‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 3)Chapitre 108 sur 118 · SPHEX, AMMOPHILA · texte numérisé non relu

SPHEX, AMMOPHILA

a élevé comparativement des nymphes de Snhex, les unes dans des tubes de verre pendus contre un mur blanc et recevant tout le jour une vive lumière, les autres tenus dans une obscurité complète, pareille à celle du cocon dans le terrier, et l’évolution chromatique a été la même. Le Sphex se dépouille de la pellicule nymphale et rejette en abondance des crottins blancs, qui étaient accumulés dans son estomac et dans le tissu adipeux de l'abdomen. Ils sont formés d’urate d'ammoniaque, car, iriturés avec de la chaux, ils laissent dégager du gaz ammoniac. C'est au bout de vingt-quatre jours de nymphose que l'insecte, ayant atteint sa perfection, déchire le cocon qui le retient encore captif, s'ouvre un passage à travers le sable et paraît un matin à la lumière, qui lui était inconnue. Il a deux mois à vivre.

Le Sphex ou Parasphex albisectus a des mœurs analogues, avec quelques différences. Les terriers, moins compliqués, sont creusés en une seule séance dans un sol plus compacte. Ce sont des puits verticaux, sans galerie horizontale, de 5 à 6 centimètres de profondeur, avec une seule cellule à l'extrémité, contenant un seul œuf, et, comme provision, un seul Criquet du genre OEdipoda. Il a été anesthésié par l’aiguillon. Le Sphex le traîne entre ses pattes, en le tirant par une antenne entre ses mandibules. Il visite à plusieurs reprises le terrier avant d'y introduire sa victime.

Nous devons mentionner, après les Sphex, le genre Chlorion, Latr., à corps long etétranglé, avec trois cellules cubitales aux ailes supérieures; à pattes longues, avec les tarses antérieurs ciliés, l’abdomen ovalaire, ayant un pédicule grêle, de moyenne longueur. Comme leur nom l'indique, les Chlorions sont des Hyménoptèresderiches couleurs, où domine le vert. Ils ne comprennent qu'un très-petit nombre d'espèces exotiques des Indes et du sud de la Chine, de Sumatra, de la Guyane et des Antilles, etc. Nous citerons le C. viridi-cæruleum, L. S'.-F., dont les deux sexes sont d’un vert bleu non doré, avec les antennes noires, les ailes roussâtres, transparentes. Cette espèce, des Antilles et de la Guyane, y rend les mêmes services que les Ampulex dans les régions indiennes de l’ancien monde, en enterrant des Kakerlacs dans ses nids.

AMMOPHILA, Kirby (syn. SPHEx, Linn., ICHNEUMON, Geoffroy). — Corps long et linéaire. Tête suborbiculaire, un peu plus large que le thorax, surtout dans les femelles. Antennes courbées dans les mâles, très-arquées dans les femelles, chez les sujets secs, droites ou à peine fléchies sur le vivant; ocelles en triangle sur le vertex. Mandibules longues, arquées et bidentées vers le milieu intérieurement, la seconde dent petite, se croisant au bout; mächoires et lèvre très-longues, en forme de trompe fléchie en dessous, avec les palpes maxillaires guère plus longs que les labiaux, les premiers de six articles, les seconds de quatre. Thorax ovalaire. Ailes supérieures ayant trois cellules cubitales, dont la seconde reçoit les deux nervures récurrentes; ailes inférieures avec un lobe basal grand et large. Cuisses antérieures non reçues dans des cavités; hanches

intermédiaires distantes ; jambes intermédiaires ayant au bout deux épines où calcars. Abdomen ayant un long pétiole cylindrique et arrondi, avec le reste de l'abdomen ellipsoïde.

Les Ammophila et les Pompilus ont, comme les Cerceris, trois ganglions nerveux thoraciques. Les Ammophila, ainsi que les Cerceris, les Odynerus, les Bombus, ont six ganglions abdominaux simples (Ed. Brandt).

Les Ammophiles comptent plus de soixante-dix espèces de toutes les régions de la terre, principalement des lieux sablonneux et exposés au soleil. L'espèce la plus répandue en Europe, de toute la France, de la Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de Suède, de Laponie, est l'A. sabulosa, Linn., variant beaucoup de taille, de 12 à 45 millim. en Suède, atteignant en France de 16 à 24 millim. et jusqu’à 27 chez la femelle. La tête et le thorax sont finement ponctués et peu velus, noirs en entier, ainsi que les yeux, les antennes, les mandibules du mâle (elles sont brunes chez la femelle), noires au bout, les palpes et toutes les pattes. Les ailes sont hyalines, à nervures noires, la première cubitale plus longue que les deux suivantes. L'espèce appartient aux Ammophiles ayant le pétiole de l’abdomen composé du premier segment en entier et de la partie basilaire du second ; ce premier segment est noir en entier, ainsi qu'une petite portion de la partie rétrécie du second, tout le reste de celui-ci (chez la femelle), le troisième segment en entier et la base du quatrième d’un fauve ferrugineux, puis la massue de l'abdomen jusqu'au bout d’un noir bleuâtre. Chez le mâle, la face est recouverte d’une pubescence argentée, la tête plus rétrécie en arrière, le thorax plus velu, les jambes très-peu épineuses, le premier article du tarse antérieur non prolongé en épine, comme chez la femelle, le second segment de l'abdomen noir en!’ dessus, presque jusqu’à sa base.

D'autres espèces ont le pétiole de l’abdomen composé seulement de la moitié antérieure du premier segment. Nous citerons À. viatica, Linn. (syn. hirsuta, Scop., arenaria, Fabr.), de même taille que la précédente, mais plus robuste, noir, fortement velu, surtout au thorax, à abdomen lisse comme À. sabulosa, le pétiole du premier segment noir, sa partie dilatée, le second segment et la base du troisième ferrugineux, le reste d’un noir bleuâtre, avec un duvet argenté. La femelle manque de pelote entre les ongles des tarses. Le mâle a du duvet argenté sur la tête et aux poils du corselet. Cette espèce est commune dans toute la France comme la précédente et butine sur les fleurs, creusant des trous dans les tertres à sol peu résistant; aussi de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de Carniole, de Danemark, de Suède, de Laponie, et également d'Algérie, près d'Oran et de Constantine, en mars et avril, sur les rochers. Elle appartient au sous-genre Psammophila, Dahlbom, à jambes plus fortement épineuses que les Ammophila. Au même sous-genre se rapporte l'A. lutaria, Fabr. (syn. affinis, Kirby), très-voisine de la précédente, mais moins hérissée de poils, et dont les femelles ont une pelote entre

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