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parvenu à ses dimensions limites; puis les cellules où la mère avait commencé à pondre étant devenues libres, elle ‘reprend, dans le même ordre que la première fois, le seul travail qu’elle sache faire et qui doit être l’unique occupation de sa longue vie, à moins qu'une température trop basse ou le manque d'aliments ne vienne arrûter sa faculté productrice des œufs.
L'observation de cet état de nature nous montre tout de suite l’avantage de la ruche : c'est de diminuer ou même de supprimer la croûte inactive des Abeilles de la périphérie ; car des parois d’une substance suffisamment épaisse et qui conduit mal la chaleur servent à maintenir à l’intérieur la température nécessaire à la ponte et au travail, de manière à rendre disponible pour un service actif le plus grand nombre ou même la {otalité des Abeilles.
Nous ne faisons par la ruche qu'imiter l'instinct qui pousse les Abeilles à s’abriter à l’état sauvage dans les creux d'arbres ou les creux de rochers. L'étude de l'essaim naturel abandonné à lui-même montre encore que le travail des Abeilles, qui a pour but exclusif la reproduction de l’espèce, exige une action unique, concentrée dans un seul centre formé par l’agglomération du couvain. Donc tout système de culture, comme les calottes, les hausses, les étages superposés des ruches, bien que pouvant offrir des avantages dans un but particulier et déterminé, ainsi la récolte du miel à une époque spéciale, sont un système apicole contraire aux instincts du genre Apis. En connaissant la grandeur de l’espace occupé par le couvain dans l’essaim naturel, on en déduit le volume qu'il faut réserver au minimum dans toute ruche à la ponte de la mère et qui doit se déduire du produit possible. Enfin, comme le couvain occupe toujours le centre de l’essaim naturel, la ruche la plus rationnelle sera celle où il pourra se placer au milieu. Quand un essaim est introduit dans une ruche, il va toujours s'établir à la partie supérieure, et la paroi contre laquelle il appuie ses gâteaux remplaçant en partie la croûte calorigène de ce côté, un plus grand nombre d'Abeilles pourra aller à la récolte. La meilleure ruche, au point de vue naturel, abstraction faite de la question de frais, est celle où l’on peut ramener l’essaim, et par suite le couvain, au milieu de l'édifice, en le limitant par des planches de partition, de manière que ces planches et les parois puissent remplacer de toutes parts la croûte inactive d’Abeilles réchauffeuses, et permettre à la plus forte proportion possible d'insectes de butiner au dehors et de travailler au dedans.
Les ruches se divisent en deux types fondamentaux, celles à rayons fixes, celles à rayons mobiles, qui correspondent à deux écoles distinctes parmi les apiculteurs, les fixistes et les mobilistes, selon qu'ils adoptent l’un ou l’autre système, présentant tous deux des avantages et des inconvénients, suivant les conditions locales et pratiques. Nous serons trèssobre de détails sur les ruches; chaque traité d’apiculture en préconise en général une, per suite de détails auxquels leur auteur donne la pré-
férence, ou en obéissant aux coutumes de sa localité. Au fond, il n’y a là que des nuances inutiles à discuter dans notre ouvrage élémentaire.
Les ruches fixes sont celles où les Abeilles, suspendant d'’elles-mêmes leurs gâteaux verticaux à une paroi supérieure immobile, les attachent comme il leur convient, de sorte qu'on ne peut séparer les rayons qu’en pratiquant une section intérieure. La ruche est alors la fidèle image du creux d'arbre ou du trou de rocher envahi par un essaim vagabond. Les partisans du mobilisme, au contraire, cherchent à guider le travail des Abeilles, en les obligeant à édifier leurs alvéoles sur des traverses ou dans des cadres mobiles, de telle sorte qu'on puisse ensuite enlever à volonté une partie quelconque de leur travail, sans déranger le reste de la ruche.
Les ruches fixes les plus communes, accessibles aux plus pauvres par leur bas prix, sont des paniers en forme de cloche plus ou moins globuleuse ou allongée, de paille ou d'osier, viorne ou troëne. On em-
F1G. 22. — huche vulgaire FiG. 23. — Ruche vulgaire de paille. de petit bois.
ploie encore, principalement dans le Midi, des ruches prismatiques de planches ou de liége, parfois simplement formées d’un tronc d'arbre évidé. Les ruches communes, en forme de cloche, qu’on est toujours obligé de tailler par dessous, quand on veut récolter le miel, ont plusieurs graves défauts. Elles ne permettent pas toujours les réunions, nécessaires pour sauver les colonies faibles; sont souvent d'une récolte difficile quand on veut sauver les Abeïlles par transvasement à la fumée; et enfin, en raison de ces inconvénients, perpétuent dans trop de localités la pratique barbare de-l'étouffage, bien digne des Goths, auxquels on l’attribue.
On y a ajouté, pour une exploitation plus rationnelle, une calotte, ou bien une ou plusieurs hausses, communiquant par un petit trou avec le corps principal de la ruche, où reste la mère et son couvain; les Abeilles, dont l'instinct est de toujours construire dans le haut de la
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ruche, édifient de nouveaux gâteaux dans la calotte ou la hausse et les garnissent de miel, quand la partie supplémentaire est disposée à une époque favorable, après un remplissage suffisant du corps de ruche. Il est vrai qu'il faut toujours détruire les rayons pour récolter; mais la calotte ou la hausse permet de conserver facilement les Abeilles en les obligeant par la fumée à se réfugier dans le corps de ruche, quand on enlève la partie supplémentaire. En outre, on peut aisément, à l’époque convenable, récolter du miel à une essence florale déterminée, et, par suite, d'une vente avantageuse comme miel de table.
Les mobilistes sont les partisans d’une culture intensive des Abeilles, permettant d'obtenir des quantités beaucoup plus considérables de miel, en sacrifiant volontairement la récolte de cire, dont la production exige