VAISSEAUX: ARTÈRES, VEINES, CAPILLAIRES ET LYMPHATIQUES
Les vaisseaux sont de deux espèces : les vaisseaux sanguins , les lymphatiques. Les premiers se divisent en artères, capillaires et veines; les seconds, en lymphatiques proprement dits et chylifères.
La structure des artères, des veines, des gros lymphatiques et des chylifères est à peu près la même; il y a aussi presque identité pour celle des capillaires et des petits, lymphatiques.
Chacun des tissus que nous avons étudiés jusqu'à présent possède un élément spécial , typique. Il n'en est pas de même pour les vaisseaux; aucun élément anatomique de forme déterminée ne leur appartient exclusivement; mais ce qui les distingue des autres tissus , c'est l'agence-* ment particulier des diverses parties dont ils sont composés.
Artère.. Art. l«^ Artèves. Lorsqu'on examine au microscope une lamelle comprenant toute l'épaisseur d'une paroi artérielle coupée en travers ou en long, on remarque trois zones très-distinctes et superposées j lesquelles cor-
respondent aux trois tuniques dont se composent les vaisseaux (pi. XIV, fig. IV). La preniière zone, qui est la plus mince et uniformément foncée dans toute son épaisseur, correspond à la tunique interne (fîg. IV, 1). La deuxième zone , plus transparente et beaucoup plus épaisse que les précédentes, correspond à la tunique moyenne (fig. IV, 2). Enfin la troisième zone, au moins aussi épaisse que la seconde, plus foncée dans ses couches profondes que dans ses couches superficielles , représente la tunique externe.
Quand on emploie un grossissement de 300 à 400, il est aisé de déterminer la nature et la distribution des éléments qui composent chacune de ces tuniques. Voici les données fournies par l'analyse microscopique : la tunique Tunique : interne a pour limite une couche épithéliale qui, examinée en place , paraît être composée de noyaux ovales englobés dans une substance amorphe; il est presque impossible de distinguer les contours des cellules à cause de leur pâleur (pi. XIV, fig. V). Mais en éraillant cette membrane, on en détache quelques cellules qui, devenues libres, se pré* sentent sous forme de fuseaux fortement renflés au niveau du noyau et qui, sous ce rapport, ont beaucoup d'analogie avec certaines cellules de la rate (pi. XIV, fig. VI).
Au-dessous de cette couche épithéliale , qui est baignée par le sang , il existe une autre lamelle que l'on désigne sous le nom de membrane fenêtrée. C'est un feuillet amorphe, dénature élastique, très-fragile , percé de nombreuses ouvertures variables dans leurs formes et leurs dimensions et contenant une certaine quantité de fibres élastiques, qui sont dirigées perpendiculairement à Taxe du vaisseau. Dans les gros troncs artériels, les trous de cette membrane sont plus larges et les fibres élastiques plus nombreuses ; dans les petits ranleaux, les trous sont
moyenne.
plus étroits et plus nombreux , tandis que les fibres élastiques sont plus grêles et plus rares (pi. XIV, fig. VII, 4, 2,3).
Des fibres élastiques fines et dirigées dans le sens de la longueur du vaisseau forment les couches les plus profondes de la tunique interne. Cette troisième membrane est plus épaisse que les deux précédentes, surtout dans les artères d'un certain calibre (pi. XV, fig. I, 1 ; fig. V, i). J'ai cherché en vain dans l'épaisseur de sa^trame la présence de cellules plasmatiques, fait important à noter au point de vue des altérations des vaisseaux artériels. Tunique Daus la structurc de la tunique moyenne il entre des fibres élastiques et des fibres musculaires lisses. Les premières sont distribuées d'une manière uniforme, mais ne paraissent pas avoir une direction déterininée, ainsi qu'on peut s'en convaincre en examinant comparativement des coupes longitudinales et transversales (pi. XV, fig. I, 5; fig. V, 5). Le réseau qu'elles forment est d'autant plus serré qu'il appartient à une artère d'un plus fort calibre, et c'est dans ses mailles que logent les fibres musculaires. Pour découvrir celles-ci, il est bon de traiter la préparation par l'acide acétique étendu. Sur les coupes transversales des artères on aperçoit à peine les contours des fibres, qui sont très-pâles; mais on distingue parfaitement les noyaux en forme de bâtonnets et dirigés perpendiculairement à l'axe des vaisseaux (pi. XV, fig. I , 3). Sur les coupes longitudinales on voit beaucoup mieux les contours des fibres musculaires, qui forment des polygones plus ou moins réguliers et au centre desquels se trouve habituellement le noyau (pi. XV, fig. V, 2, 3, 4). Il est à noter que la distribution des fibres musculaires est d'une parfaite régularité dans toute l'épaisseur de la tu-
nique moyenne et que les cellules plasmatiques y sont extrêmement rares.
Un feutrage des fibres connectives et élastiques repré- Tunique externe. sente la structure de la tunique externe. Les fibres élastiques sont plus condensées dans la profondeur qu'à la superficie, et la plupart sont dirigées parallèlement à Taxe du vaisseau (pi. XV, fig. II, 2 , 3; fig. VI , 2 ; fig. VII , 1, 2). Cette tunique contient aussi des cellules plasmatiques, qui sont d'autant plus nombreuses que l'artère est plus petite.
En résumant la structure d'une artère d'un certain calibre, on voit que la fibre élastique forme la charpente de toutes les tuniques; mais que dans chacune d'entre elles elle s'associe à un élément particulier et caractéristique. Pour la tunique interne, c'est la cellule épithéliale; pour la tunique moyenne, c'est la fibre musculaire; enfin pour l-a tunique externe, c'est la fibre connective. Au fur et à mesure que l'on se rapproche des petites branches artérielles, on voit que la fibre élastique tend à disparaître, surtout dans la tunique moyenne, qui alors est formée de fibres musculaires sans mélange (pi. XV, fig. III).
L'examen comparatif de la structure de la tunique moyenne dans les divers segments du système artériel fait voir l'inégale répartition des fibres élastiques et des fibres musculaires. Au milieu de l'arbre artériel, le mélange de ces deux éléments est à peu près égal ; mais aux deux extrémités il n'en est pas de même : l'un des deux éléments se substitue à l'autre et compose pour ainsi dire à lui seul la tunique moyenne. En effet, dans laorte thoracique il est difficile de trouver quelques fibres musculaires, tandis que dans les artérioles c'est la fibre élastique qui devient extrêmement rare.
134 CHAPITRE YI.
Ces variantes dans la slruclure de la tunique moyenne coïncident avec la différence d'action des grosses et des petites artères sur le courant sanguin. Les grosses artères représentent par leur élasticité le réservoir à air des pompes à jet continu et fonctionnent de la même manière. Elles luttent contre la pression excentrique des ondées sanguines et corrigent l'effet des contractions rhythmiques du cœur en établissant un courant continu.
On comprend que les petites artères^ dont la tunique moyenne est exclusivement musculaire , n'agissent pas de la même façon; car il faudrait supposer, de la part de leurs parois, une contraction rapide et rhythmique alternant avec la systole du cœur. Or l'observation directe ne révèle pas de mouvements pulsatils dans ces vaisseaux et, d'un autre côté, la nature physiologique des fibres musculaires lisses est en opposition avec une contraction rapide. Ces petites artères, en se contractant, ont pour effet d'entraver la circulation dans certains points, afin de rejeter une plus grande quantité de sang dans d'autres parties, selon le besoin du moment. C'est un phénomène que l'on peut constater, par exemple, dans l'appareil artériel de l'intestin grêle pendant la digestion. Ainsi , le tissu élastique des artères se rattache à la régularisation du courant sanguin, tandis que le tissu musculaire a sous sa dépendance la répartition de la masse sanguine, peutei artèrei. Lcs dcmicrs ramcaux de l'arbre vasculaire que nous étudions, ceux qui mesurent par exemple 1/20 à 4/30 millimètre, présentent encore les trois tuniques; mais chacune d'entre elles ne forme qu'une simple lamelle et ne renferme qu'un seul élément anatomique. Ainsi, la tunique externe est formée par une couche très-mince de fibres conjonctives mêlées à quelques cellules plasmatiques
(pi. XVI, fig. 1, 1). La tunique moyenne offns seulement des fuseaux assez courts qui indiquent que , dans ces petits vaisseaux, le tissu contractile persiste à l'état embryonnaire (fig. 1,2,3). Quant à la tunique interne, elle se réduit à la membrane épithéliale (fig. I, 4).
L'arlère pulmonaire et Taorte, à leur sortie du cœur, vaimiei sont munies, comme on le sait, de valvules semi-lunaires "^*^*'"**' qui paraissent être une dépendance de la tunique interne de ces vaisseaux; cependant elles sont un peu plus compliquées dans leur structure. Chaque valvulve se compose de deux lames, l'une interne regardant l'axe de l'orifice, l'autre externe dirigée du côté des parois artérielles. La lame interne, une fois plus mince que l'externe, assez foncée, dense, renferme des fibres élastiques longitudinales semblables à celles de la tunique interne des artères. En dehors de cette zone il s'en trouve une autre plus large et plus transparente, composée de fibres élastiques et connectives , formant de larges mailles , au milieu desquelles on voit une assez grande quantité de cellules plasmatiques (pi. XVI, fig. II et III). Le^deux faces sont tapissées par une épithélium pavimenteux. Les valvules des artères ressemblent donc à la tunique interne de ces vaisseaux par leur lame interne seulement, et par la structure de leur lame externe elles ont de l'analogie avec la tunique externe des vaisseaux sanguins. En résumé, cet organe est une paroi artérielle à laquelle la tunique moyenne fait défaut. La zone interne se continue en bas avec l'endocarde, et la zone externe avec le tissu fibreux interstitiel du parenchyme du cœur (fig. II).
L'endocarde est constitué presque exclusivement par Endocarde. des fibres élastiques. Celles-ci sont très-fines et très-condensées dans les couches superficielles; elles deviennent
plus larges et forment, avec les fibres conjonctives, un feutrage plus lâche dans les couches profondes, où l'on rencontre quelques rares cellules plasmaliques. Le revêtement épithélial est représenté par une simple couche pavimenteuse.
vaivuiet Les valvules auriculo-ventriculaires ont une structure
'""cu^rM""" analogue à celle des valvules artérielles; seulement elles sont un peu plus riches en fibres connectives et en cellules plasmatiques.
Péricarde. Lc péricardc présente la structure des séreuses; on trouve comme substance fondamentale un réseau de fibres élastiques et connectives , puis un semis de cellules plasmatiques, des vaisseaux, des nerfs en assez petit nombre, desvaisseaux.lymphatiques, et enfin un revêtement épithélial simple et pavimenteux.
veiuet. Art. 2. Veines. Les veines sont construites d'après le même type que les artères et possèdent , comme celles-ci,
Tuni<,ao interne, trois tuniqucs. La couche épithéliale de la tunique interne a absolument la même physionomie que celle des artères. Sur presque toutes fes veines que j'ai examinées , j'ai aussi trouvé une membrane fenêtrée dont les ouvertures fort nombreuses sont circonscrites par un réseau de fibres élastiques très-larges (pi. XVI, fig. VI, 4, 2). Au-dessous se trouve une troisième couche de fibres élastiques fines, qui forment un réseau plus lâche que dans la région correspondante de la tunique interne des artères et dont les plus profondes pénètrent dans la tunique moyenne, de sorte que la limite entre les deux premières tuniques n'est pas aussi nettement établie que dans les artères (pi. XVII, fig. I, 1, 2). Il m'a semblé que la tunique interne des veines d'un certain calibre contient quelques cellules plasmatiques.
La tunique moyenne est constituée par un mélange de lynique fibres élastiques et musculaires , mais elles ne sont pas "*'y*""*uniformément réparties (pi. XVII, fig. I, 5). Leur direction est transversale; cependant on en trouve quelquefois dans les couches externes, qui sont dirigées parallèlement à l'axe du vaisseau (pi. XVII, fig. I, 7). Cette distribution inégale des fibres musculaires ne pourrait-elle pas rendre compte de la faiblesse relative de telle ou telle partie des parois veineuses, et par conséquent de leur tendance à devenir variqueuses ?
La tunique externe ressemble en tout point à celle des Tunique externe, artères; cependant il faut noter que, sur certains vaisseaux, principalement sur ceux qui appartiennent au système de la veine porte, on a trouvé des fibres musculaires placées dans les couches profondes et dirigées dans le sens longitudinal. La présence de ces fibres et leur direction expliquent comment les veines correspondantes diminuent de longueur pendant qu'elles sont soumises à l'excitation galvanique.
Les veines de très-petit diamètre possèdent encore leurs PeiuesTeinei. trois tuniques : l'interne est formée par une simple couche épithéliale; quelquefois cependant elle possède, en outre, une membrane fenêtrée à mailles étroites (pi. XVII, fig. III, 6). Les deux autres tuniques ressemblent tout à fait celles des artères du même calibre (pi. XVII, fig. III, 1, 3).
Les valvules des veines sont une dépendance de leur vaivuid. tunique interne. Une simple lamelle épithéliale pavimenteuse en forme la couché superficielle (pi. XVI, fig. V, d). La couche profonde est constituée par des faisceaux de fibres connectives ondulées et parallèles (fig. V, 2) et par un réseau de fibres élastiques fines mêlées à des cellules plasmatiques. Pour découvrir ces dernières, il faut em-
Taia vasorum.
ployer l'acide acétique étendu, qui fait disparaître les fibres connectives.
Les vasa vasorum se composent d'artérioles et de veinules. D'après Kôlliker, on en trouve même sur les vaisseaux de très-petit calibre (4 millimètre et au-dessous). Ils sont principalement destinés à la tunique externe; dans la tunique moyenne on en rencontre beaucoup moins. Cet auteur n'en a pas découvert dans l'épaisseur de la tunique interne, serfi. Les nerfs qui fournissent aux parois des vaisseaux sont
assez nombreux et paraissent principalement destinés à la tunique moyenne ou musculaire. C'est du moins ce qui semble être démontré par les expériences physiologiques sur les nerfs vaso-moteurs. On ignore encore quel est leur mode de terminaison, capiuaires. Art. 3. CapUlaives. Les capillaires, qui établissent la communication entre les artères et les veines, ont une structure extrêmement simple. Ce sont des tubes de substance amorphe, dans lesquels sont enchâssés des noyaux ovales. Plus les capillaires sont volumineux, plus les parois sont épaisses et les noyaux nombreux; très-rarement on remarque quelques fibres connectives qui se surajoutent à la tunique amorphe. Les plus déliés ont des parois tellement minces que souvent elles se traduisent par une seule ligne (pi XVI , fig. IV). La transition des artères et des veines aux capillaires se fait d'une manière insensible par la disparition successive des divers éléments morphologiques qui constituent les trois tuniques vasculaires. Ce n'est pas par leur volume, mais par leur structure que les capillaires se distinguent des artères et des veines; ils sont absolument privés de Vêlement contractile. Au point de vue physiologique ils se distinguent également de ces
vaisseaux par l'absence absolue de la contractilité de leurs parois, qui ne jouissent que de l'élasticité.
Art. 4. Vaisseaux lymphatiques. D'après ce qui vient Lymphatiqnei, d'être dit touchant l'organisation des artères et des veines, quelques mots suffiront pour la description de la structure des vaisseaux lymphatiques.
Leur tunique interne, extrêmement mince, est repré- Tunique interne. sentée par une simple couche épithéliale, reposant sur quelques fibres élastiques fines; encore paraît-elle réduite quelquefois à son feuillet épithélial.
La moyenne est presque exclusivement* composée de lunîquo fibres musculaires transversales; les fibres élastiques y teme. sont très-rares (pi. XVII, fig. IV, 1). Enfin, la tunique externe diffère de celle des artères et des veines en ce qu'elle possède dans ses couches profondes un très-grand nombre de fibres musculaires à direction longitudinale (pi. XVII, fig. IV, 4, 5). L'élément contractile entre également dans la structure des valvules qui, pour le reste, ressemblent aux valvules veineuses (pi. XVIII , fig. II).
Les capillaires lymphatiques sont composés , comme capuiairet. les capillaires sanguins, d'un tube de substance amorphe, dans lequel sont enclavés des noyaux ovales. Mais ce qui leur donne une physionomie particulière, ce sont des prolongements filiformes, qu'ils offrent de distance en distance dans le cours de leur trajet et à leurs extrémités libres (Kôlliker). Selon certains observateurs et entre autres Teichmann , ces prolongements seraient en communication avec les cellules plasmatiques du tissu conjonctif , de sorte que le réseau formé par ces cellules appartiendrait au système lymphatique. Selon Recklinghausen , les capillaires lymphatiques n'auraient qu'une seule tunique constituée par des cellules épithéliales. Quant au siège des ori-
lymphatiques.
140 CHAPITRE YI.
gines des lymphatiques, abstraction faite des chylifères, il se trouve, selon M. Kûss, sous les couches épithéliales à Tacr tivité desquelles leurs fonctions semblent étroitement liées.
Aux vaisseaux lymphatiques sont annexées des organes Gângiiont connus sous le nom de ganglions ou glandes lymphatiques. Leur forme et leur volume sont variables; cependant ils ressemblent plus ou moins à une fève. Sur un point de la surface légèrement mamelonnée des ganglions, on voit pénétrer dans leur intérieur un canal qui a reçu le nom de vaisseau lymphatique afférent; sur un autre point, habituellement assez fortement déprimé et qu'on appelle le hile^ sortent plusieurs canaux connus sous le nom de vaisseaux lymphatiques efférents; c'est aussi par le hile qu'arrivent les nerfs et la plupart des vaisseaux sanguins destinés à cet organe.
Malgré les nombreuses recherches qui ont été faites dans ces derniers temps sur la structure des ganglions lymphatiques , on est loin de posséder des données bien exactes à ce sujet.
Lorsqu'on pratique une coupe emportant toute l'épaisseur d'un ganglion lymphatique, on remarque qu'il se compose de trois parties distinctes : i® une enveloppe fibreuse; 2® une substance corticale granulée; 3® une substance médullaire striée. De la face interne de l'enveloppe fibreuse se détachent de nombreuses trabécules dirigées en tout sens et circonscrivant des espaces qu'on a désignés sous le nom à' alvéoles. Celles-ci communiquent largement entre elles et deviennent de plus en plus étroites au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du centre de la glande. L'ensemble formé par les trabécules et lès espaces qu'elles circonscrivent représente la substance corticale ou autrement dit le parenchyme de la glande.
Dans l'épaisseur des trabécules on rencontre du lissu conjonctif, quelques fibres musculaires lisses (His) et quelques rares vaisseaux sanguins.
Le tissu qui compose les alvéoles ou follicules se divise en deux parties distinctes, l'une centrale, l'autre périphérique. La partie périphérique, c'est-à-dire celle qui avoisine les trabécules, est représentée par des canaux lymphatiques (sinus lymphatiques de His*), accolés à ces colonnettes fibreuses et maintenus dans leur position par un réseau de cellules plasmatiques qui les entourent. La partie centrale est formée par une sorte de tissu spongieux unissant les trabécules les unes aux autres et renfermant dans ses mailles les globules lymphatiques. Ce sont des fibres élastiques qui forment le squelette de ce tissu, au milieu duquel se trouvent un grand nombre de vaisseaux capillaires qui, comme on le voit, sont en contact immédiat avec les éléments globuleux du ganglion. Les recherches faites relativement aux rapports des mailles remplies de globules avec les parties voisines, tendent à étabhr que ces espaces communiquent avec les vaisseaux lympathiques accolés aux trabécules. On peut donc considérer les alvéoles comme étant la partie du ganglion lymphatique où s'élabore le produit essentiel de cet organe.
La substance médullaire, qui est enveloppée par la substance corticale et qui en même temps touche le hile, est formée essentiellement par un réseau de vaisseaux lymphatiques qui communiquent, d'utie part, avec les sinus lymphatiques et, d'une autre part, avec les lymphatiques efférents. On rencontre encore dans la substance médul-
* (Jntersuchungen ûber den Bau der Lymphdrûsen , von W. His ; Leipzig 4861.
Développement des vaiif eaux.
laire la plupart des vaisseaux sanguins de la glande et une quantité variable de cellules adipeuses.
Les artères qui pénètrent dans les ganglions lympha*tiques y arrivent presque toutes par le hile. Elles fournissent quelques rares branches aux trabécules fibreuses , mais elles en donnent au contraire un très-grand nombre à la substance spongieuse qui constitue les alvéoles , pré7 cisément là où se passe le travail sécrétoire de la glande.
Les veines suivent le même trajet que les artères. Les nerfs pénètrent dans la glande en accompagnant les vaisseaux. On ignore jusqu'à présent leur mode de terminaison.
La structure des ganglions lymphatiques peut donc se résumer de la façon suivante: le vaisseau afférent, arrivé dans l'épaisseur de l'enveloppe fibreuse commune, se divise en un grand nombre de branches qui s'accolent aux trabécules, se jettent ensuite dans le réseau des canaux de la substance médullaire, réseau auquel succèdent les vaisseaux lymphatiques efférents. Ces différentes parties représentent ce que l'on peut appeler le système des canaux lymphatiques du ganglion. D'un autre côté il y a le système des alvéoles que l'on peut considérer comme des diverticulums des canaux lymphatiques, où les globules lymphatiques se développent et d'où ils sortent pour tomber dans les sinus qui correspondent aux canaux excréteurs des autres glandes.
Les vaisseaux se développent sur place. Leur première apparition se fait sous forme de petites colonnes de cellules qui se détachent du fond commun constituant le feuillet vasculaii'e de l'embryon. Une partie des cellules qui occupent l'axe de ces colonnes se liquéfie, tandis que l'autre partie se change en globules sanguins. Les cellules qui sont situées en dehors de l'axe subissent des métamor-
phpses diverses et finissent par constituer les trois tuniquas vasculaires que l'on connaît.
Le développement des capillaires s'opère de la façon suivante: des cellules ovales se soudent bout à bout, puis les cloisons qui les unissent se résorbent et disparaissent, de sorte que chaque série de cellules se transforme ainsi en un petit canal dont les parois amorphes offrent de distance en distance des noyaux tels qu'on les voit sur les capillaires de l'adulte. Les anastomoses s'étatlissent au moyen de petits prolongements canaliculés qui naissent des parois des troncs, et qui, en marchant en divers sens, s'unissent les uns aux autres. KôUiker a aussi constaté qu'un certain nombre de cellules étoilées s'unissent par leurs prolongements aux canaux déjà formés et concourent de cette manière à la formation du réseau capillaire. Les prolongements, en augmentant de diamètre, deviennent de véritables vaisseaux capillaires, et le corps de la cel- ' Iule correspond au confluent des branches vasculaires. Le même auteur prétend qu'un grand nombre de gros vaisseaux dérivent d'anciens capillaires, autour desquels les cellules qui les enveloppent se transforment en tuniques vasculaires.
Art. 4. Sang et lymphe. Au point de vue histologique , stng. le sang et la lymphe ont une composition fort simple. Les éléments organisés du sang sont de deux espèces : les globules rouges et les globules blancs. Les globules rouges Giobuiesrougei. ont la forme d'une lentille biconcave et mesurent en moyenne 4/166 à 1/150 de millimètre et 1/1000 à 1/700 d'épaisseur. Leur enveloppe est tellement mince qu'elle paraît se ^confondre avec le contenu; celui-ci est constitué par une substance amorphe^ asSez consistante et colorée en jaune rougeâtre par une certaine quantité d'hématinci
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Exposés à l'air, ces globules s'altèrent rapidement dans leur forme et offrent habituellement des dentelures à leur surface ou bien se plient sur eux-mêmes. Le contenu se décompose aussi, devient granuleux et reste distinct de l'enveloppe (pi. XVIII, fig. VI). A côté des globules rouges normaux on en trouve quelquefois d'autres beaucoup plus petits et sphériques, ce sont les globulins. Représententils des débris des globules rouges ordinaires ou bien sontils des globules avortés dans leur développement? On l'ignore encore. La masse des globules rouges forme, d'après Schmidt, la moitié de la masse totale du sang. Globules blancs. Lcs globulcs blaucs diffèrent des précédents par leur forme et leur volume. Ce sont des corpuscules sphériques, mamelonnés à leur surface et mesurant' en moyenne 1/100 à 1/80 de millimètre (pi. XVIII, fig. VI, 5). Leur contenu, granulé et transparent, renferme quelquefois un noyau qui remplit presque le globule, mais le plus souvent ce sont de petites vésicules brillantes qui deviennent plus apparentes sous l'influence de l'acide acétique. Malgré toutes les recherches que l'on a faites jusqu'à ce jour pour établir une différence entre les globules blancs et les globules du pus, on n'est arrivé à aucun résultat positif à cet égard. Le rapport des globules blancs aux globules rouges, établi par Moleschott, est de 1 : 357. Dans certains cas de leucémie il s'est élevé jusqu'à : : 2 : 3 et même 1:2 (Virchow*).
Plasma. Lcs globulcs rougcs et blancs représentent la partie solide du sang ou le cruor. La partie liquide ou liquor ou plasma se décompose après sa sortie des vaisseaux ; une portion reste à l'état liquide et constitue le sérum, l'autre se prend en une masse assez consistante, élastique, et
^Pathologie cellulaire; Paris 186<.
forme le caillot. Dans le sérum on rencontre une petite quantité de globules rouges et blancs qui nagent au milieu d'un liquide incolore. Le caillot qui emprisonne les éléments globuleux du sang se compose d'une substance d'aspect très-finement granuleux et fibrillaire, mais nullement organisée, c'est la fibrine.
La lymphe, comme le sang, se compose aussi d'une Lymphe. partie solide et d'une partie liquide. Les éléments solides de la lymphe sont des globules qui ressemblent tout à fait aux globules de la substance corticale des ganglions lymphatiques et aux globules blancs du sang. Ces corpuscules, qui mesurent en moyenne 1/140 à 1/80 de millimètre , se trouvent en quantité considérable dans les vaisseaux qui sortent des ganglions, tandis qu'ils sont en très-petit nombre dans les lymphatiques afférents ou radiculaires. On rencontre en outre, dans les chylifères, une quantité variable de granulations sphériques de -nature graisseuse et qui proviennent des aliments; elles sont trèsrares dans les lymphatiques proprement dits.
Le liquide lymphatique extrait des vaisseaux se coagule aussi et forme un caillot dont la composition est identique au caillot sanguin. Pour que la lymphe se coagule, il faut absolument qu elle soit en contact avec l'air extérieur, elle diffère donc sous ce rapport de la fibrine du sang; aussi Virchow prétend que la lymphe ne contient pas de véritable fibrine; il compare cette substance à l'exsudat de certaines pleurésies et l'appelle fibrogène.
La formation des globules sanguins dans l'embryon Fomaiion s'opère, avons-nous dit, par métamorphose des cellules "*" '^^^ïl? ** primordiales qui occupent l'axe des vaisseaux en voie de développement. Si la plupart des observateurs sont d'accord sur ce premier point, il n'en est pas de même lors-
HOREL. Histol, 10
qu'il s'agit d'expliquer les changements successifs que subit la cellule embryonnaire pour arriver à l'état de globule parrait. Pour le plus grand nombre, la cellule qui doit donner le globule sanguin ne se dislingue pas d'abord des autres cellules embryonnaires, mais bientôt elles se chargent d'hématine pendant qu'elles s'aplatissent un peu et que le noyau tend à disparaître. «Je crois, ditBischofî, que la cellule ronde s'aplatit d'abord, puis qu'elle se contracte et qu'elle forme ainsi le corpuscule sanguin permanent ^> Leur multiplication s'opère par scission. Cette opinion , qui fait dériver le globule rouge directement de la cellule embryonnaire tandis que le noyau serait résorbé, ne me paraît pas être l'expression réelle des phénomènes qui se passent chez les mammifères. Sur des embryons de lapins j'ai pu constater un mode de formation des globules sanguins tout à fait différent du précédent. En effet j'ai parfaitement vu, en examinant du sang extrait du cœur et des vaisseaux, que c'est bien le noyau qui devient globule sanguin, tandis que la cellule se désagrège et disparaît. II ne peut y avpir aucun doute à ce sujet, car le noyau, qui se distingue parfaitement de la cellule, est la seule partie qui soit colorée en rouge et qui offre en même temps et la forme et les dimensions du globule rouge. Du reste il est également facile de constater que la cellule se gonfle et devient , pour ainsi dire, œdémateuse par la liquéfaction de son contenu granuleux, et qu'enfin elle se détruit pour laisser échapper le noyau ou autrement dit le globule rouge. Sur le même animal j'ai pu suivre aussi la formation du globule blanc et voir qu'il provient également du noyau de la cellule embryonnaire, qui quelquefois
' TYaité du développement de l'homme et des mammifères^ traduit par Jourdan , p. 289 ; i 843.
offre , au préalable, une végétation nucléaire assez active.
Chez l'adulte, le développement des globules rouges parait se faire aux dépens des globules lymphatiques qui, d'après Kôlliker, s'aplatissent et se chargent de matière colorante, pendant que le noyau se résorbe.
Altérations des vaisseaux sanguins. En étudiant l'in- AitértUoa. flammation du tissu conjonctif , nous avons fait remarquer que l'altération caractéristique de cet état anormal porte sur la cellule plasmatique, qui prolifère d'abord et donne ensuite naissance à des produits morphologiques variables dont le plus constant est le globule de pus. Or on doit se rappeler que les parois des vaisseaux sont formées par deux tissus seulement : le tissu musculaire , qui habituellement est limité à la tunique moyenne, et le tissu conjonctif, que l'on rencontre partout. Quant à ce dernier, il ne faut pas oublier qu'il présente, dans certaines régions des caractères de structure importants à étudier pour la question dont nous nous occupons. Dans la tunique interne des artères, le tissu conjonctif est pour ainsi dire réduit à l'élément fibreux élastique; les cellules plasmatiques y font complètement défaut. Dans la tunique moyenne, c'est encore la fibre élastique qui domine, et la cellule plasmatique est extrêmement rare; il arrive même souvent qu'on ne peut en trouver des traces sur une grande étendue de cette membrane. II n'y a que la tunique externe où cet élément se rencontre en quantité variable ; cependant on peut dire que les cellules plasmatiques sont plus abondantes dans les petites artères que dans les grandes.
Les veines m'ont paru , sous ce rapport, offrir les mêmes caractères que les artères; cependant leurs valvules renferment toujours quelques éléments globuleux. Quant aux
capillaires, on sait qu'à part leurs noyaux, les parois de ces canaux ne renferment aucun élément morphologique; elles sont tout à fait anhistes.
loiumaituon. Afténte. Toutcs les fois que nous avons pu examiner une artère atteinte de ce que Ton est convenu d'appeler inflammation de la tunique interne ou artérite, nous n'avons jamais rencontré les caractères de structure particuliers à cet état pathologique. D'abord il est un fait bien établi à présent, c'est que la rougeur qu'on remarque quelquefois à la face interne de ces vaisseaux est simplement le résultat de l'imbibition de la matière colorante du sang; par conséquent c'est un phénomène purement passif. D'un autre côté, on ne trouve aucune trace d'inflammation dans les cas d'épaississement de la tunique interne ; nous verrons même plus tard que l'augmentation d'épaisseur n'existe en réalité presque jamais, mais qu'elle est due à une couche de fibrine qui vient se déposer sur la lame épi- Ihéliale; quand on la rencontre, on constate bientôt qu'elle résulte d'une infiltration graisseuse passive de la paroi.
Lorsque des artères rompues ou coupées plongent dans un foyer purulent, on observe assez souvent que la tunique interne est rouge et qu'elle ofire des érosions sur sa face libre. Dans ce cas on est tenté de croire à une inflammation ulcéra tive; mais l'examen microscopique vient lever les doutes sur l'origine réelle de la perte de substance. Ce n'est pas une fonte purulente qui produit l'usure de la couche interne de la tunique artérielle, mais bien une sorte de macération passive; et^ ce qui le prouve, c'est qu'on ne peut constater aucun produit morphologique de nouvelle formation. On voit seulement les fibres devenir granuleuses, se mortifier pour ainsi dire, se désagréger ensuite, et laisser un vide à la place qu'elles occupaient.
L'inflammation artérielle, lorsqu'elle existe, débute par la tunique externe, précisément là où on rencontre les éléments cellulaires en quantité variable, et les métamorphoses qui s'opèrent dans l'épaisseur de cette tunique se rattachent, comme cela se devine, à l'inflammation du tissu conjonctif. La tunique interne jouit, à cet égard , de la plus grande immunité, et depuis longtemps la pratique chirurgicale avait démontré ce fait dans la ligature des artères. Il est de règle, comme on sait, de rompre les tuniques interne et moyenne avec le fil et de laisser la tunique externe seule intacte. On ne se contente plus de mettre en contact avec elle-même la face interne de ces vaisseaux, parce qu'alors l'oblitération de l'artère ne s'établit pas solidement. La raison de ce phénomène est trèssimple: là où il n'y a pas de prolifération de cellules et, par suite, formation de tissu fibreux de cicatrice, il ne peut s'établir d'adhérences solides. Or la tunique interne ne possède pas d'éléments cellulaires , la tunique moyenne n'en possède pas non plus ou très-peu; il n'y a donc qu'un moyen d'obtenir le résultat cherché, c'est de mettre la tunique externe, riche en cellules plasmatiques, en contact avec elle-même, et c'est justement ce qui arrive à la suite d'une ligature faite avec un fil de soie fin.
Les petites artères de l'encéphale sont les plus favorables à Tétude de l'inflammation; on peut suivre assez facilement les métamorphoses que subissent les cellules plasmatiques, métamorphoses qui parfois sont très-actives et à la suite desquelles la paroi externe est comme infiltrée de pus (pi. XVIII, fig. IV).
Dans certaines circonstances, l'inflammation paraît se traduire immédiatement par l'infiltration graisseuse des éléments cellulaires, infiltration qui se prppage ensuite
dans le reste des parois et les rend très-fragiles. Aussi la rupture du vaisseau et les épanchements de sang sont-ils souvent la conséquence de cette altération, qui est plutôt une nécrose qu'une véritable inflammation du tissu coiijonctif (pi. XVIII, fjg. III).
Les quelques recherches que nous avons faites touchant l'inflammation de la tunique interne des veines , nous ont conduit aux mêmes résultats que pour les artères. Ainsi nous avons examiné des parties de la tunique interne auxquelles adhéraient des caillots formés spontanément; nous avons également étudié la structure des valvules veineuses, saisies pour ainsi dire par des coagulums, et nous n^avons trouvé, pour toute altération, que la disparition de la couche épithéliale.
On peut conclure de ces faits que l'inflammation des vaisseaux ne doit être admise que pour la tunique externe. La tunique interne ne s'enflamme réellement pas; les modifications pathologiques qu'elle offre sont purement passives et se traduisent ordinairement par la fonte moléculaire de ses éléments. Les petits vaisseaux ont une susceptibilité inflammatoire plus grande que les vaisseaux de gros calibre, et leur destruction, toutes choses égales d'ailleurs , paraît plus rapide.
II est à peine besoin d'ajouter que les produits pathologiques organisés, autres que ceux fournis par l'inflammation (cancer etc.), quelque rares qu'ils soient du reste, ont également pour point de départ les cellules plasmatiques de la tunique externe.
Athêrome. Atkérome. II est une autre altération que Ton rencontre très-fréquemment dans l'épaisseur des parois artérielles et qui consiste dans la dégénérescence graisseuse de ces canaux; je veux- parler de la lésion athéromateuse, L'athé-
rome^ dans son évolution, procède de deux façons différentes : tantôt il a pour point de départ un dépôt de substance étrangère sur la tunique interne, tantôt il prend naissance dans l'épaisseur même des parois vasculaires. Dans le premier cas, Fathérome se développe de la façon suivante : une petite quantité de fibrine se sépare , on ignore sous quelle influence , de la masse sanguine et se dépose en une lamelle plus ou moins épaisse sur un point de la paroi interne des artères. La transparence et la surface lisse du dépôt ont fait que pendant longtemps il a échappé à l'œil de l'observateur, qui le confondait avec la tunique interne elle-même; erreur d'autant mieux permise, qu'à l'iOBil nu il est impossible d'établir une différence entre ces deux lamelles. Les caractères physiques et chimiques du dépôt ne permettent pas de douter de sa nature fibrineuse; c'est même de la fibrine très-pure , car elle ne contient pas le moindre globule sanguin dans son épaisseur. Quant à la place que cette lame occupe , il est facile de constater qu'elle repose sur la face libre de la tunique interne; car on aperçoit immédiatement au-dessous d'elle la membrane fenêtrée dans les artères d'un certain calibre, et la tunique moyenne dans les petites artères, où la tunique interne est simplement représentée par le revêtement épithélial (pi. XVIII, fîg. V, 3). Cette couche épithéliale disparaît de suite par compression , et rien n'indique qu'elle joue un rôle dans le développement de la lésion que nous étudions, car on remarquerait au début soit une hyperplasie des cellules , soit au moins une simple hypertrophie avec une infiltration graisseuse du contenu. Or on ne rencontre jamais de pareils changements dans cette membrane.
Quelque temps après la formation du dépôt, une petite
tache blanchâtre apparaît dans les couches profondes de la lame fibrineuse et constitue ce que Bizot^ appelle la tache rudimentaire de Vathérome. Cette tache grandit en tous sens et envahit .bientôt toute l'épaisseur de la lame fibrineuse, en même temps qu'elle pénètre dans les parois artérielles. La structure des parties ainsi^ altérées par la lésion athéromateuse ne révèle qu'une simple infiltration graisseuse. L'altération peut rester pour ainsi dire indéfiniment à cette période, et alors les parois vasculaires par raissent épaissies et offrent une dureté et une élasticité qui rappellent la consistance du fibro-cartilage. Quelquefois la plaque athéromateuse est aussi dure qu'une lame osseuse, quoiqu'elle n'en possède pas la structure. Cet état particulier est dû à un mélange de sels calcaires avec la graisse; mais, je le répète, la plaque ossiforme ne contient jamais l'élément caractéristique de la substance osseuse, c'est-à-dire la cellule osseuse. On décèle la présence des carbonates calcaires en traitant la préparation avec l'acide chlorhydrique étendu , qui provoque immédiatement le dégagement de l'acide carbonique sous forme de bulles de gaz.
Une autre terminaison de l'athérome et la plus à redouter est la fonte graisseuse de la plaque , qui entraîne toujours la destruction d'une bonne partie et quelquefois même de la totalité de l'épaisseur des parois artérielles. Dans ce cas, la partie malade prend l'aspect soit d'un foyer purulent, soit d'un ulcère, d'où s'échappe un liquide crémeux puriforme. En examinant ce liquide, on se convainc bientôt qu'il n'y a aucune trace de pus et qu'on a
^Mémoires de la Société médiccUe d'observation^ Recherches sur le cœur et le système artériel chez Thomme, par J. Bizot, de Genève, p. 263 et suiv.; Paris 4837.
simplement affaire à de la graisse libre nageant dans un liquide au milieu duquel on trouve en outre assez souvent des cristaux de' choies térine, comme on en rencontre du reste dans un grand nombre de produits pathologiques qui subissent la métamorphose graisseuse (pi. XXV, fig. VI, 2).
Pendant que ces phénomènes se passent dans le dépôt fibrineux et dans les parois vasculaires, celles-ci perdent leur élasticité et leur conlractilité, et comme les parties malades sont soumises à la même pression excentrique du sang que les parties saines, elles cèdent insensiblement à cette force et offrent à la surface externe des bosselures, qui sont les indices de la formation spontanée des anévrysmes. Quand les parois sont altérées dans toute leur épaisseur, elles se brisent quelquefois, et il en résulte des hémorrhagies funestes pour le malade; ou bien le tissu conjonctif ambiant s'hypertrophie et vient ainsi consolider les parties affaiblies des canaux vasculaires. J'ai trouvé au milieu d'un foyer apoplectique de l'encéphale des tronçons de petites artères , où les phénomènes que je viens de décrire sont très-nettement indiqués. Sur l'un de ces vaisseaux on voit très-clairement le dépôt fibrineux infiltré de graisse, tandis que les parois moyenne et externe sont intactes dansleur structure; la tunique interne formée uniquement par la couche épithéliale a seule disparu. On remarque également sur la même pièce le mode de forma lion de l'anévrysme spontané (pi. XVIII, fig. V, 4).
Le dépôt de la fibrine se fait de préférence au niveau des divisions ou des courbes vasculaires, c'est-à-dire là où le sang est plus ou moins entravé dans sa marche; en effet, au niveau des éperons correspondant à l'angle de division des vaisseaux, il y a une sorte de remous, une véritable stagnation du liquide sanguin qui en favorise la coagulation.
Le second mode de formation de l'alhérome a pour point de départ les parois mêmes des artères. Alors la lésion provient d'une infiltration graisseuse, qui apparaît au milieu des mailles de la tunique interne sans être précédée d'aucune trace d'inflammation. Quant à la marche qu'elle suit, elle est identique à celle que je viens de décrire. Quelquefois cette altération paraît limitée aux capillaires, surtout dans l'encéphale, et semble être la cause la plus fréquente des hémorrhagies que l'on constate dans cet organe.
Il est une autre altération dont l'évolution et la nature sont inconnues et qui envahit les capillaires d'abord, puis gagne les petites artères et même les veines; je veux parler de la dégénérescence amyloïde, qu'il ne faut pas confondre, du moins au point de vue anatomique, avec la production anormale de corpuscules amyloïdes; ceux-ci ayant une forme déterminée, tandis que la substance amyloïde qui imprègne les vaisseaux est amorphe. Mais comme cette lésion paraît attaquer de préférence le système vasculaire de certains organes, nous nous en occuperons à propos de la structure de ces organes eux-mêmes. Altération. Lcs valvulcs artériellcs, principalement celles de l'aorte et les valvules auriculo-ventriculaires, s'épaississent, s'indurent, bourgeonnent quelquefois, puis se ramollissent, se fragmentent, et leurs débris sont lancés dans le torrent circulatoire. Cet état pathologique tient à deux causes différentes : l'inflammation d'une part, et d'autre part l'infiltration graisseuse passive.
L'évolution inflammatoire s'accomplit ici comme dans le tissu conjonctif en général. On observe 'd'abord une prolifération des cellules plasmatiques , qui produit un épaississement et en même temps une induration de la
des, val villes.
membrane. Gel état peut persister indéfiniment, mais il arrive aussi qu'après ces premiers changements, les produits de nouvelle formation s'infiltrent de graisse, se désagrègent et déterminent le ramollissement de la valvule. Alors celle-ci se fragmente , et les débris entraînés par le courant sanguin , s'ils sont tout à fait ramollis , peuvent être résorbés; sinon, ils jouent le rôle d'embolies et oblitèrent les petites artères qui les contiennent.
L'induration et l'épaississement de la valvule , son ramollissement et sa destruction peuvent encore être le résultat d'une infiltration graisseuse passive , comme dans les artères, et qui paraît envahir indistinctement tous les éléments anatomiques dont elle est composée. Les plaques ossîformes qu'on remarque dans certains cas d'induration sont absolument semblables à celles de l'athérome artériel.
Quand un caillot se forme spontanément dans un vaisseau {trombus de Virchow*), ou à la suite d'une hémorrhagie, il ne tarde pas à offrir des altérations qui portent sur les différents éléments dant il se compose.
Si le caillot s'est formé couche par couche, ce qui arrive dans le cas de trombus, les parties centrales se décolorent les premières, deviennent jaunâtres, puis d'un blanc laiteux, enfin se ramollissent, se liquéfient et prennent l'aspect et la consistance du pus. Cette liquéfaction du caillot est le résultat de son infiltration graisseuse, qui marche toujours progressivement, sans entamer cependant, avec la même facilité, globules et fibrine. Les globules rouges sont les premiers à se décomposer; le contenu anhiste devient granuleux et se distingue alors par-
* La pathologie cellulaire , basée sur Tétude physiologique et pathologique deis tissus , traduit.de Tallemand par Picard , p. 464; Paris 4861.
faitement de l'enveloppe ; leur forme s'altère aussi, ils se plient sur eux-mêmes, se hérissent à leur surface, se dé- HémMoTdme. colorcnt et laissent échapper leur hématine, qui se résorbe, ou bien se condense soit en petites granulations informes, soit en cristaux d'un rouge éclatant et de forme rhomboédrique ou prismatique très-allongée (cristaux d'hématoïdine) (pi. XVIII, fig. VII et VIII).
Pendant que les globules rouges s'altèrent ainsi et disparaissent par liquéfaction, pendant que la fibrine s'infiltre de graisse et se ramollit aussi, la plupart des globules blancs résistent assez longtemps à la métamorphose régressive, de sorte qu'on les retrouve dans le liquide puriforme, quand celui-ci n'est pas très-ancien. Cependant il ne faut pas en conclure que le caillot s'est métamorphosé en pus, car les globules en question ne sont pas des globules de pus, mais bien des globules blancs emprisonnés dans la fibrine pendant la formation du caillot.
Lorsqu'on a affaire à un caillot hémorrhagique, on observe les mêmes phénomènes, seulement leur marche est assez irrégulière, eu égard à la masse du coagulum; de plus, au milieu des parties ramollies on rencontre d'habitude des débris de vaisseaux brisés et des fragments du tissu dans lequel l'épanchement s'est opéré.
Pareilles choses se passent dans les coagulums qui se forment au milieu des colonnes charnues des ventricules et de l'oreillette droite du cœur. Ces caillots, qui revêtent d'habitude une forme sphérique, simulent, lorsqu'ils sont ramollis au centre, des kystes puriformes paraissant appartenir à l'endocarde. Mais, en réalité, ce sont des caillots qui se forment probablement sous l'influence d'un affaiblissement dans la contraction du cœur. C'est la cause qui m'a paru devoir être invoquée dans un cas d'atrophie
graisseuse du cœur par suite d'anévrysmes multiples des artères coronaires , qui , se trouvant oblitérées dans plusieurs endroits, n'amenaient plus dans les parois de Torgane une quantité suffisante de liquide nutritif.
Jusqu'à présent on n'a pu obtenir artificiellement de véritables cristaux d'hématoïdine. Ceux que l'on a fabriqués avec la matière colorante du sang ont, il est vrai, la même forme, mais en général ils sont plus petits et surtout ils offrent une coloration beaucoup plus foncée, ils sont d'un rouge brun. Ils offrent un grand intérêt au point de vue de la médecine légale, car ils permettent de déceler la présence d'une très-petite quantité de sang; Teichmann les a désignés sous le nom d'hémine.
Préparations. Les préparations qu'exige l'étude des prépamioM. vaisseaux sont assez variées; il faut employer des pièces fraîches et des pièces desséchées. Les vaisseaux desséchés sont nécessaires quand on veut se faire une idée de l'épaisseur relative des trois tuniques et de leur structure intime, il n'y a que la lamelle épithéliale et la membrane fenêtrée qui ne peuvent être examinées que sur des pièces fraîches. Le moyen de dessiccation le plus commode consiste à étaler les vaisseaux sur une plaque de liège où on les fixe avec des épingles. On taille ensuite avec le rasoir des lamelles aussi minces que possible, on les plonge dans l'eau lrès*légèrement acidulée, et lorsqu'elles ont repris par imbibition leur épaisseur normale , on les recouvre de la petite plaque et on les place sous le microscope. Les coupes sont en général plus faciles à exécuter et plus régulières quand on laisse les vaisseaux collés au liège.
On étudie l'épithélium en examinant des vaisseaux trèsminces, après les avoir ouverts et étalés sur la plaque de verre, de manière que la tunique interne soit dirigée du
côté de l'œil de Tobservateur. On peut encore exciser les valvules des veines, qu*on place sans autre préparation entre les deux plaques de verre; enfin on obtient les mêmes résultats en détachant de la face interne des vaisseaux des lamelles très-minces, soit avec les pinces, soit avec le scalpel Les mêmes procédés sont employés pour l'étude de la membrane fenêtrée des artères.
L'examen de la structure des dernières ramifications artérielles ou veineuses et des capillaires se fait pour ainsi dire sans préparations préalables: il suffit de les isoler des tissus voisins. Les vaisseaux qui se prêtent le mieux à ce genre de recherches sont ceux de l'encéphale. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il faut toujours examiner des préparations fraîches comparativement aux préparations prises sur des pièces desséchées.
Les vaisseaux lymphatiques sont soumis aux mêmes manipulations; on emploie également les mêmes procédés pour l'étude des altérations du système vasculaire.
Quand on veut rechercher quel est le siège d'une plaque athéromateuse, on doit pratiquer des coupes des parois vasculaires dans les points malades; il faut aussi détacher avec précaution la plaque la plus mince et encore transparente dans certains points, afin de voir si elle n'est pas appliquée sur la membrane fenêtrée, qu'il est toujours facile de distinguer des autres lamelles appartenant à la tunique interne des artères. Les vaisseaux les plus favorables à ces recherches sont encore les artères encéphaliques.
Les cristaux d'hémaloïdine ne peuvent pas, avons-nous dit, être obtenus artificiellement, mais il est possible d'extraire du sang la substance connue sous le nom d'hémine. On mélange, à cet efiet, du sang desséché dans un état de condensation aussi complet que possible, avec du sel de
cuisine cristallisé desséché et pulvérisé. On jette sur le mélange de l'acide acétique et l'on évapore à la température de l'ébuUition*. On obtient le même résultat d'une manière plus simple encore: si Ton a à déterminer, par exemple, la nature de taches sur le linge, on trempe ce linge dans l'eau distillée pendant le temps suffisant pour que l'eau devienne rouge ; puis on en place quelques gouttes sur une plaque de verre et on laisse évaporer. Enfin on traite le résidu desséché par l'acide acétique et l'on évapore à la température de l'ébullition. Les petits cristaux se forment et se fixent sur la plaque de verre qu^on place telle quelle sous le microscope.
Pour étudier la structure des ganglions lymphatiques il faut les faire durcir soit dans l'alcool, soit dans l'acide chromique ; il est également nécessaire de faire l'injection des vaisseaux lymphatiques et sanguins qui rampent dans ces organes.
Lorsqu'on veut observer directement la contractilité des vaisseaux et la circulation du sang dans leur intérieur, l'animal le plus commode qu'on puisse prendre pour cette étude est la grenouille, et voici comment il faut procéder: on prend une plaque de liège fixée sur une lame de plomb pour lui donner plus de stabilité, et percée, ainsi que le plomb, d'un trou de iO à 15 millimètres de diamètre. On place ensuite la grenouille sur la plaque de liège, de manière qu'un des côtés de l'abdomen soit tout près du trou , et on maintient l'animal dans cette position au moyen d'épingles. Ceci fait, on ouvre l'abdomen du côté correspondant au trou, on en retire avec précaution l'intestin grêle que l'on fixe avec des épingles, de façon que le
•Virchow, Pathologie cellviaire, traduction française, p. 422; Paris 1864.
160 CHAPITRE YI.
mésentère intact soit placé au niveau de Fouverture et puisse être traversé par les rayons lumineux. Enfin il n'y a plus qu'à placer la pièce sous le microscope et à l'examiner avec un grossissement de 80 à iOO.
Gomme les globules rouges de la grenouille sont trèsvolumineux, on les voit très-bien marcher dans les vaisseaux; mais ce qui frappe l'observateur, c'est que les globules qui occupent les parties centrales de la colonne sanguine marchent beaucoup plus rapidement que ceux de la couche périphérique (couche inerte). Ceci est surtout vrai pour les globules blancs qui rampent avec peine sur la paroi des vaisseaux et y restent quelquefois comme accrochés.
Quand on veut provoquer la contraction des vaisseaux, on peut employer divers agents d'excitation ; mais les plus faciles à manier sont le chloroforme et la glace, et surtout cette dernière. Quelques instants après avoir déposé une goutte de chloroforme ou un petit fragment de glace sur un vaisseau , on remarque que la partie qui subit Texcitalion s'étrangle d'une manière très-notable, puis revient à ses dimensions normales. Avec le micromètre j'ai mesuré, sur quelques artères ainsi soumises aux excitants, les variations de volume qu'elles présentaient, et j ai vu, par exemple, des vaisseaux dont la lumière correspondait à iO divisions du micromètre, descendre à 5. Quelquefois la proportion est un peu moins forte, mais en général elle vacille entre 1/3 et 1/2.
Au moyen de l'acupuncture on arrive aux mêmes résultats, mais il est plus difficile de manier l'aiguille que la glace ou le chloroforme.
Je n'ai jamais vu pendant ces expériences la moindre trace de contraction du côté des capillaires.
Les préparations destinées à Tétude des ganglions lymphatiques sont difficiles à exécuter. La distribution des vaisseaux sanguins et lymphatiques sera mise en évidence par des injections des doux systèmes de canaux; les autres parties constitutives des ganglions seront étudiées sur des organes durcis dans l'alcool ou l'acide chromique, mais je préfère ce dernier réactif. C'est ici surtout qu'il faut prendre la précaution de conserver à la pièce une certaine élasticité, afin de ne pas la briser pendant les manipulations qu'on lui fait subir. Pour découvrir la trame conjonctive , il faut la dépouiller des éléments cellulaires logés dans ses mailles. On arrive à ce résultat avec le pinceau en agissant de la façon suivante: on place la lamelle détachée du ganglion sur une plaque de verre ordinaire ou dans un verre de montre; ensuite on saisit le pinceau d'aquarelliste et on en frappe légèrement la pièce en le dirigeant perpendiculairement sur elle. De cette façon les poils du pinceau détachent les globules lymphatiques , et au bout de quelques minutes on découvre un délicat et magnifique réseau de fibres élastiques qui se rattachent aux trabécules de la glande. Il faut prendre un pinceau épais et doux, la préparation demande un peu plus de temps , mais on ne s'expose pas à briser la pièce.
Les glandes sont des organes de forme et de volume Déaniuo«. très-variables ; elles sont caractérisées par des excavations revêtues ou remplies de cellules et débouchant à la surface de la peau ou des muqueuses > soit directement, soit
MOREL. UisioL fl
•parrintermédiaire des canaux particuliers désignés sous le nom de canaux excréteurs.
Division. On appelle glandes sanguines et follicules clos des organes constitués par une ou plusieurs excavations remplies de globules, fermées de toutes parts ou bien communiquant avec le système circulatoire.
Le parenchyme des glandes, c'est-à-dire la partie essentielle ou sécrétante, se compose de tubes ou bien de demivésicules accolées les unes aux autres et s'ouvrant dans un canal commun, de manière à figurer des espèces de grappes. De là deux espèces de glandes : les glandes en grappe et les glandes en tube. structure Géuéralcmcnt les glandes sont circonscrites à l'extérieur gén6r.ie. ^^^ ^^^ j^^^ ^^^^ ^^ nioins épaissc de tissu conjonctif.
De la face profonde de cette enveloppe se détachent des lamelles ou trabécules, qui se dirigent en divers sens et divisent ainsi le parenchyme glandulaire en une certaine quantité de segments appelés lobes, lobules; elles servent, en outre , de supports aux vaisseaux et aux nerfs destinés à ces organes. Les vésicules ou les tubes sécrétants ont une membrane propre (membrane fondamentale) , d'habitude très-mince et amorphe ; quelquefois, mais très-rarement, elle est assez épaisse et offre à l'extérieur une lamelle fibrillaire (testicule, poumon). Sur la face interne de cette membranéfondamentale s'étale une simple couche épithéliale ordinairement polyédrique, ou bien un épithélium stratifié, qui remplit les vésicules ou les canaux sécréteurs; sur la face externe rampent les vaisseaux qui forment un réseau plus ou moins serré.
KeH«. Les nerfs accompagnent les vaisseaux et sont relative-
ment peu nombreux ; leur mode de terminaison n'est pas encore bien connu ; cependant il est probable qu'il a lieu
excréteurs.
Glandes
par des extrémilés libres. Les expériences physiologiques tendent à prouver que la totalité ou au moins la plus grande masse de ces filets nerveux appartient aux rameaux vaso-moteurs; car les vaisseaux offrent des changements de diamètre en relation avec l'état d'activité ou de repos de la glande.
Les canaux excréteurs possèdent deux tuniques : une canaux tunique externe qui, dans les canaux de fort calibre, est formée par un mélange de fibres connectives et élastiques et de fibrçs musculaires lisses; une tunique interne, représentée par un revêtement épithélial , qui difl'ère en général de celui du parenchyme glandulaire. Quelques canaux excréteurs renferment dans leurs parois des petites glandes en grappe (foie, pancréas, poumons).
Art. 1®^ Glandes en grappe. Les glandes en grappe ne diffèrent les unes des autres, dans leur structure, que par *" ^pp" certains détails qui n'ont réellement d'importance qu'au point de vue de la disposition du revêtement épithélial. Aussi, afin d'éviter des répétitions inutiles qu'entraînerait infailliblement la description de chaque glande en particulier, nous exposerons la structure de quelques-uns de ces organes qui deviendront des types autour desquels se grouperont naturellement leurs analogues.
Glandes salivaires. Nous commencerons cette étude par un des groupes les plus simples : les glandes salivaires. En examinant une coupe très-mince delà glande sublinguale par exemple, on remarque que lés culs-de-sac terminaux sont des demi-vésicules composées de deux tuniques. La tunique externe ou membrane fondamentale se présente sous l'aspect d'une lamelle ou d'un liséré amorphe transparent et très-mince, mesurant 1/800 de millimètre; la tunique interne, qui revêt la précédente, est constituée
Glandes salivaires.
164 ciiAPiTRi: VII.
par une simple couche de cellules polyédriques , à contours extrêmenient pâles et niesurant en moyenne 1/100 de millimètre, les noyaux foncés sont très-apparents et remplissent presque les cellules (pi. XIX, fîg. II).
Trois ou quatre de ces culs-de-sac s'adossent les uns aux autres, s'ouvrent dans un canalicule commun et forment ainsi un lobule microscopique. Plusieurs canalicules munis de leurs culs-de-sacs aboutissent à un canal un peu plus large et donnent naissance, par leur réunion , aux lobules que nous distinguonsà l'œil nu (pi. XIX, fig. I). Enfin, de lajonction d'un certain nombre de lobules à un canal volumineux résulte la formation des lobes, lesquels communiquent à leur tour avec le tronc du canal excréteur. Celuici est composé à l'extérieur d'une membrane de tissu conjonctif et à l'intérieur d'un revêtement épithélial. Dans la tunique externe on ne trouve pas trace de fibres musculaires; aussi le canal excréteur des glandes salivaires est-il inerte ou plutôt il ne jouit que d'une certaine élasticité. La tunique épithéliale offre deux couches de cellules, dont la plus interne est formée par des éléments coniques (pi. XIX, fig. III). La glande possède une enveloppe commune formée d'un feutrage plus ou moins épais de fibres conjonctives et élastiques. De sa face profonde partent des lamelles qui pénètrent entre' les lobules et leur apportent en même temps leurs vaisseaux et leurs nerfs. Ce tissu conjonctif interlobulaire des glandes > contenant toujours une quantité variable de cellules plasmatiques , est trèsimportant à étudier au point de vue des altérations que subissent ces organes. On peut presque avancer qu'à part l'atrophie et l'hypertrophie, qui portent dans certains cas sur tous les éléments constitutifs de ces organes, les produits pathologiques organisés qui se développent dans les
glandes ont pour point de départ l'élément cellulaire du tissu conjonctif; c'est du nioins ce que l'on constate pour la formation des phlegmons , du tubercule et des tumeurs cancéreuses.
Les vaisseaux sanguins forment un réseau assez riche vaisseaux étalé sur la face externe des vésicules. Les nerfs accom- *'"''^"pagnent les principales branches du système vasculaire; mais ils ne paraissent pas aboutir jusqu'aux culs-de-sac sécréteurs. Les notions que l'on possède sur l'origine et la distribution des lymphatiques sont à peu près nulles.
A ce premier type se rattachent les glandes salivaires et muqueuses de la cavité buccale, du pharynx, de l'œsophage et les glandes deBrunner, le pancréas, les glandes muqueuses du larynx , de la trachée et de l'arbre bronchique, la glande l.acrymale, les glandes muqueuses de la conjonctive, celles de la vulve, les glandes de Bartholin et deCowper, celle de la prostate, enfin les glandes qui sont enclavées dans les canaux excréteurs du foie et du pancréas.
Les préparations que nécessite l'étude de ces glandes p^^ ^^^^^^ sont d'une grande simplicité. Lorsqu'on veut avoir une idée de la configuration générale et de l'agencement des lobules, il faut faire durcir la glande par la cuisson dans l'eau et pratiquer ensuite avec le rasoir des coupes aussi minces que possibles. Pour donner une certaine consistance à ces organes, on emploie aussi l'acide chromique, qui a le grand avantage de ne pas altérer les éléments cellulaires et qui, pour ce motif, est d'un usage indispensable poilr ces sortes de recherches. Enfin , il va sans dire qu'il faut également examiner le tissu glandulaire à l'état frais.
Les préparations relatives à la structure des canaux excréteurs consistent dans les manipulations indiquées pour l'édute des vaisseaux sanguins.
poamon.. Poumoris. Les bronches, comme on le sait, forment un arbre dont les branches principales se détachent du tronc à angle aigu , tandis que les ramifications terminales s'échappent des branches à angle droit. -Lorsqu'on observe une de ces petites branches terminales, on voit que ses parois sont criblées d'ouvertures qui conduisent dans des excavations mesurant en moyenne 1 millimètre, et dont la structure est assez compliquée. Chacune de ces cavités ou lobules ressemble à un poumon de grenouille; en effets on remarque sur leur face interne de grandes vésicules ou dépressions divisées en trois ou quatre vésicules secondaires, et largement ouvertes dans la cavité commune (pi. XX, fig. V, 1 , 2). Mais cette dernière, au lieu de former un grand vide au centre du lobule, comme on le voit dans le poumon de la grenouille, constitue une sorte de corps caverneux par l'entrecroisement de quelques trabécules qui se détachent des cloisons vésiculaires.
lobule. II nous a semblé cependant que tous les lobules ne sont
pas construits exclusivement d'après ce type; un certain nombre d'entre, eux nous ont paru être de simples ampoules des parois bronchkjues, offrant des dépressions vésiculaires, mais privées de trabécules, en un nçiot: de véritables poumons de batracien. Souvent on voit, près du sommet d'un lobule, des ouvertures latérales qui le font communiquer avec quelques lobules voisins, mais le nombre de ces derniers est assez restreint.
Les lobules primitifs que nous venons de décrire, unis les uns aux autres, pour ainsi dire sans substance intermédiaire, constituent les lobules secondaires. Ceux-ci ont la forme d'une pyramide, dont la base est dirigée vers la périphérie du poumon, tandis que le sommet correspond aux bronches. Ils sont séparés les uns des autres par une lame
inlerslilielle très-mince de tissu conjonctif. Leur diamètre peut aller jusqu'à 2 centimètres et même au delà. Chez l'adulte habituellement, les contours de la base de ces lobules sont chargés d une ligne de pigment plus ou moins foncée.
Tel est l'aspect de la charpente du parenchyme pulmo- vé.icuie. naire; voyons maintenant quelle en est la structure. Les p"''"~""* parlies constitutives des vésicules ou alvéoles pulmonaires sont en procédant de dehors en dedans : 1® une membrane fondamentale, 2^ une tunique épithéliale. Un réseau de fibres élastiques fines forme la première. Ces fibres sont tassées principalement au niveau des cloisons intervésiculaires et constituent aussi la partie centrale des trabécules (pi. XX, fig. VI, 1). Au milieu dés mailles des fibres élastiques rampent les vaisseaux capillaires des poumons, mais un fait très-important à constater au point de vue des altérations de cet organe, c'est que les parois vésiculaires ne renferment pas de cellules plasmatiques; on n'en rencontre que dans le tissu conjonctif interlobulaire. La structure de cette membrane fondamentale rend compte de l'élasticité puissante des poumons.
La tunique épithéliale se compose d'une simple couche ^ .^^^.^^ de cellules polyédriques à contours assez pâles, mesurant en moyenne 4/80 de millimètre et dépourvues de cils vibratiles; leur noyau est volumineux (4/133 de millimètre) et rempli de granulations foncées (pi. XX, fig. VI, 2; fig. VII, 1 , 2). Cette couche épithéliale existe aussi sur les trabécules. * .
Dans ces derniers temps, l'existence de l'épithélium pulmonaire a été mise en doute et même niée d'une manière absolue. Je crois que l'on a fait subir aux poumons des préparations trop compliquées, et qui ont pu amener la
destruction de cette membrane cellulaire très-délicate. Cependant chaque fois que nous avons examiné un poumon frais , nous avons toujours vu la face interne des alvéoles recouverte par une lamelle épithéliale parfaitement distincte. On peut se convaincre de ce fait, en examinant par exemple un poumon de grenouille, où les alvéoles sont beaucoup plus larges que chez les mammifères, et dont la préparation n'exige, pour ainsi dire, aucun soin particulier. De plus dans ces poumons il est tout à fait impossible de confondre les cellules en question avec les noyaux des vaisseaux capillaires. On voit également très-bien Tépithélium dans les poumons d'embryon , parce que les vésicules y sont moins nombreuses et par conséquent très-distinctes.
Du reste, si les choses étaient telles qu'on le prétend, le poumon serait le seul organe communiquant avec l'air extérieur qui ne présenterait pas de membrane épithéliale. Or on sait que le tissu conjonctif mis en contact avec l'air extérieur s'enflamme ou se nécrose; pourquoi alors le poumon, dont la charpente conjonctive est baignée par les gaz, jouirait seul du privilège d'être inattaquable, quand d'un autre côté il offre toutes les altérations qui peuvent se développer dans le tissu conjonctif? et puis ce qui vaut beaucoup mieux que toules ces considérations physiologiques , c'est la démonstration directe de l'existence de cette membrane, et, je le repète, il est possible de la donner.
Bronches. Si des vésiculcs et des lobules pulmonaires ne pénètre épuhéilaL. dans les bronches , on rencontre d'abord un épithélium stratifié dont le nombre des couches croît avec la largeur des canaux aériens. Les cellules profondes sont plus ou moins régulièrement polyédriques et n'offrent rien de par-
ticulier dans leur structure; mais les plus superficielles 'sont coniques, et leur base, qui regarde Taxe du tuyau bronchique, offre un bourrelet mince, amorphe, sur lequel sont implantés dés cils vibratiles. Dans les bronches les plus fines, la couche profonde de répithélium disparaît, et il ne reste que la couche de cellules vibratiles.
Immédiatement en dehors de cette tunique épilhéliale Tunique vibrsftile se trouve la tunique ou membrane muqueuse, constituée par une trame déhcate de fibres conjonctives et de cellules plasmatiques. Les fibres élastiques ont une direction longitudinale et occupent la couche externe de la membrane. Dans les bronches d'un certain calibre elles forment des petits faisceaux longitudinaux blanchâtres, que l'on aperçoit parfaitement à l'œil nu. Des fibres musculaires lissent, à direction circulaire, enveloppent la membrane muqueuse. Dans la trachée et ses deux branches de bifurcation , ces fibres n'occupent que la partie membraneuse du canal , et on a pu constater leur union avec les extrémités des cerceaux cartilagineux (Kôlliker). C'est encore dans ces canaux que l'on a rencontré quelques faisceaux musculaires longitudinaux placés en dehors des fibres circulaires.
Enfin la tunique externe ou fibreuse se compose d'un Tunique fibreuse. feutrage assez épais de fibres connectives et élastiques. Elle contient en outre des petites plaques cartilagineuses de diverses formes, qui occupent seulement les régions antérieures et latérales de la trachée et des grosses bronches, tandis qu'elles sont réparties sur toute la circonférence des autres canaux pulmonaires. Il faut observer que ces lamelles cartilagioeuses sont d'autant plus petites et plus rares, qu'elles appartiennent à des canaux plus grêles. Elles disparaissent complètement dans les bronches
de 1 millimètre de diamètre ; du reste celles-ci ne sont véritablement composées que d'une muqueuse extrême-* ment délicate, doublée à l'extérieur de quelques rares fibres musculaires et tapissée à l'intérieur d'un épithélium vibratile.
Des glandules ou grappes sont logées dans l'épaisseur des parois de la trachée et des bronches. Très-nombreuses dans le$ premières parties de l'arbre bronchique, 'elles deviennent plus rares dans les canaux de petit calibre; d'après Kôlliker on n'en trouve plus sur les bronches de 2 à 3 millimètres de diamètre. Le corps de la glande, qui n'atteint qu'un derai-millimèlre de diamètre, est situé dans les couches profondes de la muqueuse ou bien dans la tunique fibreuse externe dont il éraille les fibres, L'épithélium du cul-de-sac glandulaire est polyédrique, tandis que celui du canal excréteur qui s'ouvre dans la bronche est cylindrique et non vibratile.
Piémi. Les plèvres sont des membranes séreuses et comme telles ont une structure peu compliquée. Elles se composent d'un feutrage assez dense de fibres connectives et élastiques, et présentent sur leur face libre une simple couche épithéliale pavimenleuse. Un grand nombre de vaisseaux leur arrivent de diverses sources (artères bronchiques et pulmonaires , intercostales et mammaires internes) et ils pénètrent par leur face adhérente. Enfin on a constaté dans leur épaisseur des filets nerveux venant du grand sympathique, du nerf vague et du nerfphrénique.
Artères Lcs artèrcs destinées aux poumons sont de deux sortes :
paimondros. jgg g^tères bronchiqucs et les artères pulmonaires. Ces dernières accompagnent les bronches jusqu'à leurs terminaisons, et pendant leur trajet offrent des divisions très-
multipliées, dontquelques-unes seulement fournissent aux plus petites bronches, tandis que les autres se rendent aux vésicules pulmonaires. Avant de se résoudre en réseau capillaire, les petites branches artérielles se placent dans les interstices lobulaires, s'anastomosent les unes avec les autres et forment ainsi, pour chaque lobule , une couronne vasculairê. De ce cercle artériel partent en tous sens^un grand nombre de ramuscules qui, en s'unissant les uns aux autres, constituent un réseau capillaire à mailles étroites (1/100 de millimètre), qui rampe dans l'épaisseur de la tunique fibreuse des alvéoles pulmonaires. Les capillaires sont flexueux et peuvent, de cette sorte, se prêter au mouvement d'expansion des poumons sans subir des tiraillements; c'est à tortiju'on a considéré cette flexuosité comme un état pathologique. Parmi les branches terminales des artères pulmonaires, quelques-unes abandonnent les lobules et vont se jeter dans la plèvre viscérale. .
Les radicules des veines pulmonaires qui naissent de vemfi. ce réseau , s'étalent d'abord sur les vésicules pulmonaires en restant plus superficielles que les capillaires; puis elles s'engagent dans les interstices lobulaires, s'unissent les unes aux autres pour former des branches plus considérables et achèvent leur trajet, soit isolément, soit en s'ac* colant aux artères pulmonaires.
Les artères bronchiques donnent à tout l'arbre aérien Artèm et aux plèvres. Parmi les rameaux terminaux il en est **""*'**^'*"' qui s'anastomosent avec les artères et les veines pulmonaires: ce sont ceux qui fournissent aux plus petits canaux bronchiques; les autres aboutissent à des veinules correspondantes, qui ramènent le sang dans la veine cave supérieure.
Les lymphatiques sont: les uns superficiels et rampent Lymphitiqaei.
'172 CHAPITRE vu.
sous les plèvres , les autres profonds et accompagnent les bronches et les gros vaisseaux. Dans les interstices lobulaires, de nombreuses anastomoses s'établissent entre ces deux systèmes, qui l'un et l'autre vont se jeter dans les ganglions lymphatiques situés au niveau des racines pulmonaires. On n'a pas encore constaté de ganglions dans les parties vésiculaires des poumons.
Norfs. Le nerf vague et le grand sympathique fournissent les
nerfs pulmonaires. Ceux-ci s'accolent aux bronches et à Tartère pulmonaire et offrent sur leur trajet de petits amas de cellules nerveuses; leur mode de terminaison est encore inconnu.
Déveioppen,cnt. D'après M. Costc , l'apparition des poumons se révèle par un petit bourgeon médian de la paroi antérieure de l'œsophage. Ce bourgeon est creux à l'intérieur et communique avec l'œsophage au moyen d'une fente verticale, qui deviendra plus tard , par l'allongement de, ses parois , le larynx et la trachée. Bientôt le bourgeon primitif se divise en deux bourgeons latéraux pour former les deux poumons. Plus tard chaque masse latérale se divise à l'infini, sous forme de végétations vésiculeuses, et se change de cette façon en parenchyme pulmonaire. Enfin le développement s'achève par les métamorphoses variées que subissent les cellules embryonnaires , et desquelles résultent les divers éléments histologiques qui composent le tissu des organes respiratoires.
Pour Bischoff et la plupart des embryologistes allemands, les poumons apparaîtraient d'abord sous forme de deux bourgeons pleins, qui plus tard deviendraient creux par la fonte des cellules centrales. Quant à l'achèvement du développement, il s'opérerait comme nous l'avons dit plus haut.
Altérations des poumons. L'étude de l'origine et de l'é- Aitérauon». volution des produits pathologiques dans les glandes amène à ce résultat intéressant: c'est que ces produits se développent les uns dans le tissu sécréteur ou parenchyme glandulaire, et les autres dans le tissu conjonctif interlobulaire; de plus on observe que, dans toutes les glandes, les altérations de même nature prennent toujours naissance au milieu d'éléments identiques.
Les produits pathologiques organisés du poumon, qui Pncumome». ont pour point de départ les alvéoles du parenchyme pulmonaire, se rattachent à différentes formes de pneumonie; ceux qui se développent dans le tissu conjonctif de cet organe donnent naissance aux tumeurs tuberculeuses, cancéreuses etc. Il y a trois formes de pneumonie , à savoir : la pneumonie ordinaire ou catarrhale, la pneumonie caséeuse ou tuberculiforme , la pneumonie fibrineuse ou croupale. Dans ces trois formes, le point de départ des altérations est toujours Tépithélium alvéolaire , et les premières modifications que celui-ci subit sont identiques au début; c'est seulement par les autres phases du développement de la maladie que s'établissent les caractères propres à chaque espèce de pneumonie.
Les premières altérations de la pneumonie portent, p„eu...onie avons-nous dit, sur la tunique épithéliale des vésicules. Il y a d'abord prolifération nucléaire des cellules (pi. XXXIV, fig. VII) et, comme conséquence, augmentation du volume de ces éléments, qui, gênés dans leur développement, s'entassent les uns sur les autres et comblent bientôt les alvéoles aériennes; alors le tissu pulmonaire s'indure, devient imperméable à l'air et répond par un son mat à la percussion. D'un autre côté, la compression que subit le réseau des capillaires saisis dans la masse indurée, et
catarrhale.
peut-être aussi la paralysie des petites artères déterminent un ralentissement dans la circulation, et par pela même, une stase dans les vaisseaux sanguins. Prolifération de l'épithélium vésiculaire, congestion passive et induration des parties malades > tels sont les caractères anatomiques de la première phase de la pneumonie, état qu'on a désigné sous le nom de pneumonie au premier degré ou hépatisation rouge.
La secon<]e phase de celte maladie, qiii correspond à rinfiltration graisseuse et à la fonte purulente de Tépithélium hypertrophié, constitue l'hépatisation grise. Pendant cette période , le contenu granuleux et les parois des cellules épithéliales s'infiltrent de graisse, et se réduisent en un liquide, au milieu duquel nagent les noyaux qui ont résisté à cette métamorphose régressive, et qui représentent les globules de pus. Pareilles choses se passent dans Tépithélium des petites bronches , lorsque l'inflammation envahit ces canaux. Il est rare que les vaisseaux capillaires des pDumons ne subissent pas aussi le ramollissenient graisseux; alors il y a rupture de leurs parois et l'on observe de petits épanchements de sang qui se mêle aux détritus épithéliaux. On rencontre q^uelquefois , au milieu des débris de toute sorte, des cellules qui sont fortement pigmentées et qui doivent sans doute cette coloration à l'hématine qu'elles reçoivent des globules sanguins détruits , et qu'elles transforment en granulations pigmentaires.
Quand les altérations ne vont pas au delà des limites que je viens d'indiquer, Tépithélium vésiculaire se renouvelle aux dépens des cellules qui ont résisté à la destruction, et le parenchyme pulmonaire reprend sa structure normale. Mais il arrive aussi que l'inflammation envahit le tissu conjonctif interlobulaireet les petites bronches ; alors
il est rare que la destruction des poumons n'ait pas lieu par la fonte purulente et la nécrose de toute la massç enflammée, destruction qui entraîne de graves désordres fonctionnels et la mort du malade.
Pneumonie caséeuse. Les premières modifications de Pneumonie
caséuse oa (uber-
structure des poumons sont les mêmes que dans la pneu- cuiifomie. monie catarrhale. Il y a d'abord hyperplasie de l'épithélium vésiculaire, hyperplasie qui entraîne l'oblitération des vésicules et l'induration du tissu pulmonaire. Mais ce qu'il y a de parti/îulier pour cette forme de pneumonie, c'est qu'elle n'envahit que des petits groupes de vésicules bien distincts les uns des autres, et simule ainsi la tuberculisation du tissu concjontif. En effet, ces lobules microscopiques atteints d'inflammations épithéliales forment de petites tumeurs arrondies, dures, grisâtres et demi-transparentes, comme le sont les tubercules pendant les premières phases de leur développement. Mais les deux produits pathologiques se distinguent l'un de l'autre par leur siège et les éléments anatomiques qui concourent à leur formation : la pnemonie caséeuse siège dans l'intérieur des vésicules pulmonaires et résulte de l'inflammation de leur revêtement épithélial , tandis que le tubercule prend naissance au milieu du tissu conjonctif des poumons et dérive des cellules plasmatiques.
Après la première période, c'est-à-dire après la période d'induration , les produits de nouvelle formation s'infiltrent de graisse et donnent à la pneumonie un nouveau trait de ressemblance avec le tubercule. Enfin à l'infiltration graisseuse succède le plus souvent une destruction rapide de toute la masse pulmonaire enflammée. La marche de cette pneumonie a , comme on le voit, la plus grande analogie avec celle de la tubercuirsation pulmonaire, mais
au point de vue de ranatomie pathologique il n'est pas permis de confondre ces deux nialadies, car encore une fois , elles diffèrent l'une de l'autre par le siège et par l'élément générateur.
Pneamonie Pneumouie fibritieuse. La pneumonie fîbrineuse ou croÔl^er croupale se distingue des deux formes précédentes par la présence de petits cylindres arborisés qui se forment dans lès dernières ramifications bronchiques et qui les oblitèrent en en conservant le moule. Ces cylindres ont l'aspect et la consistance de la fibrine coagulée, de là le nom de pneumonie fibrineuse.Cependdinl, en examinant la structure de ces produits, on est bientôt convaincu qu'ils résultent d'une hyperplasie de Tépithélium bronchique, et partant, qu'ils ne sont pas un simple exsudât des alvéoles et des canaux aériens. Leurs caractères histologiques et le mécanisme de leur évolution leur assignent une commune origine avec les membranes du croup.
.Du reste, lors même qu'on ne trouverait pas des cellules dans toute la masse des cylindres , on ne serait pas pour cela autorisé à conclure à une origine exsudative; car, dans ce cas, la substance amorphe qu'on a sous les yeux provient de la fusion des cellules. Ce fait n'est pas isolé: on l'observe dans différents autres produits pathologiques et notamment dans le cancer colloïde du péritoine, où la matière colloïde et amorphe est véritablement formée par la fusion des cellules, dont le contenu granuleux, ainsi que le noyau, se métamorphosent en matière gélatiniforme, et dont les parois disparaissent par résorption. Il est toujours possible de suivre ces transformations dans les produits qui nous occupent, et il n'y a qu'un examen trop superficiel qui puisse faire admettre la théorie de l'exsudat pour expliquer leur mode de développement;
Tubercule. Le tubercule pulmonaire siège dans le tissu Tubercule. conjonctif de cet organe et se développe aux dépens des cellules plasmatiques. Je n'ai donc rien à ajouter à ce que j'ai dit du tubercule du tissu conjonctif en général , si ce n'est cependant qu'on trouve habituellement dans les crachats, pendant la période de ramollissement, des fibres élastiques qui indiquent la destruction des vésicules aériennes *.
Je passe également sous silence les autres produits pathologiques organisés des poumons, car ils se rapportent aux altérations déjà décrites à l'occasion de l'histologie du tissu conjonctif.
Enfin il est deux autres altérations du tissu pulmonaire qui n'offrent pas grand intérêt au point de vue de l'histologie : je veux parler de l'emphysème et de l'état que Ton a désigné sous le nom de caniification.
La première de ces altérations résulte, ou bien de l'atrophie des cloisons interalvéolaires, ou bien de leur rupture par cause mécanique. Quant à la carnification , elle provient de l'atrophie et de la résorption du revêtement épithélial, puis de l'affaissement des parois alvéolaires, d'où résulte une condensation du tissu fibreux, qui prend alors une consistance considérable et qui devient imperméable à l'air extérieur. Cette sorte de sclérose du parenchyme pulmonaire s'observe à la suite d'une compression mécanique qu'il subit, ou bien dans les cas où il est resté toujours étranger à la fonction respiratoire.
Préparations. Il faut , pour bien étudier la structure des Propriéiéi. poumons sains ou malades, exécuter un grand nombre de préparations. On fait dessécher des portions de pou-
' Consulter le mémoire de M. J. Villemin, inUtuIé: Du tubercule au point de me de son siège etc. , in-S» , avec planches ; Paris 1 862.
HOREL. IJisiol. 12
mons insufflés, et on pratique ensuite des coupes dans tous les sens pour examiner à un faible grossissement la forme et l'agencement des alvéoles. Quand on veut s'assurer de l'existence et de la position de l'épithélium pulmonaire, il est nécessaire d'exécuter les préparations sur des poumons aussi frais que possible; c'est donc aux animaux qu'il faut s'adresser et, sous ce rapport, il faut choisir ceux dont les organes respiratoires offrent des vésicules très-larges et faciles à explorer, comme par exemple les grenouilles. On ne saurait employer trop de précautions pour pratiquer des coupes nettes et très-minces, afin qu'on ne puisse pas confondre les petites bronches avec les alvéoles. On a aussi conseillé d'injecter les bronches avec la gélatine pure ou colorée; ce mode de préparation peut être utile pour l'examen de la distribution de l'arbre bronchique.
Pour l'étude de la structure des bronches on doit pratiquer des coupes sur des canaux frais, desséchés et plongés dans l'acide chromique. Avec les canaux frais on fera des études sur la structure des différents éléments constitutifs, et particulièrement des cellules épithéliales, des glandes et des fibres muscolaires lisses. Les coupes faites sur \eS canaux aériens desséchés, ou préalablement traités par l'acide chromique , sont nécessaires pour l'examen de leur structure soit dans ses détails soit dans son ensemble. L'acide chromique a l'avantage de conserver quelquefois très-bien les cellules épithéliales.
Quant aux produits pathologiques des poumons, il faut également les examiner à l'état frais, les soumettre à la dessiccation et les traiter par l'acide chromique; ce dernier réactif est surtout très-utile pour l'étude de la pneumonie et des tumeurs de toute nature. Le tubercule peut parfai-
tement être suivi dans les différentes phases de son développement au moyen de préparations fraîches et de coupes très-minces faites sur des tissus desséchés, que Ton traite ensuite par l'acide acétique très-étendu. Ces coupes sont indispensables pour se former une idée exacte de la structure d'ensemble.
Glandes sébacées. Les glandes sébacées , qui presque Gurdcssébacécs. toutes sont annexées aux follicules pileux, possèdent un ca- s'^"'''""nal excréteur, qui la plupart du temps reste indivis et se termine par un renflement considérable (pi. XIX, fig. IV). Ce. renflement ou corps de la glande offre habituellement sur sa face interne , et de distance en distance, des dépressions qui correspondent aux vésicules des glandes que nous venons de décrire. Quelquefois un certain nombre d'entre elles s'isolent incomplètement de la cavité commune par un léger collet et constituent ainsi des lobules (pi. XX , fig. I, 2). La membrane propre est amorphe et très-mince, mais à l'extérieur se trouve une couche de tissu fibrillaire qui la renforce (pi. XIX, fig. IV, 5). La face interne supporte une ou deux couches de jeunes cellules, dont le contenu fine* ment granuleux et transparent permet de voir facilement les noyaux qui sont plus foncés (fig. IV , 2). En dedans de cette couche épithéliale on rencontre d'autres cellules qui diffèrent des précédentes et par leur volume et par leur contenu. On remarque en effet qu'elles augmentent de volume au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du centre de l'excavation commune ; pendant cet accroissement , le noyau disparaît et le contenu se métamorphose en gouttelettes de graisse (fig. IV, 1). Enfin, près du canal excréteur^ les cellules arrivées à leur développement le plus complet et ne pouvant résister à la pression excentrique de leur contenu qui augmente toujours, éclatent et laissent échap-
180 CIIAPJTRE VIL
per une quantité considérable de goutleletles de graisse qui représentent le produit de sécrétion des glandes sébacées (pi. XIX, fig. IV, 4).
Le canal excréteur s'ouvre d'ordinaire dans le follicule pileux correspondant; cependant il aboutit quelquefois directement à la surface de la peau, et dans ce cas, la partie du canal qui traverse la couche épidermique ne possède pas de parois propres (pi. XIX, fig. IV, 6).
vameaux R n'y a ricn de particulier à dire sur l'appareil vasculaire des glandes sébacées; quant aux nerfs, on ignore si elles en possèdent en propre.
DéTeioppemeni. Lcs glaudcs sébacécs se développent par bourgeonnement de la couche épidermique externe du poil, ou bien de la couche muqueuse de l'épiderme. A la surface du bourgeon primitif en apparaissent d'autres qui , en se multipliant, constituent les vésicules ou culs-de-sac de la glande, tandis que le collet de ce même bourgeon primitif s'allonge pour former le canal excréteur. Selon Valentin, c'est pendant la dernière quinzaine du quatrième mois de la vie embryonnaire que l'on aperçoit les premiers rudiments des glandes sébacées.
Aitéiauouk. L'oblitération du canal excréteur de ces organes et l'accumulation du produit de sécrétion dans leur intérieur donnent naissance à des tumeurs graisseuses que l'on a désignées sous le nom de loupes.
piéparaiioni. La région cutanée la plus avantageuse pour l'élude des glandes sébacées est le scrotum. Cette membrane est mince, transparente et dépourvue de graisse; on peut très-bien distinguer ces petits organes, qui apparaissent sous forme de granulations blanchâtres accolées aux follicules pileux. La dissection de ces glandules n'offre aucune difficulté, soit qu'on les isole tout à fait des parties voisines.
soit qu'on les enlève avec la gaine du poil correspondant. Pour arriver au même but, on peut encore faire sécher le scrotum ou les petites lèvres de la vulve, et pratiquer ensuite des coupes que l'on traite par l'eau légèrement acidulée.
Glandes de Meibomius. Elles sont logées dans les couches profondes des cartilages fârses des deux paupières. Elles se présentent sous forme de petites traînées blanchâtres parallèles les unes aux autres, et perpendiculaires à la direction du bord libre des paupières, dont la lèvre postérieure offre les orifices excréteurs. Ces organes ne sont en réalité qu'une agglomération de glandes sébacées qui aboutissent toutes à un canal excréteur commun (pi. XX, fig. II). Comme dans les glandes sébacées ordinaires , les éléments épithéliaux qui reposent sur les parois externes sont formés par de jeunes cellules polyédriques possédant un contenu granuleux fin et transparent et un noyau trèsdistinct (pi. XX, fig. III, 1), tandis que les cellules plus profondes ou centrales sont tout à fait infiltrées de graisse et dépourvues de noyaux (fig. III, 2).
Le produit sécrété est sans doute destiné à enduire de graisse les bords libres des paupières et à former ainsi une barrière aux larmes qui sans cela tomberaient continuellement sur le visage.
Les glandes de Meibomius offrent quelquefois une véritable inflammation suppurative, cas dans lequel on voit la glande se distendre par les produits cellulaires' de nouvelle formation et offrir assez souvent au niveau de son orifice une petite tumeur semblable à l'orgeolet, mais qu'il ne faut pas confondre avec lui.
Les préparations que nécessite l'étude de ces glandes sont faciles à exécuter et consistent à faire des coupes avec
Glandes
de Meibomios.
Stractare.
Àltérationi.
PrépartlioM.
le rasoir sur des paupières fraîches ou desséchées. On arrive à des résultats plus complets et plus satisfaisants, en opérant sur des pièces sèches. Cependant on peut aussi obtenir des préparations de glandes entières, en détachant d'abord la conjonctive des cartilages tarses, et en taillant des lamelles dans les couches profondes de ces membranes; mais il faut avoir soin de faire marcher le rasoir parallèlement aux surfaces des paupières.
Mamelle. Glatide mammaire. Cet organe qui, par la forme extérieure, ressemble tout à fait aux glandes salivaires, est identique aux glandes sébacées au point de vue de son revêtement, au moins pendant la lactation. Ce qui le rapproche encore des glandes sébacées, c'est sa situation dans les couches profondes de la peau et son mode de développement. La glande mammaire se compose de quinze à vingt lobes ou plutôt de quinze à vingt glandes tout à fait indépendantes les unes des autres et possédant chacune un canal excréteur particulier qui vient s'ouvrir à la surface du mamelon. La structure des culs-de-sac sécréteurs ressemble à celle des glandes sébacées; cependant il est bon d'observer que leur paroi externe est un peu plus épaisse et qu'elle contient quelques fibrilles conjonctives. Le tissu connectif interlobulaire est plus ou moins chargé de graisse et contient, surtout dans certaines régions, une assez grande quantité de faisceaux de fibres musculaires lisses dirigés dans tous les sens .
Les canaux galactophores, en arrivant à la base du mamelon, se dilatent, puis se rétrécissent brusquement au niveau de leur orifice cutané. La tunique externe de ce s conduits, très-épaisse, est constituée par du tissu conjonctif; elle renferme surtout une grande quantité de fibres élasiques qui, pour la plupart, sont dirigées transversalement;
Canaux galactophores.
mais elle ne contient aucun élément contractile. C'est dans le tissu conjonctif ambiant, et principalement au niveau du mamelon, que Ton rencontre les fibres musculaires lisses. Dans cette région elles sont réunies en faisceaux volumineux dirigés en tous sens et embrassant dans les mailles qu'ils circonscrivent les canaux galactophores; de sorte que, lorsqu'ils se contractent, ils compriment les canaux excréteurs, ainsi que le contenu laiteux qu'ils chassent au dehors avec une certaine énergie. C'est à la contraction de ces faisceaux musculaires qu'est due la rigidité du mamelon, phénomène identique au phénomène de la chair de poule, et qu'il ne faut pas confondre avec l'érection des corps caverneux, qui résulte non pas de la contraction , mais bien de la paralysie des muscles contenus dans les trabécules des organes érecliles. Du reste, il est facile de constater que le mamelon n'augmente de dimension que dans un sens; il s'allonge, mais en même temps il devient plus mince; les dimensions des corps caverneux pendant l'érection augmentent, au contraire , dans toutes les directions.
Le revêtement épithélial des canaux galactophores est représenté par une couche de cellules polyédriques, qui prennent peu à peu la forme cylindrique en remontant des radicules au tronc.
La coloration foncée de l'aréole est due à la présence Aréoie. de granulations pigmentaires dans les cellules profondes de la couche muqueuse de Malpighi.
Pendant la lactation il arrive assez souvent que les glandes sébacées de la peau de l'aréole sécrètent un liquide tout à fait identique au lait; ce qui prouve une fois de plus que ces organes et les mamelles sont de même nature.
Les éléments histologiques du lait se réduisent à de ^^-
simples petites perles graisseuses Irès-brilIantes, dont les contours sont nets, minces et foncés, et qui nagent dans un liquide incolore et transparent (pl.XX, fig. IV). Pendant les premiers jours de la lactation on remarque une certaine quantité de ces gouttelettes graisseuses qui, au lieu d'être libres, sont encore enveloppées par la membrane de la cellule, dans l'intérieur de laquelle elles se sont développées et forment des corpuscules sphériques mamelonnés à leur surface et que l'on appelle corpuscules du colostrum (fîg. IV, 2).
iiiérations. Normalcmcnt les globules de colostrum ne doivent se trouver dans le lait que pendant les quelques jours qui suivent l'accouchement; plus tard ils disparaissent complètement. Le lait de bonne qualité n'en contient pas et les globules de graisse sont très-nombreux, très-fins et de volume à peu près égal. Quand on rencontre des globules de colostrum dans le lait d'une nourrice, cela indique une évolution incomplète dans la métamorphose graisseuse des cellules épithéliales des vésicules glandulaires. Le liquide nourricier acquiert alors des propriétés purgatives et doit être considéré comme de mauvaise qualité. La glande mammaire peut également fournir du pus quand elle est irritée ; dans ce cas on trouve les globules caractéristiques dans le lait, qui devient plus nuisible au nourrisson que lorsqu'il contient simplement des globules de colostrum. Les autres altérations de la mamelle ont pour siège le tissu conjonctif de cet organe, et rentrent dans la catégorie des altérations du tissu conjonctif en général. Des coupes pratiquées sur la glande fraîche et durcie
Préparation!, par la cuissou , l'acide chromique ou la dessiccation , suffisent pour l'élude de la structure normale et des produits pathologiques de cet organe.
Si nous comparons entre elles les glandes que nous ve- Divuion nous d'étudier , seulement au point de vue de leur revête- " *'" "' ment épithélial , nous voyons que ces organes se divisent naturellement en deux groupes : 4** glandes à épithélium simple; 2"" glandes à épithélium stratifié. Dans les glandes à épithélium simple, le plasma du sang passe à travers la couche épithéliale , s'y modifie et sort par le canal excréteur sans entraîner avec lui d'éléments solides; c'est une sécrétion par simple filtration. Dans les glandes à épithélium stratifié, le plasma sanguin, en traversant les cellules, provoque chez elles une activité vitale plus grande; elles se multiplient et augmentent de volume rapidement, tandis que leur contenu se modifie dans tel ou tel sens ; puis contenant et contenu se désagrègent, se liquéfient et deviennent de cette façon le produit sécrété; c'est ce qu'on peut appeler sécrétion par végétation épithéliale.
Au premier mode de sécrétion se rattachent les glandes salivaires, le pancréas et la nombreuse famille des glandes muqueuses; au second mode appartiennent les glandes sébacées et la glande mammaire. Nous verrons plus tard que ces considérations s'appliquent également aux glandes en tube.
ART. 2. Glandes en tube. Les glandes en tube les plus ciande. simples sont les glandes de Lieberkûhn qui, ainsi qu'on le sait , sont dispersées dans toute l'étendue de la muqueuse de l'intestin abdominal. Elles se présentent sous forme de tubes droits , dont une extrémité est ouverte à la surface de la muqueuse , tandis que l'autre extrémité , en forme de cul-de-sac et légèrement renflée, correspond aux couches profondes de cette même membrane (pi. XXXII, fig. I). Leur largeur est en moyenne de 4/13 à 1/10 de millimètre. Un liséré très-mince et amorphe
de UeberkQbn.
486 CHAPITRE Vil/
les limite à l'extérieur et constitue leur membrane fondamentale. Sur sa face externe rampent les vaisseaux sanguins destinés aux glandes, et sur sa face interne repose une simple couche de cellules cylindriques qui sont disposées d'une façon très-régulière autour de la cavité glandulaire qu'elles circonscrivent (pi. XXXI, fig. XIII, i). Celle-ci mesure 1/60 à 1/50 de millimètre de largeur. Déreiopp^ment. Lc dévcloppemcut dc ces glandes se fait aux dépens du feuillet épithélial de l'intestin qui se déprime en doigt de gant. Il en sera plus amplement question à propos de la muqueuse intestinale.
Glande. Les glaudes à pepsine, qui se trouvent près du cardia et au niveau de la grosse tubérosité de l'estomac, et les glandes muqueuses situées près du pylore, ne sont autres que des glandes de Lieberkûhn composées. Elles sont formées de plusieurs petits tubes, en tout semblables à ceux qui viennent d'être décrits, et qui s'unissent à un canal excréteur commun. Dans les glandes muqueuses, le revêtement épithélial des tubes sécréteurs et du canal excréteur est le même , et se compose de cellules coniques semblables à celles des glandes de Lieberkûhn; elles mesurent 1/133 à 1/100 de millimètre, et leur noyau 1/200 'de millimètre (pi. XXXI , fig. III). L'épithélium du canal excréteur des glandes à pepsine ne diffère en rien du précédent, mais les cellules des canaux sécréteurs sont volumineuses , elles mesurent 1/50 de millimètre et elles ont une forme polyédrique (pi. XXXI , fig. IV). Quelquefois elles soulèvent la membrane fondamentale, de sorte que ces canaux présentent des bosselures à leur surface. D'après Kôlliker , l'épithélium de ces glandes composées s'infiltre de graisse, phénomène que ne présentent pas les ^ glandes de Lieberkûhn. Mais ce fait n'est pas constant, et
il est probable que la présence ou Tabsence des particules graisseuses, dans Tépithélium des glandes en question, correspond à une période d'activité ou de repos de la muqueuse stomacale.
Les glandes de la muqueuse utérine ont absolument la <^'"'^««
■* de l'utérus.
même physionomie que les glandes en tube de Festomac. Comme ces dernières, elles se composent d'un seul tube ou bien de deux tubes réunis à un canal excréteur commun , et leur épithélium est formé d'une simple couche de cellules coniques. Comme la plupart d'entre elles ont une longueur dont les dimepsions l'emportent sur l'épaisseur de la muqueuse, eftes se plient sur ellesmêmes et leur extrémité cœcale devient flexueuse. Les glandes du col utérin sont moins longues que celles du corps. Quand leur orifice s'oblitère, le produit de sécrétion accumulé dans leur intérieur les distend et forme des masses sphériques parfaitement transparentes que l'on connaît sous le nom d'œufs de Naboth.
Glandes sudoripares. Ces glandes en tube occupent les ciande» régions profondes du derme (pi. XXVIIl, fig. I, 8). Le 's^XT corps de la glande où glomérule , se présente sous forme d'une petite masse sphéroïdale, mesurant en moyenne un demi-millimètre. Il se compose d'un tube enroulé sur lui-même, et se termine par une extrémité borgne qui rarement se bifurque (pi. XXI, fig. I). Une lamelle trèsmince et anhiste en constitue la membrane fondamentale qui, du reste, est renforcée par une gangue de tissu conjonctif très-riche en cellules plasmatiques (fig. 1,4), et que Ton peut considérer comme formant la paroi fibreuse de la glande. Sur la face interne du tube anhiste repose une simple couche d'épilhéliumpavimenteux de 1/200 de millimètre d'épaisseur (fig. I, 2). Enfin un réseau vasculaire
188 CHAPITRE Vil.
assez serré embrasse le glomérule, et lui apporte les matériaux nécessaires à la sécrétion. On ignore encore les rapports de la glande avec le système nerveux.
Le canal excréteur sortant du glomérule, marche sans décrire de courbes jusqu'au fond d'un sillon interpapillaire de la surface du derme, puis il traverse l'épiderme en traçant une spirale assez régulière et vient s'ouvrir obliquement à la surface de la peau (pi. XXVIII , fig. 1 , 9). Dans l'épiderme, le canal excréteur n'a pas de parois propres, ce sont les cellules épidermiques qui le limitent; mais dans le derme ces parois existent réellement et elles se composent de deux couches: l'une externe, épaisse, mesurant 1/100 de millimètre, et fibrillaire, renferme quelquefois des fibres musculaires lisses que l'on retrouve dans la gangue du glomérule (Kôlliker); l'autre interne, mince, mesurant 1/600 de millimètre, anhiste et qui est revêtue d'un épithélium semblable à celui de la glande (pi. XXI , fig. II et III).
Gkinde. Les glandes cérumineiises y qui appartiennent à l'oreille externe, ressemblent tout à fait par la forme extérieure aux glandes sudoripares; elles n'en diffèrent que par l'agencement et la nature des cellules épithéliales. Ainsi, au lieu de s'étaler en une simple couche à Tintérieur du tube sécréteur, les cellules forment un épithélium stratifié qui remplit complètement ce canal (pi. XX, fig. VIII, 2). De plus, elles se chargent d'un pigment jaunâtre et s'infiltrent de graisse en abondance, caractères qui rapprochent ces organes , au point de vue delà sécrétion , des glandes sébacées. Dans la peau de l'aisselle il y a des glomérules glandulaires qui paraissent de même espèce que les glandes cérumineuses , car leur forme extérieure et la nature de leur coutenu sont identiques.
eérumineoseg.
Le développement des glandes sudoripares s'accomplit wreioppetoent du cinquième au huitième mois de la période embryonnaire. Elles apparaissent d'abord sous forme de bourgeons cellulaires, qui partent des couches profondes de l'épiderme et qui plongent dans le derme. Primitivement, ce sont de petits cylindres pleins et légèrement renflés à leur extrémité dermique. En grandissant ils atteignent les couches profondes du derme qu'ils ne dépassent pas; mais comme leur accroissement en longueur marche toujours , ils se courbent et s'enroulent sur eux-mêmes , de manière à constituer les glomérules tels qu'on les observe chez l'adulte. Pendant que ces changements s'opèrent dans les dimensions et dans la forme extérieure des glandes sudoripares, on remarque que le cylindre se canalise, et ce phénomène s'opère par la désagrégation et la fonte des cellules centrales. Enfin, à la suite de transformations morphologiques diverses des cellules superficielles, les canaux des parois glandulaires se trouvent constituées.
Les préparations nécessaires pour l'étude des glandes p>éi»ratioiu. qui viennent d'être décrites sont des plus faciles. Il suffit, au moyen de ciseaux, d'enlever des lamelles très-minces de la muqueuse intestinale en pratiquant des coupes parallèlement et perpendiculairement à la surface de celte membrane. On opérera de la même façon avec le rasoir sur la peau et sur la muqueuse utérine. Mais il est bon de faire durcir la peau par une légère cuisson dans l'eau bouillante ou bien par la dessiccation ; on fait également durcir la muqueuse utérine en la traitant par l'acide chromique. Quand on veut avoir un glomérule de glande sudoripare ou cérumineuse bien intact, il faut les extraire directement des couches profondes du derme, où ils apparaissent sous forme de très-petites granulations blanchâtres ou
jaunâtres; on les enlève facilement avec les petits ciseaux courbes.
s^c^rc R^i^s. Lorsqu'on fait une coupe du rein selon son grand diamètre et passant par le hile , les différentes parties constitutives de cette glande deviennent très-apparentes. En procédant de la superficie à la profondeur, on remarque d'abord Tenveloppe propre ou tunique albuginée du rein ; c'est une membrane composée d'un feutrage de fibres connectives et élastiques et dont les limites ne sont pas nettement tracées. Sa face externe se continue par des lamelles fibreuses assez fortes avec le pannicule adipeux qui embrasse la glande; sa face interne est unie au parenchyme par des vaisseaux et des trabécules délicates , ce qui fait que par une très-légère traction on détache facilement cette membrane; arrivée au niveau du hile elle se soude aux calices.
Au-dessous de la tunique fibreuse du rein on rencontre le parenchyme, qui offre sur la coupe deux aspects différents : près du bord concave et au centre de la glande il est strié, et partout ailleurs il est granuleux. La partie striée (cônes médullaires , substance médullaire , pyramides de Malpighi) se présente sous forme de sections de cônes dont la base est dirigée vers la périphérie de l'or* gane, tandis que le sommet libre, connu sous le nom de papilley correspond au hile. La partie granuleuse ou subs* tance corticale constitue non-seulement l'écorce de For* gane, mais s'engage encore entre les cônes jusqu'au ni* veau des papilles , sous forme de dentelures, auxquelles on a donné le nom de colonnes de Berlin. La base des papilles est entourée par un manchon fibreux qui représente le commencement du canal excréteur et qui a reçu le nom de calice. Tous les calices réunis forment une ampoule
GLANDES. d91
assez large appelée bassinet; enfin au bassinet succède un canal plus étroit ou uretère, qui se continue par la vessie et le canal de l'urèthre.
Les détails de structure que nous venons de donner sont parfaitement saisissables à l'œil nu; voyons maintenant ce que nous révèle le microscope. La surface des papilles est criblée d'ouvertures mesurant en moyenne 1/5 de millimètre de diamètre. Chacune d'elles conduit dans un canal qui marche en droite ligne jusqu'à la base des cônes médullaires et qui, dans ce trajet, offre un grand nombre de divisions dichotomiques à angles tellement aigus, que les branches secondaires sont pour ainsi dire parallèles au tronc dont elles proviennent. Arrivées à la base des cônes médullaires, toutes les branches de division du canal primitif, de rectilignes qu'elles étaient jusque-là, deviennent très-flexueuses pour former la substance corticale, se dirigent dans tous les sens et se terminent enfin par une extrémité renflée et borgne dans laquelle vient se loger uu peloton vasculaire appelé glomémle de Malpighi (pi. XXII, fig. 1, 1, 2; 3). Il est à noter que la base des cônes médullaires est limitée par une ligne dentelée , de sorte qu'au niveau de chaque saillie on trouve des canaux droits englobés dans des canaux flexueux; cette disposition rappelle ce que nous avons déjà vu à l'œil nu relativement aux cônes médullaires et à la substance corticale qui les enveloppe (pi. XXII , fig. 1,1).
D'après cette description on remarque que chaque canal droit primitif donne naissance à un faisceau de tubes formant un lobule rénal ou pyramide de Ferrein , tubes qui ont une direction rectiligne dans les cônes médullaires (tubes de Bellini) et qui deviennent flexueux dans la substance corticale (tubes de Ferrein). J'ai cherché en
Artères.
vain les tubes ansiformes décrits dans ces derniers temps par Henle, tubes dont les deux extrémités renflées en ampoule contiendraient les glomérules de Malpighi et qui ne présenteraient pas d'oriûce en communication avec le canal excréteur.
Les canaux droits primitifs mesurent en moyenne 1/6 de millimètre, les tubes de Bellini 1/25 de millimètre , les tubes de Ferrein 1/15, et leur extrémité renflée 1/10 de millimètre.
Une membrane tout à fait hyaline et dont l'épaisseur équivaut à peine à 1/1200 de millimètre, représente la tunique externe ou membrane fondamentale des canaux sécréteurs ; on ne la voit réellement bien que sur les parties dépourvues d'épithélium (pi. XXI, fig. IV, 4). La tunique interne ou épithéliale , dix fois plus épaisse au moins que la précédente, est formée d'une simple couche de cellules polyédriques à contours ordinairement pâles et dont le noyau, assez volumineux et foncé, apparaît trèsnettement au milieu du contenu finement granuleux et transparent (fig. IV, 1 , 2 , 3). C'est surtout au moyen des coupes transversales que la disposition des cellules épithéliales et la lumière des canalicules sécréteurs deviennent très-apparentes (fig. IV, 6, 7, 8). Ces deux membranes constituent à elles seules les tubes rénaux depuis leur origine jusqu'à leur ampoule terminale, où apparaît un élément de plus que nous allons étudier.
L'artère rénale se divise en une douzaine de branches qui se placent entre les cônes médullaires, pénètrent dans la substance corticale et arrivent ainsi jusqu'à la surface du rein. Dans leur trajet, qui est à peu près rectiligne, ces branches fournissent un grand nombre de rameaux aux lobes entre lesquels elles passent et quelques ramuscules
à l'enveloppe fibreuse de la glande, au pannicule graisseux qui l'entoure et à la capsule surrénale. Les fines ramifications de* l'artère rénale gagnent, après leur naissance, les espaces interlobulaires et marchent en droite ligne vers la périphérie de l'organe. Pendant leur parcours au milieu de la substance médullaire elles n'off'rent rien de particulier relativement à leur distribution , mais aussitôt arrivées dans la substance corticale, elles fournissent de distance en distance des petites branches (vaisseaux afférents), qui rayonnent en tous sens et qui, après un très-court trajet, traversent les parois des canaux sécréteurs et pénètrent ainsi dans leur ampoule terminale (pi. XXII, fig. II, 4, 5 , 6,7; pi. XXIII , fig. 1 , 1 , 2). Là , chaque vaisseau afférent se divise en quelques vaisseaux capillaires qui deviennent très-flexueux, se pelotonnent et forment un petit corps sphéroïdal connu sous le nom de glomérule de cioméruie Malpighi. Ce corpuscule remplit complètement l'am- "^^ *'***'*^*"' poule des tubes de Ferrein, et on remarque que toute sa surface est revêtue de l'épithélium rénal. Sur des reins de Cabiai j'ai pu constater à plusieurs reprises les rapports qui viennent d'être indiqués entre le glomérule et le revêtement épithélial des tubes corticaux ; mes recherches sur les reins d'homme m'ont conduit au même résultat (pi XXI, fig. V).
Du glomérule part une capillaire ou vaisseau afférent, Vais^eaut qui traverse les parois de l'ampoule par le même pertuis que le vaisseau afférent, ou bien par un pertuis propre placé tout près du précédent; puis il se divise en un grand nombre de ramifications qui s'anastomosent entre elles et avec celles des vaisseaux voisins. De ces anastomoses résulte un réseau capillaire qui embrasse les tubes urinifères; dans la substance corticale il est très-serré (pi. XXIII,
MOREL. lUsiol. 13
efférenU.
fig. I, 3), mais dans la substance médullaire, ses mailles s'allongent et le nombre des vaisseaux décroît (fig. I, 4). Ceux-ci se continuent par de petites veines à direction rectiligne, qui se jettent enfin dans la grande veine rénale.
L'origine des lymphatiques du rein est mal déterminée, et il en est de même pour la terminaison des nerfs qui pénètrent dans l'organe avec les vaisseaux sanguins.
La structure du rein peut donc se résumer de la façon suivante : à un orifice papillaire succède un canal qui , abstraction faite de ses divisions, est rectiligne dans les cônes médullaires, devient flexueux dans la substance corticale et s'y termine par une ampoule dans laquelle est logé le glomérule de Malpighi. Celui-ci naît des petits artères interlobulaires par le vaisseau afférent, et il fournit le vaisseau efférent duquel émane le réseau capillaire, qui enveloppe les tubes urinifères et se jette enfin dans la veine rénale. Les canaux sécréteurs sont composés de deux tuniques : l'une externe, est très-mince et amorphe; l'autre interne, est représentée par une simple couche épithéliale qui , arrivée à l'ampoule terminale , enveloppe de toute part la glomérule de Malpighi. Rien de précis à l'égard des nerfs et des lymphatiques (pL XXII, fig. II). tjretère. liC caual cxcrétcur ou uretère s'élargit en haut pour former le bassin et les calices, et aboutit inférieurement à la vessie. En procédant de l'extérieur à l'intérieur, on trouve, dans la structure des parois de ce canal, trois tuniques distinctes» La tunique externe fribreuse est formée par un tissu conjonctif assez lâche, et abondamment pourvu de cellules pliasmatiques. La tunique moyenne, qui à elle seule est plus épaisse que les deux autres, est essentiellettient constituée par des faisceaux de fibres .musculaires
GLANDES. d95
lisses. On rencontre un certain nombre de couches qui sont assez régulièrement superposées et dont la direction des fibres est alternativement longitudinale et transversale. La quantité considérable de fibres musculaires contenues dans les parois de l'uretère, rend compte de la contraction énergique de ce canal , quand on le soumet à l'excitation
vanique. Enfin il y a une troisième tunique, tunique Sterne ou muqueuse, formée d'un tissu conjonctif délicat et riche en cellules plasmatiques ; la face interne de cette membrane est tapissée par un épithélium stratifié, qui passer des cahces sur les papilles en s'amincissant. Les cellules profondes sont assez régulièrement polyédriques, mais celles des autres couches ont les formes et les dimensionsl^es plus variées et ressemblent tout à fait aux cellules dites cancéreuses. L'épithélium de la vessie, qui fait suite à celui de l'uretère, offre la même physionomie (pi. XXXIV, fig. III); celui de l'urèthre se compose au contraire d'éléments parfaitement réguliers dans leur forme et dans leur agencement, tels que les épithéliums stratifiés(pl. XXII, fig. III).
L'urine pure, telle qu'elle sort d'un rein sain, n'offre uriné. rien à noter au point de vue histologique. C'est un liquide dans lequel on ne rencontre aucun élément organisé, si ce n'est cependant quelques rares cellules qui se détachent des parois des uretères , de la vessie et de l'urèthre , et qui sont entraînées au dehors pendant la miction.
Les reins se développent derrière les corps de Wolff et oévcidiipeii] tout à fait indépendamment d'eux. Us naissent du feuillet muqueux de l'intestin; mais les données que l'on possède sur les transformations que subissent ces organes pendant leur développement, ne sont pas assez nettement déflniesj pour que nous en fassions mention dans cet ouvrage;
Aiténuons. AUévations des reins. Parmi les altérations assez nomnombreuses des reins il en est quelques-unes qui se rattachent à des maladies spéciales à ces organes et dont nous allons nous occuper. Il faut pour le rein, comme pour tous les autres organes, et plus particulièrement pour les glandes, distinguer avec soin les altérations qui ont pourpoint de départ le parenchyme gjandulaire, d'avec celles qui se développent dans le tissu conjonctif, lequel forme, pour ainsi dire, la base commune, la charpente, le squelette de tous les organes.
Du côté du parenchyme rénal, ou autremerit dit, des canaux sécréteurs, Tinflammation suppurative est rare; c'est d'habitude dans le tissu conjonctif qu'elle prend naissance et elle n'envahit que plus tard les ttibes urinifères. Ici, du reste, la formation du pus a lieu d'après le mécanisme indiqué à propos de l'inflammation suppurative du tissu conjonctif et des épithéliums.
Il est un état particulier de la sécrétion urinaire, caractérisé par la présence de l'albumine dans les urines, et qui se rattache à des altérations de tissu bien différentes les unes des autres, surtout au point de vue du siège qu'elles occupent primitivement. En effet, ces altérations portent tantôt sur le parenchyme, tantôt sur le système vasculaire de l'organe, ou bien encore sur sa trame conjonctive.
Néphrite La première forme se révèle d'abord par des changeparenchymateusc. ^gj^jg g^j s'opèrcut daus Ic rcvêlement épîthélial; les cellules s'hypertrophient, mais sans présenter de segmentation nucléaire de leur contenu. Comme elles sont gênées dans leur développement par la résistance que leur opposent la tunique externe des canaux et le tissu conjonctif ambiant, elles s'entassent les unes sur les autres, se jet-
tent du côté de la lumière des tubes et les oblitèrent plus ou moins complètement (pi. XXIII, fîg. II, 2). Pendant que ces phénomènes se passent dans le parenchyme rénal et que les cellules, en s'hypertrophiant, s'infiltrent de graisse , on observe du côté du système vasculaire sanguin une hyperhémie assez considérable ; le tissu conjonctif luimême paraît s'hypertrophier, de sorte que l'état du rein se traduit à l'œil nu par une congestion et une hypertrophie très-bien caractérisées.
Lorsqu'on examine les urines dans le courant de cette période et de la période suivante, on y rencontre presque toujours des débris d'épithélium résultant de la desquamation des tubes urinifères, etse présentant le plus souvent sous forme de tronçons de cylindre plus ou moins réguliers. Ces cylindres fibrineux, comme on les a appelés, se composent d'une substance finement granuleuse, transparente, assez souvent infiltrée de graisse et englobant presque toujours des noyaux, des cellules plus ou moins altérées (pi. XXIII, fig. III, 1, 2), et même quelquefois des globules rouges du sang (fig. III, 3). Il est probable que ce produit fibriniforme résulte de la destruction et de la fusion des cellules épithéliales du rein.
Dans la seconde phase de la maladie de Bright on remarque que l'infiltration graisseuse envahit le système vasculaire, et particulièrement les glomérules de Malpighi, qui alors s'atrophient et disparaissent plus ou moins complètement. En même temps l'hyperhémie fait place à l'anhémie; à la coupe, le rein est pâle et d'aspect graisseux.
Enfin, la dernière période de la néphrite albumineuse est caractérisée par la fonte et la destruction de toutes les parties infiltrées de graisse qui sont alors résorbées, et par le retrait du tissu conjonctif hypertrophié, retrait qui en-
•rovlolde.
traîne l'atrophie générale de l'organe et une déformation de la surface, qui devient lobulée.
DAgAo«rete«nce H esl uuo aulre forme anatomique de l'albuminurie qui tient à la dégénérescence amyloïde du système vasculaire, et principalement des glomérules deMalpighi et des petites artères, altération qui peut, du reste, envahir à la longue les autres parties constitutives du rein.
La dégénérescence amyloïde du rein , comme celle du foie, de la muqueuse intestinale etc., ne doit pas être confondue avec la dégénérescence amyloïde des centres nerveux et particulièrement de la moelle épinière. Ici l'altération est produite par l'hypertrophie des corps amylacés qui se multiplient, envahissent le tissu nerveux et se substituent à lui. On peut voir ces corpuscules; ils ont une forme et une organisation déterminées, et l'on connaît la coloration qu'ils prennent au contact de la solution aqueuse d'iode. Dans la dégénérescence amyloïde du rein, au contraire, le corps du délit est pour ainsi dire invisible, car il est amorphe, incolore, et infiltre les tissus, sans en modifier la structure d'une manière sensible. Cette substance imprègne les parois des capillaires dans toute leur épaisseur; mais dans les artères elle aurait pour siège, selon Vipchow, la tunique musculaire de ces canaux*. Quoi qu'il en soit , les parois des vaisseaux atteints de dégénérescence amyloïde s'apaississent; il en résulte sans doute des troubles de nutrition dans l'organe , et l'on voit apparaître l'albumine dans les urines. Il est très-important de noter que, dans ce cas, la structure des tubes sécréteurs est normale; leur revêtement épithélial surtout n'offre aucune trace d'altération.
Le rein amyloïde offre à l'œil nu, sur la coupe, une
•Virchow, Pathologie cellulaire , 17® leçon.
teinle pâle , qui fait supposer d'abord une dégénérescence graisseuse, quoiqu'elle n'existe pas. Mais ce qui le dis^ tingue du rein qui a subi l'atrophie graisseuse, c'estque les glomérules de Malpighi et les petites artères se présentent: les premiers sous l'aspect de petites perles saillantes , et que leur puissance de réfraction rend Irès-visibles, les secondes sous forme de traînées linéaires et blanchâtres. Un autre caractère distinctif tient à la consistance de l'organe; dans la néphrite albumineuse, le rein conserve toujours une certaine élasticité; dans le cas de dégénérescence amyloïde il perd complètement cette propriété et n'offi;^ aucune résistance au rasoir, qui y pénètre comme dans un morceau de suif. C'est sans doute à cette consistance particulière, accompagnée de la pâleur du parenchyme, qu'est due l'expression de rein cireux.
Mais pour acquérir la certitude de la présence de la substance amyloïde dans le rein , il faut traiter cet organe par le réactif spécifique, c'est-à-dire par la solution aqueuse d'iodé. Quand on veut se contenter d'un examen sommaire , on applique avec la baguette de verre quelques gouttes de ce liquide snr la coupe, et l'on aperçoit presque aussitôt de petites taches d'un rouge assez vif qui tranchent sur la coloration uniformément jaunâtre des autres parties. Mais lorsqu'on détache des lamelles trèsminces traitées de la même façon et qu'on les place sous le microscope, on constate aisément que l'altération a pour siège le système vasculaire de l'organe et principalement les glomérules de Malpighi. Ceux-ci, ainsi que les vaisseaux malades , offrent une coloration d'un rouge assez vif, tandis que les autres parties constitutives du rein sont teintes en jaune pâle. Cette coloration rouge, qui s'éloigne assez de la coloration violacée du corps amyloïde des
centres nerveux^ n'indiquerâit-elle pas une différence dans la nature de ces substances? C'est ce qu'on ignore; mais le fait de coloration différente nous paraît constant.
Néphrite Enfin, il est une troisième forme anatomique de Talbuatersiitieue. jjjjjjune qui sc ratlaclic à une hypertrophie considérable du tissu conjonctif des reins, sans que primitivement on puisse constater d'autres altérations. Les mailles de la trame conjonctive , à la suite d'une hyperplasie très-active des cellules plasmatiques , s'épaississent considérablement et forment des gaines qui compriment fortement les glonjérules et les tubes rénaux, et provoquent leur atrophie et leur destruction. D'après cela on voit que cette forme d'albuminerie se confond avec la première par sa terminaison; mais elle en diffère par son origine.
Ky.ie. J'ai constaté à plusieurs reprises, soit sur des reins at-
teints de néphrite albumineuse, soit sur des reins en apparence normaux, mais presque toujours chez des vieillards, des petits kystes remplis de cellules de formes variables, mais plus volumineuses que celfes des canaux sécréteurs (pi. XXIII, fig. IV). Il m'a semblé que ces poches étaient constituées par la dilatation des tubes rénaux, dilatation qui elle-même résulterait de l'hypertrophie des cellules épithéliales de la glande. Les kystes en question deviendraient libres par la rupture des canaux qui leur ont donné naissance. Ne serait-ce pas là le mécanisme de la formation de la plupart des kystes rénaux?
C'est sur des lamelles très-minces taillées avec le rasoir qu'on étudie la structure du rein. Cet organe atteint une dureté considérable par la cuissou dans l'eau bouillante; on peut alors enlever des lamelles très-minces et trèslarges; mais ces préparations ne servent que pour donner une idée générale de la structure de la glande, et surtout
Préparations.
GLANDES. 20d
de la forme, du trajet et de ragencement des tubes urinifères. La cuisson altère le tissu conjonctif et répithélium; c'est sur des parcelles de rein traitées par l'acide chromique qu'on doit étudier les détails de structure. On injecte les vaisseaux avec de la couleur à l'huile fine détrempée préalablement dans l'essence de térébenthine bien pure. Les préparations s'exécutent de la même manière pour les reins malades. J'ai dit comment on décèle la présence de la substance amyloïde; quand l'action de la solu- . tion aqueuse d'iode est un peu lente à se produire, on ajoute quelques atomes d'acide sulfurique.
Testicule. Quand on procède delà superficie à la profon- lesucuie. deur, les parties constitutives du testicule s'offrent dans s''»*^»«j« «*"*• l'ordre suivant: on trouve d'abord la tunique séreuse ou vaginale qui revêt complètement la glande, à l'exception de son bord droit, où viennent aboutir les canaux et les nerfs qui pénètrent dans son intérieur; elle est constituée comme toutes les séreuses et adhère très-intimement à la tunique sous-jacentè ou albuginée. Celle-ci, composée d'un feutrage fibreux très-épais , représente l'enveloppe propre du testicule; par sa face profonde elle envoie dans l'intérieur du parenchyme des prolongements qui le divisent en lobules, et qui en même temps servent de rapports aux vaisseaux et aux nerfs destinés aux canalicules sécréteurs. De plus , au niveau du bord droit ou hile elle offre un épaississement cunéiforme , dont le sommet plonge assez profondéndent dans le testicule; c'est le corps d'Highmore, d'où partent la plupart des cloisons interlobulaires. Au-dessous de la tunique albuginée on trouve le parenchyme glandulaire, qui se compose d'une substance molle, grisâtre ou rosée, et est divisée en un grand nombre de lobules sous forme de pyramides, dont la base est dirigée à la périphé-
202 CHAPITRE vir.
rie , tandis que le sommet correspond aux corps d'Highmore. Chaque lobule est constitué par deux ou trois canaux réunis, rarement par un seul. Ces canaux commencent au sommet des lobules, après un trajet rectiligne trèscourt, ce qui les a fait appeler les vaisseaux droits; ils deviennent extrêmement flexueux, se divisent en plusieurs branches qui s'anastomosent entre elles et se terminent soit par des extrémités borgnes , soit par des anses. Quant aux troncs principaux, ils forment des anses, et reviennent à leur point de départ, c'est-à-dire au sommet des lobules. On rencontre assez souvent des canaux de communication d'une lobule à l'autre.
Les canaux droits, au nombre de vingt-cinq à trente, et mesurant en moyenne 1/5 de millimètre, vont du sommet des lobules dans un réseau {rete testis^ réseau de Haller) logé dans l'épaisseur du corps d'Highmore. L'extrémité antérieure de ce réseau donne naissance à une douzaine de canaux efférents qui , par leur réunion, forment la tête de l'épididyme. Tout après leur sortie du rete testis, ces canaux se replient un grand nombre de fois sur euxmêmes et figurent des cônes (cônes séminifères) , dont le sommet correspond au corps d'Highmore, tandis que la base est dirigée en haut. Les cônes siminifères, en s'anastomosant, forment un seul canal qui , très-flexueux , constitue à lui seul le corps et la queue de l'épididyme avec son diverticulum ou vas aberrans. Enfin la queue de l'épididyme se continue par le canal déférent et le canal éjaculateur qui vient déboucher dans la portion prostatique du canal de l'urèthre.
Tels sont les détails de structure que nous donnent la dissection et les injections du testicule; voyons maintenant ce que l'examen microscopique nous révèle.
Sur une coupe d'un testicule durci pat* la cuisson ou camucui. par l'acide chromique, et examiné à un faible grossisse- *^'""*^"'"'* ment, on se rend parfaitement compte des sinuosité et de l'agencement des canalicules spermatiques , ainsi que du nombre et de l'épaisseur relative de leurs parois (pl.XXIlI, fig. V). Mais il faut un grossissement de 300 à 400 pour étudier les détails de structure de la glande. Les canalicules spermatiques , ainsi que les canaux droits qui leur font suite, ont des parois très-épaisses, qui se composent de deux tuniques bien distinctes. L'externe plus épaisse , mesurant en moyenne 1/100 de millimètre, est de nature fibreuse et relativement très-riche en cellules plasmatiques (pi. XXIII, fig. VI, 1); rinterne, très-minte et parfaitement anhiste, est unie d'une part avec la tunique précédente, et d'autre part elle est en rapport immédiat avec un épithélium stratifié , qui oblitère complètement la lumière du canalicule sécréteur (fig. VI, 2, 3). L'existence de cette tunique amorphe ne m'a pas paru constante chez les enfants et chez les vieillards.
Quant au revêtement épithélial, il offre des différences Épiihéiaun. notables aux trois principales époques de la vie. Chez l'enfant, les cellules sont relativement petites, car elles ne mesurent en moyenne que 1/80 de millimètre , régulièrement polyédriques, et leur contenu toujours finement granuleux et transparent permet d'apercevoir le noyau sphérique, assez foncé et dont le diamètre oscille entre 1/200 et 1/133 de millimètre. Chez le vieillard, l'épithé- Ikim subit, la métamorphose régressive , il s'infiltre de graisse, les cellules se désagrègent, il arrive même, dans certains points, qu'elles se liquéfient totalement et donnent naissance à un produit semblable au lait. Quelquefois aussi la dégénérescence graisseuse envahit les parois des
204 CHAPITRE Ipf.
canaux et entraîne leur destruction complète. Chez l'adulte, les cellules épithéliales ressemblent les unes à celles de Tenfant, les autres à celles du vieillard, sans cependant présenter une infiltration graisseuse aussi prononcée; enfin il en est un grand nombre qui offrent une segmentation nucléaire multiple, et qui sont destinées, comme nous le verrons dans un instant, à la formation des spermato-zoïdes.
R««o.u Le réseau de Haller n'a pas de parois propres; les ca-
naux qui le constituent, sont simplement creusés dans le corps fibreux d'Highmore , et tapissés à l'intérieur par une seule couche de cellules épithéliales pavimenteuses. Épididyine. D^ns l'épidtdyme, l'élément musculaire lisse vient s'ajouter à ceux que nous connaissons déjà, pour former une tunique contractile. La membrane épithéliale, quoique formée par une seule couche de cellules cylindriques, est cependant très-épaisse et mesure jusqu'à 1/40 de millimètre (pi. XXIII, fig. VU).
Dans l'épaisseur des parois du canal déférent on compte trois tuniques: tunique externe, tunique moyenne, tunique interne. La tunique externe, peu épaisse, est représentée par un feutrage assez lâche de fibres élastiques et conjonctives, au milieu desquelles on rencontre une assez grande quantité de cellules plasmatiques. La tunique moyenne est essentiellement musculeuse et très-épaisse, sous ce rapport elle l'emporte sur la tunique musculeuse des intestins. Comme dans ceux-ci elle offre deux couches parfaitement distinctes : dans l'externe, qui est la moins épaisse (1/5 de millimètre), les faisceaux musculaires sont dirigés dans le sens longitudinal; dans l'interne, dont l'épaisseur va jusqu'à un demi-millimètre, les fibres sont circulaires. Je n'ai pas vu la troisième couche mus-
Canal déférent.
culaire interne à fibres longitudinales décrites par KôU liker. En dedans de cette tunique se trouve la membrane muqueuse dont l'épaisseur mesure en moyenne 1/10 de millimètre; elle se compose d'un lacis assez lâche de fibres élastiques et connectives avec une quantité no^ table de cellules plasmatîquts. Une simple couche de cellules épithéliales pavimenteuses tapisse la face libre de cette tunique interne, qui d'habitude offre des plis longitudinaux (pi. XXIV, fig. III).
L?k vésicules séminales, qui s'unissent par leur extrémité vésicules antérieure aux canaux déférents, se composent d'une """" "" poche principale allongée en forme d'intestin , d'où s'échappent^ de distance en distance, quatre ou cinq diverticulums plus où moins flexueux et se terminant par une extrémité borgne. La structure de cet organe rappelle celle du canal déférent ; ainsi en allant de dehors en dedans on trouve trois tuniques. La première ou tunique externe , est une membrane conjonctive, la deuxième ou tunique moyenne , est musculeuse et offre deux couches de fibres contractiles diii(gées en sens inverse; la troisième enfin est aussi une membrane muqueuse. Cette dernière, par la quantité considérable de culs-de-sac qu'elle présente à sa surface, se rapproche de la structure des glandes. Son épithélium est stratifié et le liquide que la vésicule contient paraît être le résultat d'une sécrétion par végétation, car if renferme de nombreux débris de cellules mélangés quelquefois avec la liqueur séminale. L'extrémité inférieure du canal déférent est assez souvent hérissée de diverticulums identiques, et pour la forme et pour la structure, à ceux des vésicules, mais beaucoup plus petits.
Le sperme, tel qu'il sort du canal de l'urèthre, c'est-à- g^^^^ dire mélangé avec les produits des vésicules séminales ,
des glandes prostatiques et de Gowper, est un liquide alcalin 9 épais, gluant, incolore, exhalant une odeur particulière; quelque temps après l'éjaculation il devient liquide, par le dessèchement il acquiert une certaine consistance et prend la couleur jaune et la demi-transparence de l'ambre. Ce liquide renferme des éléments accessoires, tels que cellules et débris de cellules , et des éléments essentiels et caractéristiques, sous forme de corpuscules filiformes doués de mouvement et désignés sous le nom de filaments spermatiquesy spermatozoaires , spermatoJKdes. Ils sont constitués par des filaments très-déliés, dont une extrémité renflée en amande forme la tête à laquelle^ succède un long fil terminé en pointe extrêmem^t fine et qui représente la queue. A la ligne de jonction de ces deux parties existe un petit sillon, ou espèce de collet, sur les côtés duquel on trouve quelquefois un petit appendice tuberculeux (pi. XXIV, fig. 1). Leur longueur moyenne est de 1/20 de millimètre, la largeur de la tête mesure i/400 de millimètre. Malgré la plus grande attention on ne voit aucune trace d'organes dans toute l'épaisseur du spermatozoïde; la substance qui le compose est homogène , transparente et anhiste. Le prolongement caudal exécute desmouvements d'oscillation en serpentant. Les mouvements des spermatozoïdes persistent assez longtemps après la mort (10 à 24 heures); Kôlliker dit que dans les organes génitaux femelles on peut les constater après sept ou hilit jours révolus; chez le bœuf il les a vus au bout de six jours; l'eau et les acides les arrêtent, mais les liquides légèrement alcalins les réveillent.
Développement Cos élémeuts j qui forment la partie essentielle de la sédes sRçrmaiozoï- çp^^Qn ^j^ tcsticule , sc développcut de la manière suivante: lorsqu'on examine l'épithélium des canaux sécré-
leurs, on remarque que les cellules centrales sont en général plus volumineuses que les autres, et offrent une segmentation nucléaire plus ou moins active; ainsi on rencontre des cellules qui renferieent jusqu'à dix noyaux et plus (pi. XXIV, fig. 11). Outre le nucléole, qui se révèle dans chaque noyau sous forme d'une vésicule brillante et sphérique, il existe sur un des points de sa périphérie une tache allongée , à contours foncés et très-nets, tout à fait anhiste et transparente et réfractant très-puissamment la lumière, c'est-la futijre tête du spermatozoïde. Aune des extrémités de la tache ovale apparaît bientôt un filament qui s'allonge rapidement pour former la queue du spermatozoïde, etqui, en grandissant, s'enroule sur lui-même et reste toujours appliqué sur l'enveloppe du noyau (fig. II, 7). Lorsque les noyaux sont arrivés à leur complet accroissement, la cellule mère, ne pouvant plus les contenir, éclate, et ils deviennent libres; bientôt les éléments dont ils se composent se dissocient et tombent en déliquium. Alors la queue du spermatozoïde se déroule (fig. 11,8), puis la tête elle-même se dégage et le développement est achevé. Sur des testicules de Cabiai j'ai pu suivre à plusieurs reprises les transformations que subit la cellule épithéliale pour produire les spermatozoïdes , et j'ai toujours vu que 'es phénomènes se passent tels que je viens de l'exposer, c'est-à-dire que chaque noyau donne naissance à un fil spermatique ou vibralile. Les observations faites sur l'homme, à cet égard , s'accordent avec les précédentes.
Les artères destinées à l'organe sécréteur du sperme viennent de trois sources différentes îil y a d'abord l'artère spermatique, qui est spécialement destinée au parenchyme de la glande et qui vient directement de l'aorte ; ensuite on trouve Fartère déférentielle qui naît médiate-^
VaiMraox et nerfs.
ment de Thypogastrique par la vésicule inférieure, et qui fournit le sang au canal déférent et à répididyme ; enfin il y a Tartère funiculaire qui provient de l'anse de Tépigastrique et qui rampe dans les enveloppes du cordon. Mais il est utile de noter que ces trois vaisseaux s'anastomosent entre eux au niveau de Tépididyme, de sorte que dans le cas d'obstruction de l'un d'eux, le canal oblitéré serait suppléé dans ses fonctions par les deux autres. La plupart des branches de l'artère spermatique pénètrent dans le testicule par lehile, les autres rampent d'abord dans la tunique albuginée, puis s'accolent aux trabécules fibreuses pour arriver au milieu des lobules et former un réseau assez lâche qui entoure les canaux séminifères. Les veines s'accolent à l'artère spermatique, puis, arrivées dans la région lombaire, elles s'unissent en un seul tronc qui se jette, à gauche, dans la veine rénale, et à droite, dans la veine cave inférieure. Quant aux lymphatiques, ils sont trèsnombreux , accompagnent les vaisseaux sanguins du cordon et aboutissent aux ganglions lombaires. Les nerfs, assez rares, s'appliquent sur les artères et pénètrent avec elles dans les glandes, mais on ignore encore leur mode de terminaison. Développement Lc tcsticulc 86 dévcloppc aux dépens de la masse interne du corps de Wolff, tandis que le canal excréteur est formé par le conduit externe du même organe. Le vas aberrans vient de la partie centrale du corps de Wolff qui pour certains auteurs donnerait naissance à l'épididyme. M. Giraldès prétend que le vas aè^raw^ n'est pas l'analogue du corps de Rosenmûller. D'après cet observateur, ce serait un petit organe placé derrière la séreuse vaginale, en avant du paquet de veines qui se rend dans le testicule, et dans l'espace compris entre l'épididyme et le point où
du testicule.
GUJÉps. 209
la tunique vaginale se réfléchit pour former le cul-de-îSac séreux*. Les métamorphoses hislologiques qui s'opèrent dans le cours du développement du testicu\i|., ne sont pas encore assez bien connues pour que nous en fassions mention dan^ cet ouvrage. ^ .
Les idées émises plus haut, relativement au revêtement épithélial et au mode de sécrétion des glandes en grappe, s'appliquent également aux glandes eniube. Les glandes à épilhélium simple et à sécrétion par filtration, sont les glandes en tube de l'ihlestin, celles de l'utérus, les glandes sudo rifis^e s, lexein et la glande biliaiii^. Les gV^^^ ^ épithpram stratifié et àtëcrétion par filtration ^nt les glandes cêflimineuses et spermati^ques.
* Les allérati(|gs du testfêule, au point de vùMie leUff&éfaloppement hlstologique, ressemblent trop à celles des autres glandes pour que nous en fassions l'ol&t d'une étude spéciale ici j, seulement nous ^rons' que cW encore un des organes où l'évolution du tubercule proprement dit est très-facile à étudier.
QuaAt aux préparations que nécessite l'examen microscopique du testicule^nes sont les mêmes que pour les reins.
^RT. 3. Glande^mixtes. L'ovaire , sous certams rapports i ressemble aux glandes folliculeuses, mais il s'en * éloigne par l'existence temporaire d'un canal excréteur et parla déhiscence de ses folliculgs; le foie, par son double appareil biliaire etglycogène, participe et des glandes tubuleuses et des glandes sanguines. La structure de ces deux organes permet donc d'en former un petit "groupe distinct qui établiPiiaturePement un trait d'union entre
* Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biologie , pendant Tannée 4859, p. 4S3j Paris 4860.
MOREL. llisiol. 44
Altérations.
PrépttratioOl*
2i0 ciiAtiBL.vii.
les deux calégories des glandes Iblliculeuses et sanguines.
Ovaire. Ovalrc. L'ovaJie ressqpible beaucoup par sa forme extérieure au testicule, il offre comme cette gland^^^- deux faces, convexes, un bord libre également convexe et un bord droit ou hile qui se rattçiche aux vaisseaux nourriciers. L'enveloppe de Tovaire, ou tunique albuginée, est encore identique à celle du testicule et, comme elle, est enveloppée de toute part^le bord di'oit excepté, par une membrane séreuse. Enfin, pour compléter Tanalog^ entre les deux tuniques, celle de l'ovaire offre au niveau du hile un épaississemeni comparable au corps d'Highiuore. La face interne de Tenveloppe alBîjginée adhèrjyMmément au parenchyme de l'oi^ane et se confond aveLldi. Celui ci se compose d'une masse iSbrillaire çttélangée à une grande quantité de vaisseaux, et au milieu de laquelle sont disséminées les parties essentielles de la glande, c'est-àdire les ôvisacs ou vésicules de Graaf. Au i^eau du hile on ne rencontre pas d'ovisacs, mais un peu plus loin, et jusqu'à la périphérie de l'organe on en trouve un grand nombre et de toutes dimensions; cependant les plus volumineux sont habituellement situés au-dessous de la tunique albgginée.
ovisac. L'ovisac est limité à l'extérieur par une e^ivelpp^ fibro-vasculaire composée des mêmes éléments quele parenchyme, mais plus condensés. Les couches superficielles de cet organe, qui adhère lâchement au tissu conjonctif ambiant, sont moins vasculaires que les couwies profondes. Sur celles-ci repose un épithélium stratifié, ou au^ trement dit la couche granuleuse, qui augmente considérablement d'épaisseur dans le point tourné. du côté,d^ l'albuginée j pour constituer le disque pix)ligère/dans 1'^^' térieur duquel repose l'ovule ou Tœuf (^iJGCÎfVjl
3, 4). La partie centrale de la cavité de Tovisac est remplijjj^*^aJiqui(Je albumineui^ qn^.cpnlielttt -des cellules ou aëi débris de cellulp détachées de la membrane graauleusè/ •
lili'struèlure de l'ovule rappelle tout à fait celle de la oyaie. cellule. S«aa enveloppe, qu'on appelle zo7ie transparente ou fi/ifimma^^^mtélliM ^ est épaisse (i/100 de millimctre), transparente el tout à fait anhiste. Son contenu ou vitellus, de consistance un peu liquide, renferme une grande quantité de granulations très-fines, au milieu desquelles on distingue quelques gouttelettes de graisse. Sur un point de la périphérie du vilellus existe un noyau sphérique et brillant connu sous le nom de vésicule germinatke ou de Purkinje. Enfin ce noyau contient lui-même un iïlicléole auquel on a donné le nom de tache germinative ou de Wagner (pi. XXIV, fig. IV, 5,6,7, 8).
On sait'qu'ordinairement l'ovisac contient un seul ovule, cependant il peut arriveF'qu'il euTcnferme deuk^ îînsi^^ue nous Tavons vu sur un ovaire d'adulte (pi. XXIV, fig.V, 1, 2). €e fait jieut expliquer la eause^ au moins dans cer^ tains cas , -fle là* grossesse gémellaire : .
lia segnientaiîôn du vilellus, qui dans l'œuf fécondé est seg„eniauoh le pointije? départ 'des métamorphoses qui doivent produire '*" '*'^""^re0j3?ryon, et dont nous avons exposé' lé mécanisme à propos de la fdrmation.de la cellule, n'est pas nécessairement le résàitat du contact des deux germes mâle et femelle; Les faits suivants nous paraissent très-significatifs à,cet égard: en examinant des vésicules de Graaf hypertrophiées, chez des femmes mortes de péritonite puerpérale, huit à dix jours après l'accouchement, nous avoil5 rencontré plusieurs ovules mesurant 1/10 à 1/7 de millimètre, dans lesquels la segmentation était aussi nettement dessinée
242 CHAPITRE Yll.
que dans les œufs fécondés : seulement les cellules du pseudo-blastoderme subissaient déjà la méta«K)rphose graisseuse, quelques-unes d'entre elles étaient même ré- ^duites à l'état de cellules adipeuses (pi. XXV, fig. I, 3, 4). Dans d'autres ovules, le contenu était complètement transformé en upè masse graisseuse (pi. XXV, fig. II). Tous ces ovules étaient entourés d'une zone cellulaire provenant du disque prolîgène de la vésicule de Graaf, et dont les éléments sphériques ne pouvaient être confondus avec les cellules polyédriques résultant de la segmentation du vitellus (fig. I, fig.II, i}. La segmentation du jaune est donc pCjSsible sans fécondation préalable, mais Tœuf reste stérile, les cellules n'offrent jamais les métamorphoses histologiquès du blastoderme fécondé; loin de donner* naissance à des produits organisés nouveaux, elles périssent par dégénérescence graisseuse. Du reste, le phénomène de la segmentation de Tœuf non fécondé n'a rien d'anomal en soi, car l'ovule n'est qu'une cellule, et chaque jour on observe que^ les cellules de l'organisme, sous l'influence d'une cause irrita tive, d'un choc par exemple, offrent aussi une segmentation ou prolifération nucléaire, à la suite de laquelle naissent les produits pathologiques les plus variés.
Sur ces mêmes pièces, la structure de la paroi externe des vésicules de Graaf m'a semblé différgr de ceîiè des vésicules ordinaires. Cette membrane est riche en vaisseaux; de plus elle est constituée presque exclusivement par des cellules fusiformes très-allongées et soudées régulièrement les unes aux autres, ce qui fait que sur la coupe elle paraît fibreuse, mais en réalité elle ne contient pas de fibres. Les parois des vaisseaux sont également formées par les mêmes éléments fibro-plastiques. Celte i^anisation rend
parfaitement compte de la fragilité de l'enveloppe de l'ovine.
Les enveloppes de l'embryon, provenant des deux Enveloppe feuillets du blastoderme, sont Tamnios et Tallantoïde ou' chorion définitif. La première de ces membranes, mince, incolore, transparente, est une membrane épithélial^ dont les*cellules lamelliformQg ont des contours nets, mais très-pâles et difficiles à saisir ; le noyau un-peu plus foncé ^ est au contraire trôs-visible, il plonge dans une substance presque amorphe. Les cellules mesurent d/40 à 1/26 de millimètre, le noyau 1/133 à 1/100 de millimètre.
L'allantoïde est, conmie la précédente, une membrane cellulaire, mais ses cellules diffèrent de celles de l'amnios par leur volume qui est moindre (1/100 à 1/80 de millimètre), et par leur contenu fortement granuleux qui maV que en partie le noyau. Cette membrane s'épaissit considérablement dans un point pour former le placenta, dont la face externe est hérissa de villosités qui rappellent, par leur configuration extérieure, les arborisations du corail (pi. XXV, fig. III). Une substance conjonctive à peu près amorphe forme le squelette de la villosité; à sa surface on trouve une couche épithéliale, et dans son intérieur dfs vaisseaux qui , arrivés près du sommet, décrivent des anses et ne s'anastomosent jamais avec les vaisseaux du placenta maternel (pi. XXVI , fig. I). Cette structure , comme on le voit, a la plus grande analogie avec celle des villosités intestinales; du reste ici l'identité de structure correspond à l'identité de fonctions : les villsoités placentaires sont les organes d'absorption des matériaux nutritifs, elles baignent dans le sang de la mère où elles puisent, comme les villosités intestinales baignent dans le liquide alimentaire qu'elles absorbent. Le placenta muni de ses villosités est donc le vérifabJe intestin de l'embryon.
corp.jaane. Aprôs la chute de l'œuf on trouve dans Tovisac les débris de la couche granuleuse ou épithéliale, méfangés à du sang provenant des vaisseaux déchirés pendant la rupture de, la tunique fibro-vasculaire. C% mélange forme une petite masse qui, à cause de sa coloration , 'a reçu \êi nom dé corps jaune. Très-peu de|emps api^ôs son apflintion, les parties qui le composent s'infiltrent de graisse et disparaissant par résorption; l'hématine, provenant des glorÈuies roiâgei, donne assez souvent des cristaiç^ d'hématoïdine , mais souvent aussi elle est résorbée sans lâisséf. la moindre tracp, i«es parois de l'ovisac reviennent sur ellesmêmes , se plissent et forment une sorte de cicatrice étoilée ; il arrive quelquefois que la cicatrisation est précédée de-la formation de* cellules fibro-plastiques, qui se métamorphosent ensuite en faisceaux de tissu cf)njonctif.
oyiducte. La trompe de Fallope ou oviducte, qui sert de canal excréteur à l'ovaire après la chute%e l'œuf, se compose de trois tuniques : la première^ est séreuse et appartient au péritoine; la seconde est musculo-vasculaire , et rappelle la structure des organes érectiles; la troisième est une m^embrane muqueuse offrant des plis longitudinaux qui s'effacent pendant la dilatation du canal, et tapissée^ à l'intérieur par une simple couche de cellules cylindriques et vibra tiles. Le mouvement des cils vibra tiles fait marcher les particules contenues dans l'oviducte , de l'intérieur à l'extérieur, pfir Conséquent* favorise la descente de l'œuf vers la cavilé utérine, *. -i.., * .? ' \ -^ ,
uiéros. L'utérus, qui fait suite à l'oviducte^ possède les mêmes
tuniques que lui; seulement la tunique musculo-vasculaire est beaucoup plus développée, surtoutpendantia gestation. Quant à la troisième, elle est un peu plus compliquée dans la structure; elle se compose d'un tissu conjonctif très-
. GLANDEf. 215
délicat et parslifre d'une quantité considérable d'élément*^ cellulaires ; ses couches profondes se confondit avec le ti^u conjpnctif de là tunique musculaire ; il n'y a psîf de ligne de démarcation entre les deux parties. La face U^re est tomerfleuse au' tiiveau du dïrps ; mais au niveau du col elle présente des papilles liïmellaires et filiformes; ces derâîères siègent près de l'orifice inférieur; de plus, nous savons déjà (Juc cette membrane contient u^ grand nombre de glandes en tdfbe qui ont été décrites p^s haut. L'épithélium de la muqueuse utérine forme une simple couche de cellules coniques et vi- J^ratiles; pendant la grossesse il devient pavimenteux;et perd ses cils."*
Le vagin possède égaletnent'trôîs tuniques : l'extetne est v^gin. fj^reuse; la ipoyenne,musculo-vasculaire, et l'interne est muqueuse. Qrtte dqpnière (aembrane oUre à sa surface un grand nômfire de larges plis, surtout vers "son extrémité inférieure, et un nombre plus grand encore de papilldl coni^ueâ. Sonfépithélium est épais et stratifié; jusqu'à présent on n^pas découvert de glandes" dans l'épaisseur
- de ses parois. »
Les aftères de' l'ovaire pénètrent dans cet organe par vauseaux
* s(A bord droit ou hile , puis se divisent en un grand nombre de rameaux Irès-flexueux qui se perdent, 1^ une dans le tissu conjoifctifde la flande etl'albuginlfe, tandis que Tes aUtresï^ont former dans la tuniqu'fe externe dé l'ovisac un réseau assez serré. Les veines suivent le trajet des artères et vont aboi^Jjr aux veines 'Syariques et ijjérines. Les lymphati4ues, dont oiîne connaît pas parfaitement l'origine, accompa^ent les vaisseaux sanguins et se jettent ensuite dans les ganglions lombafres* et pelviens correspondants. Quant aux nerfs, ifs s'accolent aux vaisseaux et arrivent
elrierfs.
2i6 CHAPITRE VIT.
avec eux dans la glande; mais on ignoi^ leur mode de lesrrainaison. n,
DéAioppemtnt. C'est aux dépens de la mi^ interne du corps de Wolff que se développe l'ovaire, tandis que Toviducte et Tulérus sont formés par le canal externe du même organe jiâ portion centrale s'atrophie et donne le corps de Rosénmûl- Icr. Ce qui distingue Tovaire du testiqpie, c'est qu'il ne se soude pas avec son canal excréteur. Il est d'abord exclusivement constitué par des cellules embryonnaires, dont la plus grande partie se transforment en divers éléments gui composent la glande; les autres cellules sont destinées à la formation des ovisacs et ovules. Primitivement la vésij cule de Graaf et l'ovule ne forment qu'une seule masse sphérrque de cellules possédant toutes la même forme et les mêmes dimensions (pi. XXV, fig^ V, 2). Ce ç'^est que pliis tard qu'au milieu Hu groupe on aperçoit uj|e cellule qui, par son volume augmentant de plus en plus et^arsa forme sphérique, se distingue des autres éléments dofit elle est entourée. Eh bien, c'est cette cellule qui représenté l'ovule embryonnaifre (pi. XXV, fig. IV, 3^): file n'a plus à subir que quelques modifications dans soi^ enveloppe qui ^ s'épaissit, et dans son volume qui augmente, pour.^rriver à son complet développement. Les cellules qui entourent* primitivement Tovule embryonnaire se mj^ltiplient et forment la couche granuleuse, ainsi (fue le disc^e proligère. Pendant les derniers tefhps de la vie intra- utérine ,Tavaire del'embryonrenferme déjà 'les groupes sphériques des cellules qui doiven^roduire plu^tard les ovisac^et les ovules. *
Le corps dô Rosenmûller, situé entre les lames péritonéales qui unissent l'ovaire à la trompe et formé d'un certain nombre de canaux sans i^ue, représente les débris de la partie centrale du corps de Wolff.
La plupart des kystes de Tovaire se développent dans les Ky«te«
!• • r ^ if-i *** l'ovaire,
ovisacfs qui s hypertrophient et qui sécrètent des liquides très-variables d'aspect et de composition. Assez souvent ils contiennent une liqueur de consistance sirupeuse et couleur chocolat, composée de débris d'épithélium infiltrés de graisse, de pigment sanguin et de cristaux de cholestérine (pi. XXV, fig. VI et VII). Le plus habituellement le liquide, transparent, jaune citrin, ne renferme que quelques rares cellules détachées de la poroi interne de la poche, et des globules rouges tout aussi rares.
Les préparations de l'ovaire se font comme celle des Prépamuons. glandes en général. Pour obtenir des coupes d'ensemble convenables, on durcit la glande par une légère cuisson dans l'eau bouillante, ou bien on la trtiile par l'acide chromique, qui a l'avantage de ne pas altérer les éléments cellulaires. Il faut également exécrfler des préparations analogues sur des ovaires frais, surtout lorsqu'on veut étudier la structure de l'ovule. La dissection des ovisacs n'est pas bien difficile; dans les ovaires de femmes mortes quelques jours après l'accouchement, ces poches sont trèsvolumineuses et adhèrent fort peu aux parties voisines ; aussi on les énuclée sans difficulté. En rompant les parois de la vésicule sur la grande plaque de verre, on en voit sortir un liquide transparent entraînant quelques granulations blanchâtres que l'on doit examiner avec soin ; car c'est dans leur intérieur qu'est logé l'ovule. Les ovaires des petits mammifères (lapiy, chien, cabiai, rat), sont très-bons pour faire ces recherches.
Foie. Le foie est enveloppé par une membrane de tissu poie. conjonctif qui embrasse de toute part la glande et qui, arrivée au niveau du sillon transverse, se réfléchit sur les leanaux qu'elle y rencontre et pénètre avec eux dans le
parenchyme , en leur formant une gaine connue sous le nom de capsule de Glisson. La face externe de cette enveloppe est intimement unie au péritoine dans toute son étendue, excepté au niveau du bord postérieur, du sillon transverse et de la gouttière biliaire; la fusion des deux membranes est telle qu'il est impossible de trouver une ligne de séparation entre elles; aussi le péritoine paraît-il simplement représenté par son revêtement épithélial. La face interne envoie dans la profondeur des trabécules qui la rattachent assez solidement au parenchyme glandulaire. Celur-ci se présente à l'œil nu sous l'aspect de petites granulations de 1/2 à 1 millimètre de diamètre, violacées et dont le centre est tantôt plus foncé, tantôt plus pâle que les contours. Cette viariété de siège de la coloration dans les granulations lient à la réplétion exclusive de tel ou tel système de vaisseaux. Aiiisi, le poini central foncé correspond à la congestion de la veine sus-hépatique, tandis que le pourtour rouge foncé et le point central pâle résultent de Thyperhémie de la veine-porte et de l'anhémie de la veine sus-hépatique. Chez l'homme, le pourtour de cesgrarmlations appelées encore lobules y acini, est assez vague; mais il en est autrement chez beaucoup d'animaux et plus particulièrement chez le porc, où chaque lobule forme un petit polyèdre indépendant des Ipbules voisins et dont les bords sont très-nettement dessinés.
Lobules. Chaque lobule hépatique représente par sa structure un foie tout entier; il suffirg donc d'en étudier un seul pour avoir une idée exacte de l'histologie de cette glande. Dans un lobule on trouve : 1® une masse considérable de cellules ; 2® l'appareil vasculaire de la veine-porte et de la sushépatique; 3® l'appareil biliaire composé de canaux biliaires et de l'artère hépatique.
Les cellules sont de deux espîtees : les unes, qui constituent la presque totalité de la masse épithéliale, se* présentent sous forme de polyèdres volumineux et irréguliers, mesurant en moyenne 1/50 à 1/40 de iftillimètre. Un noyau presque toujours infiltré de graisse, des gouttelettes de graisse libre et une très-grande quantité de granulations fines et pâles, que Schiff regarde comme un amidon animal, en représentent le contenu (pi. XXVI, fig. II, 1). Les autres cellules, beaucoup plus petites (1/100 de milmètre) et bien moins nombreuses, ont une forme polyédrique régulière et un contenu finement granulé et ordinairement privé de graissç^(fig. II, 2).
Dans les espaces interlohulaires, espaces très-apparents cjjezleporc, on trouve o^etites branches de la veineporte (veines interlobulaires), qui fournissent des rameaux aux lobules eqjtre lesq^uels elles sont situées (pi. XXVI, fig.IV,2, 3). Si Ton envisage ces veines interlobulaires dans leurs rapports avec un seul lobule, on remarque qu'elles lui forment une espèce de couronne vasculaire, de la concavité de laquelle naissent un grand nombrtf de r^muscules *qui se capillarisent immédiatement après leur naissance (fig. IV, 4; fig. V, 2). Ils s'anastomosent très-fréquemment entre eui et forment ainsi un réseau à mailles assez serrées, qui mesure en moyenne 1/20 de millimètre, et qui se jette au centre du lobule dans une petite branche veineuse représentant la racine de la veine sus-hépatique (fig. Vf, 2). Chez l'homme, les lobules n'étant pas trèsnettement délimités, on ne remarque pas de couronne vasculaire formée par la veine-porte; mais le réseau capillaire offre la même physionomie et la même distribution. Les capillaires ne sont pas , ainsi que le pensent certains observateurs, de simples canaux limités par les cellules hépa-
Canaux hépatiques.
220 CHAPITRE VH.
tiques: ils ont réellement (fes parois propres constituées de la même façon que celles des autres capillaires; de plus, autour de ces canaux on trouve des Iraces de tissu conjonctif très-déTicat (pi. XXVI, fig. III , i).
Les grosses cellules hépatiques remplissent les mailles des capillaires, et forment elles-mêmes, dans leur ensemble, un réseau épithélial qui pénètre le réseau vasculaire (fig. III , 3). L'agencement des parties que nous venons d'étudier, c'est-à-dire le système de la veine-porte et de la sushépatique, uni aux grandes Cellules hépatiques, constitue l'appareil glycogène du foie.
Les canaux hépatiques entrent dans le sillon Iransverse du foie avec l'artère hépatique^ la veine-porte, et accompagnent les vaisseaux jusqu'aux lobules. Dagsleurparcoiuîs ils fournissent un assez grand nombre de branches arborescentes, dont les plus volumineuses of&ent entre elles de nombreuses anastomoses, tandis que les plus petites restent indépendantes et s'appliquent sur la périphérie des lobules. De ces petits rameaux périlobulaires naissent des tubes qui*pénètrent peu profondément dans les lobules et s'y terminent en tul-de-sac. Ils sont revêtus à l'in- ' térieur d'une simple couche épilhéliale formée par les petites cellules dont nous avons parlé plus haut (pi. XXVI, fig. VIII, 5,6,7). Sur les canaux biliaires, qui ont au delà de 1/40 de millimètre, l'épithélium pavimenteux'fait place à un épithélium cylindrique (Kôlliker). Enfin les canaux hépatiques proprement dits, le cystique et le cholédoque, renferment dans leurs parois l'élément musculaire et un assez grand nombre de glandes en grappe. L'artère hépatique accompagne les canaux biliaires jusqu'aux lobules , leur fournit un grand nombre de branches et se jette enfin dans le réseau de la veine-porte.
Ce second appareil, formé par les canaux biliaires et l'artère hépatique, représente une glande en tube. Le foie dsl donc composé de deux glandes qui se pénètrent réciproquement; Tune de ces glandes (glande sanguine) est en rapport avec la sécrétion du sucre, et l'auïre (glande en tube) avec la sécrétion de la bile. La physiologie du foie, si bien établie par M. Claude Bernard*, et l'analomie comparée légitiment complètement cette manière de voir.
Le mocfe de terminaison des canaux biliaires a fait l'objet de recherchesi les plus variées, et le nombre des théories que l'on a émises dénote l'incerf iwde où Ton est encore à cet égard. Cependant il n'y a plus guère que deux opinions qui tendent à prévaloir dans cé%oment, à savoir : que les canalicules se terminent par une extrémité béante en rapport immédiat avec les grandes cellules hépatiques, ou- bien par une extrémité cœcale qui sépare nettement la glande biliaire àe la glande glycogène. Nous avons admis que le foie se compose de deux glandes distinctes, parce que, comme nous l'avons déjà dit, la physiologie et l'anatomie comparée le prouvent, et nous avons décrit les canaux biliaires comme terminés en cul-de-sac, • parce que nous avons constaté cette disposition sur un foie cirrhotiqne, et nous savons que M. le professeur Kûss a déjà fait la même observation sur un foie syphilitique.
La vésicule biliaire offre dans ses parois les mêmes élé- vé.icuiebiuaire. nfients que les gros canaux biliaires. La tunique muqueuse présente à sa surface de nombreux plis qui s'entrecroisent et leur donnent un aspect gaufré; elle est tapissée par un épithélium cylindrique, dont les cellules très-pâles sont souvent privées de noyau (pi. XXVI ^fig. VII).
^ Nouvelle fonction du foie; Paris 18S3. — Leçons de physiologie expérimenlale^ 1. 1; Paris 1855.
Lynii.hiuquc.. Lgs lymphallques forment deux réseaux: l'un, superficiel, situé dans l'épaisseur de l'enveloppe du foie; l'autre, profond, qui suit Ifes divisions de la veine-porte; ils conamuniquent fréquemment entre eux et vont aboutir, d'un côté aux ganglions Ihoraciques, et de l'autre aux ganglions abdominaux.
^err. I^es nerfs qui viennent du grand symphatique et du
• pneumo-gaslrique, s'accolent à l'artère hépatique et présentent la même distribution; mais on ignore encore leur mode de terminaison dans l'intérieur des lobules. Déveioppemeni. Lcs prcmicrs traces de foie apparaissent sous forme de deux bourgeons c^laires qui occupent, l'un la couche externe, l'autre la couche interne ou épithél«(Ie des parois de l'intestin. Quant aux métamorphoses ultérieures de ces bourgeons, les observations de la plupart des embryblogistes permettent d'arriver aux conclusions suivantes : pendant que le bourgeon externe grandit, en enveloppant le tronc de la veine omphalo-mésentérique, et.conslitue ainsi une masse parenchymateuse,qui représente le système de la veine-porte embrafssée de; tous côtés par les grandes cellules hépatiques , le bourgeon interne offre une végétation ramescente , dont les branches tubuleuses se distribuent dans l'intérieur du bourgeon^^terne pour former le système ou la glande biliaire. En même tdStfps que s'opèrent ces changements dans la forme générale des bourgeons, les cellules primordiales, qui^n composent la masse, subisst^nt à leur tour les métamorphoses les plus variées pour former les divers tissus qui entrent dans la structure du foie.
Aiiéraiion., A propos dcs produits pathologiques du foie S on^ constate encore les mêmes phéagmènes que dans les autres
* Traité pratique des maladies du foie^ traduit de Tallemand par L. Dumenil et Pellagot; Paris 4862.
glandes; ainsi on rencontre deux espèces d'altérations nettement tranchées au point de vue de leur origine. Les unes appartiennent au parenchyme, c'est-à-dire aui'cellules hépatiques, les autres se développent dans le tissu conjonctif.
Les cellules hépatiques ne présentent guère que l'atrophie graisseuse après avoir passé ou non par un état hypertrophique. Cette dégénérescence, qui marche fci comme datis les aStres organes, se rencontre habituelleriîent chez le*phthîsiques et chez les individus atteints d'ictère grave. Dans ces cas, la-issu conjonctif ne paraît pas subir de modification ^ns sa structure. Lès cellules hépatiques contiennent presque toujours du pigment biliaire amorphe, lorsquelejpur^^^a bile est gêné par une cause quelconque.
Lqs jwBuitl'Iancéreux , tuberculeux etc. se déve-^ Tobercuie. loppentdans le tissu conjonctif de la glande et plus spécialement an mij[ieu des mailles de la capsule de Glisson. Le tubercule du foie, comme celui des poumons, des sé- ' reuses, des muqueuses et du tissu conjonctif engénéral, est le résultat de l'hyperplasie des cellules pîasmatiques du tissu 'conjonctif interlobulaire. Celles-ci se groupent pour former des petites tumeurs sphj^riques, grisâtres, demi -transparentes, qui ensuite s'infiltrent de graisse, deviennent opaques, et enfin subissent les métamorphoses qui ont déjà éfê indiquées à l'occasion du tubercule du tissu conjonctif.
Dans la cirrhose, et le îbie syphilitique, 1^ altérations ^.^.^^^^^ débutent éplement par une^hypërplasie du Ussu coqjonc- ^**'' «yp^^i^iiq"*^. tif de la capsule dç Glisson. Puis les éléments de nouvelle formation se métamorphosent successivement en cellules fibro-plastiques et en faisceaux de fibres conjonctives et élastiques. Ce tissu, en se développant ^mprime les lobules; alors les cellules hépatiques s'étiolent sous cette
224 CHAPITRE Yll.
pression, s'infiltrent de graisse, se désagrègent et disparaissent plus ou moins complètement. Pendant que les lobules s'atrophient, le tissu conjonctif se rétracte, le foie diminue de volume et offre à sa surface des bosselures résultant du retrait du tissu fibreux nouvellement formé. Cancer.. Lcs tumcurs caucéreuscs de toute sorte proviennent de la même source, et se développent ensuite en subissant chacune les métamorphoses qui lui sont propies. > -
Ainsi ce qui caractérise le tubercule, ici comme ail- ' leurs, c'est que, dans son évolution, les éléments auatomiques ne vont pas au delà de la forme Vbcléure, et qu'ils subissent fatalement l'infiltration graisseuse. L'hypertrophie du tissu conjonctif avec formation nouvelle de tissu fibreux cicatriciel'^ puis, comme conséquencét* atrophie, infiltration et fonte graisseuse des lobules hépatiques : telles sont les modifications de structure qui se rapportent à la cirrhose et au foie syphilitique. L'hyperplasie des cellules plasmatiques et l'évolution morphologique des produits nouveaux dans tous les sens représentent rdjrigine et la marche des tumeurs cancéreuses. ' ^^ ''
Dégénérescence La dégéuércsc^nce amyloïde dtf foie offre le même caractère anatomique que cel{/e du rein. Elle débute par les vaisseaux et surtout par les petites branches de l'artère hépatique; mais elle envahit souvent les cellules hépatiques, dont le contenu se transforme en une substance affiorphe transparente qui, mise en contact avec la solution aqueuse d'iode, donne la réaction caractéristique. Kystes Le foie est assez souvent le siège de kystes hydatiques
renfermant des ^hinocoques ou des débris de ces entozoaires mélangés avec d'autres éléments de la glande plus ou moins altérés. La poche est limitée à rextèrieurjgrune membrane n^rfeu^ dont l'épaisseur varie et qui appartient
ani}loide.
liydaliqucs.
au tissu conjonclif de la glande (pL XXVII, fîg. II). Audedans de celte enveloppe externe s'en trouve une autre appartenant à Thydatide et constituée par un quantité considérable de lamelles anhistes et emboîtées les unes dans les autres (fig.III). Enfin, quand Téchinocoque est détruit, on rencontre des crochets qui témoignent de son existence passée (fig. 1,2), puis des cellules hépatiques infiltrées de graisse (fig. 1, 1), de la graisse libre et des cristaux de cholestérine (fig. I, 3), des cristaux d'hématoïdine (fig. I, 4) , tous éléments qui' résultent des altérations diverses et de la destruction des parties constitutives de la glande.
Les recherches relatives à la structure du foie sont hé- Prépartuoi rissées de difficultés de toutes sortes. C'est surtout ici qu'il faut avoir recours à l'acide chromique, car sans lui il est pour ainsi dire impossible d'obtenir des coupes assez minces sans déranger les rapports des éléments constitutifs de la glande. Les injections du système vasculaire sanguin sont faciles; elles m'ont bien réussi avec de la couleur à l'huile délayée dans l'essence de térébenthine; mais il n'en est pas de même pour celles des canaux biliaires, dont les ramifications terminales très-minces et très-fragiles se rompent presque toujours à la moindre augmentation de pression. C'est au niveau du bord antérieur du foie qu'il faut pratiquer les coupes pour les recherches relatives au mode de terminaison des canaux biliaires; du reste, il faut bien l'avouer, c'est l'effet d'un pur hasard si l'on fait passer l'instrument dans la direction de ces tubes sécréteurs^ Les mêmes préparations suffisent pour l'étude des altérations du foie.
Art. 4. Glandes folliculeuses et glandes sanguines. Les glandes folliculeuses les plus simples sont les follicules isolés du tube intestinal; nous les décrirons ainsi que les
MOREL. Histoh 15 '
amygdales, les follicules de la base de la langue et du pharynx, quand nous examinerons la structure de la muqueuse du canal digestif.
Corps thyroïde. CoTfs thyToïde. L'euveloppe fibreuse du corps thyroïde se continue par sa face profonde avec des trabécules délicates du tissu conjonctif, qui circonscrivent les espaces dans lesquels sont logées les vésicules de la glande (pi. XXVII, f]g. V et VI). Chaque vésicule est donc limitée par une lamelle formée de fibres connectives, au milieu desquelles on rencontre une grande quantité de cellules plasmatiques et . beaucoup de vaisseaux (fig. V et VI , 2). Une simple couche de cellules épithéliales polyédriques tapisse la face interne de la vésicule, et un liquide albumineux en remplit la cavité. Chez le fœtus et l'enfant, la couche épithéliale est composée de cellules de 1/80 de miUimètre de diamètre, à contenu finement granuleux, et dont le noyau mesure en moyenne 1/133 de millimètre (fig. V, 1). Mais chez l'adulte et chez le vieillard il est très -rare de trouver l'épi- Ihélium intact et bien nettement séparé du contenu liquide; le plus souvent on remarque Tinfiltration graisseuse des cellules , et dans le liquide on rencontre une grande quantité de gouttelettes de graisse et de noyaux libres, qui attestent la désagrégation et la fonte des éléments cellulaires (fig. VI, 1). L'aspect lobule du corps thyroïde tient à l'agrégation des follicules en petites masses, qui restent plus ou moins indépendantes les unes des autres.
vwsseaux Les vaisscaux sanguins ne sont remarquables que par leur grande masse et par le réseau délicat qu'ils vont former dans les enveloppes de chaque follicule. On ne possède rien de précis à l'égard de la distribution des lymphatiques et de la terminaison des filets nerveux que fournit le grand sympathique.
et nerfs.
irescenee colloïde.
Les observations relatives au développement de la glande Développement thyroïde n'ont pas fourni de résultats assez positifs pour que nous les relations dans cet ouvrage.
Altérations. La dégénérescence colloïde est l'altération »*«*"*■ qui atteint le plus fréquemment le corps thyroïde et détermine le développement du goitre. Au début de la maladie, le corps thyroïde est plus consistant qu'à l'état normal, et quand on fait une coupe, on sent que le rasoir traverse une substance dure et poisseuse. La surface de section est grossièrement granulée, demi-transparente, de couleur jaune ambré ou rose pâle. En examinant la structure de l'organe, on remarque que c'est dans les vésicules qu'apparaissent les premières altérations. Les cellules épithéliales s'hyperlrophient d'abord et remplissent plus ou moins complètement les loges de la glande. Ensuite un grand nombre de ces éléments s'infiltrent de graisse et se désagrègent, tandis que les autres métamorphosent leur contenu granuleux en une substance amorphe et de consistance gélatineuse (pi. XXVII, fig. VII, 2). Enfin toutes les cellules se détruisent à peu près complètement et on en rencontre les débris dans Tintèrieur de la poche sous diverses formes, tels que noyaux libres, granulations graisseuses , liquide colloïde , cristaux de cholestérine et de margarine (fig. VII ,1).
Pendant que ces modifications se passent dans l'intérieur des follicules, qui deviennent de plus en plus volumineux , le tissu conjonctif ambiant s'hypertrophie de son côté, et les vaisseaux sanguins se dilatent et se multiplient. Alors on observe souvent que les parois des follicules subissent la dégénérescence graisseuse , les vaisseaux qui rampent dans leur épaisseur se rompent , et il en résulte des épanchements de sang qui se coagule et subit ensuite
toutes les métamorphoses des caillots depuis la simple décoloration jusqu'à la fonte graisseuse. Assez souvent les sels calcaires se mélangent à la graisse qui infiltre les parois fibreuses des follicules ; alors celles-ci prennent l'aspect et la consistance d'une coque osseuse. Dans ce pays-ci il y a très-peu de femmes qui échappent à la dégénérescence colloïde du corps thyroïde ; heureusement que l'altération s'arrête assez souvent à la première période. Il est peu probable qu'on ait observé des goitres produits par l'hypertrophie simple du système vasculaire de la glande.
i>réi«nUoni. H u'y a aucuue indication spéciale à faire relativement aux préparations du corps thyroïde. Si l'on veut avoir une idée exacte de sa structure normale, il faut prendre de préférence des glandes d'enfant ou de mammifère. Il est Raie. bon d'en faire durcir des parcelles dans l'acide chromique. Rate. La rate est un organe dont la structure laisse encore beaucoup de points à élucider; voici du reste ce qu'il est permis d'établir à cet égard d'après les travaux des plus habiles micrographes. L'enveloppe de cette glande vasculaire est semblable à celle du foie, elle adhère intiniement, d'une part au pertoine, et d'une autre part au parenchyme glandulaire; au niveau du hile elle se réfléchit sur les vaisseaux et leur fournit une espèce de capsule de Glisson.
tarenchyme. Lc parcuchyme se compose d'une sorte de corps caver- • neux dont les trabécules , de nature fibreuse , aboutissent et s'insèrent à la face profonde de l'enveloppe commune , et dont les mailles contiennent une bouillie de couleur lie de vin , que l'on appelle h pulpe splénique. 11 faut encore indiquer j comme faisant partie du parenchyme, de petits corps sphériques annexés aux artères et désignés sous le nom de corpuscules de MalpighL
de Maipîgbi.
Nous avons dit que l'enveloppe fibreuse de la rate se réfléchit sur les vaisseaux et leur forme une capsule ou gaîne en continuité avec lj3S trabécules. L'artère splénique fournit, près du hile , un certain nombre de branches qui , en pénétrant dans la glande, restent indépendantes les unes des autres et constituent chacune, par ses divisions, une sorte de pinceau vasculaire. Sur les artérioles de 1/30 à 4/10 de millimètre reposent de petits corps blanchâtres, arrondis, de 1/4 à 1/2 millimètre, et que nous connaissons déjà : ce sont les corpuscules de Malpighi. Leur structure corpuscule. est identique à celle des follicules de l'intestin. Ils ont une enveloppe très-mince de tissu conjonctif, se confondant avec la gaîne des artères, leur contenu se compose des éléments que l'on rencontre dans les ganglions lymphatiques, et ils sont distribués de la même façon. Leydig a représenté le réseau vasculaire qui pénètre dans ce corpuscule et qui rappelle par sa disposition celui des follicules clos; aussi cet observateur n'hésite-t-il pas à considérer le corpuscule de Malpighi comme un petit ganglion lymphatique.
La pulpe splénique, qui est traversée par les plus fins Puipe vaisseaux et les trabécules les plus délicates, renferme des éléments de nature diverse. Sa masse principale se compose de globules semblables à ceux des corpuscules de Malpighi ; des débris de globules rouges , du pigment sanguin et des cellules volumineuses (1/40 de millimètre) multinucléaires forment le reste. Parmi ces derniers éléments il en est qui offrent une formation endogène de globules rouges , c'est au moins ce qu'il est permis de conclure d'après le dessin de Otto Funke*. Mais KôUiker
' jétlas de chimie physiologique; Leipzig.
8pléiuc|ue,
Veines.
prétend, au contraire, que ces éléments ne sont primitivement que des amas de globules sanguins , autour desquels se dépose une membrane qui les transforme en cellules ; ces noyaux (anciens globules rouges) subiraient plus tard une métamorphose rétrograde, et cet anatomiste donne des dessins à l'appui de son opinion. Est-il permis, après cela, de considérer la rate, avec Otto Funke, comme un foyer de formation de globules rouges, ou bien avecKôlliker , comme un organe destructeur de ces mêmes globules?
Au milieu des éléments extraits de la rate on rencontre encore des cellules fusiformes et fortement renflées au niveau du noyau. En comparant la forme de ces corps avec les cellules épithéliales des vaisseaux, on doit les considérer comme des éléments de la même espèce (pi. XXVII, fig. IV). Cependant Fûhrer {Gazette hebdomadaire ^ 1855, p. 314) leur assigne une'aulre nature et leur fait jouer un rôle physiologique très-important. Pour lui, les cellules fusiformes, renflées en forme d'anévrysme, ne sont autres que des tubes ajustés entre eux bout à bout et communiquant avec les capillaires de la rate, et le noyau, futur globule rouge du sang, une fois complètement formé, se détache de sa petite loge et tombe dans la circulation générale; ces corps seraient donc les organes formateurs des globules rouges. Fûhrer s'est sans doute laissé entraîner par le désir d'établir une analogie entre ces fuseaux et les dilatations artérielles que l'on observe sur les poissons , et il aura méconnu leur nature épithéliale.
Les plus petites veines naissent des capillaires, restent pendant un certain temps indépendantes et s'accolent plus tard aux artères. Les lymphatiques superficiels et profonds se réunissent au niveau du hile et vont ensuite se
probable.
jeter dans le canal thoracique. Les nerfs sont nombreux et s'accolent aux artères; ils paraissent se terminer par des extrémités libreg.
Il est une question très-obscure, c'est celle de savoir siructure quels sont les rapports de la pulpe splénique avec le système veineux. Est-elle absolument sans relations avec les vaisseaux sanguins, comme le veulent certains observateurs, ou bien les espaces qui la contiennent sont-ils des dilatations veineuses, et, dans ce cas, font-ils partie du torrent circulatoire ? Je crois que cette dernière opinion se rapproche le plus de la vérité; voici du reste ce que j'ai pu constater relativement à cette question : dans la rate existent des canaux assez larges (1/33 de mlHimèlre) dont la paroi ou tunique externe, fibreuse, est composée presque exclusivement de fibres élastiques fines qui , mélangées à quelques fibres conjonctives, forment un réseau serré n'ayant aucune ressemblance avec la tunique externe des vaisseaux. La face interne de ces tubes m'a paru tapissée par une simple lamelle épithéliale de cellules fusiformes dont j'ai parlé plus haut; enfin ils sont remplis de globules sphériques mesurant en moyenne 1/200 de millimètre. Ces canaux s'anastomosent les uns avec les autres, mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont leurs connexions avec le système vasculaire sanguin. Dans certains points de leur trajet ils se rétrécissent brusquement et se continuent directement avec de très-petits tubes, dont la structure rappelle celle des petits vaisseaux et des capillaires sanguins. On peut donc conclure de ces faits que la rate est une glande en tube réticulée dont les canaux sécréteurs s'aboucheraient directement avec un certain nombre de capillaires artériels, qui leur apporteraient les matériaux de sécrétion , et d'une autre part avec les
veines, qui leur serviraient de canaux excréteurs. Il est bien entendu que je ne donne cette opinion qu'avec la plus grande réserve, et comme étant simplement l'expression probable des faits observés.
Défeioppement. On n'cst pas d'accord sur le lieu d'origine de la rate. Arnold prétend que primitivement, c'est-à-dire vers la septième ou huitième semaine de la vie intra-utérine, cet organe se confond avec le pancréas. Bischoff dit l'avoir vu naître de la grande courbure de l'estomac sur des embryons de vache; enfin, pour d'autres observateurs, la rate se développe aux dépens d'un blastème d'abord indépendant et qui plus tard se soude à l'estomac. C'est à l'opinion d'Arnold que je me rangerai, car j'ai pu constater, comme lui , la fusion de ces deux organes sur un embryon humain de neuf semaines. On voyait une languette étendue du grand cul-de-sac de l'estomac au duodénum. La partie correspondante au pancréas était blanchâtre, tandis que la partie soudée à l'estomac , un peu plus large , était tout à fait rouge , et par cela même semblait posséder déjà une structure spéciale. Plus tard la languette se divise en deux portions et l'extrémité rouge, qui reste attachée à l'estomac, forme la rate. On ne sait rien de précis relativement aux métamorphoses histologiques que subit l'organe pendant son développement.
prÂparatioi». Lcs préparatious de la rate sont très-difficiles à exécuter, ou plutôt c'est presque par un pur effet du hasard qu'on réussit à les obtenir. Pour pratiquer des coupes, il faut faire durcir les fragments dans l'alcool concentré et dans l'acide chromique. Ensuite, quand on veut étudier les dispositions du tissu conjonctif qui contient les éléments cellulaires, on fait tomber sur la pièce un léger filet d'eau qui détache et entraîne ceux-ci; alors le réseau conjonctif et les canaux
de toute sorte deviennent plus apparents. Il est facile de fabriquer à cet effet un irrigateur: on prend un petit flacon à large tubulure et on pratique deux trous dans son bouchon de liège. Dans l'un des trous, on enfonce un tube dont une extrémité plonge jusqu'au fond du vase, tandis que l'autre, qui est en dehors, est effilée et recourbée sur elle-même; c'est par ce tube que passe le courant d'eau. Dans l'autre trou on enfonce encore un tube, mais de façon que l'extrémité inférieure ne dépasse pas le bouchon; l'extrémité supérieure recourbée à angle droit sur»ellemême est introduite dans la bouche; c'est le tube insufflateur. Au moyen de ce petit appareil on a l'avantage de pouvoir régler à volonté la force du courant d'eau. On met encore à découvert le réseau de tissu conjonctif en détachant les éléments cellulaires au moyen d'un pinceau , mais cet instrument est plus difficile à manier que l'irrigaleur et expose davantage à dilacérer les pièces.
Capsule surrénale. La nature et le rôle physiologique capsuie de cet organe sont inconnus. Cependant il semble que , par certains éléments qui entrent dans sa composition et qui forment la presque totalité de la partie centrale , il se rapproche davantage du système nerveux que des glandes folliculeuses.
La capsule surrénale possède une enveloppe mince , de sirudore. nature fibreuse et qui est unie au parenchyme par des trabécules délicates. En faisant une coupe qui divise complètement l'organe, on remarque qu'il se compose de deux substances dont l'une forme l'écorce et l'autre le centre. La première , ou substance corticale, de 1 à 2 millimètres sub.tance d'épaisseur, assez consistante, brunâtre, est un peu plus foncée dans les couches superficielles que dans les cpuches profondes. Au milieu du tissu fibrillaire qui en fornie la
corticale.
mMaUaire.
charpente, existent de nombreuses cavités allongées et remplies de cellules volumineuses (4/50 à 1/40 de millimètre) et qui offrent la plupart une infiltration graisseuse prononcée, subiitnco La trame fîbrillaire de la substance centrale ou médullaire est plus délicate que celle de l'écorce, et les cellules qu'elle contient ressemblent tout à fait aux cellules multipolaires des centres nerveux. Les nombreux nerfs destinés à la capsule surrénale pénètrent dans cette substance et s'unissent, ainsi que Ta démontré Leydig, aux prolongements des cellules multipolaires. On est donc en droit, d'après ces données, d'admettre que cet organe est un ganglion nerveux , et de considérer la substance corticale comme une simple membrane de protection , car l'infiltration graisseuse considérable de ses éléments globuleux semble indiquer chez elle un arrêt d'activité fonctionnelle.
Les artères et les veines sont nombreuses ; leur distribution n'offre rien de particulier à noter. Les lymphatiques sont rares et paraissent appartenir à l'écorce seulement.
Le développement de la capsule surrénale se fait en même temps que celui du rein, mais d'une manière indépendante. Les transformations histologiques qu'elle subit pendant la vie embryonnaire sont peu connues.
L'organe étant très-mou , il faut toujours le faire durcir soit par l'alcool, soit par l'acide chromique, afin de pouvoir pratiquer des coupes.
Vaisseaux .
Développement.
Préparations.
La peau se compose de deux lames dislincles: l'une, superficielle, est de nature exclusivement cellulaire, c'est l'épiderme; l'autre, profonde, a pour substance fondamentale une trame de tissu conjonctif, au milieu de laquelle on rencontre une grande quantité de nerfs et de vaisseaux, ainsi que des glandes et des masses de cellules adipeuses: c'est le derme.
Dans l'épiderme on distingue nettement trois zones : la Épidem*. première, en contact immédiat avec le derme, est constituée par une seule rangée de cellules cylindriques, à noyau foncé, et dont le grand diamètre est dirigé perpendiculairement à la surface qu'elles recouvrent (pi. XXVIII, fig. II, 3). C'est principalement dans cette couche que se fait le dépôt de pigment noir chez le nègre, et dans certaines régions de la peau chez le blanc, par exemple l'aréole de la mamelle et le scrotum (fig. III , i).
Au-dessus de cette zone de cellules cylindriques il en existe une autre , cinq à six fois plus épaisse et également composées de cellules à noyau (fig. 1 , 3 ; fig. II , 2 ; fig. IV, 3). Les plus profondes sont ovales,, les moyennes rondes ou polyédriques et les superficielles de nouveau ovales; mais leur direction est inverse à celle des cellules profondes, c'est-à-dire que leur grand diamètre est parallèle à la surface cutanée. Ce sont ces deux zones qui, par leur réunion, forment la couche muqueuse ou le réseau muqueux de Malpighi. Enfin, la troisième zone, la plus externe, ou couche cornée de l'épiderme, très-variable dans
236 CHAPITRE YIIl.
son épaisseur , ainsi que la zone précédente, ne renferme que des cellules lamelliformes régulièrement stratifiées (fig. I, 2; fig. Il, i), et qui diffèrent des cellules de la couche muqueuse, non-seulement par leur forme, mais encore par l'absence du noyau et par leur contenu plus ou moins opaque et grossièrement granuleux. Elles résistent aussi, pour ainsi dire, indéfiniment à l'action de Tacide acétique, et longtemps à celle de la potasse caustique, tandis que les cellules de la couche muqueuse de Malpighi sont détruites assez rapidement par ces agents chimiques et surtout par la potasse. L'épiderme, quoique privé de vaisseaux, comme les épithéliums, n'en jouit pas moins d'une organisation réelle et d'une vitalité incontestable.
Derme. Lc dcrmc se divise naturellement en deux zones superposées, qui se fondent insensiblement l'une dans l'autre à leur ligne de contact. La zone profonde ou réticulée est constituée par un feutrage très-lâche des fibres connectives et élastiques , feutrage qui se tasse à la limite interne de la peau pour former le fascia superficialis. C'est dans cette couche réticulée que l'on trouve les glandes de la peau, les follicules pileux et les cellules adipeuses groupées ordinairement par petites masses (pi. XXVIII, fig. I, 8 , iO). C'est aussi là que rampent les vaisseaux et nerfs cutanés avant de présenter leurs divisions ultimes.
Papale.. La surface de la zone superficielle ou papillaire est hérissée de petites saillies auxquelles on donne le nom de papilles. Celles-ci ne sont pas uniformément réparties et ne présentent pas partout le même volume ; c'est à la pulpe des doigts et des orteils qu'elles sont le plus nombreuses et en même temps le plus développées ; quelques-unes même sont surmontées de papilles secondaires. Les papilles , ainsi que les parties dermiques attenantes,
sont composées d'un lissu fibrillaire très-délicat, parsemé d'une quantité considérable de cellules plasmatiques (fig. II, 5; fig. IV, 1) et sillonné par les ramifications terminales des systèmes vasculaires et nerveux. Un liséré amorphe , et ne mesurant que i/800 de millimètre d'épaisseur, sépare le derme de Tépiderme (fig. II, 4).
Les vaisseaux du derme forment deux masses : l'une vai.8eaax reste dans la zone profonde et fournit des rameaux aux glandes, aux follicules pileux et aux pelotons de graisse adipeuse ; l'autre se résout en un réseau serré qui occupe les couches superficielles, et donne en naême temps des anses vasculaires qui pénètrent dans l'intérieur d'un grand nombre de papilles (papilles vasculaires).
Les filets nerveux de la zone profonde , très-rares, sont werf». destinés aux organes situés dans cette région ; mais ceux de la couche superficielle, très-nombreux, forment un réseau plexiforme et paraissent se terminer par des extrémités libres, après s'être préalablement divisés. Une trèsgrande quantité de ces filets nerveux pénètrent dans certaines papilles (papilles nerveuses), et s'y terminent ou par des extrémités libres, ou par des anses (rares), ou bien encore par fusion avec de petits corps olivaires, pour constituer les corpuscules du tact que nous avons décrits plus haut (pi. XXVIII, fig. II, 6). On se rappelle aussi que les corpuscules de Pacini représentent un autre mode de terminaison des nerfs cutanés (pi. XIV, fig. II). Si les papilles ont toutes la même structure au point de vue de leur substance fondamentale conjonctive, elles forment, au contraire, deux groupes bien distincts, eu égard à leurs relations avec les vaisseaux et les nerfs ; il y a , comme on l'a vu, des papilles qui renferment des vaisseaux et qui ne contiennent pas de nerfs ^ et d'autres qui reçoivent des
238 CHAPITRE YIII.
nerfs et qui sont totalement privées de vaisseaux; les premières sont les papilles vasculairesy les secondes repré* sentent les papilles nerveuses.
Lymphatiques. Les vdlsscaux lymphdtiques forment un réseau trèsserré à la superficie du derme et communiquent par des rameaux de plus en plus volumineux avec les troncs souscutanés. On ne possède pas de données positives sur leur origine. Prennent-ils leur source dans le réseau des cellules plasmatiques? ou bien, comme le prétend M. Kûss, sont-ils en communication directe avec les couches profondes de Tépiderme? Jusqu'à présent ces questions n'ont pas reçu de réponse établie sur la démonstration directe des faits.
Nous rappellerons que nous avons déjà étudié la structure des glandes de la peau.
Développement. Suivaut BiscHofT, la peau se montre comme couche distincte dès le commencement du deuxième mois. Bientôt le derme , qui est encore formé de cellules primordiales, acquiert une plus grande densité et se distingue ainsi de l'épiderme; plus tard, les cellules qui le composent se transforment, les unes en fibres connectives et élastiques, les autres en vaisseaux etc. Enfin, un certain nombre d'entre elles semblent subir un temps d'arrêt dans leurs métamorphoses, et représentent alors ce qu'on a appelé les cellules plasmatiques ou corpuscules du tissu conjonctif. Sur un embryon humain de quatre mois j'ai pu assister à la formation des cellules adipeuses, et j'ai parfaitement vu qu'elles dérivent des cellules plasmatiques , dont le contenu s'infiltre de graisse en même temps qu'il augmente de volume. Quant à l'épiderme, il se développe par multiplication et augmentation de volume de ses éléments globuleux. Quoique l'on ne soit pas encore arrivé à la dé-
moDStralion du fait, il est probable que la multiplication des cellules s'opère sur l'embryon , et pendant toute la vie 9 par formation endogène de noyaux et scission de la cellule primitive.
Pour étudier la structure de la peau, il faut pratiquer Prépanuon» à l'aide du rasoir des coupes très-minces de cette membrane, soit fraîche, soit desséchée. L'acide acétique rend les préparations plus transparentes; la potasse caustique très-étendue produit le même effet et de plus dissocie, et à la longue détruit tous les éléments constitutifs, les fibres élastiques exceptées ; l'emploi de ces réactifs sera donc utilisé pour observer certains détails de structure. On trouvera les corpuscules du tact sur des coupes faites à la région palmaire de la troisième phalange et à la région correspondante des orteils.
Art. 2. Ongle. L'ongle n'est qu'une forme particulière ongu. de l'hypertrophie de l'épiderme. La face profonde de cette lame cornée repose immédiatement sur le derme; son bord antérieur est libre, mais ses bords postérieurs et latéraux sont enfoncés dans une gouttière connue sous le nom de rainure unguéale^ et qui est formée par un repli de la peau ou pli sus-unguéal (pi. XXIX, fig. I, II, III).
A la surface du derme unguéal ou matrice de l'ongle, Derme nnguéai. lit de l'ongle, on trouve des crêtes privées habituellement de papilles, et qui marchent parallèlement les unes aux autres d'avant en arrière jusque vers le bord postérieur , où elles convergent à un centre commun. La structure du derme unguéal est la même que celle de la couche dermique superficielle des autres régions; seulement il faut obser^'er que le réseau vasculaire est beaucoup moins serré en arrière que dans le reste de son étendue , et il en résulte une tache blanche, semi-lunaire , recouverte en partie par
240 CHAPITRE YIII.
le pli sus-unguéal, c'est la lunule. Le pli sus-unguéal se compose des deux couches constitutives de la peau , mais son derme est privé de papilles (fig. 1 , 5). Épiderme. Dg^g l'onglc OU rctrouve les trois zones de cellules que nous avons déjà constatées dans Tépiderme. L'inférieure et la moyenne sont exactement semblables à celles de la peau, avec lesquelles elles se continuent sans ligne de démarcation (fig. II, 2, 5, 7). Quant à la zone superficielle, la persistance du noyau dans les cellules , une plus grande transparence de leur contenu et une cohésion plus considérable^ entre elles sont les caractères qui lui appartiennent en propre et qui la différencient d'avec la zone correspondante de l'épiderme.
L'épiderme du pli sus-unguéal adhère intimement à Tongle (fig. II, 40); cependant, comme les globules n'ont pas la même structure que ceux de l'ongle, il en résulte une ligne de démarcation très-nette entre les deux couches (fig. II, 4).
Développement. ^^^ ^^ trolsièmc mois , l'ongle se dessine par l'apparition d'une rainure qui le circonscrit (rainure unguéale). Le derme et l'épiderme s'hypertrôphient tous les deux , et déjà au cinquième mois, la surface dermique est surmontée de saillies lamelliformes parallèles; dès ce moment l'ongle se distingue très-bien, par sa structure, du reste du revêtement épidermique.
Accromement. L'accroissemcnt de l'ongle se fait aux dépens de la couche muqueuse de Malpighi , dont les cellules superficielles se transforment successivement en cellules cornées. L'accroissement en longueur résulte de la végétation trèsaclive des cellules de la rainure postérieure e't de leur accolement à la racine de l'ongle. Pendant que celui-ci est ainsi poussé en avant^ sa face inférieure entraine une
certaine quantité de cellules qui recouvrent le derme unguéal ou lit de l'ongle , et il en résulte une augmentation dans son épaisseur , mais il est à remarquer que l'accroissement en longueur l'emporte de beaucoup sur l'autre.
On fera pour l'ongle les mêmes préparations que pour préparations. l'étude de la peau : l'emploi de la potasse étendue est nécessaire pour dissocier les cellules de la couche cornée.
Art. 3. Poil. Le poil, comme l'ongle, est de nature i^o"* épithéliale; il se présente sous forme d'un filament cylindrique ou aplati, dont les dimensions sont très-variables, et il se compose de deux parties distinctes: l'une, qui surmonte librement la surface cutanée, c'est la tige; l'autre, qui se trouve enfoncée dans une gaîne ou follicule que lui fournit la peau , c'est la racine. Celle-ci se termine par un renflement en massue ou bulbe, dont lextrémité inférieure offre une excavation profonde dans laquelle pénètre une papille dermique appelée germe ^ pulpe, papille du poil {pi XXIX,fig. IV,3,7).
Le poil est limité à l'extérieur par une simple couche structure. épithéliale, que l'on désigne sous le nom d'épiderme du poil (fig. VII, i) : immédiatement en dedans se trouve une substance à stries longitudinales , formant la masse presque entière du poil et que l'on appelle la substance corticale {fig. VII, 2); enfin au centre du poil on rencontre ordinairement, mais pas toujours, un canal rempli de cellules particulières qui forment la substance médullaire (fig. VII, 3).
L'épiderme , comme nous venons de le dire , se compose Épidermo. d'une simple couche de cellules lamelHformes, imbriquées ■ les unes sur les autres, de telle sorte que leur bord supérieur est libre (pi. XXIX,fig.V). Quand oatraite cette couche par l'acide acétique et surtout par la potasse caustique, les
MOREL. Histol. 16
Substance corticaJc.
Substance médullaire *
cellules se gonflent, deviennent plus transparentes, et on remarque que le contenu est finement granuleux et que le noyau a* disparu (fig. VI). L'épiderme n'appartient qu'à la tige, il cesse brusquement au niveau de la racine. Leydig a figuré, comme épiderme de la racine, une couche de cellules cylindriques qui reposent perpendiculairement sur elle, mais son existence est loin d'être constante.
La substance corticale, dont la couleur varie avec celle du poil, présente des stries longitudinales et des taches linéaires dirigées dans le même sens (pi. XXIX, fig. VII, 2). Les^l.éments qui la composent ont une grande cohésion entre eux, mais à l'aide de potasse caustique on peut les dissocier aisément, et constater que ce sont de longs fuseaux homogènes dans leur structure , sans trace de noyau et contenant quelquefois des granulations pigmentaires. Les taches linéaires foncées nous paraissent simplement des espaces remplis d'air, car on les observe sur les cheveux blancs comme sur les autres (pi. XXX, fig. 1).
Dans la racine, la substance corticale présente une autre physionomie : au niveau du bulbe on trouve des cellules régulièrement polyédriques, dont le contenu est finement granulé et transparent, ou bien très-chargé de pigment et le noyau très-nettement délimité (pi. XXX, fig. II, 6). Un peu plus haut, les cellules s'allongent, ainsi que les noyaux; enfin, à la limite supérieure de la racine, les contours des cellules pâlissent et disparaissent, tandis que les noyaux s'allongent de plus en plus et restent parfaitement visibles. Pendant que les celles sont résorbées , les noyaux persistent et forment les fuseaux de la substance corticale.
Le canal médullaire n'existe pas toujours, et quand il existe j il offre des variétés dans sa forme et dans sa
longueur. Ainsi quelquefois il occupe presque toute la longueur du poil; d'autres fois il s'arrête au niveau de la racine; enfin , il arrive assez souvent qu'il présente de distance en distance des étranglements considérables et même des solutions de continuité (pi. XXIX, fig. IV, 6; pL XXX, fig. II , 8). Les cellules qui le remplissent constituent la substance médullaire ; elles contiennent ordinaire- , ment un^noyau assez pâle et des granulations d'aspect graisseux; d'après KôUiker, elles renferment en outre des bulles d'air.
La gaîne ou follicule du poil rappelle par sa structure caïuc celle de la peau : en effet on y trouve deux zones de tissu conjonctif, semblables à celles du derme, et deux autres zones cellulaires semblables aussi à celles de l'épiderme. C'est ce qui fait croire, avec une certaine apparence de raison, quoique le développement du poil prouve le contraire, que le follicule pileux est une poche produite par le refoulement de la peau. Voici du reste quelle est sa structure.
En procédant de dehors en dedans, on voit : 4° une sirudure. première zone formée de tissu conjonctif assez lâche et qui se continue avec la couche profonde du derme (pi. XXX, fig. II, 1) ; 2® une autre zone Irès-distincte de la précédente, et dont la structure est identique à celle de* la couche superficielle du derme, avec laquelle elle est en continuité; elle est limitée en dedans par un liséré mince et amorphe comme celui du derme (fig. II, 2, 3; fig. III, 5); 3^ sur ce liséré amorphe, la gaîne épidermique externe, composée de cellules dont la forme et le mode de stratification rappellent la couche muqueuse de Malpighi , avec laquelle du reste elle se confond (fig. II, 4; -fig. III, 4); 4® la couche épidermique interne qui, avec ses cellules
244 CUAPITRE Vlli.
lamelliformes et privées de noyau , est en tout semblable à la couche cornée de Tépiderme; elle se termine en s'effilant à peu près au tiers supérieur du follicule, où débouche ordinairement le canal excréteur des glandes sébacées annexées aux poils (pi. XXIX , fig. IV , 10; pi. XXX, fig. II, 5; fig. III, 3). Au follicule pileux est annexé un très-petit faisceau de fibres musculaires lisses, qui s'insère à la partie inférieure de cette gaîne et du côté correspondant à rinclinaison du poil'; de là il monte obliquement vers la surface du derme, où il prend son autre insertion: c'est un muscle redresseur du poil.
Papiuc. La papille qui est logée dans la cavité du bulbe appartient au derme et offre une structure plus délicate que les autres papilles de la peau. Elle est riche en vaisseaux, qui décrivent plusieurs anses dans son intérieur, mais on ignore encore ses rapports avec le système nerveux (pi. XXX, fig. 11,7).
Développement. Lc . poil aiusi que les deux couches épidermiques du follicule dérivent d'un bourgeon de la couche muqueuse de Malpighi, qui s'enfonce dans la profondeur du derme, tandis que les deux tuniques externes dépendent des cellules formatrices du derme. Le poil se forme tout d'une pièce au centre du bourgeon et apparaît sous forme d'un cône, dont le sommet, très-effilé, est dirigé en haut; puis les cellules subissent diverses métamorphoses qui déterminent la forme et la nature des divers éléments constitutifs de cet organe et des deux tuniques épithéliales du follicule. J'ai pu constater que la régénération du poil se fait d'après le même mécanisme et aux dépens d'un bourgeon provenant de l'hyperplasie des cellules du bulbe resté dans le follicule.
Préparauon». Lcs préparatious du poil n'offrent aucune difficulté. On
obtient le follicule avec le bulbe pileux et les glandes sébacées, en disséquant le follicule dans l'épaisseur du scrotum, où le derme est transparent et dépourvu de graisse. Quand on veut obtenir de très-belles coupes transversales du poil et de sa gaîne, on fait dessécher une paupière, ensuite on taille des lamelles perpendiculairement à la direction des cils, et on les plonge dans de l'eau très-légèrement acidulée. Pour dissocier les éléments du poil , on le traite par la potasse caustique, qui le ramollit; alors il n'y a plus qu'à dilacérer les parties.
MUaUEUSE DU CANAL DIGESTIF.
En se fondant sur les caractères généraux de structure Déaniuon. des muqueuses , il est impossible de donner une définition qui établisse une ligne de démarcation bien nette entre ces membranes, les séreuses et les synoviales. Quoique les muquesses aient beaucoup d'analogie avec la peau, elles s'en distinguent cependant par leur revêtement épithélial qui ne présente jamais la couche cornée de l'épiderme. L'épithélium des membranes séreuses et synoviales est humide comme celui des membranes muqueuses; dans la séreuse il forme une simple couche de cellules, dans les synoviales il est stratifié; or le revêtement épithélial des muqueuses offre cette double variété de structura Peut-être trouverait-on un caractère différentiel en s'appuyant sur l'absence des glandes dans les synoviales et les séreuses? pas davantage; car il existe des membranes muqueuses absolument privées de glandes. La seule différence réelle entre ces membranes se rattache à leurs re-
lations avec l'extérieur: les muqueuses aboutissent plus ou moins directement à la surface du corps, tandis que les séreuses et les synoviales constituent des cavités closes de toute part, et encore, sous ce rapport, trouvons-nous une exception dans la séreuse abdominale de la femme. siruciure La muQucuse du canal alimentaire est en continuité
générale.
avec la peau et offre la même structure dans ses parties fondamentales; ainsi, elle se compose de deux feuillets dont l'un correspond et ressemble à la zone dermique supérieure, c'est le feuillet muqueux proprement dit; l'autre fait suite à l'épidermc, c'est le feuillet épithélial. Cependant la forme et l'agencement variables de son épithélium , la distribution particulière et variable aussi des vaisseaux qui la sillonnent, la nature et la forme de ses glandes , en font une membrane spéciale qui mérite une description détaillée.
Il suffit d'observer un peu attentivement cette muqueuse pour voir que sa physionomie n'est pas la même partout. Il y a sous ce rapport des différences notables en tel et tel segment du tube digestif: aussi, en nous appuyant sur ce fait, et dans le but de faciliter l'étude de la membrane qui nous occupe , nous examinerons sa structure successivement: dans la bouche, le pharynx, l'œsophage , l'estomac, l'intestin grêle et dans le gros intestin.
Mii^neosG Lc fcuillet muqueux des lèvres , des joues , du palais et des gencives ressemble tout à fait à la couche dermique superficielle de la peau. C'est une lamelle munie de papilles au moins aussi nombreuses et de même forme que celles du derme, et dont la structure, peut-être un peu plus délicate, offre les mêmes éléments. On remarque aussi une analogie frappante dans la distribution vasculaire et nerveuse, mais jusqu'à présent on n'a rencontré
hnccale.
des corpuscules du tact que dans les papilles des lèvres. Au niveau du palais et des gencives, le feuillet muqueux adhère très-fortement au périoste, avec lequel , du reste , il se confond; mais aux joues et aux lèvres il est doublé par une lame fibreuse très-lâche qui le rattache faiblement à la couche musculaire sous-jacente.
Le feuillet épithélial présente la même physionomie Épiihéimm. quel'épiderme: les deux zones profondes, correspondant au corps muqueux de Malpighi, sont absolument iden- " tiques, et dans la forme de leurs éléments, et dans leur ordre de superposition. La couche superficielle eet également composée de cellules lamelliformes, mais différant de celle de Tépiderrae par la persistance de leur noyau.
Les glandes de cette portion de la muqueuse digestive ciandes. appartiennent toutes à la catégorie des glandes en grappe; elles occupent la lame sous-rauqueuse; quelquefois même, comme aux joues, elles plongent dans la couche musculaire; la partie antérieure du palais et des gencives en sont dépourvues.
La muqueuse qui revêt la face inférieure de la langue Muqueuse est semblable à celle des lèvres, mais celle de la face dorsale de cet organe en diffère, et par l'aspect extérieur, et par certains détails de structure.
La partie qui correspond à la base de la langue est à peu près lisse, cependant elle offre, de distance en distance, de petites saillies lenticulaires, percées d'un trou à leur centre et formées par le relief des follicules clos sous-jacents. Le reste de la surface de cette membrane est hérissé de papilles très-saillantes que Ton peut diviser, d'après leur forme, en trois espèces, à savoir: les papilles caliciformes , les -papilles fongiformes et les papilles filiformes ou coniques.
ffngifoimos.
filiformes.
ptpiiie. Les papilles de la première espèce siègent immédiatement au devant de la base de la langue et constituent ce qu'on appelle le V lingual. Elles ont la forme d'un cône dont le sommet adhère à la muqueuse, tandis que la base tournée en haut est libre; de plus, elles sont circonscrites par un anneau muqueux, qui forme une sorte de capsule, dans laquelle elles sont presque complètement cachées (pl.XXX,fig. IV).
pap.iio. Les papilles fongiformes sont plus petites que les précédentes et ont la même forme; mais elles surmontent librement la surface de la muqueuse. Leur distribution est assez égale sur toute l'étendue de la face dorsale de la langue; cependant on» en trouve une plus grande quantité vers les bords et la pointe de cet organe.
Pap.ih.8 Les papilles fihformes, dont le nom indique fort bien la configuration, quoique disséminées partout, sont cependant plus nombreuses sur la ligne moyenne de la langue que sur ses bords, où elles dégénèrent en petits plis lamelliformes. Leur direction est oblique de bas en haut et d'avant en arrière (pi. XXX, (\g. V).
siM.ciuro Chaque papille, quelle que soit sa forme, se compose de deux parties : l'une profonde ou muqueuse, l'autre superficielle ou épithéliale. Dans les trois espèces de papilles, le feuillet muqueux est surmonté de papilles secondaires, qui se présentent sous forme d'appendices plus ou moins longs et grêles (pi. XXX, fig. IV, 2; fig. V, 2).
Quant au feuillet épithélial, il se moule exactement sur la muqueuse sous-jacente, et offre une surface libre qui varie d'aspect, selon qu'elle correspond aux papilles caliciformes et fongiformes, ou bien aux papilles filiformes; dans le premier cas elle est tout à fait lisse (fig. IV, 3); mais dans le second cas elle présente des filaments plus
dos papilles.
OU moins longs et déliés, qui reproduisent assez exactement la forme des papilles secondaires du feuillet muqueux qu'ils surmontent (fig. V, 3, 4). C'est ce revêtement épithélial des papilles filiformes qui, chez certains animaux , se métamorphose en produit corné et devient ainsi un organe de préhension ; chez le brochet il offre la même structure que les dents de cet animal. Il est presque inutile de dire que l'épithélium de la langue est identique à celui des joues quant à la forme et à l'agencement de ses éléments.
Les papilles filiformes différent des deux autres espèces, non-seulement par la forme extérieure de leur revêtement épithélial, mais encore par leurs rapports avec le système nerveux; ainsi les filets nerveux qu'elles reçoivent sont très-rares, et encore ils ne pénètrent pas dans les papilles secondaires. Les papilles caliciformes et fongiformes sont, au contraire, relativement très-riches en fibres nerveuses, et l'on peut suivre celles-ci jusque dans les*papilles secondaires, où elles paraissent se terminer par des extrémités libres ; on a même constaté des corpuscules du tact dans les papilles fongiformes de la pointe de la langue, et, d'après Krause , ils seraient logés dans les prolongements secondaires du feuillet muqueux.
La distribution des vaisseaux ressemble à celle des autres papilles des parois buccales.
Les glandes de la muqueuse linguale sont de deux cundes. espèces: les glandes en grappe, les follicules clos. Les premières, à vrai dire, n'appartiennent pas à cette membrane; car elles sont plongées dans les couches musculaires superficielles. Elles sont très-nombreuses à la base de la langue, où elles forment une couche continue qui, sur les côtés, s'étend jusqu'aux piliers du voile palatin , et
en avant empiète un peu sur la région papillaire. Celles qui sont situées à la partie postérieure des bords latéraux, et à la face inférieure de la pointe de la langue, sont également cachées dans les faisceaux charnus superficiels, et n'ont de rapport avec la muqueuse que par leurs canaux excréteurs, qui la traversent et viennent s'ouvrir soit dans le fond des sillons marginaux, soit sur le côté du frein.
Fpuicaicscios. Les glandes folliculeuses ou follicules clos de la base de la langue correspondent aux saillies lenticulaires de cette région. Au centre de chaque saillie existe un orifice, trèsvisible à l'œil nu, qui conduit dans une excavation borgne et renflée à la façon d'un flacon; ses parois sont en continuité avec la muqueuse lingijale et offrent absolument la même structure. Le réseau vasculaire qui entoure l'orifice est plus serré que dans les parties voisines (pi. XXX, fig. VI). Une lame dense et épaisse de tissu conjonctif double les parois de cette excavation, et renferme une\ingtaine de petits corps sphériques du volume des follicules clos de l'intestin, ei dont la structure est absolument la même; en un mot, ce sont de petits ganglions lymphatiques. Ces organes n'off*rent pas de traces de canaux excréteurs en communication avec l'extérieur; ce qui a induit en erreur à cet égard, c'est la présence d'un pertuis à la surface de la muqueuse sous-jacente ; mais nous savons déjà que cet orifice conduit simplement dans une cavité borgne.
Amygdales. Lcs amygdalcs sont constituées par une agglomération de follicules clos identiques aux précédents; ce sont donc des glandes folliculeuses composées; elles représentent en quelque sorte les plaques de Peyer de la bouche. Les excavations qui siègent sur leur face libre et bombée sont de simples culs-de-sac; quelquefois elles sont remplies
de grumeaux blanchâtres et infects , composés de débris d'épithélium en voie de métamorphose graisseuse.
Les lymphatiques de la bouche sont très-nombreux, Lymphauques surtout ceux qui appartiennent a la muqueuse linguale. Ils paraissent naître immédiatement sous la couche épithéliale et vont se jeter dans les ganglions du cou.
La muqueuse du pharynx possède des papilles plus pe- Muqnenso tites et moins nombreuses que celles de la bouche. Son épithélium stratifié ressemble à celui de la cavité buccale; cependant il faut observer qu'à la partie supérieure, ou voûte pharyngienne, il est muni de cils vibra tils. Les couches profondes de cette membrane renferment des follicules clos et des glandes muqueuses en grappe; les premiers n'existent qu'à la voûte du pharynx , tandis que les glandes muqueuses se trouvent partout; cependant elles sont plus nombreuses à la région pharyngienne supérieure. Les vaisseaux sanguins sont nombreux et offrent une distribution analogue à celle des vaisseaux de la muqueuse buccale. Les lymphatiques se rendent aux ganglions cervicaux profonds. Les nerfs, très-abondants, paraissent se terminer par des extrémités libres.
La muqueuse de l'œsophage possède une grande quan- Moqueuse tité de papilles coniques , et offre, du reste, la même structure que la muqueuse du pharynx. Elle est privée de follicules clos, et ses glandes muqueuses sont en petit nombre. Les vaisseaux sanguins, bien moins abondants que ceux . du pharynx, ne présentent rien de particulier dans leur distribution. Les lymphatiques aboutissent aux ganglions cervicaux profonds inférieurs et à ceux du médiastin postérieur. Les nerfs sont nombreux; mais leur mode de terminaison est encore indéterminé (pi. XXXI, fig. I).
La muqueuse pharyngo-œsophagieijne est enveloppée.
comme on le sait, par une tunique musculeuse, représentée, pour le pharynx, par les muscles constricteurs, elpourrœsophage,par deux lames dont l'interne est formée de fibres circulaires, et l'externe, de fibres longitudinales. La tunique musculeuse du pharynx se compose exclusivement de fibres striées; celle de l'œsophage est de même nature à sa partie supérieure; mais vers son extrémité inférieure, et déjà à cinq centimètres au-dessus du cardia, les fibres striées font place aux fibres lisses.
Muqueuse La muqucusc de l'estomac est plus molle et plus épaisse le iciomac. ^^^ ^^jj^ j^ l'œsophagc ; d'un rose pâle pendant le jeûne, elle devient rouge pendant la digestion. Dans l'état de relâchement, elle offre un grand nombre de plis qui s'effacent pendant la distension de l'organe. Sa surface est lisse dans toute son étendue, excepté au cardia, où Ton trouve des papilles analogues à celles de l'œsophage (Berres), et au pylore, où existent des villosités lamelliformes (Krause). Son épithélium est composé d'une simple couche de ' cellules cylindriques semblables à celles de l'intestin. La couleur rosée, qu'il emprunte aux couches sous-jacentes, tranche nettement sur la couleur blanchâtre de Tépithélium de l'œsophage; aussi voit-on parfaitement bien les dentelures de la ligne qui unit ces deux lames cellulaires. Glandes. La surfacc de la muqueuse est criblée de trous de 1/60 à 1/35 de millimètre, qui conduisent dans les glandes de l'estomac (pi. XXXI, fig. II, 1). Celles-ci appartiennent toutes à la classe des glandes en tube; mais les unes sont simples et les autres composées. Les premières (glandes à suc gastrique) occupent presque toute l'étendue de la muqueuse et offrent la même forme et la même structure que la glande de Lieberkûhn. Quant aux glandes composées, les unes occupent la région cardiaque et la grosse tube-
rosité de l'estomac (glandes à pepgine) ; les autres , la région pylorique (glandes muqueuses); nous en avons donné la description au commencement de l'article traitant des glandes en tube (pi XXXI, fig. III et IV).
La muqueuse stomacale possède de nombreux vaisseaux, vaisseaux qui fournissent d'abord aux glandes, puis gagnent la couche superficielle, où ils forment un réseau très-régulier, dont les plus grandes mailles circonscrivent les orifices glandulaires. Le réseau lymphatique de la muqueuse communique avec les petits ganglions situés le long des deux courbures de l'estomac. On ignore encore le mode de distribution et la terminaison de nombreux filets nerveux fournis par le grand sympathique et le pneumo-gastrique.
La muqueuse de l'intestin grêle, qui , dans sa structure Muqueuse fondamentale ressemble à celle de l'estomac, en diffère cependant par l'aspect de la surface et par la nature de certaines glandes qu'elle possède. A la face interne de l'intestin grêle on remarque deux espèces de saillies: les valvules conniventes et les villosités. Les premières sont de longs plis semi-lunaires, résultant de l'endossement de la muqueuse à elle-même; elles sont dirigées perpendiculairement à l'axe du canal, et occupent la moitié ou les deux tiers de sa circonférence; elles se terminent en s'effilantet se rattachent les unes aux autres par de petits plis obliques. Très-nombreuses dans la région duodénale, elles sont imbriquées comme des tuiles et de telle sorte que leur bord libre est dirigé en bas. Au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de l'iléon, elles deviennent plus rares et plus étroites , enfin elles ne sont plus qu'à l'état de vestige dans la partie inférieure de l'intestin grêle.
Les villosités sont de petites saillies analogues aux pa- viuoaié*. pilles de la langue, mais plus grêles. Lorsqu'on veut avoir
Struclure des TtUosités.
une idée exâcle de leuj^ forme et de leur distribution, il faut placer un fragment de muqueuse sous l'eau et Texaminer , soit avec la loupe , soit avec le microscope, mais à un faible grossissement. On constate alors que ces villosités occupent toute la surface de la muqueuse et qu'elles sont plus nombreuses dans le duodénum et le jéjunum que dans l'iléum; on voit aussi qu'elles revotent deux formes principales : la forme lamellaire et la forme conique. Les villosités lamelliformes siègent principalement sur la muqueuse des régions supérieures de l'intestin grêle; elles sont simples ou. bien composées, et dans ce dernier cas elles reproduisent en miniature l'image des valvules connivenfes (pi. XXXI, fig. V, 2,3). Les villosités coniques se trouvent partout, mais elles sont en plus grand nombre dans l'iléum (fig. VI, 1). Quelquefois, au lieu de se terminer en pointe, elles offrent un léger renflement à leur sommet (pi. XXXI, fig. XI); leur hauteur en moyenne est de i/2 à 4 millimètre et leur largeur de 4/8 à 4/2 millimètre.
Quelle que soit la forme de la villosité , sa structure est la même, et en l'examinant de la superficie à la profondeur, on voit : d'abord une simple couche épithéliale qui , sur une villosité intacte et fraîche, offre l'aspect d'une mosaïque à la surface de laquelle est appliquée une lamelle non interrompue de substance amorphe (pi. XXXI, fig. VII, 4 , 2; fig. VIII, 4). En brisant cette couche, on aperçoit la forme des éléments qui la composent; ce sont des cellules coniques dont le sommet repose sur la muqueuse, tandis que la base, tournée du côté de l'axe du canal digestif, est libre ou plutôt est recouverte par la couche amorphe dont je viens de parler , et à laquelle elle adhère intimement (fig. VIII , 2). Il n'y a que les cellules fraîches qui soient revêtues de ce bourrelet amorphe; elles en sont to-
talement dépourvues vingt-quatre heures après la mort. Leur contenu est finement granulé et leur noyau ovale se trouve habituellement plus rapproché du sommet que de la base; la longueur moyenne des cellules est de 4/20 d^ millimètre, leur largeur 4/116 de millimètre , et leur noyau mesure 4/450 de millimètre. La couche épithéliale qui revêt la muqueuse située entre les papilles , a la même physionomie et est composée des mêmes éléments que celleci. En vain j'ai cherché des traces de canalicules dans le bourrelet amorphe des cellules épithéhales; il m'a été également impossible de voir sa division en bâtonnets, analogues aux cils vibratiles ; le sommet ne m'a pas paru percé d'un orifice en communication avec le réseau des cellules plasmatiques sous-jacentes. Mais pourquoi invoquer l'existence plus que problématique de ces orifices ou canaux, pour expliquer le mécanisme de l'absorption? A-t-on jamais vu des trous dans les parois des cellules adipeuses? et cependent personne ne met en doute le passage de la graisse à travers ces membranes.
Immédiatement au-dessous delà tunique épithéliale se trouve la villosilé muqueuse qui est limitée par un liséré anhiste semblable à celui que nous avons déjà remarqué à la superficie du derme.
Sous cette lamelle anhiste on voit le réseau vasculaire sanguin , à mailles assez serrées et dont l'ensemble forme, une sorte de calotte qui coiffe le corps de la villosité (pi. XXXI , fig. IX) ; ses rapports paraissent plus largement établis avec le système veineux qu'avec le système artériel, car il est plus facile de l'injecter par la veine-porte que par les branches correspondantes de l'aorte abdominale. Au centre de la villosité existe un canal volumineux (4/80 à 4/66 de millimètre), qui se termine par une extré-
mité borgne, ordinairement un peu renflée; c'est le vaisseau chylifère (fig. X). J'ai toujours vu le canal trèsnettement limité et sans communications avec le réseau (Jes cellules plasmatiques. La position du vaisseau chylifère dans la partie la plus profonde de la villosité, comparée à la position superficielle du réseau sanguin , dont les rameaux sont si nombrenx, doit faire comprendre combien peu est actif le rôle de ce canal dans l'absorption.
Le reste de la villosité est constitué par une substance très-vaguement fibrillaire, pour ne pas dire amorphe, dans laquelle on rencontre un certain nombre de cellules plasmatiques. Il se trouve aussi quelquefois, autour du chylifère, des fibres musculaires lisses dont la direction est parallèle à Taxe de la villosité. On ignore les rapports du système nerveux avec ces organes.
L'appareil glandulaire de l'intestin grêle se compose de glandes en grappes, de glandes en tubes et de follicules clos.
Glandes Les glandes en grappe ou de Brunner sont situées dans les couches profondes de la muqueuse ou plutôt de la couche sous-muqueuse. Ce sont de petits grains blanchâtres qui mesurent en moyenne 1 millimètre, et dont la structure ressemble tout à fait à celle des glandes salivaires. Son épithé- .lium, composé de cellules polyédriques, forme une simple couche, et le produit de sécrétion est un liquide alcalin, dans lequel on ne découvre aucun élément organisé. Ces glandes n'occupent que le duodénum (pi. XXXI, fig. XII).
Glande» Les glandes en tube ou de Lieberkûhn , juxtaposées à la manière de canons de fusil , forment un appareil sécréteur qui occupe toute l'étendue de l'intestin grêle. En examinant un fragment de muqueuse à un faible grossisse-
du LieberkQiin.
ment, on voit à sa surface un nombre considérable d'ouvertures qui ne sont autres que les orifices de ces glandes (pi. XXXI , fig.'V, 4; fig. VI , 2). Quant à la structure, nous l'avons déjà étudiée.
Les follicules clos sont de petits corps sphériques qui roUicuiescioi siègent dans les couches profondes de la muqueuse, et dont le volume varie de 4 à *2 millimètres; ils sont limités en dehors par une enveloppe fibroïde parsemée de cellules plasmatiques. Leur contenu, grisâtre et assez consistant, se compose d'une grande quantité de globules arrondis de 4/100 à 4/60 de millimètre, ressemblant tout à fait aux globules lymphatiques. De nombreux vaisseaux s'appliquent d'abord sur l'enveloppe, puis pénètrent dans le follicule en convergeant au centre, où ils décrivent des anses. Quant à l'agencement des différentes parties constitutives de ces organes , il rappelle la structure des alvéoles des ganglions lymphatiques : aussi on les considère généralement comme de très-petits ganglions.
Dans l'intestin grêle, les follicules clos sont isolés ou agglomérés. A Tétat d'isolement, ils sont disséminés dans toute l'étendue de la muqueuse du jéjunum et de l'iléum; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on en rencontre dans le duodénum; à Tétat d'agglomération, ils constituent la partie essentielle des plaques de Peyer. Celles-ci, très-variables dans leur nombre, occupent habituellement l'iléum et la moitié inférieure du jéjunum, quelquefois, mais très-rarement, on en rencontre aussi plus haut et même dans le duodénum. On sait qu'elles ont une forme ovalaire dont le grand diamètre est parallèle à l'axe du canal digestif et qu'elles sont situées à l'opposé de l'insertion du mésentère. Leur surface est hérissée de villosités et criblée de pertuis correspondant aux glandes de Lieberkûhn ,
MOREL. Histol, n
comme sur le reste de la muqueuse intestinale; mais elles offrent en outre d'assez larges dépressions (1 millinièlie) , au fond desquelles on aperçoit une^saillie produite par un follicule clos/Ce sont ces dépressions borgnes situées audessus des follicules, qui ont fait supposer à tort que ces organes sont munis d'un canal excréteur. Les follicules isolés, au lieu d'être cachés au-dessous d'une dépression , font au contraire saillie, et la muqueuse qu'ils soulèvent présente la même physionomie que partout ailleurs (pl.XXXI,lig.XI,l).
Muqueuse La oiuqueusc du gros intestin est lisse, privée de dugro. i»ie.uii.^jjj^gj^^g^ et sous ce rapport ressemble à la muqueuse
stomacale. Son appareil glandulaire se compose de glandes de Lieberkûhn et de follicules clos isolés, identiques à ceux de l'intestin grêle; seulement il faut observer que les follicules clos du gros intestin sont surmontés d'une dépression analogue à celle que Ton rencontre sur les plaques . de Peyer (pi. XXXII, fig. III, 2). Son appareil vasculaire offre le même aspect ^t la même distribution que celui de Teslomac. On ne sait rien de précis à l'égard des nerfs.
La muqueuse intestinale de labdomen adhère à la tunique musculeuse du tube digestif par une lamelle de tissu conjonctif assez lâche (couche sous-muqueuse, tunique fibreuse, nerveuse de l'intestin), dans lesquelles on trouve les glandes de Brunner, les follicules clos, le réseau vasr culaire sous-muqueux, et le réseau nerveux, qui présente sur son trajet un grand nombre de cellules nerveuses. Déveioppcmenu ^^ développcmcnt des glandes intestinales se fait par bourgeonnement du feuillet épithélial , et sous ce rapport offre la plus grande analogie avec le développement des glandes de la peau.
Le mode de régénération de l'épithélium intestinal est
inconnu jusqu'à présent, cependant il est probable qu'il s'opère par végétation endogène et par scission des cellules; la présence de deux noyaux , dans bon nombre de ces éléments, doit faire présumer que les choses se passent ainsi.
• Les préparations à faire pour l'étude de la muqueuse Préptrttioi». buccale et pharyngo-œsophagienne sont les mêmes que pour la peau.
Quand on veut se rendre compte de la quantité relative et de la distribution des glandes en tubes de l'intestin abdominal, on détache avec le scapel un fragment de la muqueuse, large de deux centimètres à peu près, et on le fixe avec des épingles sur une plaque de liège percée d'un trou de un centimètre de diamètre. Ceci fait, on place la préparation sous le microscope , de façon que la surface libre de la membrane. soit dirigée du côté de l'observateur, et on l'examine avec un grossissement de 50 à 100. La môme préparation pratiquée sur l'intestin grêle, fera voir le nombre et la forme des villosités. Au lieu de recouvrir la pièce avec la petite plaque de verre qui affaisserait les villosités , on jette sur elle quelques gouttelettes d'eau afm de submerger ces petits appendices filiformes, qui alors se redressent et flottent librement dans les liquides.
Les glandes de Brunner sont cachées dans la couche sous- muqueuse du duodénum; il faut, pour les découvrir, détacher la tunique muqueuse; on remarque alors, sur sa face profonde, comme un semis de très-petits grains blanchâtres représentant chacun une ou deux glandes qu'on détache avec des ciseaux courbes, et qu'on place ensuite entre les deux plaques de verre.
C'est avec un grossissement de 300 à 400, qu'ils faut étudier les détails de siructure de la muqueuse abdomi-
nale. Des ciseaux courbes suffisent pour pratiquer toutes les coupes nécessaires , soit perpendiculaireoient soit parallèlement à la surface de la membrane en question. Il arrive assez souvent qu'en raclant légèrement la surface de rinteslin surtout du colon, avec le scalpel , on extrait en entier la tunique épithéliale des glandes de Liebeckûhn , qui conserve parfaitement la forme tubuleuse et que l'on peut étudier dans tous ses détails.
Les injections des vaisseaux sanguins ri'offrent aucune dilûcullé.
Art. 4*^ Œil. L'appareil de la vision se compose de l'organe de la vue proprement dit ou globe oculaire , des organes de protection ou paupières et des appareils moteur et lacrymal. Comme ces derniers ne présentent pas uu grand intérêt au point de vue hislologique, nous les passerons sous silence.
Paupières. Les différentes lames ou tuniques qui entrent dans la composition des paupières sont, en procédant de la superficie à la profondeur : la peau, le muscle orbiculaire, la tunique fibreuse et enfin la muqueuse ou membrane conjonctive.
La peau est très-délicate et offre d'ailleurs la même structure que dans les autres régions. C'est dans sa zone dermique profonde que l'on trouve, en se rapprochant du bord libre des paupières, les follicules des cils entourés de leurs glandes sébacées; les cellules adipeuses y sont extrêmement rares (pi. XXX, fig. III).
Le muscle orbiculaire des paupières appartient à la classe des muscles striés : ses faisceaux sont peu serrés et
chaque fibre musculaire paraît avoir une gaîne propre de tissu conjonctif(pl. X, fig. II).
La tuniqne fibreuse, très-mince vers le bord adhérent des paupières , s'épaissit en se rapprochant du bord libre, où elle forme les cartilages tarses. Ceux-ci sont composés de tissu conjonctif très-dense et parsemé de cellules plasmatiques. Mais on cherche en vain dans cette trame fibreuse des cellules cartilagineuses, ou du moins, on en rencontre si rarement, qu'on ne peut pas les considérer comme faisant normalement partie de ces organes. Il faut donc renoncer à regarder ces lames comme des fibrocartilages, car ils n'en ont que Tapparence sans en posséder la structure. Dans leurs couches profondes il y a Vingt à trente canaux parallèles les uns aux autres qui logent les glandes de Meibomius (pi. XX, fig. II).
La membrane muqueuse ou conjonctive est composée d'un feutrage assez dense de tissu conneclif; sa face libre ^st surmontée de nombreuses papilles analogues à celles de Ja peau et dans lesquelles Krause a découvert des corpuscules du tact; son épithélium stratifié ressemble à celui de la muqueuse buccale et renferme six à huit couches de cellules (pi XXXII, fig. V, 5). Cette membrane, après avoir tapissé les paupières, forme un cul-de-sac pour se réfléchir sur le globe oculaire et se souder à lui; en la suivant jusqu'au pourtour de la cornée, on remarque que son feuillet profond s'amincit et cesse brusquement en prenant insertion au liséré amorphe de la face antérieure de la cornée, tandis que son feuillet épithélial continue son trajet et revêt toute la face antérieure de cette même membrane (pi. XXXII, fig. V, 4, 5). La conjonctive contient quelles petites glandes en grappe; ses vaisseaux n'off'renl rien de particulier dans leur distribution.
Globe oculaire. Le globe de l'œil se compose de trois coques ou membranes superposées, qui circonscriveqt un espace dans lequel sont logés les milieux. Les enveloppes ou coques sont, en procédant du dehors en dedans : la sclérotique et la cornée, la choroïde et l'iris, là rétine; les milieux sont, en allant d'arrière en avant : le corps hyaloïde ou humeur vitrée, le cristallin, l'humeur aqueuse. Sclérotique. La sclérotiquc est une membrane très-dense, plus épaisse à sa partie antérieure et postérieure qu'à son centre, et composée d'une trame serrée de fibres conjonctives et élastiques. En avant cette membrane adhère assez, intimement au feuillet profond de la conjonctive, qui s'en distingue par la rareté de ses fibres et une plus grande quantité de cellules plasmatiques (pi. XXXII, fig. IV, 5). Au niveau de l'entrée du nerf optique elle s'amincit brusquement et offre un grand nombre de pertuis qui livrent passage aux filets nerveux. Sa face profonde n'est solidement unie à la' choroïde qu'à sa limite antérieure, où elle donne insertion au muscle ciliaire (pi. XXXIII, fig. III, i). C'est aussi à la limite antérieure et dans les couches profondes de la sclérotique que se trouve le canal de Schlemm (fig. III, 2, pi. XXXII, fig. IV, 4). Cornée. La coméc présente une structure très-compliquée, et se compose de plusieurs couches très-distinctes qui sont pla-* cées dans l'ordre suivant: la couche antérieure ou la plus superficielle est formée, comme nous le savons déjà,. par un revêtement épithélial stratifié qui se continue sans^ligne de démarcation avec le feuillet épithélial de la conionctive (pi. XXXII , fig. V , 5). Derrière cette lamelle s'en trouve une autre qui , sur la coupe , se présente sou**forme d'un liséré jmorphe de 1/d30 à 1/400 de millimètre d'épaisseur, et dont les extrémités donnent insertion au feuillet fibreux
de la conjonctive (fig. V, 3, 4). La troisième couche, qui forme à elle seule presque toute l'épaisseur de la cornée, se compose d'une substance fondamentale amorphe dans laquelle on remarque une grande quantité de cellules plasmatiques (pi. XXXII , fig. IV, 2 ; fig. VI , i , 2). Celles-ci sont placées d'une manière assez régulière sur des lignes concentriques et parallèles aux deux faces de la cornée (fig. VI, 2, pi. XXXIII, fig. 1 , 2). Lorsqu'on traite les préparations par l'acide acétique très-élendu , on voit parfaitement la forme étoilée de ces éléments et les nombreuses anastomoses entre leurs prolongements, disposition qui rappelle la structure de la substance osseuse. Mais lorsque l'acide est trop concentré, les prolongements pâlissent et le corps des cellules reste seul visible.
La quatrième couche est constituée par une lamelle amorphe de même épaisseur que la première; ses extrémités se rattachent par un tissu fibreux au bord antérieur de la sclérotique et au muscle ciliaire (pi. XXXII, fig. VI, 3). Sur la face postérieure de celte lamelle repose une simple couche de cellules épithéliales pavimenteuses , qui se réfléchit sur la face antérieure de l'iris et s'arrête h la pupille; c'est à ce revêtement épithélial qu'on à donné le nom de membrane de Demours^ membrane de Descemet (fig. VI, 5).
Il n'y a pas de ligne de démarcation tranchée, comme l'inspection à l'œil nu pourrait le faire supposer, entre la cornée et la sclérotique; ces deux membranes se fondent insensiblement l'une dans l'autre (pi. XXXII, fig. IV, 3). Les fibres de la sclérotique deviennent plus rares en se rapprochant de la cornée, et l'on voit très-bien qu'elles se continuent avec les prolongements des cellules plasmatiques (fig. V, 1 , 2). ,.,
y.ismn La sclérotique possède peu de vaisseaux et presque pas •tnerft. ^^ n^yk. La comée ne renferme pas de vaisseaux; son réseau de cellules plasmaliqnes suffit à la circulation du liquide nutritif. Les nerfs sont fort nombreux et forment un réseau très-riche, qui siège principalement dans ses couches superficielles (Kôlliker) ; selon certains observateurs, ils se termineraient par des extrémités libres. Choroïde. La deuxième tunique du globe oculaire est représentée en arrière par la choroïde et en avant par l'iris. La choroïde double exactement la face interne de la sclérotique, et se continue en avant sans ligne de démarcation avec l'iris (pi. XXXII, fig. IV, 42 , 40). La face externe de celte membrane adhère très-légèrement à la sclérotique par les vaisseaux et nerfs ciliaires et par quelques rares faisceaux fibrillaires très-déliés; la teinte brunâtre qu'elle offre est due à une couche de cellules irrégulièrement rameuses et remplies de granulations pigmentaires (fig. VII, i). Sa face interne est également revêtue d'une couche de cellules pigmentaires; mais celles-ci sont bien plus nombreuses que les précédentes, très-régulièrement polyédriques et contiennent une plus grande quantité de pigment; ce qui les dislingue encore des cellules de la face externe, c'est qu'elles forment une couche continue et non pas un réseau (fig. VIII). Entre ces deux couches pigmentaires se trouve le corps de la choroïde.
A son extrémité antérieure, la choroïde s'épaissit et présente deux anneaux concentriques; le renflement annulaire externe est blanc grisâtre et unit solidement cette membrane à la sclérotique ; le renflement annulaire interne, qui est plus saillant, est formé de petites lamelles triangulaires (procès ciliaires) placées les unes à côté des autres, et embrasse dans sa concavité le pourtour du cristallin.
rapport important à constater. Le premier cercle a reçu divers noms : anneau , cercle, ligament, ganglion , muscle ciliaire; le second est appelé corps ciliaire. La structure Mmae eft..»a. de ces parties est essentiellement musculaire; c'est là que l'on rencontre le muscle ciliaire, qui joue un rôle si imimportant dans l'acte de l'accommodation. La masse principale ou le corps du muscle renferme dans ses couche$ superficielles des fibres dirigées parallèlement à l'axe antéro-postérieur de l'œil; en avant, ce muscle s'amincît (1/26 de millimètre) et vient s'insérer d'abord à la paroi inférieure du canal de Schlemm; puis un peu plus loin, à l'extrémité postérieure d'un faisceau fibreux, qui se continue avec le liséré amorphe postérieur de la cornée et adhère en même temps au grand cercle de l'iris (pi. XXXIII, fig. III, 3). Les couches profondes du muscle ciliaire, celles qui correspondent aux procès ciliaires , se composent de faisceaux musculaires entrecroisés, et forment ainsi un anneau contractile qui embrasse le pourtour du cristallin (fig. III, 4, 5 , 6). En arrière, le muscle se prolonge par des faisceaux longitudinaux jusqu'à ja partie moyenne de la choroïde, et en avant il envoie également des faisceaux qui pénètrent dans l'iris et convergent vers la pupille. Le muscle ciliaire se compose donc de trois faisceaux distincts : un faisceau circulaire en rapport avec le pourtour du cristallin, un faisceau longitudinal postérieur qui pénètre dans la choroïde, et un faisceau antérieur destiné à l'iris. Lorsque le premier faisceau se contracte, il comprime le pourtour du cristallin; or, comme cet organe est très-élastique, pendant que son diamètre transversal diminue, son diamètre anléro-postérieur augmente, et il en résulte que les d«ux faces de la lentille deviennent de plus en plus convexes. Ce faisceau agit donc dans la
vision à courte dislance. Pendant la contraction du faisceau postérieur, la choroïde et le milieu de l'œil sont entraînés en avant; mais comme la cornée fait obstacle à ce mouvement, Iç cristallin se trouve comprimé selon son axe antéro-postérieur, et ses deux faces sont sensiblement aplaties; donc ce faisceau est l'antagoniste du précédent et agit dans la vision à longue distance. Le faisceau antérieur, en se contractant, dilate la pupille. Les fibres musculaires sont lisses et leur contraction s'exécute avec lenteur.
'Les vaisseaux ciliaires qui traversent le muscle ciliaire s'unissent intimement à lui , et il en résulte la formation d'un appareil érectile (Rouget). Dans la moite postérieure de la choroïde on ne trouve que des vaisseaux unis les uns aux autres par un tissu connectif très-délié et renfermant quelques cellules plasmatiques, qui dans les yeux noirs contiennent des granulations pigmentaires. Je crois, avec M. le professeur Kûss, que les vaisseaux de la choroïde sont principalement destinés à former un appareil de caléfaction poyr le globe dé l'œil.
[n« Sur les deux faces de l'iris on rencontre une simple
couche épithéliale. Nous connaissons déjà celle gui revêt la face antérieure; quant au revêtement épithélial de la face postérieure (uvée), il est formé de cellules pigmentaires polyédriques semblables à celles de la face profonde de la choroïde. Outre les vaisseaux que l'iris contient, on trouve encore dans cette membrjane un anneau musculaire ' qui circonscrit la pupille et s'unit par sa circonférence externe -^ux faisceaux rayonnes du muscle ciliaire. Ce muscle , qui se compose de fibres lisses, comme le muscle ciliaire, est constricteur de la pupille. Enfin, ces différentes parties sont unies par une trame de tissu conjonetif, dont
les cellules plasmaliques contiennent une quantité variable dé pigment.
Les nerfs de la choroïde et de l'iris, appelés nerfs ci- Nen». liairesy sont très-nombreux; ils viennent dp ganglion ophthalmique et paraissent destinés principalement à l'appareil musculaire de ses membranes.
La rétine qui forme la troisième tunique du globe ocu- Rétine laire a exactement la même étendue que la choroïde, en dedans de laquelle elle est située. A Feutrée du nerf op- ' tique, elle est plus épaisse^ue dans les autres parties, et présente une petite saillie circulaire que l'on a appelée papille de la rétine; à l'extrémité postérieure de l'axe antéro-postérieur de l'œil , par conséquent en dehors de la papille, elle offre une dépression allongée et légèrement jaunâtre, connue sens le nom de tache jaune deSœmmering; son bord antérieur s'amincit et ne s'-prôte qij'à la grande circonférence de l'iris; mais ses éléments nerveux ne dépassent pas Yora serrata ou corps.ciliaire de la rétine. A l'état frais, cette membrane est incolore et tout à fait transparente ; après la mort elle prend une teinte laiteuse et devient opaque.
D'après les recherches de H. Mûller, voici quelle est la structure de la membrane : les couches superficielles ou externes se composent de petite bâtonnets serrés les uns contre les autres , de manière à former une lamelle non interrompue appelée membrane de Jacob. Leur direction est perpendiculaire à la surface de la rétine , et leur forme, * ainsi que le nom l'indique, est cylindrique; mais on rencontre aussi des bâtonnets dont l'extrémité interne s'élargit, et qui constituent de véritables cônes. Ceux-ci sont bien moins nombreux que les bâtonnets proprement dits, et ils sont assez uniformément répartis; cependant, au
niveau du centre de la tache jaune, ils forment à eux seuls la partie correspondante de la menibrane de Jacob. L'extrémité inférieure des bâtonnets s'effile et s'unit à une fibre (fibre de Mûller) qui traverse toute l'épaisseur de la rétine. Sur le trajet de cette fibre on trouve trois renflements : le premier est situé à son extrémité externe immédiatement au-dessous des bâtonnets; le second à sa partie moyenne, et le troisième à son extrémité interne. Le premier correspond à la couche granuleuse externe; le second à la couche granuleuse interne, et le troisième, mélangé aux fibres du nerf optique, fait partie de la couche fibreuse (pi. XXXIII, fig. IV)., Les renflements externes et moyens sont de nature cellulaire; l'interne est formé par une masse homogène déprimée à son extrémité interne et reposant sur une lamelle amorphe très-mince M/lOOO de millimètre),quiconslituela membrane limitantedela rétine.
Au-dessous de la couche granuleuse interne existe une autre lame composée de cellules nerveuses multipolaires, mélangées avec une certaine quantité de fibres nerveuses appartenant au nerf optique. Par un de leurs prolongements filiformes, les cellules nerveuses se continuent avec le nerf optique, et par les autres elles s'anastomosent entre elles. Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que la tache jaune, qui est la partie essentielle de la rétine, offre une structure relativement très-peu compliquée; en effet, elle se compose seulement de la couche des cônes, de la couche des cellules nerveuses et de la membrane limitante.
En résumant ce que nous venons de dire sur l'agencement des divers éléments qui composent la rétine, nous voyons que cette membrane offre une série de couches superposées parfaitement distinctes et qui sont, en procédant de dehors en dedans: 4° la couche des bâtonnets;
2*^ la couche granuleuse externe , correspondant au renflement externe de la fibre de Mûller; 3® la couche granuleuse interne correspondant au renflement moyen de la même fibre; ¥ la couche nerveuse grise fournie par les cellules nerveuses ; 5® la couche fibreuse fournie par les fibres du nerf optique; 6<> enfin la membrane limitante.
Des recherches nouvelles touchant la structure de la rétine tendent à établir que les faisceaux de fibres radiées sous-jacents aux cellules et aux fibres nerveuses ne sont que des faisceaux de tissu conjonctif, qui traversent toute l'épaisseur de la membrane, mais qui se raréfient et disparaissent en arrivant dans les couches superficielles. S'il y a encore beaucoup de points obscurs dans cette question, il est cependant un fait essentiel et parfaitement acquis : c'est l'union des fibres du nerf optique avec des cellules nerveuses , ce qui permet de considérer la rétine comme un petit centre nerveux.
L'artère centrale de la rétine traverse la papille du nerf optique et se distribue dans les couches profondes de cette membrane; elle forme une couronne autour de la tache jaune et se termine par un réseau circulaire autour de rora5^rr«ïa.Laveinea la même distribution que l'artère.
Milieux de l'œil. Corps hyaloïde. Le corps hyaloïde ou cori» h)ai.ud« vitré est placé sous la rétine et n'adhère à celte membrane qu'à partir de Vora serrata jusqu'à son bord antérieur; en avant il est creusé en capsule pour recevoir le cristallin. Sa membrane d^enveloppe est transparente, anhiste et trèsmince, surtout en arrière; mais en avant elle s'épaissit et se dédouble pour s'insérer sur les deux faces du cristallin, et former, avec le pourtour de cet organe, le canal godroné de Petit. Le contenu, qui adhère à la face interne de l'enveloppe, offre chez l'embryon une structure analogue
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à celle de la gélatine de Warlhou, c'esl-à-dire qu'il se compose d'une substance amorphe , au milieu de laquelle on rencontre des noyaux ovales et des cellules étoilées. Mais chez l'adulte, les éléments cellulaires disparaissent, et il ne reste plus qu'une masse amorphe et gélatiniforme. Le corps hyaloïde ne contient ni nerfs ni vaisseaux. Pendant la vie embryonnaire, son axe antéro-poslérieur est creusé en canal pour livrer passage à une petite branche de l'artère centrale de la rétine, destinée au cristallin pei^dant son développement et peut-être aussi à la membrane pupillaire : c'est l'artère capsulaire. Mais après la naissance, ce vaisseau s'atrophie, se résorbe peu à peu et le canal du corps vitré s'oblitère complètement. cmmiiir. Le cristallin se composa d'une enveloppe et d'un contenu. L'enveloppe ou capsule du cristallin est une membrane parfaitement anhiste et transparente, c'est-à-dire qu'elle ressemble à une lame de verre très-pur. Elle jouit d'une grande élasticité et se déchire facilement; son épaisseur est en moyenne de 4/80 de millimètre dans sa moitié antérieure, et de 1/200 de millimètre dans sa moitié postérieure. Elle résiste parfaitement à l'action de l'eau bouillante, de la potasse et des acides, propriétés qui la rattachent au tissu élastique. Sa face externe adhère au corps hyaloïde en arrière; mais elle est tout à fait libre en avant; sa face interne est tapissée par une couche de cellules polyédriques, dont les contours sont très-nettement dessinés. Au-dessous de cette lamelle assez solidemen t fixée à la capsule on rencontre deux ou trois couches de cellules qui se distinguent des précédentes par leur forme sphérique et par leur volume plus considérable (1/60 de millimètre). Leur enveloppe est extrêmement mince et pâle; le contenu, très-pâle aussi, est presque liquide; le noya il lui-même
parait plus délicatement constitué que dans les autres cellules. Peu de temps après la mort ^ ces éléments subissent une fonte complète , et il en résulte la formation d une couche de liquide placée immédiatement au-dessous de la capsule et qui a reçu le nom de liquide deMorgagni.
Au-dessous de l'épithélium capsulaire et des globules sphériques se trouve le cristallin proprement dit , qui se compose d'une partie centrale ou noyau , et d'une partie périphérique ou corticale. Le noyau central forme une petite masse étoilée, dans laquelle on ne rencontre que des granulations très-fines. La substance corticale se compose de lamelles concentriques , et chaque lamelle^ de prismes hexagonaux juxtaposés et aplatis d'avant en arrière. Ces bandelettes prismatiques sont d'autant plus étroites et plus nombreuse§ qu'elles sont situées plus profondément, et elles adhèrent plus intimement entre elfes par leurs bords que par leurs faces; ce qui explique, d'un côté, l'accroissement de la densité du cristallin de la superficie au centre et, d'un autre côté, sa décomposition plus facile en lamelles qu'en fibres. Elles possèdent une enveloppe Irès-mince et amorphe et un contenu demiliquide, également amorphe et de nature albumineuse; i d'habitude une des extrémités est renflée et contient un noyau qui indique l'origine épithéliale du cristallin. Leurs bords sont armés de dents qui, par leur engrenage, ajoutent à la solidité de leur union.
Chaque prisme prend naissance sur un rayon du noyau central, marche jusqu'au bord du cristallin , qu'il contourne, et se jette sur sa face opposée, où il se termine; il ne mesure pas la même longueur sur les deux faces , o'est-à-dire que s'il prend naissance au pôle d'une face, il se termine avant d'arriver au pôle de l'autre face.
Le cristallin ne possède pas de vaisseaux ni de nerfs; son enveloppe n'en contient pas non plus, du moins chez l'adulte. Nous avons déjà dit que pendant la vie embryonnaire une branche de l'artère centrale de la rétine traverse le corps vitré, fournit des rameaux qui embrassent la capsule et vont ensuite se perdre dans la membrane pupillaire, où ils s'anastomosent avec les artères ciliaires.
uumeariqncute. L'humcur aqucusc ne prête à aucune considération histologique puisque c'est un liquide incolore, transparent et qu'il ne contient aucun élément morphologique, à moins que ce ne soit quelque cellule détachée des faces correspondantes de la cornée et de l'iris.
béveiopprn.ont. Lc développement histologique de l'œil suit la loi commune; toutes les parties qui la composent dérivent des cellules embryonnaires, qui subissent des métamorphoses déterminées pour former tel ou tel tissu. Chaque prisme du cristallin paraît résulter de l'allongement d'une seule cellule et non de la fusion d'un plus ou moins grand nombre de ces éléments.
Aitôniuoi.k Altérations. Le revêtement épithélial de la cornée s'hypertrophie assez souvent et quelquefois la végétation cellulaire est tellement active qu'elle donne lieu à des tumeurs qui simulent le cancer. Dans un cas de ce genre, la cornée était criblée de petites taches blanches et opaques, qui étaient dues à la présence de sels calcaires déposés dans l'intérieur des cellules épithéhales.
Cercle sénue. Ghcz Ics vicilldrds on voit fréquemment à la limite de la cornée un anneau blanchâtre plus ou moins large qui s'appelle le cercle sénile; en pratiquant une coupe de la membrane à ce niveau, on aperçoit une infiltration graisseuse de cellules plasmatiques et de leurs prolongements canaliculés. La couleur laiteuse du cercle sénile tient
évidemment à celle dégénérescence des éléments cellulaires de la cornée (pi. XXXIII, fig. Il, 2). J'^i examiné quelquefois la structure des taies de cette membrane et j'ai remarqué que ces taches étaient dues à la même cause que le cercle sénile.
C'est dans l'épaisseur de la cornée que l'on peut parfaitement étudier la formation du pus, par l'hyperplasîe des cellules plasmatiques, et le mécanisme de l'ulcération , par la fonte des éléments cellulaires et de la substance fondamentale amorphe.
L'iris et la choroïde ayant une structure assez compliquée , peuvent présenter les altérations les plus variées. Mais, parmi ces produits pathologiques, l'ossification de la choroïde est sans contredit la plus remarquable. Moa ami M. Th. LdBnnec, de Nantes, m'en a communiqué un cas et j'ai pu constater une fois de plus, que dans la choroïde comme dans le périoste, la cellule osseuse dérive de la cellule plasmatique.
Les prQduils pathologiques organisés que l'on rencontre quelquefois dans la rétine, prennent sans doute naissance dans les couches profondes de cette membrane, car c'est là où le tissu conjonctif est le plus abondant.
Le cristallin ne subit guère que des métamorphoses ciurtctc. régressives , quoiqu'il entre dans sa structure des éléments cellulaires. L'altération la plus fréquente est l'opacité de cet organe ou autrement dit la cataracte. Quellque soit le siège de la cataracte, elle est toujours due à l'infiltration graisseuse des parties sous-jacentes à la capsule. Quand l'altération siège dans les couches profondes de l'organe , la tache est jaunâtre et assez bien circonscrite; quand, au contraire, elle envahit les couches superficielles, la tache est d'un blanc laiteux et ses contours sont frangés et mal
MOllEL. Hi8toL i%
définis ; dans le premier cas, la cataracte est dure, dans le second elle est molle. La cataracte noire provient également de l'infiltration graisseuse du cristallin; mais dans ce cas , à la graisse viennent s'ajouter des granulatious de pigment. On a beaucoup discuté sur l'existence réelle ou problématique de la cataracte capsulaire. Dans les quelques cas que j'ai observés , j'ai toujours vu la capsule intacte, et l'infiltration graisseuse siégeant dans les couches cellulaires sous-jacentes. Lorsque le globe oculaire est envahi par des tumeurs cancéreuses, le cristallin est une des parties qui résistent le plus longtemps à la destruction; il ne paraît pas donner naissance aux éléments cancéreux, il se ramollit et subit ensuite une sorte de liquéfaction.
Les préparations pour l'étude des paupières n'offrent aucune difficulté , je dirai seulement qu'il faut dessécher cette membrane pour obtenir de belles coupes d'ensemble. C'est surtout dans les paupières qu'on peut parfaitement étudier la structure des follicules pileux.
préi>araiious. ^l'cst égalcmout BU faisaut sécher la sclérotique, la cornée , la choroïde et l'iris qu'on peut pratiquer des coupes très -favorables pour l'étude de ces nienibranes, mais je répéterai encore qu'avant de les recouvrir avec la petite plaque, il faut les plonger pendant quelques minutes dans l'eau légèrement acidulée, afin qu'elles reprennent leurs dimensions primitives. Pour obtenir des coupes bien réussies du muscle ciliaire , il est nécessaire de ne pas détacher la choroïde de la première coque de l'œil; du reste, c'est le seul moyen de se faire une idée exacte du mode d'attache de ce muscle au canal de Schlemm.
Quant à la rétine , il faut la faire durcir dans l'acide chromique, puis pratiquer des coupes avec le rasoir, après avoir appliqué la membrane sur une plaque de verre. On
pourrait ici employer le couteau de Valenlin, mais le rasoir peut encore parfaitement le remplacer. Il ne faut pas oublier de prendre toujours des rétines fraîches, parce que leurs éléments se décomposent et se désagrègent trèspeu de temps après la mort.
Il n'y a pas d'indications spéciales pour l'étude pratique du corps hyalin. Quand on veut bien voir Tépithélium de la capsule cristalline ainsi que les cellules sphériques sous-jacentes qui fournissent le liquide de Morgagni, il faut avoir des cristallins très-frais. Il faut également en faire durcir par l'acide chromique afin de pratiquer des coupes, et étudier la structure des prismes et leur agencement, d'où résulte la formation des lamelles concentriques de la lentille.
Il n'y a aucune indication spéciale à donner relativement aux préparations des produits pathologiques du globe oculaire.
Art. 2. Oreille. Le squelette de l'oreille externe est osseux oreuie «teme. dans les parties profondes du conduit auditif, et fibro-carlilagineux dans toutes les autres parties. La peau qui le revêt renferme des glandes de nature diverse et inégalement réparties. Au niveau de la conque on rencontre un grand nombre de glandes sébacées ; encore ces organes se retrouvent dans le conduit auditif externe, mais ils sont mélangés à des glandes cénimineuses; enfîn on voit des glandes sudoripares à peu près partout, mais principalement sur la face interne du pavillon.
La distribution des vaisseaux et des nerfs n'offre rien de particulier à noter.
La muqueuse de l'oreille moyenne est fort mince; ce <>'""* ~«y'»»«n'est qu'au niveau de la trompe d'Eustache qu'elle acquiert une certaine épaisseur. Des parois osseuses elle se réfléchit sur la membrane du tympan à laquelle elle se soude,
sur les muscles et sur les osselets auxquels elle sert de périoste. Son revêtement épi Ihélial est partout vibratile, à l'exception de la face interne de la membrane du tympan, où il est simplement pavimenteux (Kôlliker).
La membrane du tympan est constituée par une lame fibreuse, à faisceaux rayonnes et circulaires, et son pourtour est enchâssé dans sa rainure temporale, à la façon d'un verre de montre dans son cadre. Nous connaissons déjà les rapports de sa face interne avec la muqueuse tympanique; quant à sa face externe, elle est revêtue par Tépiderme du conduit auditif externe.
Les vaisseaux de l'oreille moyenne sont nombreux et forment un réseau très-riche dans l'épaisseur de la muqueuse et de la membrane du tympan. Les vaisseaux lymphatiques accompagnent sans doute les artères et les veines.
Les nerfs sont également nombreux et viennent de la cinquième, septième et neuvième paire; on ignore leur mode de terminaison; Kôlliker signale sur le trajet du nerf tympanique des amas de cellules ganglionnaires. Oreille inierae. ^cs canaux dcmi-circulaircs , le vestibule et le limaçon osseux sont revêtus par une lamelle de tissu conjonctif, sur laquelle s'étale une simple couche de cellules pavimenteuses.
Les canaux demi-circulaires et le vestibule membraneux se moulent exactement sur les parties correspondantes du squelette. Ils se composent de trois tuniques : l'externe est formée par un tissu conjonctif très-délicat, à peine fibrillaire , et dans lequel on rencontre un assez grand nombre de noyaux ovales; un feuillet très-mince et amorphe repose sur la face interne de cette membrane et représente la tunique moyenne; une simple lame épithéliale tapisse le feuillet amorphe et constitue la tunique interne.
Les taches blanches que Ton observe sur le saccule et l'utricule, sont formées de granulations calcaires ou otolithes, qui revêtent quelquefois des formes cristallines. A Textérieur et à l'intérieur de ces canaux et renflements membraneux existe un liquide dontla nalure chimique n'est pas encore bien déterminée (périlymphe, endolymphe).
Les nerfs qui aboutissent aux ampoules des canaux demi-circulaires, au saccule et à l'utricule, paraissent se terminer par des extrémités libres après s'être divisés un assez grand nombre de fois; jusqu'à présent on n'a pas pu les poursuivre au delà de ces renflements.
Les vaisseaux forment un réseau serré qui siège principalement dans la tunique fibreuse des canaux demi-circulaires et des deux renflements vestibulaires.
La structure du limaçon est extrêmement compliquée, et comme rien de bien précis n'a été élabli à cet égard , je n'entrerai pas dans des détails descriptifs que ne comporte pas l'esprit de cet ouvrage. Je dirai seulement que les travaux de Corti, de Kôlliker et d'autres anatomisles tendent à établir que les fibres nerveuses du limaçon se terminent par des extrémités libres dans l'épaisseur de la portion membraneuse de la lame spirale. Ces auteurs ont constaté en outre, dans la conlinuilé de ces fibres, des renflements globuleux analogues à ceux des fibres nerveuses de la rétine.
Le réseau des vaisseaux cochléens est aussi riche que celui du vestibule et des canaux demi-circulaires;
Art. 3. Membrane olfactive. La muqueuse nasale est Huqnente épaisse, molle, tomenteuse et rosée, surtout dans ses deux tiers inférieurs. Sa trame est constituée par un feutrage de fibres connectives et élastiques, mais ces dernières sont relativement rares; elle renferme aussi des cellules plas-
oirtctive.
matiques en abondance ; les couches profondes adhèrent intimement au périoste ou au périchondre. Dans toute l'épaisseur de ce feuillet fibreux on rencontre une quantité considérable de glandes en grappe, qui souvent forment une couche continue assez étendue (pi. XXXIII, fig. V, 3). La face libre est tapissée par un épithélium stratifié épais, dont les cellules superficielles, coniques, supportent des cils vibratiles (pL }ŒXIII, fig. VI). Les vaisseaux sont extrêmement nombreux et forment un réseau très-serré et très-épais. Les filets nerveux qui viennent du trijumeau se distribuent dans toute retendue de la muqueuse et n'offrent rien de particulier à noter; mais ceux que fournit le nerf olfactif n'occupent que la muqueuse qui recouvre l'os ethmoïde ; ils paraissent se terminer par des extrémités libres. Cependant, pour quelques observateurs, ils aboutiraient à des renflements cellulaires semblables à ceux de la rétine.
Il se développe assez souvent dans l'épaisseur de la muqueuse nasale des polypes, qui croissent avec une trèsgrande rapidité et se reproduisent sur place avec une certaine ténacité. Ces tumeurs sont constituées principalement * par une hypertrophie de la tunique épilhéliale et des couches les plus superficielles du feuillet fibreux de la muqueuse; quelquefois elles renferment une grande quantité de vaisseaux.
Quand on veut obtenir de belles coupes de la muqueuse olfactive, il faut absolument la faire durcir par Tacide chromique, et la laisser fixée sur le squelette des fosses nasales.