‹ Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation (volume 3)Chapitre 93 sur 118 · EUMENES · texte numérisé non relu

EUMENES

parfois complétement, le reste du thorax taché de jaune, l’écaille jaune; les ailes assez transparentes, rousses à la base et le long de la côte, celle-ci rousse ; le stigma et les nervures bruns; les pattes jaunes, avec hanches noires tachées de jaune et bases des cuisses noires; l'abdomen est noir, à taches jaunes sur le premier segment, le second à taches jaunes et bordé de jaune, les autres bordés de jaune; l'anus noir.

Dans cette espèce, la variété de Grèce diffère de celle d'Algérie parce que les parties jaunes de la race d'Algérie sont remplacées par du roux ferrugineux ou orangé; les ailes sont aussi plus jaunes, le jaune du pétiole est plus étendu, et les bordures des autres segments sont raccourcies sur les côtés. Enfin la variété du sud-ouest de l'Europe, par conséquent du midi de la France, a les ornements jaunes peu développés, et, par suite, le noir plus étendu.

Une espèce encore plus grande, dont la femelle peut atteindre 36 millim., est l'E. coangustatus, Rossi (syn. cursor, Christ., infundibuliformis, Oliv., Olivieri, L. S'-F.), présentant des couleurs ferrugineuses mêlées aux ornements jaunes. La femelle a la tête noire, le chaperon entier ou légèrement concave à son bord antérieur, jaune, presque aussi large que long, le tour des orbites et une tache piriforme entre les antennes jaunes, les mandibules d’un roux noirâtre, les antennes noires avec le dessus du scape jaune. Le thorax est noir, avec le dessus du prothorax jaune et ferrugineux aux angles postérieurs, le mésothorax noir avec deux taches rousses arquées en avant des écailles des aïles, celles-ci rousses, ainsi que l’écusson el le postécusson. Les ailes sont d’un roux transparent, un peu enfumées au bout; les pattes ferrugineuses, avec la base des hanches noires. Le pétiole abdominal est allongé, noir dans sa moitié antérieure, roux sur la partie postérieure renflée, avec un triangle noir. Le second segment de l'abdomen est noir, avec deux grandes taches rousses à sa base et une large bordure jaune échancrée au milieu, les autres segments jaunes, avec la base noire et une ligne noire courte qui échancre le jaune du milieu; l'anus noir. Le mâle, plus grêle, a le chaperon jaune, un peu échancré, les antennes jaunes en dessous avec les trois derniers articles jaunes, lesangles postérieurs du prothorax noirs, l’écusson noir antérieurement, jaune ou roux postérieurement, le pétiole de l'abdomen entièrement noir, son bord postérieur seul jaune ou roux; les cuisses sont noires. Cette espèce est d'Italie, de Suisse, des: environs de Montpellier, sur les Eryngium et autres plantes, notamment l’Echinops Ritro , des Landes, de la Charente, car je l'ai rapportée, ainsi que pomiformis, des environs de Cognac et de Jarnac, des environs d'Angers, d'après L. S'-Fargeau. Je ne puis qu'engager les jeunes amateurs à la, rechercher dans tout le centre de la France, et même aux environs de Paris. Il faut bien remarquer que la taille des Eumenes, ainsi que de tous les Hyménoptères à larves zoophages, varie beaucoup, sans doute par une alimentation moins régulièrement assurée que pour les genres dont les larves vivent de miel et de pollen.

Nous représentons une grande espèce exotique, l'E. tinctor, Christ., du Sénégal, du Congo, de l'Egypte (pl. xxu, fig. 4, femelle : 4 a, tête vue en dessus; 4 b, mandibules; 4 ce, lèvre inférieure et palpes; 4 d, màchoire et palpes). Ces détails sont tirés du grand ouvrage sur l'expédition d'Egypte, et Guérin-Méneville a nommé Savignyi les sujets venus d'Egypte. L'insecte est en entier d’un brun noirâtre, à reflet rougeûtre, les ailes brunes avec des reflets violets. Le mâle, plus petit et plus grêle que la femelle, a le chaperon allongé, d'un jaune pâle, avec des marques brunes longitudinales, un point jaune entre les antennes, le dessus des deux derniers anneaux de l’abdomen ferrugineux.

Les nids de l’£. pomiformis sont formés, comme l'indique Geoffroy, de petites boules un peu irrégulières, maçonnées en terre fine; il les a trouvées accolées aux tiges de diverses plantes, et notamment des Bruyères, et a reconnu que chacune ne renferme qu'une seule larve, et que l'adulte, pour sortir, perce sur le côté du nid un trou rond, autre que l'orifice qui a servi à la mère à approvisionner le nid. C’est à tort qu'il suppose que cette femelle dépose du miel dans la boule, erreur grave reproduite dans le Règne animal de Cuvier, et dans l'Histoire des Insectes de M. E. Blanchard (t. II, p. 393). M. Goureau a trouvé ces nids, qu'il attribue à l'E. coarclatus, synonyme pour lui de pomiformis, en mars et avril d'une part, et d'autre part en septembre; ils étaient en demi-sphère, attachés non à des tiges, mais largement implantés sur des pierres exposées au midi. La terre fine, liée par une gomme, forme des anneaux circulaires un peu inclinés sur le plan de position. Au milieu et en dessus se trouve un goulot d'entrée, cylindroïde, comme une cheminée d’un millimètre et demi de diamètre, en terre pareille à celle du reste du nid, et dont les parois s’épanouissent en cloche au bout'‘supérieur. C’est en juillet et août que les Eumènes façonnent ces jolis nids par anneaux successifs, en apportant de la terre pulvérulente entre leurs mandibules, polissant l’intérieur, tandis que l'extérieur reste un peu fruste.

Un œuf étant pondu à l’intérieur de chaque nid, la femelle passe par la cheminée pour apporter les provisions de la larve future; après quoi elle ferme le goulot très-exactement, avec de la terre pareille à celle du nid, de sorte qu’on ne croirait pas qu’il y ait eu un vide antérieur, une entrée à la petite amphore. Quand on trouve ces nids en mars et avril, ils ont le goulot fermé et n'offrent aucun trou, l’adulte n'étant pas encore éclos. Le ciment de ces nids résiste au moins un an aux intempéries; les vieux nids, au contraire, se démolissent assez faci-

lement.

Un nid trouvé en septembre par M. Goureau (1), avec sa cheminée

(4) Goureau, Observations détachées pour servir à l’histoire de quelques Insectes, Ann. Soc, entom. Fr. (1'° série, 1839, t. VII, p. 531 : Eumenes coar-

ctata, Latr.)

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encore ouverte, contenait un œuf blanc, oblong, un peu courbe, de 3 millim. de long sur 0"®,5 de diamètre, et à côté une chenille verte à seize pattes, probablement de Pyralide ou de Tinéide, longue de 7 mill., large d’un environ, encore vivante et cherchant à se trainer au dehors quand sa prison fut ouverte.

Des nids à goulot fermé, examinés à l’intérieur en février et mars, contenaient chacun une grosse larve couchée en arc de cercle dans sa cellule, dont les parois étaient garnics d’une tenture de soie fine et blanchâtre qui s’étendait aussi sur la partie de la pierre qui recouvrait le nid.

Des dépouilles de mues, de chenilles dévorées et des crottins noirûtres sont dans un coin, qui est la sentine du nid, et dont la larve, prête à la nymphose et entourée d’une tente de soie, s’isole par une cloison de soie filée par elle. La larve à toute sa grosseur est d’une couleur jaune-paille uniforme, apode, à treize anneaux, outre la tête, amincie antérieurement et renflée à l'extrémité opposée. Elle présente deux carènes latérales s'étendant dans toute sa longueur. La tête est petite, appliquée contre la poitrine; on y distingue, à la loupe, deux mandibules brunes et deux points oculaires. Vers la fin de mai a lieu la nymphose, La nymphe est immobile, mais toutes ses parties sont libres et ont aiteint leur grandeur complète, à l'exception des ailes. La tête est penchée sur la poitrine, les pattes repliées à leurs articulations et appliquées sur les côtés du thorax, les tarses rangés en lignes parallèles. Les antennes sont étendues et couchées le long de la poitrine, les ailes, très-petites, placées de chaque côté sur les flancs. La nymphe est d’abord entièrement blanche; les yeux se colorent les premiers, puis l'abdomen, enfin le reste du corps. Les adultes sortent par un trou latéral dès la seconde quinzaine de juin.La nymphe entière est courbée en demi-cercle. On reconnaît au premier coup d'œil la forme d’un Hyménoptère; mais, à la grandeur du premier anneau de l'abdomen, on ne supposerait pas qu'il appartienne à un Eumène, mais plutôt à un Odynère. La nymphe est donc plus allongée et plus fluette que la larve, et l'adulte encore plus long et plus mince que la nymphe. Ces changements, que l'on remarque chez beaucoup d'Hyménoptères, sont précisément les inverses de ceux qu'on observe en général dans les métamorphoses des Coléoptères, quoique les nymphes des uns et des autres aient la plus grande analogie dans le nombre et la disposition des parties qui les composent.

Lepeletier Saint-Fargeau (1841) dit avoir trouvé sur des arbustes des boules de mortier sableux assez solide, de la grosseur et à peu près dela forme d’une aveline, contenant des larves fort semblables de forme et de couleurs aux vers verts trouvés par Réaumur dans les nids de sa Guêpe solitaire, qui est un Odynère (ces larves sont celles du Charanson des Luzernes). Une de ces boules était en voie de construction, et sur elle se tenait un Eumenes pomiformis en attitude défensive. Dans d’autres, qui furent ouvertes, étaient entassées les larves dont on vient de parler.

Divers observateurs ont vu des Eumènes emporter entre leurs mandibules des insectes vivants.

M. E. Blanchard figure, collés à des pierres et à découvert, les nids sphéroïdes de l'E. pomiformis (Métamorphoses des Insectes, Paris, 1868, p. 408), mais se regarde à tort, d’après les dates des nombreux travaux que nous citons, comme les ayant fait connaitre le premier. On trouve fréquemment les nids de l'E. pomiformis dans les fortifications de Paris: ce sont de charmantes boules de mortier fin et d’un gris blanchâtre, comme de très-gros pois chiches, toujours logées dans des cavités de pierres, surtout dans celles de la meulière; en raison de cet abri qui les garantit du vent, elles sont entièrement sphéroïdes et ne tiennent à la pierre que par un pôle opposé au goulot d'entrée, que la mère ferme après l’approvisionnement du nid. Souvent ces boules sont accolées les unes près des autres, mais toujours dans des creux de pierres. M. E. Perris (1849) dit que les nids des £. coarctatus et pomiformis, en forme de sphère ou de trois quarts de sphère et surmontés d’une petite cheminée, se trouvent fréquemment appliqués contre les piliers des clairesvoies, les pierres des maisons et même les vitres des croisées, et aussi sous les écorces soulevées de souches de Chênes et de Pins, sur les chaumes de Seigle, à la face inférieure de feuilles vivantes du Chêne tauzin, etc. Le nid de l'E. dimidiatus paraît être analogue, d’après M. Fabre, en forme de dôme, avec une cheminée qu’il détruirait après la ponte.

C'est probablement à l’une des espèces précédentes que se rapportent les nids indiqués trop vaguement par M. Eucciani (Ann. Soc. entom. Fr., 1845, bull. CX), nids de terre trouvés appliqués contre les murs d'une forteresse de la Toscane. L'Eumène constructeur paraît deux fois dans l’année, en juin et en août. Les larves de la seconde génération passent l'hiver en torpeur. En mars, en ouvrant les nids, on trouve encore les larves de couleur jaune, qui bientôt deviennent nymphes, se colorant peu à peu de jaune et de noir. Les nids fabriqués en juillet donnent leurs adultes au commencement d'août. Les femelles s’occupent immédiatement à construire des nids et y déposent trois ou quatre chenilles d’une Phalénide, puis un œuf d'où sort la larve, qui se nourrit de proie vivante. Elle se file un cocon blanc où elle passe l'hiver, engourdie jusqu'au printemps, et devient alors nymphe. Il est sorti de ces nids des parasites, un Mesoleptus (Ichneumoniens), et Chrysis ignita; les larves de ces parasites consomment les provisions et sans doute aussi la larve de l'Eumène, et se filent des coques d’un rose foncé.

ya d'importantes différences dans la nidification de notre plus grand Eumène de France, l'E. coangustatus ou infundibuliformis (1). Ses

(1) E, Perris, Notice sur les habitudes et les métamorphoses de l'Eumenes infundibuliformis, Ov. (Ann. Soc. entom. Fr., 1849, t. VII, p. 485, pl. vu), et Note additionnelle sur le même sujet (Ann, Soc, entom, Fr.;, 1852, t. X, p.557),

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nids de terre nesont plus uniloculaires, mais renferment plusieurs larves etplusieurscocons. Cette espèce, assez fréquente dansles Landes, construit un nid de terre gâchée, appliqué contre les pierres des maisons et des ponts. Sa forme est assez irrégulière, souventen demi-ellipsoïde, à surface raboteuse, en petitsgrains sableux fortement agglutinés, tenant beaucoup à la pierre par le périmètre, l'intérieur se détachant sans effort Ce nid ressemble à ceux des Chalicodoma muraria et Pelopœus spirifex. On voit la femelle de l'Eumène voler en portant entre ses pattes une petite boulette de terre de la grosseur d’un grain de vesce. Elle se pose sur le nid, assujettit la boulette entre ses pattes de devant, sur le plan de position, en détache des parcelles avec ses mandibules et les applique sur le nid, les cimentant avec la salive qu'elle sécrète. Elle se promène sur le nid, cherchant les endroits faibles, les trous à boucher. Dans la marche, la boulette de terre est tenue entre les mandibules, et ce n’est qu'au moment du travail qu’elle la replace entre les pattes antérieures.

Le nid renferme, sur plusieurs rangs, des cellules elliptiques, dans chacune desquelles sera filée une coque soyeuse pour la nymphose.

Les larves sont alimentées avec des chenilles dont on retrouve les têtes dures dans les cellules, et en outre sont fréquemment dévorées par les larves de Chrysis, notamment de Chrysis ignita, dont la femelle est parvenue à pondre son œuf dans la cellule de l’'Eumène avant la fermeture du nid. La larve de Chrysis s'enveloppe alors d’une coque marron qui remplace celle de l’£Eumenes. La larve de l'Eumène, à toute sa taille, est longue de 16 millim., blanche, molle, charnue, parfaitement glabre. Sa tête, large et ronde, marquée de trois impressions, portant sur deux disques roussâtres des antennes biarticulées, le premier article en mamelon, le second filiforme. Le labretrès-apparent, et épais, charnu,échancré antérieurement et profondément sillonné au milieu. Les mandibules, comme dans les larves des autres Eumènes et des Odynères, sont courtes, coniques, roussâtres et à demi cornées de la base au milieu, puis à pointe noire, cornée, aiguë et tridentée. Cette brièveté et cette forme indiquent une nourriture de proie molle, comme les chenilles, tandis que, chez les larves des Crabronites, et notamment des Cerceris, les mandibules, entièrement cornées, sont longues et saillantes, très-propres à fouiller dans les viscères des insectes adultes etcoriaces qu’elles dévorent, Sousles mandibules de la larve de l’'Eumène sont trois gros mamelons entourés d’une fine bordure roussätre et subcornée. Les latéraux sont elliptiques, avec deux tubercules cornés représentant le palpe et le lobe interne, Le mamelon central arrondi, portant en dessus une petite crête transverse, est la lèvre, avec deux tubercules cornés, rudiment des palpes. Le corps, de treize segments outre la tête, est beaucoup plus bombé sur le dos que dans la région ventrale, qui est lisse, et montre à peine la séparation des segments. Au contraire, sur le dos; la séparation est rendue très-apparente par deux séries de mamelons charnus que sépare un sillon longitudinal, des segments 2 à 11, Sur chaque flanc on voit une

autre série de mamelons, et c’est au-dessus de ceux-ci que se trouvent les stigmates, disciformes, roussâtres, au nombre de dix paires, placés au tiers antérieur du second segment et des suivants, jusqu’au onzième inclusivement. Il y a donc une différence importante d'avec les larves de Coléoptères n'ayant que neuf paires de stigmates et une seule à la région thoracique. La larve, ayant épuisé ses provisions, tapisse les parois de sa loge d’une fine pellicule de soie, puis s’enveloppe d’une coque soyeuse d'un blanc jaunâtre très-peu épaisse, mais pas assez translucide toutefois, pour qu’on aperçoive la larve à travers.

Les excréments, noirâtres, demeurent en dehors de la coque, accumulés dans un coin de la cellule, et parfois quelques-uns dans la coque même. Suivant la loi fréquente chez les Hyménoptères, la larve demeure en torpeur dans sa coque de septembre à juin de l’année suivante, devient une nymphe blanche avec toutes les parties de l'adulte emmaillotées. Celui-ci.éclôt en juillet,et pratique un trou rond à la paroi du nid pour sortir.

Ces détails un peu longs étaient nécessaires pour détruire cette erreur grave que le genre £umenes produit du miel pour alimenter ses larves, ce qui romprait les affinités naturelles des Euménides, en rejetant le genre Eumenes à côté des Guêpes sociales. Dans son Histoire des Insectes de 4845 (t. 1, p. 74), M. E. Blanchard renonce à cette opinion erronée qu'il avait consignée dans l'Histoire des animaux articulés de 1840 (t. IT, p. 393).

Ces nidifications, comme on doit le penser, ne sont pas l’apanage exclusif des Eumenes européens. M. H. Lucas (1) a fait connaître une espèce de Nouvelle-Calédonie, l'E. Germaini, Lucas, dont le nid de terre, rencontré par M. Germain près de Nouméa, était collé contre une cloison de bois, et rappelle, par sa forme, ceux des Chalicodoma muraria et sicula, et du Pelopœus spirifex. De 9 centim. sur 6 environ et 2 d’épaisseur, il est constitué par un amas de terre irrégulier, épais et convexe, de couleur grise, d'un grain fin, et avec des fragments sableux mélés, non friable ni délayable à l’eau. Il contenait sept cellules ovalaires, tapissées en dedans par la larve d’un liquide blanchâtre et gommeux, formant ensuite une membrane papyracée, d'un blanc brillant. Les parois internes des loges, outre cé revêtement, sont très-lisses et polies, et séparées par des cloisons épaisses, qui empêchent toute communication entre elles.

La nymphe, d’abord entièrement d’un blanc très-Jlégèrement teinté de jaune, longue de 15 millim. sur 6 de large, git dans la cellule, repliée sur elle-même, la tête-et les longues mandibules placées sur la région sternale entre les hanches et les cuisses des pattes de la première paire, l'abdomen replié sur lui-même, presque placé le long du

(1) Du nid dans lequel a été trouvé l’Eumenes Germaini à l’état de nymphe et à l’état d’insecte parfait (Ann. Soc. entom. Fr., 5° série, 1876, t. VI, p. 296).

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pétiole relevé, avec les segments mobiles rentrés les uns dans les autres et venant presque toucher la base du pétiole.

Un genre voisin des Eumenes est le genre Discælius, Latr., détaché des auciens Eumenes.\l comprend une dizaine d'espèces d'Europe, du Chili, du Mexique et de la Jamaïque, de l'Australie et de la Tasmanie. Les mandibules, quadridentées au bout, sont courtes, lesantennes courtes, un peu en massue, le corps poilu, les pattes courtes, les ailessupérieures ayant la seconde cellule eubitale recevant au milieu la nervure récurrente externe, le premier segment de l'abdomen rétréci en pédicelle, avec un gros pétiole oblong. Le type est le D. zonalix, Panzer, de France, d'Allemagne, de Suède, d'Italie. Cette espèce se distingue tout de suite des Eumènes de France en ce qu'elle a beaucoup plüs de noir. La tête de la femelle est noire, ainsi que les antennes, la partie inférieure du chaperon jaune, ainsi qu'une tache à la base de chaque mandibule. Le corselet est noir, ainsi que l'écaille, les ailes assez transparentes, à cubitales non pédonculées, rousses le long de la côte, le hout enfumé, les nervures et le stisma bruns, les pattes noires, avec une petite ligne jaune au devant des jambes antérieures. Une bande jaune étroite se voit au bord postérieur du premier segment de l'abdomen; une autre bande large sur le bord postérieur du second, qui est en cloche moins forte que chez les Eumenes. Le reste de l'abdomen est noir, ainsi que l'anus ; parfois les bords postérieurs des segments 8 et 4 sont jaunes. Cette femelle est longue, en moyenne, de 18 millim. Le mâle, beaucoup plus rare, a la partie inférieure du chaperon blanche, les mandibules entièrernent noires, le premier article des antennes blanc en dessous, les pattes jaunes, avec les hanches et les cuisses noires, ainsi que la base des jambes, les segments 3, 4, 5 de l'abdomen bordés postérieurement de jaune, 6 et l’anus noir. 1] me semble probable qu’on doit regarder comme une race méridionale le Ÿ. Dujfouri, L. S-F., des Landes, différant du précédent par les angles du prothorax et par deux points sur l’écusson d’un jaune orangé. Le D. zonalis se prend dans les bois des environs de Paris. C’est une espèce qui approvisionne ses larves de petites chenilles. Lepeletier Saint-Fargeau a vu une femelle opérer ce transport dans un trou de la pierre d’une fenêtre, produit précédemment par la pose d'un gros clou, puis apporter une petite boule de mortier pour boucher l'ouverture de ce trou. Audouin, dans son Histoire de la Pyrale de la Vigne, indique ce même insecte comme faisant la chasse aux chenilles de ce Tortricide nuisible, l'OŒEnophthira Pilleriana.

SsyYNAGmRES, Fabr., Lair. — Yeux ne couvrant pas toute la partie latérale de la tête, ayant leur échancrure étroite, triangulaire ; ocelles en triangle large sur la partie antérieure du vertex. Antennes des femelles filiformes, ayant les derhiers articles aussi distincts les uns des autres que les précédents, les antennes variables chez les mâles, leur treizième article en forme de crochet. Mandibules très-longues, très fortes, en forme de stvlei dans les femelles ct constituant par

leur réunion un bec plus long que la tête, mais dépassé de beaucoup par la lèvre, de configuration variable chez les mäles, souvent fortement arquées ou munies d’appendices; mâchoires avec galea deux ou trois fois aussi longs qu’elles, et palpes courts, de 3, 4 ou 5 articles, glabres, le premier gros, les autres terminés en pointe; lèvre très-longue, partagée en quatre lanières plumeuses, sans points glanduleux d’aspect corné à l'extrémité, ou avec quatre points vagues et rudimentaires les; palpes de trois articles, le quatrième remplacé par des poils roides, le tout n’atteignant pas la moitié de la longueur de la lèvre. Postécusson et métathorax épineux ou tuberculeux. Ailes antérieures à cellule radiale un peu appendiculée, les cellules cubitales non pédonculées, Ja seconde plus ou moins rétrécie vers la radiale, la troisième petite et en losange. Pattes postérieures dépassant l'extrémité de l’abdomen, le premier article des tarses grand, Abdomen presque d'aspect sessile, le premier segment en cloche,

un peu moins large que le second.

On doit évaluer à une trentaine le nombre des espèces du genre Synagris, avec les nouvelles décrites par M. de Saussure dans son Supplément. L'une d’elles est d’Espagne: c’est le S. Spinolæ, de Sauss., les autres des diverses régions de l'Afrique. La forme et la grandeur des mandibules et de la langue paraissent indiquer des constructeurs de nids, mais on ne connaît pas leurs mœurs. Une des espèces les plus anciennement connues, du Sénégal, d’Abyssinie, etc., est S. calida, Fabr. (pl. xx, fig. 3, femelle, syn. : carbonaria, de Geer), dont la femelle atteint parfois une taille considérable. La tête et le corselet sont ponctués, le métathorax et le postécusson portant chacun deux tubercules saillants. Tout le corps est noir, sauf les trois derniers segments abdominaux, qui sont d'un jaune foncé. Les pattes sont brunes et les ailes brunes, à reflets violets. Le mâle est un insecte gros et trapu, à tête très-renflée en ‘arrière. Les mandibules sont très-longues, fortement arquées, tronquées obliquement à l'extrémité, sans dents et se croisant en X à l’état de repos. Le second segment abdominal est armé en dessous de deux gros tubercules épineux, caractère qui se retrouve aussi chez les S. dentata, Sauss., et spinosuscula, Sauss.

ODYNERUS, Latr. — Tête variable ; antennes des mâles simples, ou terminées par un crochet ou enroulées en spirale à l'extrémité. Mandibules mousses, souvent striées et portant des dents mousses, parfois armées d’un éperon chez les mâles; mâchoires avec galea aussi long ou plus long que la partie basilaire, le palpe long dépassant le galea, de six articles inégaux en longueur, diminuant plus ou moins régulièrement du premier au dernier, celui-ci souvent plus Jong que le cinquième; lèvre médiocrement allongée, avec palpes labiaux de quatre articles gros et munis de poils roides, 1 le plus long, renflé au bout, A très-petit, Corselet variable, anguleux ou arrondi, scutellum souvent séparé du postpétiole par une ligne transverse ‘élevée, mésosternum ayant de chaqué côté une ligne élevée. Ailes antérieures à cubitales non pédonculées, Abdomen

très-variable, ovale ou conique, pédicellé ou d’apparence sessile, le premier segment rétréci en pédicelle dans certaines espèces, mais toujours moins parfaitement que dans les Eumenes, ou bien court et campanuliforme, emboîtant toujours plus ou moins le second segment par rétrécissement à leur Jonction, ce premier segment abdominal tantôt muni, au bord postérieur et sur les côtés, d’une suture transversale calleuse, tantôt en étant dépourvu.

Wesmael, MM. H. de Saussure et G. Thompson ont cherché à subdiviser les Odynères en sous-genres, en raison du nombre considérable de leurs espèces; mais les passages continuels entre ces sous-genres sont une difficulté considérable à leur netteté. C’est le métathorax qui fournit à cet égard les modifications les plus importantes. Dans les Euménides, en général, quand l’abdomen a l’aspect parfaitement sessile, le métathorax est excavé, afin de recevoir la convexité de la face antérieure de l'abdomen. Il offre alors des bords très-tranchants, ainsi chez Odynerus crenatus. Si au contraire l'abdomen est subpédicellé et ne s’appuie pas contre le métathorax, celui-ci devient convexe et perd ses tranchants (0. spinipes). Enfin, dans les Euménides, qui ont l’abdomen pédicellé, le métathorax est entièrement convexe (Ewmenes). Un grand nombre de nuances se montrent entre ces trois états. Dans les Odynères proprement dits, la plaque du métathorax forme une concavité trèsnettement délimitée et bordée par des arêtes tranchantes (0. crenatus, Dantici, etc.);, l’arète latérale peut devenir diversement mousse, de sorte que la concavité finit par ne plus être limitée, et l’arête latérale peut s’arrondir (0. bivittatus et espèces voisines).

Daos les sous-genres Protodynerus ou Symmorphus et Ancistrocerus, le métathorax est aussi concave et bordé; mais la concavité est plus petite, elle n’occupe pas toute la largeur du métathorax, et, par suite, les rebords ne sont pas aussi saillants : ex. O. parietum, crassicornis, etc. Dans le sous-genre Æpipona et dans le genre Pterochilus, la concavité a presque disparu, ainsi que ses angles et ses arêtes marginales, l’arête latérale persistant seule plus ou moins. Il existe bien un sillon ou enfoncement, mais il résulte de la rencontre des deux moitiés convexes du métathorax. Enfin, viennent des espéces où le métathorax est entièrement arrondi et l’arête latérale nulle, ainsi Chez Odynerus vespiformis, ce qui est aussi la forme métathoracique dans la plupart des Guêpes sociales, Vespa, Polistes, Polybia, Icaria, etc. Les caractères des nombreuses espèces d'Odynères se mélangent de toutes les nuances de ces modifications.

Le nombre total des Odynères répandu dans tous les pays de la terre est peu inférieur à trois cents espèces, et l’on comprend la difficulté de leur étude descriptive en raison de toutes leurs transitions et de ces continuelles variations de répartition du jaune, du roux et du noir, que la tribu des Euméniens présente comme celle des Vespiens.

Le nombre considérable des Odynères de France, dont le catalogue

900 HYMÉNOPIÈRES.

incomplet de Dours compte plus de cinquante espèces, nous contraint à n’en citer que très-peu, choisis surtout parmi les espèces dont les mœurs ont été bien observées.

Un premier sous-genre , Symmorphus, Oliv., ou Protodynerus, Sauss. (ce sont les Odynerus de C. G. Thomson), présente une suture transversale carénée sur le premier segment de l’abdomen et les antennes des males simples. Nous y trouvons l'O. crassicornis, Panz., de toute l’Europe centrale, de Suède, d'Angleterre, dans les terrasses de sable du comté de Kent. La femelle, de 10 à 15 millim., a la tête noire, Le chaperon en arrière et le front tachés de jaune, les antennes épaisses et noires, souvent tachées de jaune sous le scape. Le thorax, à poils gris, a les épaules émoussées, tachées de jaune; les ailes, un peu rembrunies, ont les nervures et le stigma bruns, l’écaille jaune avec un point noiràtre, une grande lache de jaune de chaque côté du mesosternum, sous les ailes; les pattes avec les hanches et la plus grande partie des cuisses noires, le reste ferrugineux; l’abdomen légèrement ponctué, ainsi que le thorax, les cinq premiers segments noirs, bordés postérieurement de jaune, le premier tout noir en dessous. Le mâle a le chaperon entièrement jaune, les mandibules tachées de jaune, ainsi que le scape des antennes, les cinq derniers articles du flagellum des antennes munis en dessous d’une ligne élevée et le plus souvent jaune, le thorax sans taches, plus fortement ponctué, avec les épaules brièvement mucronées. Cette espèce a souvent été confondue avec O. murarius, Linn., qui est de plus grande ‘taille et spécial à la Scandinavie, différant par ses antennes entièrement noires, les fovéoles du vertex de la femelle plus grandes, le chaperon moins convexe, le postpétiole de l'abdomen plus long, le mâle à angles du pronotum plus prononcés.

Le sous-genre Ancistrocerus, Wesm., a également une suture transverse sur le premier segment abdominal; mais les antennes du mâle sont terminées par un crochet. Nous prendrons corme type l'O. parietum, Linn., espèce très-commune, de toute l'Europe, y compris la Laponie,rencontrée en mai, en Algérie, dans le cercle de la Calle (H. Lucas), fréquente sur les palissades pourries et les vieilles murailles, couverte d'un assez long duvet de poils gris. La femelle, de 40 à 15 millim., à tête noire, tachée de jaune, a les antennes noires avec le scape jaune en dessous, et les articles du flagellum d'un testacé obscur en dessous. Elle se reconnait facilement à la bande jaune du pronotum, entière et dilatée de chaque côté, les épaules non proéminentes, le métathorax présentant une aire terne, à peine visiblement ponctuée, la cellule radiale de l'aile antérieure enfumée et étendue vers le bout de l'aile, les écailles alaires d'un jaune-citron; les pattes noires, avec le bout des cuisses et les tarses d'un roux pâle; les jambes antérieures d'un jaune- Citron ; l'abdomen avec les segments dorsaux à cinq larges bandes jaunes, la première dilatée en arc vers les flançs. Le mâle a le chaperon, le labre et les mandibules presque entièrement d’un jaune-citron, les

épaules du pronotum mucronées, les flancs, el le plus souvent l'écusson immaculés, le plus souvent cinq bandes ventrales à l'abdomen et six dorsales d’un jaune-citron, les jambes d'ordinaire jaunes et sans taches. A côté se place l'O. Antilope, Panzer, espèce généralement de grande taille, la femelle atteignant 20 millim,; de France, d'Allemagne, d'Angleterre, de Suède, se distinguant surtout des espèces voisines, outre sa grandeur, par les côtés du métathorax en élévation calleuse et par son aire inférieurement brillante. Le mâle a le chaperon entièrement jaune et les épaules à peine éperonnées; la femelle a seulement quatre bandes dorsales jaunes à l’abdomen, la première non dilatée sur les côtés, et les antennes entièrement pâles en dessous. Des observations spéciales sur cette espèce ont été publiées par M. Westwood (Notice on the habitsofOdynerus Antilope, in Trans. Entom. Soc. of London, 1836, t. I, p. 78-79). Il a rencontré cet Odynère creusant ses nids dans de vieux mortiers de murs exposés au midi, ou dans des bancs de sable, et l'on a vu que chacun était approvisionné avec dix à douze chenilles vertes, roulées en spirale, de Crambides (Microlépidoptères). C'est une preuve du rapprochement des Diploptères solitaires avec les Fouisseurs. Beaucoup de Chrysis volaient autour des trous et y entraient pour déposer leurs œufs dans les nids de l'Odynère. L'espèce appartenait à diverses variétés de Chrysis ignita. D'après cette note, on voit que 10. Antilope existe en Angleterre. Il est mentionné dans le catalogue de Fr. Smith sous le nom d’Ancistrocerus parietum, Linn.

Le sous-genre Leionotus, Sauss., n'offre pas de suture transversale sur le premier segment de l’abdomen. Les mandibules, quadridentées au sommet, n'ont pas d'éperon, et le métathorax présente uñe aire médiane retroussée, le plus souvent bordée. Les femelles (du moins dans les espèces européennes) ont sur le vertex, derrière les ocelles, une fossette arquée ou anguleuse, poilue ou glabre, et les mâles présentent les derniers articles des antennes recourbés en crochet. A ce sous-genre d'Odynères appartient une espèce exotique, de la Havane et du Pérou (Payta), longue de 10 à 44 millim. C'est l'O. Enyo, L. S'-F. syn. elegans, G.-Mén. (pl. Lxxu, fig. 5). La tête est d'un fauve obscur, avec le chaperon jaune chez le mâle, noir chez la femelle; les antennes de couleur fauve, passant au jaune vers l’extrémité ; le prothorax et le mésothorax noirs, à l'exception des écailles des ailes et de l'écusson, qui sont jaunes; le métathorax d’un fauve ferrugineux, avec une tache noire au milieu et en arrière; les ailes demi-transparentes, jaunes de la base à la moitié du limbe, puis noirâtres, avec reflet violet, jusqu'au bout ; le premier segment abdominal d’un jaune ferrugineux, avec une tache noire à la base, le second noir et les autres fauves.

Dans le sous-genre Oplopus, Wesm. ou Epipona, Shuckard, ou Hoplomerus, Westwood, C. G. Thomson, il n'y a pas de suture transversale sur le premier segment de l'abdomen; les mandibules des femelles sont munies de quatre dents, celles des mâles souvent armées d'un

éperon, et les antennes, dans ce sexe, enroulées en spirale à l'extrémité. Le métathorax n'a pas d’aire déterminée ; les cuisses intermédiaires des mâles parfois dentées ou mucronées. Nous prendrons comme type de ce sous-genre d'Odynères l'O. spinipes, Linn., de toute l’Europe et d'Angleterre, sur les terrasses, la Guépe solitaire de Réaumur, de 8 à 12 millim. de longueur. Il est noir, varié de jaune, la tête, le thorax et le pétiole de l'abdomen hérissés de poils d’un roux noirâtre; les bordures jaunes des anneaux de l’abdomen sont étroites et régulières dans les deux sexes. La femelle a le chaperon immaculé, le scape des antennes presque entièrement noir, le métathorax immaculé, les jambes avec une tache noire; le mâle a le troisième article des antennes plus long que le scape, la base des mandibules sans épines, les cuisses intermédiaires armées en dessous de trois dents, celle du milieu tronquée au bout.

Cette espèce est célèbre par sa nidification, observée par Réaumur (Mém., t. VI, mém. 8, p. 251 et pl. xxvi). Ces nids sont établis dans le mortier terreux qui sert à lier, à la campagne, les pierres des murs des jardins ou dans les levées de sables gras. C’est dans une couche de pareil sable, dont il avait fait enduire une portion de mur, que Réaumur a suivi les travaux de sa Guêpe solitaire, et Lepeletier S'-Fargeau a fait la même étude sur un talus en pente rapide d’un banc de sable de cette nature, ouvert pour pratiquer un chemin dans les bois entre Sèvres et Versailles, Audouin trouva la même espèce à Choisy-le-Roï (1), en 1834, sur des escarpements argileux ou sablonneux bien exposés au soleil. Les femelles creusent dans le talus des trous un peu plus larges que leur corps et profonds. Le plus souvent c’est l’orifice d’un seul tube, profond de 5 à 6 centim., parfois de deux ou trois tubes embranchés. La femelle, tant que dure l’approvisionnement du nid, établit au dehors une sorte de cheminée tubulaire, de la largeur du trou, de 8 à k centim. de longueur, courbée en bas, où se trouve l'ouverture par laquelle elle s’astreint à passer avec ses provisions. Cette cheminée cylindroïde empêche, par sa direction, la pluie et les corps étrangers de tomber dans le nid, et doit aussi être un obstacle à l'introduction de beaucoup d'insectes parasites. Ses parois, fragiles, sont d’une structure très-curieuse. La terre a été pétrie par petits rubans ou par petits cylindres placés circulairement les uns sur les autres, laissant par places des intervalles vides, de sorte que le tuyau semble formé d'une dentelle ou d’une guipure de terre. Ces parcelles terreuses artistement disposées ont un dernier usage. Quand l’œuf est pondu et le nid approvisionné, la femelle démolit pièce à pièce la fragile cheminée externe, dont les matériaux lui servent à boucher la partie antérieure du nid,

(1) V. Audouin, Deuxième lettre pour servir de matériaux à l’histoire des Insectes, contenant des observations sur les mœurs des Odynères, adressée à M. L. Dufour (Ann. se. nat., Zo0L., 2° série, 1839, t. XI, p. 104).

sans qu'aucune trace des travaux de l’insecte apparaisse au dehors. C'est vers la fin de juin que l’approvisionnement est terminé et l’occlusion opérée.

La proie vivante et engourdie destinée à chaque larve est constituée par des larves vertes du Charanson des Luzernes, le Phytonomus variabilis, Schünherr, ou murinus, Dejean. La femelle rapporte une à une chaque larve, dont elle tient la tête cornée entre ses mandibules, tandis qu’elle en maintient, au moyen de ses pattes, le corps étendu sous sa région ventrale. Dans le nid, la larve s’enroule en demi-cercle, et douze à quinze de ces anneaux de larves maintenues vivantes, mais sans défense, par le venin, se trouvent empilés au-dessus de l’œuf d’où naîtra la larve de l'Odynère. En recueillant ces larves, ni Réaumur, ni Audouin, n’ont pu en obtenir la métamorphose, en raison de leur état d’anesthésie, mais Audouin a aisément obtenu le changement en nymphes et en adultes, en ramassant les larves du Charanson sur les Luzernes. Réaumur entassa ces vers verts, comme il les nomme, en piles au-dessus du ver jaune d'ambre très-jeune, qui est la larve de l’Odynère, dans un tube artificiel de terre qu'il avait construit contre une plaque de verre permettant de voir dans le tuyau, et observa que celle-ci, à développement rapide, consomme à peu près un ver vert par jour, puis, parvenue à sa taille, s'entoure d’une coque soyeuse translucide. M. E. Blanchard a donné une très-belle figure des nids de cet Odynère, à divers degrés de travail, qu'il observa en nombre considérable près de Denain, dans le département du Nord (Métam. des Ins., Paris, 1868, p. 399), aux premiers jours de juin, sur un talus de 2 mètres de hauteur, bordant la route au midi et la séparant d’un vaste champ de Luzerne ; seulement il reproduit l’erreur de Lepeletier en attribuant la Guêpe solitaire de Réaumur à l'O. parietum, Linn. La grossière figure de Réaumur montre bien la forme de l'abdomen, ovale et rétrécie en avant, qui est propre à l'O. spinipes, que tous les auteurs rapportent sans hésitation à l'espèce de Réaumur.

Audouin a remarqué que les larves jaunes de ces Odynères, comme celles des Polistes, ont une paire de stigmates aux anneaux 2? et 3 du corps, orifices respiratoires qui manquent à ces segments chez les larves de Coléoptères et chez les chenilles; ces faits contrarient, dit-il, la théorie qui voit dans les ailes des deux paires des adultes des trachées extravasées. La persistance des branchies à la forme adulte des Pteronarcys et d’autres Perliens (Névroptères amphibiotiques), reconnue plus tard, devait apporter une preuve décisive. La larve de l'O. spinipes ne tapisse les parois de sa loge de terre d’un enduit pellucide qu'après avoir consommé toutes ses provisions, et a soin de refouler derrière elle les résidus de tous ses repas, de sorte que la loge est toujours nette intérieurement au moment de la nymphose dans une coque pseudosoyeuse. La plus grande partie de la vie de l'Odynère se passe en larve. Les larves, en effet, terminent leur cocon à la fin de juin, et on les

904 HiYMÉNOPTÈRES.

retrouve encore nou iranslormées au milieu de mai de l’année suivante. C'est alors qu'elles deviennent nymphes, ne restant sous celte phase qu'une quinzaine de jours, car les adultes éclosent au commencement de juin.

Audouin a rencontré, dans les loges de l'O. spinipes, de très-curieux Chalcidiens parasites dont la femelle est ailée et le mâle est aptère ou subaptère, n'ayant que des rudiments d'ailes, sous forme de moignons membraneux, sans nervures, élargis en palettes, incapables de servir au vol, mais vibrant lorsque ce mâle est en copulation.

Une autre espèce d'Odynère se rencontre abondamment en avril et en mai dans les Landes, contre les terrasses argileuses où elle nidifie et où l’on prend souvent les deux sexes en accouplement. L'espèce se capture aussi près de Toulouse, sur l’Eryngium campestre. C'est l'O. Reaumuri, L. Duf., espèce très-voisine de la précédente, s'en distinguant surtout par les bandes jaunes de l’abdomen, non étroites et régulières, mais s’élargissant sur les côtés. Les mœurs sont tout à fait celles de l'espèce de Réaumur (1). Les nids ont des tuyaux extérieurs de terre guillochés et sont approvisionnés de larves, pareilles à celles décrites par Réaurur, vertes avec un liséré longitudinal roussâtre de chaque côté, empilées dans chaque nid en brochettes de dix à douze larves enroulées et superposées. L'œuf, qu'on trouve dans les nids les plus récents, est obiong, cylindroïde, obtus et d’un jaune assez vif. L. Dufour éleva facilement la larve de l’'Odynère dans un tube de verre, en la recouvrant d’une douzaine des larves anesthésiées prises dans les nids des terrasses. La larve, qui grossit rapidement et prend en quinze jours toute sa croissance, demeure ensuite presque immobile au-dessus du tas de dépouilles de ses victimes, occupée à revêtir de soie sa demeure. Audouin à observé Les habitudes d’un autre Odynère voisin de l'O. spinipes : c’est l'O. reniformis, Wesm., dont le métathorax de la femelle a une tache latérale jaune, le mâle ayant la base des mandibules et celle des cuisses intermédiaires armées d’épines d’un jaune-citron. Les nids, creusés dans des talus de terre, ont, en dehors du trou d'entrée, des cheminées qui ne sont plus réticulaires, mais formées d’une terre tellement fine et friable qu'on ne peut la toucher sans la réduire en poudre.

D'autres Odynères, du mème sous-genre Oplopus, ont une nidification fort différente, puisqu'elle a son siége dans des tiges créuses de végétaux, particulièrement de Ronces. Leur type est une espèce de Suède, d'Allemagne, d'Angleterre (Hawley Hants et Hampstead), de France et des environs de Paris, des Landes, du Languedoc, sur les Æryngium campestre, etc.: c'est l'O. lœvipes, Shuckard (syn. rubicola, L. Duf., cognatus, L. Duf., etc.). Cette espèce, de 8 à 10 millim. de long, à fond

(1) L. Dufour; Mémoire pour servir à l’histoire de l’industrie et des métamorphoses desOdynères, et description de quelques nouvelles espèces de ce genre d’insectes (Ann. sc. natur., Z001., 2° série, 4839, t. XI, p. 85).

QODYNERUS 305

noir, ofire, chez la femelle, ie chaperon noir, prolondément excisé, avec un croissant jaune, parfois interrompu, les antennes subelavées et entièrement noires, tandis que chez le mäle le chaperon est jaune en entier, ainsi que la base des mandibules, le premier article des antennes en dessous, les deux et parfois les trois articles qui précèdent le bout de l’antenne enroulé, jaunes. Sont également jaunes la bande du pronotum, les points huméraux, les écailles, deux points à l’écusson, quatre bandes linéaires dorsales à l'abdomen de la femelle, eing chez le mâle et deux en dessous; le mâle a les cuisses intermédiaires inermes. Dans les deux sexes les jambes, les tarses et les bouts des cuisses sont jaunes, les ailes enfamées à l’extrémité.

Pour nidifier, la femelle cherche, au milieu d’un buisson de fronces, une tige sèche, qui ne soit pas verticale, c’est-à-dire ayant son bout tronqué tourné vers le ciel et exposé à la pluie, à la neige, à la grêle, mais horizontale ou inclinée vers la terre. Cet instinct est conforme aux tuyaux extérieurs de terre tournés vers le bas des nids des O. spinipes et Reaumuri. En outre, l'O. lœvipes choisit les tiges les plus grosses et les plus dures, offrant un diamètre et une solidité de parois en rapport avec la grosseur et le poids des coques dont elles vont devenir le réceptacle. La femelle les creuse d’abord à une profondeur qui peut atteindre 4 décimètre, en enlevant avec ses mandibules la moelle qui les remplit, puis va chercher au loin les matériaux terreux nécessaires pour faconner les cellules de ponte. Celles-ci, longues de 10 à 42 millim. sur 6 de large, sont engagées au milieu de la moelle, qui n’est pas toujours détruite jusqu'au bois, cylindroïdes, brunes ou d’un gris sale, au nombre tantôt de deux ou trois seulement, tantôt de huit ou dix, disposées à la file, mais non contiguës bout à bout, laissant entre elles un intervalle d'environ 4 millim., occupé soit par de la moelle pétrie, soit par des crottins oblongs et noiràtres, mêlés à la moelle et plus ou moins couverts de moisissures. Les parois des coques, dures, fermes, d'épaisseur uniforme, sont un ciment bien confectionné, formé de terre bien pétrie et gâchée, mêlée à des grains de sable et à des parcelles de moelle. C’est avec raison que L. Dufour suppose, contrairement à l'opinion de Réaumur, pour sa Guêpe solitaire, que l’industrieux Hyménoptère ait besoin d'ailer chercher de l’eau dans les mares voisines pour détremper ses matériaux, et les agglutiner ensuite pour façonner la coque ; ce sont Îles glandes salivaires qui doivent servir à cet usage.

La femelle commence à construire ces cellules dans la première quinzaine de juin, et pond au fond de chacune un œuf jaune, oblong, cylindroïde, arrondi aux deux bouts, légèrement arqué; puis elle approvisionne chaque coque de dix à douze larves vertes, roulées en cercle sur elle-même et empilées les unes au-dessus des autres. Léon Dufour laisse indécise la question de savoir si ce sont des chenilles ou des larves de Curculioniens, disant seulement qu'elles dif-

fèrent comme espèce de celles des nids de l'O. Reaumuri, tout eu leur ressemblant beaucoup. La larve de l'O. lœvipes, rapidement sortie de l’œuf, est apode, d’un jaune assez vif, ovalaire-oblongue, à anneaux renflés, entrecoupés en dessus par des mamelons régulièrement disposés, la région ventrale offrant une ligne médiane enfoncée. La tête, bien distincte du reste du corps et inclinée en dessous, est arrondie, blanchâtre, montrant, sous une forte loupe, le chaperon et les mandibules, celles-ci brunâtres. Le bout postérieur très-obtus, comme tronqué, offre en dessous la trace d'un anus plissé. Au bout d’une douzaine de jours, toutes ses victuailles consommées, elle est parvenue à son complet accroissement.

Jusqu’alors la paroi interne de la coque n’offrait aucune trace de soie. La larve mûre la tapisse d’un enduit, membraniforme lustré et blanchâtre. Le bout de la coque tourné vers l'extérieur de la tige de Ronce, par lequel la mère apportait les vivres et par où sortira l’adulle, est alors clos par la larve au moyen d’un diaphragme de même enduit que celui qui revêt la paroi interne de la coque, rond, plan, tendu comme la peau d’un tambour, et débordé par un prolongement du tube terreux d'un millimètre de saillie. Ce couvercle n’est pas une membrane simple et diaphane, mais une cloison opaque, consistante, formée de deux tuniques séparées par une couche serrée de moelle de Ronce, ainsi que le montre une incision. L'autre bout de la coque est arrondi, mais sans diaphragme, et constitué par les mêmes matériaux que le reste du tube. La larve tombe ensuite dans une torpeur qui se prolonge, à partir de la fin de juin, pendant dix à anze mois, car en avril, et même quelquefois en mai de l’année suivante, les coques de l’Odynère de la Ronce contiennent encore des larves engourdies. Dès la fin d’avril, on rencontre aussi des nymphes dans les coques, et ces nymphes se métamorphosent en adultes depuis les derniers jours de mai jusqu'à la mi-juin, époque où les Odynèrestravaillent à l'établissement de leur progéniture.

Les larves d'Odynères n’éprouvent qu'une seule mue, celle qui précède immédiatement la transformation en nymphe. La nymphe de l’'Odynère dé la Ronce demeure un mois avant de donner l'adulte, les pattes, les antennes et les moignons d'ailes en raquette pliés en faisceau sous le corps. Les ongles des tarses, les épines des pattes, sont obtus, translucides, comme œdémateux; les organes buccaux, loin d'être retirés sous la tête, sont au contraire en évidence, étendus et étalés entre les insertions des pattes. Les yeux, grands, réniformes, mais peu saillants, prennent, dès le second jour de la nymphose, une teinte violacée qui se rembrunit de plus en plus. Swammerdam à aussi observé sur les nymphes des Abeilles que ce sont les yeux qui se colorent les premiers, et l’on peut dire que c’est là un fait général commun aux nymphes des Insectes et à l'embryon des Vertébrés. A partir du vingtième jour commencent à se former les dessins jaunes el noirs; au bout du mois, les ailes s’ébranlent et s'étendent. L'Odynère les lisse avec

ses pattes, se brosse tout le corps, et se frotte la face avec ses tarses antérieurs. Il faut bien remarquer que ce n’est pas le contact de l'air et l'influence de la lumière qui ont produit la coloration de l’insecte ; c'est dans l'obscurité complète de la coque, fermée par une double paroi opaque, que le jaune vif s'organise et se place avec symétrie sur le noir le plus profond.

Nous ferons encore observer que, dans la file des coques de ciment placées bout à bout dans la tige de Ronce, la coque la plus inférieure a été construite la première, et renferme l’œuf pondu et approvisionné en premier. Or la sortie des Odynères adultes a lieu en ordre inverse, le premier éclos sortant de la coque la plus récente et la plus voisine du bout ouvert de la branche. Sans cela, comme les adultes ne peuvent percer les côtés de leur double prison de terre et de bois, il y aurait massacre des plus jeunes insectes par les aînés, tandis qu'ils sortent au contraire aisément par les coques vides des plus jeunes. Le réveil complet de chaque nymphe n’a lieu que lorsque l'air libre fait sentir son influence à travers le couvercle de la coque, ce qui coïncide avec la facilité du passage, sans qu'il soit nécessaire d’invoquer une loi compliquée de développement inverse à l'ordre de naissance des larves,

Audouin a observé pareillement les mœurs de l'O. lœvipes. Dans son jardin, à Sèvres, tout près de Paris, il avait planté en terre, au soleil, des branches de Sureau coupées de longueurs et de diamètres variés, afin de se procurer divers Hyménoptères qui viennent perforer la moelle des branches pour y établir leurs nids. En juin, une femelle d’O. lœvipes fut observée creusant la moelle d’une de ces tiges, et, au bout d'une demi-heure, elle était entièrement cachée dans la cavité cylindroïde qu’elle avait pratiquée. Les jours suivants, l'insecte continua son travail de creusement, puis apporta du mortier terreux, enfin des provisions pour ses larves. Le mortier lui servit à construire dans la moelle sept loges à parois grises assez consistantes et à grains fins, et entre les loges, assez espacées, existait un disque en détritus de moelle de Sureau. Comme les tiges de Sureau fichées verticalement en terre avaient leur canal médullaire exposé à la pluie, l’insecte, par une véritable adaptation intellectuelle à cette condition insolite, changea bientôt la direction verticale de la galerie, en formant un coude qui empêchait la pluie de tomber, même sur la loge la plus voisine de l'entrée de la galerie, de manière à mettre les loges qui n’occupaient qu'une partie de la largeur de la moelle de Sureau, dans les mêmes conditions que dans les branches de Ronce inclinées.

Le Dr Giraud (op. cit., Ann. Soc. entom., Fr., 1866, p. 443 et suiv.) a observé l'O. lœvipes dans les tiges sèches de la Ronce en France, dans la basse Autriche, en Bohême, en Carniole. Il indique aussi, comme sortis des tiges sèches de la Ronce, O. timidus, Sauss., du sous-genre Leionotus, et O. delphinalis, Giraud, dont deux femelles sortirent en juin, à Grenoble, des tiges de la Ronce.

908 HYMÉNOI TÈRES.

Un autre Odynère, qu'Audouin croit être ©. parietum, a été aussi observé par lui, faisant son nid à l'intérieur des tiges de Sureau dressées en terre, se contentant de garnir d'un mortier terreux le fond et le couvercle de ses loges. Il n’y a pas de parois latérales propres, c’est la moelle qui les constitue ; seulement elles sont tapissées d’une membrane pellucide. La femelle a soin de fermer très-exactement avec du mortier l’extrémité de la branche de Sureau, de façon à en cacher l’ouverture, tandis que l'O. lœvipes la laissait libre. L'Odynère dont il est question en dernier lieu apportait à ses larves de vraies chenilles de Tinéides, d’une couleur vert pâle, longues de 5 à 6 millim., anesthésiées et n'ayant plus que la possibilité de faire quelques contractions. Cet état d’engourdissement s'est maintenu près d’une année, car plusieurs chenilles déposées en août 1835 dans la tige de Sureau, et non mangées par les larves, furent trouvées encore vivantes et anesthésiées en juin 1836.

On est aisément frappé, au point de vue de la biologie, du parallélisme qui se présente, dans deux tribus fort distinctes, entre les Osmies et les Odynères, ces insectes tantôt creusant la terre, tantôt les tiges végétales sèches, et se servant, les uns comme les autres, de mortier agglutiné par leur salive pour façonner les cellules où leurs larves reçoivent une alimentation fort différente.

Nous ferons remarquer, comme caractère anatomique interne, que les Odynères ont six ganglions nerveux abdominaux simples (Ed. Brandt).

Plusieurs travaux spéciaux sont à consulter pour le grand genre des Odynères. Ainsi, Shuckard, Description of a new British Wasp, with an Account of its developement (Magaz. Natur. History, by Charlesworth, London, 1837, t. 1, p. 490). Dans ce mémoire se trouve spécifié, pour la première fois, O. lævipes. — Kennedy, Observations upon the Economy of several species of Hymenoptera, etc. (London and Edinburgh philos. Magaz.. and Journal of sc.,t. XI, p. 14: nid des Odynerus quadratus (parietum) et bidens (bidentatus, London, 1838). — Menzel, Bemerkungen zur Entivicklungsgeschichte einiger Hymenopteren (Mittheilungen der naturforschenden Gesellschaft in Zürich, Heft, 1848, t. II, p. 98). Ce mémoire traite des mœurs des Odynères. — Wesmael, Monographie des Odynères de la Belgique, Bruxelles, 1833, br. in-8°, avec deux supplém. (Builetin de l’Acad. de Bruxelles, 1836 et 1837).

A côté du genre Odynerus se place le genre Pterochilus, Klug, offrant les antennes en massue très-allongée, celles des mâles munies d'un crochet terminal; les yeux ne couvrant pas entièrement les côtés de la tête; les mandibules commet ordues sur elles-mêmes, larges, très-tranchantes, aiguës et arquées, ce qui les empêche de former bec par leur croisement en ciseaux, munies du côté externe d’une rangée de longs poils; la lèvre très-longue, grêle et linéaire, très-dépassée par de gros et longs palpes comprimés, de trois articles; le corselet carré, anguleux en avant; les ailes antérieures à cellule radiale très-courte, et appendiculée, la seconde cubitale recevant la nervure récurrente presque à

PTEROCHILUS, ALASIOR. 909

l'angle postérieur ; l'abdomen ovale, à premier segment campanulé ou en pétiole. Le type de ce genre est une petite espèce de France, se trouvant dans les grands bois des environs de Paris, d'Allemagne, de Suède, le P. phaleratus, Panzer, de 6 à 8 millim., noir, brillant, presque glabre, d'une stature assez épaisse, à antennes noires, la tête et le thorax avec destaches d’un jaune pâle, les pattes rousses, noires à la base, l’abdomen avec des bandes sinueuses d’un jaune blanchâtre. Il y a deux autres espèces en France, et en tout une vingtaine d'espèces de Pterochilus, les autres de Suisse, de Crimée, de Russie méridionale, d’AIgérie, d'Asie Mineure, du Cap, du Chili, des États-Unis.

Un autre genre détaché des Odynerus est le genre Alastor, L. Si-F., à mandibules aiguës, armées de dents latérales, les mâchoires grosses, avec le galea et le palpe de six articles plus courts que la partie basilaire, la lèvre comme chez les Odynerus, la seconde cellule cubitale de l'aile pédonculée, recevant les deux nervures récurrentes, l'abdomen d'aspect sessile. L'espèce que nous citerons est l’4. Atropos, L. SF, noir, à métathorax anguleux, la bordure du thorax, l’écaille et la bordure des segments de l'abdomen jaunes, les ailes transparentes; de France, des environs de Paris et des Landes; d'Egypte, d'Algérie, (H. Lucas). Les autres espèces sont d'Australie, de Tasmanie, du Chili et du Brésil ; en tout, une vingtaine.

On devra consulter, pour la famille des Euménides : H. de Saussure, Supplément à la Monographie des Guépes solitaires ou de la tribu des Euméniens (notre famille des Euménides). Genève et Paris, 1854. — C. G. Thomson, Hymen. Scandin., t. IT (genre Vespa, Linn.), p. 30 et suiv. — Fr. Smith, Descriptions of some new and apparently undescribed species of Hymenopterous Insects from North China, collected by Robert Fortune (Trans. Soc. Entom. London, 1859-53, t. IE, p. 53). Outre d’autres tribus, ce mémoire contient des Vespiens et des Euménides. — Saunders, On the habits of some Indian Insects (Trans. Entom. Soc. of London, 1834, t. I, p. 60 : genre Æumenes, p. 62).

Note sur ie genre Eumenes. — Comme nous l'avons dit, M. Fabre a observé près d'Avignon (Ann. sc. natur., 3° sér., 1855, IV, p. 149) les nids de l'Eumenes dimidiatus où Amedæi. Is sont bâtis au mois de septembre sur les rochers exposés au soleil et sur les murailles. Tantôt isolées, tantôt accolées l’une à l’autre au nombre de deux ou trois, les cellules ont la forme d’une calotte sphérique, surmontée d'une sorte de petite cavité cylindrique de 2 millim. de hauteur. Le fond en est formé par la surface même de la pierre qui leur sert de base; mais ses parois sont maçonnées avec de la terre pétrie. L'intérieur de ces constructions, sans être poli avec soin, ne présente rien de raboteux, tandis que l’extérieur, au contraire, est revêtu de gravier grossier et même de coquilles vides de petits Helix. A mesure que l'Hyménoptère a maçonné une cellule, il l'approvisionne d’une dizaine de chenilles vertes non déterminées, probablement de Phalénides, en somnolence seulement,

910 HYMÉNOPIÈRES.

mais jouissant de tous leurs mouvements. Puis, sans détruire la che-

minée, comme l’a écrit à tort M. E. Blanchard, il la bouche avec un tampon de mortier.

MASARIDES.

Antennes de forme variable, passant d’un fil cylindrique à la massue la plus renflée, composées, dans les deux sexes, de douze articles distincts, dont les cinq derniers ont une tendance à se souder pour former une massue; celles des mâles souvent très-distinctement articulées. Yeux non échancrés ou peu échancrés. Mandibules variables, mousses et tronquées obliquement à l'extrémité, ou arquées ct trèsaiguës. Mâchoires variables, leur palpe ayant, dans plusieurs genres, une tendance à s’atrophier; lèvre variable, souvent extensible, avec palpes labiaux de quatre articles. Thorax variable, offrant un écusson subtriangulaire, à pointe mousse prolongée postérieurement, saillant au milieu, recouvrant un postécusson en lame très-mince. ne laissant voir que sa tranche, qui suit les bords de l'écusson (superposition analogue, avec formes différentes, à ce qui a lieu dans les Vespiens du genre Nectarinia). Ailes supérieures pliées longitudinalement, cette plicature, peu marquée et pouvant disparaitre, offrant deux cellules cubilales complètes. Pattes souvent garnies de poils et de cils roides, surtout les antérieures. Jambes antérieures ayant à leur extrémité inférieure et interne une épine styloïde, les moyennes en offrant deux, les postérieures deux aussi, l'une en stylet, l’autre recourbée en sabre. Crochets des tarses unidentés, la dent pouvant devenir très-pelite, au point de se confondre avec l'angle basilaire. Abdomen variable, d'aspect subsessile, c'est-à-dire n'étant jamais porté sur un long pétiole, parfois à segments à demi-rétractiles à partir du 3e (Ceramius), parfois au contraire convexe en dessus et plat ou même concave en dessous, de sorte que l’action des muscles ventraux recourbe l'abdomen en dessous, l'anus pouvant même se placer sous le sternum, à la façon des Chrysidiens (Celonites, Masaris), segment anal souvent bituberculé, parfois découpé et dentelé.

Les Masarides sont des Guêpes anomales, mais qu'on ne peut séparer des tribus qui constituent les Diploptères. Le caractère important de deux cellules cubitales seulement aux ailes supérieures n'empêche pas une réunion conforme à l'aspect général et à la coloration, M. Fr. Smith fait remarquer que, ainsi que chez les Vespiens et les Euménides, le prothorax est toujours prolongé en arrière de la base des premières ailes.

La plupart des espèces connues appartiennent à l’Europe méridionale, à l'Espagne, à l'Algérie, à l'Égypte. Le cap de Bonne-Espérance présente un assez grand nombre d'espèces. Le genre Trimeria, Sauss., est fondé sur une espèce du Brésil (Campos-Geraes). Un genre, composé d'une

MASARIS. 911

dizaine d'espèces, est spécial à l'Australie et à la Tasmanie : c'est le genre Paragia, Shuckard, qui a l'aspect des Odynères, avec les segments abdominaux rélractiles ; un chaperon allongé, prolongé devant les mandibules et tronqué droit au bout, fort différent de celui des Guêpes sociales. Ces espèces ont les yeux ovales ou très-légèrement émarginés, et les ailes supérieures ne sont pas ou à peine pliées au repos. La nervation des ailes à deux cellules cubitales seulement, les deux écussons superposés au thorax, les antennes au nombre de douze articles dans les deux sexes, ne permettent pas de séparer ce genre aberrant des Masarides pour en faire une tribu à part.

On connaît encore très-peu les mœurs des Masarides, car ce sont des Hyménoptères rares, principalement du midi de l’Europe et de l'Algérie, pays peu explorés par les entomologistes. On est tenté de les supposer parasites des nids des Hyménoptères, ce qui semble prouvé pour les Celonites ; mais-les cils des pattes et la longue langue de certains paraissent au contraire propres à des nidifiants, comme cela a lieu probablement pour le genre Ceramius. Les exemples des genres Ceratina, Prosopis, Sphecodes, etc., montrent combien il faut se garder, à ce sujet, d’inductions basées sur les seules considérations de l'anatomie externe. Il faut espérer que l'existence de plusieurs espèces de Masarides dans l'extrême midi de la France encouragera les amateurs à faire des observations biologiques encore si incomplètes.

GENRES PRINCIPAUX

MasSaRis, Fabr. — Chaperon largement échancré. Antennes des mâles plus longues que la têle et le thorax réunis, composées de huit articles distincts, le huitième grand, en forme de bouton elliptique résultant de la soudure de cinq articles, courtes chez les femelles, en massue arquée à articles indistincts, surtout vers le bout. Labre semi-cireulaire, cilié, mandibules courtes, mousses, à peine dentées ; mächoires à galea court, à palpes maxillaires tout à fait rudimentaires, ayant la forme d’un tubercule, triarticulés ; lèvre comme dans le genre Celoniles, le menton fortement échancré par une lame membranense, la languette bifide, les palpes labiaux (rès-courts, de quatre articles, Thorax en reclangle allongé ; métathorax plat ou concave; le bout de la radiale de l’aile supérieure fortement écarté de la côte, la seconde cubitale très-large. Abdomen déprimé, fortement articulé ; la base de tous les segments rétrécie, les anneaux ne pouvant, pour cette raison, rentrer les uns dans les autres.

Le type du genre Masaris est une espèce d'Égypte et du nord de l’Afrique, rapportée par Desfontaines, non retrouvée en Algérie par M. H. Lucas, et figurée dans les planches de l'ouvrage célèbre sur l'expédition d'Égypte. C’est un insecte noir à ocelles en triangle équilatéral, fortement taché de jaune pâle chez le mâle, l’écaille jaune, les ailes transparentes, les pattes jaunes, les segments de l’abdomen bordés

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postérieurement de jaune. Chez la femelle, les parües colorées sont d’un rouge ferrugineux et les ailes enfumées. L’abdomen, convexe en dessus, presque plat en dessous, où il est noir, se recourbe en dessous, comme chez les Celonites, de manière à ramener l’anus en avant. Une seconde espèce du Cap.

CELONLTES, Latr. — Chaperon transversal, échancre en demi-cercle à son bord antérieur. Antennes, dans les deux sexes, de sept articles distincts et terminés par des massues globuleuses de einq articles soudés, la massue des mäles portant en dessous des organes cupulifurmes, le scape ou premier article gros et sphéroïde, aussi large que long (1), 2 globuleux presque aussi gros que le premier, 3 long et cylindrique. Labre grand, semi-cireulaire, fortement cilié; mandibules assez courtes et assez aiguës, dentées au bout; mächoires à galea courts et palpes maxillaires rudimentaires, de trois ariicles; lèvre à menton échancré par une grande lame membraneuse, à languette extensible, longue et composée de deux lanières, les palpes labiaux très-courts, quadriarticulés. Corselet déprimé, plus large au métathorax qu'au prothorax, le métathorax comprimé en un biseau transversal qui se termine de chaque côté par un angle tranchant; radiale de l’aile antérieure ovale et courte, ayant un petit appendice; crochets des tarses unidentés. Abdomen convexe en dessus, concave en dessous, ses bords latéraux très-tranchants, le premier segment le plus large, le dernier denté chez les mâles.

Le genre Celonites se compose de quatre espèces dont la principale est C. abbreviatus, de Villers (syn. apiformis , Panzer et la plupart'des auteurs), du midi de ja France et de l'Allemagne, de Suisse, d'Italie, d'Algérie (H. Lucas).

Nous représentons cette espèce fig. 4, pl. Lxx : 4 4, antenne grossie, vue en dessous; 4 b, idem, en dessus; 4 €, labre ; 4 d, mâchoire avec palpe maxillaire; 4 e et 4 /, mandibules ; 4 g, h, à, lèvre inférieure avec la languette plus ou moins contractée et les palpes labiaux.

Cet Hyménoptère, long de 7 à 8 millim., est trapu et large. L'abdomen, déprimé, beaucoup plus large que haut, se recourbe fortement en dessous, étant convexe en dessus, un peu concave en dessous. Le fond du corps est noir, finement rugueux; le chaperon laché de jaune chez la femelle ; Le labre, les mandibules, les antennes ferrugineuses, celles-ci avec le premier article noir. Le prothorax est jaune, portant de chaque côté une tache noire arquée. L’écaille, le bout de l’écusson, les angles du métathorax sont jaunes; les segments de l'abdomen sont bordés de jaune un peu festonné; l'anus noir, ainsi que le dessous de l'abdomen; les pattes d’un jaune ferrugineux, avec les hanches et la base des cuisses noires, les ailes enfumées. Le màle a le chaperon peu

(1) Exception aux autres Diploptères, où le scape est toujours cylindrique ei allongé etle second article très-petit.

CERAMIUS. 913

échancré, jaune, ainsi que le labre; l'abdomen jaunâtre en dessous et l'anus quadridenté. D’après M. Marquet, on caplure cette espèce sur le sommet de la montagne de Cette, butinant sur les fleurs des Labiées. Une autre espèce d'Égypte et d'Algérie, aux environs d'Oran, est le C. Fischeri, Spinola (syn.: afer, L. St-F.), ressemblant au précédent, plus grand et plus ponctué, ayant, chez le mâle, le lobe médian du segment anal bituberculeux, avec l’échancrure intermédiaire très-obtuse, tandis que, dans C. abbreviatus, ce lobe est biépineux. Les formes et la disposition des couleurs sont pareilles, avec des ornements non pas jaunes, mais roux orangé, variés de blanc orangé, et les ailes fortement enfumées, avec un glacis violet. Dours a observé en Algérie les mœurs du C. Fischeri et du Jugurthia Oraniensis. Ces insectes se plaisent dans les localités exposées au soleil, sur les collines rocailleuses, sur les falaises brûlées; leur vol est rapide et soutenu. Ils demeurent très-longtemps en vol stationnaire, les ailes vibrantes, se posant de loin en loin sur les fleurs des Synanthérées, qui sont presque les seules des régions qu’ils affectionnent. On les prend aussi sur les fleurs des Buphthalmum, et ordinairement au voisinage des Eryngium capitatum, dont les feuilles desséchées masquent et ombragent les trous qui sont creusés dans le sol par Scolia bifasciata. On voit souvent les deux espèces de Masarides se jouer autour des orifices extérieurs de ces trous, y entrer et en sortir tour à tour. Des coques nymphales de Scolia bifasciata, prises en septembre dans les trous, donnèrent en juin de l’année suivante plusieurs exemplaires de Celonites Fischeri, indiquant que cette espèce s'était développée aux dépens des larves de Scolie. Deux autres espèces de Celonites, une d'Égypte, l’autre de l'île de Chypre.

M. de Saussure a détaché des Celonites le genre Jugurthia pour deux espèces algériennes, genre faisant le passage des Celonites aux Ceramius. Chez les Jugurthia, le scape, ou premier article des antennes, est Le plus grand de tous, ainsi que chez les autres Diploptères. L’abdomen est cylindroïde, convexe en dessous, tandis que chez les Celonites l’anus peut venir se loger contre le sternum.

CERAMIAUS, Latr., Klug. — Chaperon variable, mais offrant toujours dans les mâles, de chaque côté, une pièce allongée et aiguë qui correspond à la base des mandibules. Tète grosse, postérieurement concave ; yeux peu ou pas échancrés. Antennes de la longueur de la tête daus la femelle, presque filiformes, en massue très-allongée, les derniers articles parfois peu distincts; ces antennes variables chez lesmàles, soit semblables à celles des femelles, soit longues, à articles très-distincts, mais toujours moins longues que la tête et le thorax pris ensemble, et n'ayant jamais alors la forme de massue, le second article déprimé. Labre petit, en forme de languette ; mandibules variables, ou tronquées obliquement à l’extrémité et munies de dents mousses terminales, ou terminées en pointe et portant des dents le long de leur bord interne; mâächoires courtes, à palpes

maxillaires rudimentaires, très-courts, quadriarliculés ; lèvre très-courte, avec menton gros, non échancré à sa base par une lame membraneuse, la languette très-courte, formée de deux lanières centrales et de deux lobes latéraux peu visibles, tous ayant au bout des points cornés ; les palpes Jabiaux de quatre articles. Corselet variable, à prothorax arrondi, convexe en avant, l’écusson comme chez les Celonites, recouvrant le postécusson, ayant au milieu un trapèze saillant, et se prolongeant en une lame qui forme l’écaille de l’aile inférieure. Ailes supérieures avec la radiale parfois écartée du bord. Jambes antérieures garnies de poils serrés formant des brosses à la façon des Fouisseurs; crochets dentés ou paraissant simples. Abdomen d’aspect variable, déprimé, lessegments en général fixes, non rétractiles, le troisième le plus large.

Le genre Ceramius, ainsi nommé par Latreille, avait d'abord reçu de Klug le nom de Gnatho; plus tard, cet auteur adopta le terme de Latreille, et fit connaître plusieurs espèces dans ses Entomologische Monographien (Berlin, 1824, 1 vol. in-8°). On compte une quinzaine d'espèces de Ceramius, la plupart du Cap, et deux du midi de la France. L'une d’elles est le C. fonscolombi, Klug (pl. 1xxrt, fig. 2, mâle, long de 44 mill.). Les mandibules de cette espèce, outre des dents mousses, se terminent par deux dents très-longues et très-aiguës. La tête du mâle est noire, avec les mandibules, le chaperon, les bords des yeux, jaunes, les antennes à scape jaune en avant, noirâtres en dessus, ferrugineuses en dessous; le corselet noir, avec taches et lignes jaunes, les écailles ferrugineuses ou jaunes; les ailes transparentes, un peu enfumées au bout, à nervures et stigma ferrugineux ; lespattes jaunes en dessus, ferrugineuses en dessous ; une tache jaune de chaque côté du premier segment de l'abdomen, les autres segments ornés d'une bordure jaune biéchancrée ; l'anus avec une tache jaune. Chez la femelle, le chaperon est noir, jaune au bout; les mandibules noires, bordées de jaune; les deux ou trois premiers articles des antennes ferrugineux; les ornements jaunes de tout le corps plus étendus que chez le mâle. Celui-ci présente la tête, le corselet et le premier segment de l'abdomen finement ponctués et couverts d’un duvet de poils ferrugineux. Cette espèce est de l'Europe méridionale et découverte en Provence par Boyer de Fonscolombe, qui donne quelques détails trop succincts sur ses mœurs. « Cet insecte est rare. Je l'ai trouvé autour des mares d’eau, où il venait prendre de la terre délayée, ou bien entrait dans des trous cylindriques creusés par lui dans une rive peu élevée. Ces trous, où l’insecte va déposer ses œufs et pratiquer un nid pour ses petits, sont précédés d'une galerie recourbée en bas, qui entoure l’orifice du trou. Cette galerie, qui les fait aisément reconnaître, est formée irrégulièrement, et en partie presque à claire-voie, des parcelles de terre que l'insecte détache du nid en le creusant, ou qu’il apporte du dehors... La ponte finie, la galerie est détruite promptement, et sans doute par la mère elle-même, car, peu de temps après, on

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