‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 94 sur 134 · CHAP. I. — EXERCICE, MOUVEMENT · texte numérisé non relu

CHAP. I. — EXERCICE, MOUVEMENT

avec une très-petite quantité de nourriture, n'a pas d'effets bien sensibles sur l'organisme. On consomme peu d'aliments, mais aussi on brûle peu de carbone, et il faut bien savoir que la perte des atomes organiques du corps, provenant directement de la respiration , n'est pas si grande que celle qui provient de l'exercice musculaire. Si la nourriture est plus abondante ou même très-abondante, et que l'exercice soit presque nul , alors on voit la graisse s'accumuler dans les tissus, l'embonpoint augmenter et, fréquemment, la diathèse urique s'établir et se traduire soit par la goutte, soit par la gravelle. En même temps, les muscles qui ne fonctionnent pas d'une manière suffisante en perdent l'habitude, leurs interstices fibrillaires se pénétrent de matière grasse, leurs fibres s'atrophient; enfin, si cet état se prolonge, l'habitude du mouvement se perd de plus en plus ; il devient difficile, pénible, et les individus ne s'y livrent qu'avec répugnance. Un repos absolu détermine l'atrophie des membres et une soudure dans les articulations ; c'est ce que l'on prétend exister chez les fakirs de l'Inde.

Effort.

Il est un grand nombre de mouvements dans lesquels il est nécessaire qu'il intervienne un déploiement de forces plus considérable. Ce déploiement ne peut avoir lieu qu'à l'aide de l'effort.

Certaines conditions sont nécessaires pour que l'effort s'accomplisse. C'est d'abord la fixité et la solidité de la poitrine qui doit servir de point d'appui aux muscles divers qui vont se contracter; or, pour que la cavité de la poitrine, composée essentiellement de pièces mobiles, puisse être transformée en point d'appui solide, il est nécessaire qu'elle conserve momentanément et pendant un certain temps une quantité d'air assez considérable clans les poumons. Voici comment cette conservation s'opère :

Il se fait d'abord une inspiration large et profonde; puis, presque immédiatement, les muscles expirateurs de la poitrine et de l'abdomen et le diaphragme se contractent pour expulser l'air introduit par l'inspiration ; mais, au même instant, et en vertu d'une contraction synergique des muscles destinés à mouvoir la glotte, cette ouverture se coutracte et se ferme complètement. Il

résulte de là que le thorax, comprimé d'une part entre les muselés expirateurs qui poussent l'air, et la glotte, qui résiste à ce gaz qui est comprimé de toutes parts sans pouvoir s'échapper, forme une cage solide qui présente un point d'appui énergique à tous les muscles qui s'y insèrent et qui en ont besoin pour exécuter des mouvements qui exigent un déploiement de forces un peu considérable.

L'accomplissement de l'effort a pour conséquences les phénomènes suivants : 1° une suspension momentanée de l'acte respiratoire; 2° un obstacle à l'entrée du sang veineux dans la cavité thoracique ; 5° une compression par l'air des troncs vasculaires et nerveux qui y sont contenus. —Ces trois phénomènes exagérés peuvent être le point de départ d'accidents souvent fort graves. Ce sont, en particulier, les suivants qu'on observe :

4° La production des hernies. En pareil cas, elles sont dues à la compression énergique exercée par le diaphragme sur les viscères abdominaux, et, sous l'iniluence de cette compression, à la sortie de ces mêmes viscères par le canal inguinal ou le canal crural ;

2° Des congestions et des hémorrhagies cérébrales. Ces affections sont la conséquence de l'obstacle que le sang éprouve à pénétrer dans la poitrine, et, en raison de cette circonstance, ce liquide reste dans les parties supérieures, où il peut déterminer ces accidents;

5° L'emphysème pulmonaire. Cette affection est la conséquence de la rupture des parois vésiculaires et de l'infiltration de l'air soit dans le tissu cellulaire intravésiculaire, soit dans le tissu inter-lobulaire. Quelquefois cet emphysème est assez considérable pour produire une asphyxie rapide;

4° La rupture des gros troncs vasculaires ou du coeur lui-même. Elle est déterminée par la compression énergique que l'air renfermé dans le thorax exerce sur ces organes. Cette rupture ne se produit guère que dans les cas où il existait quelque maladie antérieure de l'organe central de la circulation ou des grosses artères.

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