MUQUEUSE UTÉRINE
La muqueuse utérine se continue avec celle du vagin; mais, en changeant d’organe, la muqueuse diminue d’épaisseur d’une façon remarquable, d’après Huschke, et devient même si mince (1), qu’elle a été niée ou au moins contestée par plusieurs auteurs. Après avoir tapissé les lèvres et l’orifice de l’utérus, elle recouvre le col, sur lequel elle se plisse comme sur le vagin. Les divers replis quelle forme longitudinalement ont été étudiés avec beaucoup de soin, et comparés, pour leur disposition, aux branches d’un arbre, d’où le nom d'arbre de vie donné au repli antérieur, le plus important. 11 y a un autre repli, repli postérieur, disposé en forme de colonne. C’est surtout entre les ramifications de ces replis que se trouvent disséminés les follicules muqueux du col , dont l’hypertrophie causée par l’accumulation du mucus concrète les a fait prendre pour des ovules par l’anatomiste Nabolh; aussi les désigne-t-on, lorsqu’ils sont dans cet étal, sous le nom d'œufs de Naboth.
Les replis de la muqueuse utérine n’existent que chez l’enfant. Chez l’adulte, on ne les trouve plus, et la muqueuse présente alors un aspect lisse, uni et rosé; elle est très-adhérente aux couches sous-
(I) Tel n'est point l'avis de M. Robin, comme on le verra plus loin.
jacentes. On trouve à sa surface un ponctué trcsfin, produit par les orifices des nombreuses glandes soit sous-muqueuses, soit intra-muqueuses.
D’après M. Robin, la muqueuse du col a 1 millim. d’épaisseur. Quant à celle du corps, qui a été niée à tort ou dite fort mince, elle n’aurait pas moins de 2 à 6 millim., suivant les sujets et autres conditions spéciales. Une partie de cette muqueuse subit dans les phases de la gestation des modifications toutes particulières que nous n’avons pas à étudier ici ; c’est elle qu’on appelle membrane caduque.
L’épaisseur de la muqueuse du corps de l’utérus diminue vers les oritîccs des trompes, de même que vers le col.
Cette muqueuse ne présente pas de villosités. La couche superficielle est formée d’épithélium cylindrique à cils vibratiles ; quant à la couche profonde ou chorion, elle est constituée par les éléments suivants :
1° Quelques faisceaux de fibres lamineuses et des corps fibro- plastiques.
2° Noyaux embryoplasliques en grand nombre.
3° Cellules identiques à celles de l’ovisac et auxquelles l’état de grossesse imprime les mêmes modifications qu’ià celles de l’ovisac même, C’est à leur augmentation de volume et de nombre qu’est dû l’épaississement de la muqueuse dès le commencement de la grossesse; cependant, dès le troisième mois, la muqueuse diminue d’épaisseur.
r Quelques fibres-cellules disséminées,
5° Matière amorphe finement granuleuse, qui sert à réunir ces divers cléments.
6° Glandes ou follicules généralement assez flexueux et s’ouvrant par un orifice en forme de godet, et remplis d’épithélium nucléaire (voyez page 182).
7° Vaisseaux. Les artères viennent de l’utérine et de l’utéro-ovarienue, qui présentent à leur terminaison des flexuosités remarquables en forme d’hélice. Les veines y forment des sinus qui, dans l’état de grossesse, se dilatent et constituent alors les lacs utérins.
8° Quant aux nerfs, certains auteurs, Robert Lee entre autres, en ont trouvé un grand nombre; d’autres en ont complètement nié la présence. M. Robin n’a pu jusqu’à présent constater des cellules nerveuses ni des tubes nerveux dans la trame tic la muqueuse.
Tout ce que nous venons de dire s’applique principalement à la muqueuse du corps de l’utérus. Celle du col n’en diffère qu’en ce que les follicules sont moins longs, plus gros et plus aplatis ; leur orifice est plus étroit. Elle adhère plus intimement à la couche sous-jacente, et sa trame est formée surtout de tissu lamiucux.