CHAP. III. — ÉLECTRICITÉ
passage dont il n'a pas la conscience. Il est cependant deux instants de la journée dans lesquels la quantité d'électricité positive de l'atmosphère devient plus considérable et atteint son maximum. Ces instants sont ceux où l'air contient la plus grande quantité de vapeur d'eau. C'est par conséquent, d'une part, de huit à neuf heures du matin, quandles couches d'air en contact avec le sol et le sol lui-même s'échauffant, l'humidité de ce dernier s'évapore et les sature, et, d'autre part, quelque temps après le coucher du soleil, à l'instant où l'air, saturé de vapeur, est sur le point de les laisser se précipiter sous l'influence du refroidissement.
Ces deux maxima d'électricité déterminent-ils quelques modifications spéciales chez l'homme sain ou malade? Cela est possible, cela est même probable ; mais nous ne connaissons en aucune manière la nature de ces modifications.
Dans les temps dits orageux, l'atmosphère est chargée d'une quantité d'électricité plus considérable encore , mais alors des phénomènes nouveaux apparaissent.
Les résultats de cette quantité anormale d'électricité sont les orages, que l'on distingue avec raison en orages d'été et en orages d'hiver, dont les causes et le mode de production sont si différents.
Les premiers sont dus à des courants ascendants de vapeur qui viennent se condenser dans les régions supérieures de l'atmosphère plus froides ; ils sont la conséquence de ce fait : que toute précipitation de vapeur est une source de dégagement d'électricité.
Les seconds, ou orages d'hiver, sont dus à la rencontre, dans les régions supérieures de l'atmosphère , de deux courants d'air opposés, d'inégale température.
Les nuages orageux, qui sont chargés d'une quantité énorme d'électricité, ne sont pas tous électrisés positivement ( nuages blancs ou noirs) ; il y en a un certain nombre qui le sont négativement (nuages gris plombé), et dont la physique expliqué assez facilement l'origine. Quoi qu'il en soit, l'atmosphère, dans ces cas divers, est chargé d'une quantité considérable d'électricité, et cette quantité est à son maximum à l'instant où la pluie commence à tomber.
Les effets des temps orageux sur l'organisme sont incontestables. Voici ce que l'on sait de positif à cet égard :
Les individus sains et bien portants ressentent un malaise, une
agitation, un état de pesanteur difficile, à exprimer. Leur système musculaire est plus paresseux.
Les individus atteints de rhumatisme chronique sentent, par les temps orageux , se renouveler leurs anciennes douleurs, ou celles qui existaient présentent une exacerbation notable. Sous cette même influence, les névralgies augmentent d'intensité ou leurs accès reparaissent.
La dyspnée, due à des maladies organiques du cœur ou à un emphysème du poumon, se développe souvent par les temps orageux. On voit encore quelquefois sous cette iniluence des accès de fièvres intermittentes revenir prématurément.
Les individus scrofuleux et scorbutiques voient souvent les principaux accidents dont ils sont atteints s'exagérer par cet état atmosphérique.
Les malades atteints d'une affection aiguë ou chronique éprouvent, à l'instant d'un orage, une aggravation des principaux accidents. Ils sont plus fatigués, plus agités, et leur état fébrile augmente.
Enfin, dans les maladies dont la terminaison doit être funeste, il n'est pas rare de voir la mort survenir par un temps d'orage et devancer ainsi de quelques jours ou de quelques heures le moment de cette crise suprême.
Aucune règle hygiénique spéciale n'est applicable à ces cas divers, attendu qu'on ignore le moyen de diminuer la quantité d'électricité contenue dans l'atmosphère, aussi bien que celui de s'y soustraire.
La foudre n'est autre chose que la recomposition instantanée de l'excès d'électricité positive ou négative d'un nuage avec l'électricité d'espèce contraire développée par iniluence à la surface de la terre. Cette réunion se fait avec bruit et lumière, absolument comme quand on met en contact, par un fil métallique, les deux surfaces d'une batterie électrique.
Lorsqu'un nuage se décharge ainsi, tout individu qui se trouve placé sur le trajet où se fait la réunion est foudroyé. La commotion est si violente, que la mort est instantanée et que l'autopsie révèle quelquefois des désordres généraux très-intenses.
Dans d'autres cas , les individus ne se trouvent pas sur le trajet de la foudre, ils sont seulement à côté, et cependant ils éprouvent des accidents plus ou moins graves, et quelquefois même la