Traité élémentaire d'entomologie comprenant l'histoire des espèces utiles et de leurs produits des espèces nuisibles et des moyens de les détruire, l'étude des métamorphoses et des moeurs, les procédés de chasse et de conservation
ÉtiidCN gur les Insectes carnassiei'S utiles à introduire dans les jardins ou SI protéger contre la destruction. Paris, 1873.
Études sur la maladie do la vigne dans les C'harentes. (Extrait des Mémoires des Savants étrangers. PariSj 1875.)
Études sur le Phylloxéra de la vigne. 2*^ édition. Paris, Hachette et C".
.li'ouvelles notices entoniologiques. 3^^ série. Paris, 1878,
■.es Abeilles, organes et fonctions, éducation et produits, miel et cire, avec 1 pi. color. et 30 fig. dans le texte. Paris, 1878, J.-B. Baillière et fils.
l'atalogue raisonné «les animaux utiles et niiisililes de la France,
publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique. Paris, 1878, Hachette et C'% deux fasc.
Mctamorphoses des Insectes. 5^= édition. Paris, Hachette et C'% 1879,
riRIg. — IMFRIMEBIE B. MiHTIWET. HUB MIOWOR, 2
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D^ENTOMOLOGiE
ORTHOPTERES
La distinction de ce groupe d'insectes broyeurs en ordre spécial est duc à de Gecr (1773), qui eu composait un sous-ordre parmi les Vayinés, sous le nom de Dermaptères, en raison des pseudélytres ou élytres demi-membraneuses, moins parfaites que chez les Coléoptères et recouvrant les ailes. Us se placent naturellement à la suite des Coléoplères, auxquels ils ressemblent, à l'état adulte, par les pièces buccales et l'appareil digestif; mais ils s'en éloignent beaucoup par le mode de développement, car ils n'ont que des méfamorphoses incomplètes. Linnœus, trompé sans doute par l'analogie de développement et pur certaines ressemblances extérieures assez grossières, les réunissait aux Hémiptères, dont les pièces buccales sont si différentes; il en exceptait le genre Forfîcula, qui, par une analogie réelle avec les Staphyliniens, terminait ses Coléoptères. Geoffroy ne faisait de l'ordre entier qu'une section des Coléoptères, qu'il appelle Insectes à étuis durs qui couvrent tout le ventre. La forme des élytres, qu'il considère seule, lui fait opérer d'assez singuliers mélanges. Après les Staphylins et les Nécydales, il place la Forficule, puis le Méloé, la Blatte, leThrips, d'un ordre tout différent; ensuite les Grillons, les Criquets, les Sauterelles, les Mantes, après lesquelles il introduil sa seconde section, celle des ïlémiplères ou insectes à demi-étuis.
Plus tard Fabricius forma avec l'ordre qui nous occupe sa seconde classe sous le nomd'L7o/m/,a, et enlin Olivier changea le nom de Dcrinaplères en celui d'Ortlioptcres (ailes droites), qui a prévalu, bleu que plus récenl.
GUIAKD. II, 1
2 ORTIIOPTEllES.
Un grand nombre d'onLomologisU'S étrangers onL complélemeni remanié et. modifié l'ordri; d'Olivier. Jls en constituent un véritable ordre de résidu, compose, comme l'indique M. H. Huxley {An Iniroduct. to llie Classif. of Anm..,Lom\ou, 1869), des Ortlioptéres propres, des Dcrmaloptères ou Forfieules, des Hongeurs ou Termitines, des Perlidcs, des Épliémérides et des Libellulides. H est certain que ce groupement est trùs-pbilosopbique à deux points de vue, l'analogie des pièces buccales et l'abscnicc de métamorphoses complètes; que l'ordre suivant, les Névroptères ou. Neuroptcra, devient plus homogène et n'offre que des insectes à métamorphoses complètes. Mais il arrive ici ce que présentent toutes les classiiications. L'iiomogénéité, bien plus grande à beaucoup d'égards, disparaît en partie dans ces nouveaux Orthoptères sous le rapport de l'aspect général et des formes extérieures, bien qu'une analyse attentive et les passages nombreux rétablissent l'homologie. Si nous n'adoptojis pas cette classification, que nous approuvons, c'est uniquement par cette raison qu'elle établit une rupture trop marquée avec les classifications usitées en France, et que dans un ouvrage où l'utilité des applications doit passer a\ant tout, il est nécessaire de ne pas créer de difficultés aux débutants; l'intelligence du lecteur remet facilement les êtres à leur groupement naturel. Telle est la nécessité que subissent toutes nos classifications, sous peine d'émietter en quelque sorte les êtres en groupes de même valeur, mais d'une multiplicité désastreuse pour la mémoire. 11 faut se contenter de l'à-peu-près, et placer en première ligne la biologie et les questions d'entomologie pratique.
Un accord des naturalistes de tous pays, fondé sur la plus juste observation, nous amène à séparer en deux sous-ordres les Orthoptères, Oliv., l'un sous le nom de Labiduroïilcs, l'autre d'Orthoptères propres. Le premier correspond aux Labidoures de C. Duméril et L. Dufour (queue en pince), aux Dermaptcres, Leach, Kirby, Slephens (on devrait dire plus exactement Dcrmoptères], aux Dermatoptères, Burmeister, Huxley, aux Euptexoptères, Westwood, E. Blanchard (18/i5), aux llarmoptères, Fieber. Nous devons encore faire remarquer, comme pour ajouter à la confusion, que Leach avait aussi nommé ces insectes Orthoptères proprement dits à cause de la suture droite de leurs élytres, tandis qu'il appelait Dictyoptères les autres Orthoptères d'Olivier, où les élytres se croisi'ut. Audinet-Serville, adoptant les idées d'Olivier et de Latreille, ne laisse subsister qu'un seul ordre, les Orthoptères, Oliv. II les divise en deux sections : les Coureurs, comprenant les Fûrficulaires, les Blaftaires, les Mantides et les Phasmides ; les Sauteurs, constitués par les drilloniens, les Locustaires et les Acridites. H n'avait pas compris, comme on h; voit, l'avantage du principe de l'uniformité des terminaisons.
Le second sous-ordre, les Orthoptères, Oliv. (sauf les Forficuliens), réjiond en partie aux Dermaplères de de Geer, aux Ulonafes de Fabricius. M. E. Blanchard a repris pour eux seuls, dans sa seconde section des Orthoptères, le nom de Dermaplères,
NOTIONS GÊNÉIÎAI.KS. 8
On voit que l'ieii ne m;ui(|iie pour ces iusertcs aux (lii'licullés de la synonymie, que nous espérons épargner aux le(;leurs par l'uride énoncé (jui précède.
iXous n'avons qu'un petil nombre de caraclères généraux à l'aire connaître, en raison de notre division en deux sous-ordres, où nous exposerons à pari pour chacun la plus grande partie des noUons tl'analomie cl de biologie.
Les pièces buccales essenliellem(Mit broyeuses des ()rllio[»lèves sonl encore plus développées, en raison d'une voracité considérable. I.e labre, qui constitue la limite supérieure (h; la bouche, est graud, coriace-membraneux, dressé, fixé dans toute sa largeur à un épistome dont il est distinct par la suture, subcarré ou semi-circulaire, arroiuli ou incisé au sommet, recouvrant une partie des mandibules, surtout leur pointe. Les mandibules, cornées, le plus souvent robustes et assez courtes, condition de force du levier, épaisses à la base, arquées antérieurement, parfois inégales entre elles, sont munies à l'intérieur vers l'extrémité de fortes dentelures que Marcel de Serres nommait incisives, canines, molaires, et dont il pensait pouvoir tirer pour le régime des tribus diverses des caractères analogues à ceux que fournissent les dents de ces noms pour les ordres de Mammifères.
Viennent ensuite deux paires de niftchoircs successives, qui sont les mâchoires proprement dites ou maxilles, et la lèvre inférieure. Ce sont tics organes assez compliqués et exigeant une description exacte.
Ces deux paires de pièces adhèrent par la base, fixées ensemble au menlon, c'est-à-dire à une plaque carrée située devant la bouche, la languette en avant, les maxilles sur les côtés, en arrière ou au-dessous des mandibules.
Chaque maxille est composée de cinq parties, plus ou moins aplaties, l'nc base subhorizontale dite goinl [cardo) est attachée au menton par des musclo; puissants, et porte ime tige (stipcs), variant dans sa longueur et sa gracilité, ainsi que le gond, suivant l'étendue du menton. La tige se termine dans sa région la plus interne par le lobe interne on manda (partie mangeante), dur, corné, comprimé, plus large à la base, armé au sommet de deux ou trois dents aiguës, muni au bord intérieur de poils roides. Extérieurement an mando s'insère au slipe un organe biarticulé, à article basai court, le supérieur lobiforme, large, excavé eu dedans. C'est ce qu'on a nommé le rjdlra (casque; galette, suivant la traduction bizarre de certains auteurs français), en raison de sa forme un peu courbe et de ce qu'il recouvre souvent plus ou moins le mando. C'est sans doute ce que Fabricius regardait comme une gencive extérieure et ce qui l'amenait, dans sa nomeiulalure foiulée sur l'étude des mâchoires, à donner à l'ordre entier le nom d'i'lonatcs ou Onlognathes, ce qui signilie mâchoires à gencives. Le (jalcd a tité a[)pelé maxille externe par Krichson, et palpe maxillaire interne par M. Burmeisler, en raison de son articulation éldesonhomologie avec le palpe intérieur des
h OltTIlOPTLRliS.
Carabiciis. En dcliors du (jaloa cl inséré plus prrs rie la base (h\ slipo, se trouve le palpe exlerne ou maxillaire proprement dit, composé le plus souvent de cinq articles, les deux premi(U's courts, le cinquième on dernier épaissi le [)lus souvent au sommet, ou en massue, ou trigone, ou sécurilorme, terminé par une pelote tactile, qui se détache après la mort et laisse voir une fossette chez les sujets secs.
Au bord antérieur ou supérieur du menton est adaptée la lèvre inférieure, (lui est une plaque, parfois resserrée à la base, olfrant insérés en avant les lobes labiaux proprement dits, et sur les côtés les palpes labiaux. La lèvre doit se regarder comme une paire accessoire de maxilles, plus réduites que les mâchoires proprement dites, confluentes, à parties intérieures symétriques, soudées par une laible portion de leur base, et semblant disjointes du reste, ce qui fait décrire la lèvre par les auteurs commt> profondément fendue. On trouve chez les Orthoptères deux lobes intérieurs, d'ordinaire étroits et allongés (ainsi chez le Dectique verrucivore), correspondants aux deux mando des mâchoires, dont la réunion forme la languette, puis deux lobes plus extérieurs, épais, articulés, formant les paraglosses de Jacquelin du Val et répondant aux palpes internes ou ffalea des mâchoires. Entin, extérieurement s'insèrent les palpes labiaux, de trois articles, le dernier élargi au sommet, et qui sont les analogues réduits des palpes maxillaires.
Au centre des pièces précédentes, aux bords intérieurs de la lèvre, est placé le ligule {lingua de Kurmeister), papille molle, subglobuleuse, courte, située à l'entrée du gosier, parfois à demi incisée au sommet (ainsi clu-z la Courtilière).
Le rôle des pièces buccales est le suivant. Le labre empêche les objets mordus de s'échapper; les mandibules, qui agissent comme une paire de ciseaux, servent à saisir les aliments et à les couper en gros morceaux; la lèvre, un peu mobile de bas en haut et librement articulée chez les Orthoptères ravisseurs, et les maxilles, débitent en petits morceaux les matières déjà saisies et diminuées, et les amènent dans la bouche, les palpes mnltiarliculés aidant; ces dc^rniers ont eti outre un rôle tactile ])ar la pelote molle qui termine leur dernier article.
Nous devons ajouter, après cette étude assez détaillée; des pièces buccales, qu'elles sont loin d'avoir pour la classification des Orthoptères l'importance qu'elles offraient dans l'ordre précédent. Elles ne peuvent servir seules pour caractériser des genres bien définis, ce que Lalreille et de Charpentier ont déjà reconnu il y a longtemps.
Une autre différence capitale des Orthoptères et des Coléoptères, ce sont les métamorphoses, lu développement embryonnaire considérable, très-difficile à étudier malheureusement en raison de l'opacité de l'œuf, amène les insectes en naissant à un état qui ressemble beaucoup à celui de l'adulte ; même forme générale, même locomotion terrestre, même régime (;t mêmes mœurs. On peut dire qu'il n'y a pas de caractères suffisants pour séparer les larves et les nymphes des adultes. Aucune forme