se briser dans le nuage humide , les phénomènes de l'optique présentent un véritable enchantement. l.es aies colorés disparaissent et renaissent tour-à-

tour , et , jouet léger de Tair , leur image se balance sans cesse : autoiir des rocs pelés , les eaux murmurantes ont , dans les longues saisons des pluies, entassé des îles de terre végétale. Parées de drosera, de mimosa au feuillage d'un blanc argenté, et d'une multitude de plantes , elles forment des lits de fleurs, au milieu des roches nues; elles rappellent à l'Européen ces blocs de granit solitaires et couverts de fleurs que les habitans des Alpes appellent courtils, et qui percent les glaciers de la Savoie. » (humboxdt , Tableaux de la Nature.)

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