Expérience d'Œrsted. — Règle d'Ampère. — Un
conducteur traversé par un courant et approché d'une aiguille aimantée l'écarté de sa position d'équilibre (fig. 171) : tel est le fait observé par Œrsted. Le sens de la déviation est donné dans chaque cas par cette règle très simple d'Ampère : qu'on suppose un observateur couché dans le fil de manière que le courant entre par les pieds et sorte par la
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tête ; l'observateur tournant la face vers l'aiguille, voit toujours te pôle nord se pointer à sa gauche, que nous appellerons la gauche du courant.
209. Aiguille asiatique d'Ampère. — Sans l'action de la terre, l'aiguille se mettrait toujours en croix avec le courant. Pour le démontrer, Ampère emploie une aiguille montée comme l'aiguille d'inclinaison (200) de manière à être mobile seulement autour d'un axe passant par son centre de gravité et place cet axe parallèlement à la force terrestre (fig. 172). Le couple terrestre agissant dans un plan passant par l'axe est sans effet sur l'aiguille. Le courant la
mettant toujours en croix avec lui, il faut en conclure que son action s'exerce dans un plan perpendiculaire au Ql conducteur.
210. Galvanomètre. — Si on tend le fil au-dessus d'une aiguille horizontale de manière qu'il lui soit parallèle dans la position d'équilibre, la direction que prend l'aiguille est celle de la résultante de deux forces horizontales qu'on peut considérer comme agissant sur chaque pôle : l'une due au champ terrestre et parallèle au méridien, l'autre due à l'action du courant, située dans un plan perpendiculaire au fil et par suite normale à la pre- Fig. 173. mière {fig. 173).
L'expérience montre que, toutes choses égales d'ailleurs, la déviation est indépendante du degré d'aimantation de l'ai-
guille, ce qui prouve que les deux composantes gardent entre elles un rapport constant et par suite que l'action du courant, comme celle du champ terrestre, est proportionnelle à la masse magnétique du pôle considéré.
La déviation augmente d'ailleurs avec l'intensité du courant et, par suite, peut lui servir de mesure. Tel est le principe de la mesure électromagnétique du courant et de l'instrument appelé par Ampère galvanomètre.
En général, pour augmenter l'action du courant, on enroule le til conducteur autour d'un cadre au centre duquel est placée l'aiguille ^__
et on fait coïncider le plan du cadre avec le méridien magné-
Fig. 174.
tique [fig. 174). Il est facile de voir en appliquant la règle d'Ampère que les actions des diverses portions du cadre sont concordantes, comme ayant toutes leur gauche du même côté. Ce cadre est souvent désigné sous le nom de multiplicateur de Schweigger.
211. Courants mobiles d'Ampère. — Si, dans l'expérience d'OErsted, on rend l'aimant fixe et le conducteur mobile, celui-ci doit tourner de manière à laisser à, sa gauche le pôle nord de l'aimant. L'expérience se réalise facilement au moyen des courants mobiles d'Ampère.
Le courant arrive à deux godets a et b {fig. 175) placés sur une même verticale et pleins de mercure. Un fil conducteur convenablement replié forme un cadre dont les extré- . mités terminées par des pointes d'acier viennent plonger dans les godets. Ce cadre repose par une seule des pointes qui sert d'axe de rotation.
Supposons le cadre rectangulaire ; si on en approche un aimant, il tend à se mettre en croix avec lui, le pôle nord étant à gauche. L'effet est maximum quand l'aimant est placé au milieu du cadre, toutes les actions étant alors concourantes.
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