AUTRES CATARACTES
Il serait possible à toute force , que les cataractes du Nil eussent perdu de leur hauteur. On sait , par exemple, que les cascades de la Toungouska, en Sibérie , ont perdu de leur élévation par la dégradation successive des rochers.
Mais, en général , on s'est plu à exagérer la hauteur des cascades.
Celle de Tequendama , formée par la rivière de Bogota , dans l'Amérique méridionale , n'a pas 600 pieds de hauteur, selon M. de Humboldt , et Bou- '^uer lui en avait donné 1,500. Les plus hautes chutes connues, «elle de Gavarnie (1) et le Staub- ^ach, au lieu de 1,200 et 1,600, en ont 900 et 1,000.
Il est vrai que déjà ces hauteurs sont prodigieuses , et que c'est un spectacle magnifique que cette pluie d'eau transformée , comme par enchantement, în une innombrable quantité de gouttelettes , où es rayons du soleil , en se réfractant , forment 'arc-en-ciel , et qui semblent de la poussière d'eau. ^oyez la Météorologie.
Staubbach, en effet, signifie ruisseau de pousière.
On donne le nom de perte du Rhône à la dispariion brusque, mais momentanée , de ce ileuve , près le Seyssel , sur les confins du département de l'Ain t de la Savoie. Arrivé là , le fleuve, au lieu de con-
(i) Gavarnie est en France , département ries Hautes-Pyrélèes.
tinuer ostensiblement sa route ^ s'abîme, coule quelque temps sous terre , puis reparaît une lieue plus loin.
La France a un nombre assez considérable de pertes semblables. La Guadiana, en Espagne, disparaît de même au milieu de terrains sablonneux et marécageux, puis reparaît au bout de quelque tempsplus abondante. (/^02/. YEUX DE laguadiana, p. 19.) L'Euphrate , en Asie , offre le même phénomène.
La plus étonnante particularité qui ait jamais existé en ce genre, est certainement celle que fournit, en 1752, le Rio del Norte. Les habitans de Passo del Norte virent tout à coup leur grande rivière se sécher. Pendant l'espace de cinquante lieues, le lit entier du fleuve n'offrit pas une goutte d'eau. Toute la masse liquide s'était précipitée dans une crevasse nouvellement formée, et ne ressortit de terre que près du préside de Saint-Eléazar. Au bout de quelques semaines, la perte cessa , et le fleuve reprit son ancien cours.
Ce phénomène des pertes n'a rien de difficile à expliquer. Une rivière rencontre dans son cours un banc de rochers solides , qui barrent son lit. Sous ces rochers s'étendent des substances moins dnres. Les eaux, en rongeant ces dernières, se fraient un chemin souterrain, plus ou moins long, à travers des couches moins résistantes , puis enfin reparaissent dès que la couche rocheuse n'existe plus.
POLUMÎVA.
Le Volga , dans la partie méridionale de son cours, se couvre encore de glace dans presque toute son
;eiidiie , comme lorsqu'il coule dans le nord ; mais, )it à cause de la puissance de ses eaux , soit à cause u choc des rivières affluentes, il reste toujours sur îlte surface immense glacée des ouvertures fulantes par lesquelles le fleuve semble respirer. Ces 'olumna, en changeant de place, mettent en dan- 3r les voyageurs dont l'usage est de traverser le îuve en traîneau, ou avec des voitures pesamment largées.