‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 18 sur 134 · III. Tempérament lymphatique · texte numérisé non relu

III. Tempérament lymphatique

Les caractères qu'on peut assigner aux individus qui présentent ce tempérament sont les suivants : cheveux rouges ou blonds, fins; yeux bleus; peau fine et blanche; système pileux peu développé ; chairs molles; orifices muqueux peu colorés; volume exagéré du nez, des lèvres, des oreilles; dents altérées; joues plaquées de rouge ; mains et pieds volumineux.

On a souvent décrit, à la place de ce tempérament, les trois états morbides suivants, qu'il faut cependant bien en distinguer :

4° L'atonie de tous les organes.

2° L'anémie.

3° La cachexie scrofuleuse.

M. Lévy assigne la cause suivante à ce tempérament : « Pré- « dominancede développement, de vitalité et d'activité de tous « les tissus pénétrés par des liquides non sanguins, et de tous (( les organes qui fournissent ces liquides. Les élaborations (( blanches (mucus, sérum, lymphe, etc. ) l'emportent ici « sur l'hématose. » Cette définition est une hypothèse, tout aussi bien que celle qui consistait à admettre la prédominance du système lymphatique.

D'après M. Royer-Collard , dont M. Lévy tend à admettre les idées sur ce point, il y aurait, chez les individus doués d'un tempérament lymphatique, une diminution dansle nombre des globules du sang, et, comme conséquence, une diminution de l'action de ce sang, ainsi appauvri, sur le système nerveux. Le sang étant d'une part moins excitant et de l'autre étant lancé avec moins de force, il en résulterait un allanguissement de toutes les fonctions. Les facultés intellectuelles seraient moins vives, le système musculaire moins énergique, la contractilité organique, en un mot, serait affaiblie.

Admettre une telle opinion, ce n'est que reculer la difficulté; il faut donc se borner à reconnaître, sans chercher à remonter cà la cause première, que chez les individus présentant le tempérament lymphatique, la force vitale est moins active, moins éner-

gique, moins puissante en un mot, que chez ceux qui sont doués des autres tempéraments.

Le tempérament lymphatique est congénial ou acquis. Dans ce dernier cas, on suppose que l'individu , à un âge encore peu avancé, a été soumis, pendant un temps assez long, a des causes débilitantes un peu actives, qui ont inilué d'une manière fâcheuse sur sa santé.

Les caractères de cette modification de l'état physiologique peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

4° Les individus présentant le tempérament lymphatique ne possèdent qu'un faible degré de résistance à l'action des agents physiques et aux causes pathogéniques de diverse nature. Il en résulte que les maladies ont plus de prise et sévissent'de préférence sur eux.

2° Ces mêmes individus ont une prédisposition singulière aux inflammations aiguës et surtout chroniques des membranes muqueuses et de la peau. Ainsi du côté des organes des sens, les ophthalmies, les coryzas, les otites; du côté du tube digestif, les angines , les entéro-colites ; du côté de l'appareil respiratoire, les bronchites aiguës ou chroniques.

La peau est très-souvent, chez les sujets lymphatiques, le siège d'affections cutanées à marche chronique et essentiellement rebelles. Le lupus survient chez eux de préférence. Les ilux muqueux, se développant sans inflammation ou succédant à des phlegmasies , sont encore fréquents en pareil cas. Telles sont, par exemple, l'otorrhée, la diarrhée et la leucorrhée.

5° Les individus lymphatiques sont, en raison même de leur tempérament, prédisposés aux affections scroiuieuses et tuberculeuses , qui ont été considérées comme une conséquence de leur organisation.

4° Enfin il est d'observation que , chez ces sujets, la plupart des maladies tendent à prendre le type chronique et à s'éterniser. Elles sont plus rebelles, plus difficiles à faire disparaître d'une manière radicale que chez d'autres.

Règles hygiéniques. — Les principes suivants ne doivent jamais être perdus de vue toutes les fois qu'on désire combattre un tempérament lymphatique, ainsi que les affections diverses auxquelles il prédispose :

1° Respiration d'un air pur suffisamment renouvelé. S'il ?se peut, séjour à la campagne dans un lieu sec et élevé; habitation saine, aérée, sèche.

• 2° Exercice régulier, suffisant, et en rapport avec les forces.

5° Alimentation saine, abondante, essentiellement azotée et cependant mélangée avec quelques végétaux frais.

4° Eviter avec soin l'iniluencede l'humidité et toutes les causes morbifiques quelconques.

5° Combattre rapidement les affections dés leur début, insister peu sur les moyens débilitants , tels qu'émissions sanguines, purgatifs ; car ces maladies tendent à se perpétuer d'une manière indéfinie. Prescrire de bonne heure les toniques généraux et locaux.

Page 1