CHAP. XII. — PROFESSIONS, MATIÈRES MINÉRALES
se développer. Il est trois professions qui donnent presque exclusivement naissance à l'affection saturnine ; ce sont, par ordre de fréquence : les fabriques de blanc de céruse, la peinture en bâtiments, et les usines où l'on travaille le minium.
La cause la plus fréquente et la plus énergique des maladies saturnines est la présence dans l'atmosphère de molécules de plomb métallique, oxydé, ou carbonate, qui s'introduisent dans l'économie par la surface cutanée, les organes digestifs ou l'appareil respiratoire. M. Tanquerel, auteur d'un bon ouvrage sur les maladies de plomb, ne croit pas que ce métal puisse être introduit dans l'économie par l'absorption cutanée, lorsque la peau est revêtue de son épiderme.
Parmi les préparations de plomb, le blanc de céruse est celle qui produit de la manière la plus certaine l'affection saturnine.
11 est quelques influences qui paraissent favoriser le développement de la maladie; ce sont les suivantes : la faible constitution des ouvriers, la délicatesse habituelle de leur santé, les privation s auxquelles ils ont pu être exposés avant de se décider à aller travailler dans des fabriques où l'on manie le plomb, la malpropreté, les excès alcooliques ou vénériens habituels; enfin, l'existence antécédente d'une ou plusieurs attaques d'affection saturnine.
Il n'est pas dans notre sujet d'indiquer ici ila nature des accidents qui constituent cette maladie; il suffit de rappeler que la colique de plomb est celle des formes de cette maladie qui est la plus fréquente. Après, viennent l'arthralgie saturnine, les paralysies, puis l'encéphalopathie.
L'empoisonnement en lui-même, c'est-à-dire l'introduction du plomb dans l'organisme parla surface des membranes muqueuses, respiratoire ou digestive, se présente sous deux formes. L'une a reçu le nom d'intoxication saturnine primitive; et l'autre, celui d'intoxication saturnine chronique.
Les maladies saturnines peuvent être considérées comme la conséquence de la profession la plus pernicieuse et la plus funeste de toutes. On est même en droit d'être surpris qu'on puisse encore trouver des ouvriers qui consentent à exposer ainsi leur vie avec des chances aussi certaines de maladies.
L'hygiène a du intervenir depuis longtemps, et cependant les progrès effectués sous son influence n'ont pas encore été trèsgrands.
Dans les fabriques, — on surveille l'aération des salles ; on fait pratiquer des lavages fréquents; on établit des cheminées d'appel.
Pour les ouvriers, — on a successivement conseillé l'intermittence du travail, les soins extrêmes de propreté, la bonne nourriture , la vie régulière : ce sont là des précautions qui ne nuisent jamais, et qui s'opposent peut-être à ce que les accidents saturnins se développent avec une facilité aussi grande.
Peut-on dire la même chose de la limonade sulfurique, dont on a conseillé l'usage habituel aux ouvriers des fabriques de minium et de céruse, comme moyen prophylactique de l'intoxication? Il n'existe pas encore de faits suffisants pour juger la valeur de cette méthode, au succès de] laquelle il est cependant difficile de croire.
Les bains sulfureux fréquemment répétés peuvent, jusqu'à un certain point, atténuer la facilité avec laquelle se produisent les accidents saturnins.
Quels que soient les moyens auxquels on ait recours, tant que le commerce demandera à l'industrie la quantité de minium et surtout celle de céruse qu'elle lui fournit, il y aura de nombreuses affections saturnines. La substitution du blanc de zinc au blanc de plomb est destinée à jouer un grand rôle dans la diminution future du nombre des maladies de plomb; c'est le résultat qu'elle amènera en enlevant la possibilité de leur production chez les cérusiers et les peintres en bâtiments, et en réduisant à quelques rares fabriques de minium les établissements où les ouvriers seront exposés aux émanations de plomb.
2° Cuivre.
Les professions dans lesquelles les ouvriers sont exposés à manier le cuivre sont assez nombreuses : on peut y ranger les fondeurs , les fabricants de bronze, les chaudronniers, les poêliers, etc. Les ouvriers de ces diverses professions sont-ils sujets à des accidents particuliers?— Jusqu'à présent cela a été admis sans contestation ; et tous les auteurs décrivent des accidents dus à l'inspiration des vapeurs cuivriques, ainsi qu'à la manipulation des objets de cuivre, capable de produire des particules qui s'attachent aux mains, aux cheveux et aux vêtements des ouvriers qui y sont occupés. Ces accidents, toutefois^ ne constituent pas.