‹ Traité élémentaire d'électricitéChapitre 79 sur 130 · LP · texte numérisé non relu

LP

cette quantité représente le travail qu'a coûté la création du courant dans le circuit, celui-ci étant soustrait à toute action étrangère ; on l'appelle V énergie intrinsèque du courant.

234. Autre forme de l'expression du travail électromagnétique. — Lorsque, dans un champ donné, le circuit éprouve un déplacement ou une déformation amenant une

256 ÉLEGTROMAGNÉTISME.

variation Q^ — Q^ du flux, le travail Ti effectué par les forces électromagnétiques a pour valeur (231)

TÎ = I (Q,-Q,).

Considérons les intersections par un plan quelconque {fig. 200) des tubes de force qui correspondent au circuit fermé dans les deux états ; le flux Q^ correspond à ia surface ABGD,

le flux Q2 à la surface A'B'C'D'. Si on désigne par Q et Q' les flux correspondant aux deux surfaces A'AGBB'C et AA'DB'BD', on a évidemment :

Q,-Qi = Q'-Q.

Mais Q' est le flux coupé par l'arc BDA, Q le flux coupé par l'arc ACB; le travail électromagnétique est donc proportionnel à la différence des flux coupés par les deux arcs, ou à la somme algébrique du flux coupé par tout le contour, si on convient de compter comme positif le flux coupé par un élément qui se déplace vers la gauche de l'observateur qui regarde dans la direction du champ, et négatif dans le sens contraire. Par suite, le travail électromagnétique est égal au produit de l'intensité du courant par le flux coupé par le contour du circuit.

235. Actions électromagnétiques. — Tout système abandonné à lui-même tend à dépenser l'énergie qu'il possède;

ACTIONS ELECTROMAGNETIQUES. 257

les positions d'équilibre sont celles où l'énergie passe par un minimum. Un courant tendra donc toujours vers l'état où il recevra par sa face négative le maximum de flux.

Ainsi, sous l'action de son propre flux, un circuit tendra à présenter la plus grande surface possible; si son contour est flexible, il tendra à prendre la forme d'un cercle, le cercle étant la plus grande surface comprise dans un périmètre donné. L'expérience d'Ampère sur la répulsion apparente de deux éléments de courants consécutifs (223) peut s'expliquer de la même manière.

Dans un champ magnétique, le courant aura pour position d'équilibre stable celle où il présentera au champ la plus grande surface négative. Ainsi pour un cadre mobile autour d'un axe vertical dans le champ terrestre (fîg. 201) la position d'équilibre sera celle où le plan du cadre est perpendiculaire au méridien, le courant, pour un observateur placé au nord, circulant en sens inverse des aiguilles d'une montre. Si S est la surface du cadre et H la composante horizontale du champ terrestre, le flux qui traverse la surface dans la position d'équilibre stable est SH. Si on tourne le cadre de 180, il est — SH. La variation du flux de la première position à la seconde est 2SH; le travail auquel elle correspond et par suite l'énergie potentielle dans la dernière position, est pour une intensité I

Fig. 201.

W=2lSH.

De même, si le cadre est mobile autour d'un axe horizontal passant par son centre de gravité (fig. 202) et perpendiculaire au méridien, son plan se place perpendiculairement

à l'aiguille d'inclinaison.

Page 1