SAISONS
[De même que le mouvement de rotation de la terre sur son axe engendre des alternatives de lumière et d’obscurité qui constituent le jour et la nuit; de même sa révolution autour du soleil efigendre, d’après son degré d’inclinaison par rapport aux rayons solaires, des alternatives de température variables, suivant les latitudes, et qui constituent les saisons. Dans la zone tempérée que nous habitons, on en reconnaît quatre, savoir :
Le printemps , de l’équinoxe de mars au solstice de juin ;
L’été, du solstice de juin à l’équinoxe de septembre ;
V automne t de l’équinoxe de septembre au solstice de décembre ;
L’hiver, du solstice de décembre à l’équinoxe de mars.
La température est chaude pendant l’été, froide pendant l’hiver, tempérée pendant le printemps et l’automne. De là des influences sur la santé dont il faut tenir compte.
Influences sur la génération et les naissances. — La saison la plus efficace pour la conception est le printemps, avait dit un auteur hippocratique ( Des femmes stériles, § 18). Cette assertion a été démontrée par les chiffres. Villermé, qui s’est livré à de nombreuses recherches à cet égard, a fait voir que le maximum des conceptions a lieu au printemps et le minimum en automne. En effet, d’après les chiffres considérables qu’il a colligés, le plus grand nombre des naissances a lieu en hiver et le minimuçn en été. Les 7,651,437 naissances qui ont eu lieu en France de 1817 à 1824 sont ainsi réparties :
Janvier, février, mars 2,108,916
Avril, mai, juin 1,854,690
Juillet, août, septembre 1,793,534
Octobre, novembre, décembre 1,894,297
Total 7,651,437
Les conceptions les plus nombreuses sont de février à juillet dans la période qui est marquée par le retour du soleil dans
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notre hémisphère, l’allongement des jours, le réchauffement de l’atmosphère, le réveil de la végétation. Les différences de latitude amènent nécessairement des différences dans les résultats. Les époques du maximum et du minimum des conceptions avancent dans les pays chauds, retardent dans les pays froids, mais c’est surlout l’époque du minimum qui subit cette influence. Boudin, analysant des documents recueillis à Florence depuis 1451 jusqu’à 1845, a constaté : 1° que la proportionnalité des naissances des deux sexes n’a point varié dans le cours de quatre siècles; 2° que les mois de juin, avril et mai, qui étaient vers le milieu du quinzième siècle les plus féconds, sont aujourd’hui encore les plus riches en conceptions; 3° que depuis la lin du quinzième siècle, le mois de septembre n’a pas cessé d’être un des mois les plus mal partagés sous le rapport des conceptions. Quetelet, qui a confirmé les observations de Villermé, fait voir que l’influence des saisons est plus marquée dans les campagnes que dans les villes.
Enfin, dans l’hémisphère austral, le renversement des saisons amène le renversement dans l’époque des conceptions et des naissances.
Influence sur l'homme physiologique et moral. — Des expériences récentes faites par le docteur E. Smith lui ont démontré que la quantité de carbone brûlé varie, suivant les saisons, d’une manière régulière. La décroissance commence avec le mois de juin, fait de nouveaux progrès pendant juillet et août jusqu’aux premiers jours de septembre, où elle atteint son point le plus bas ; le mouvement ascensionnel commence en octobre, novembre et décembre; l’état reste stationnaire jusqu’à la fin de mars. En avril et mai, la quantité d’acide carbonique exhalé augmente jusqu’au commencement de juin où, comme nous l’avons dit, la diminution se fait sentir. La plus grande différence observée est de 3 grains d’acide carbonique en moins par heure de juin à septembre, où l’on ne trouve que de 6 à 7 grains, le chiffre le plus élevé étant 10 grains, 20 en mai. L’élimination de l’azoté, qui a été aussi étudiée par Smith, est en sens inverse de celle de l’acide carbonique.
Considérant la combustion plus considérable du carbone comme une preuve de l’activité vitale plus grande, il en résulte que cette activité est à son summum au printemps et à son,, minimum au commencement de l’automne, ce qui coïncide parfaitement avec ce qui vient d’être dit pour les conceptions et les naissances. C’est ce qui est aussi parfaitement en rapport avec celte remarque de Yillermé, que le plus grand nombre des cas de viol et autres attentats à la pudeur tombe précisément dans les mois de mai, juin et juillet.