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4(> cent ., la seconde, 20 cent. A Paris. malgré le vote de l’Assemblée législative, qui accorda une somme de 600,000 fr. pour favoriser l’établissement de bains à bon marché, ces institutions ont fait peu de progrès, et peu de demandes ont éLé adressées à l’autorité, qui cependant avait fait dresser des plans et établir des devis qui eussent été mis à la disposition des concessionnaires. On aurait peut-être pu songer aussi à employer en bains l’eau chaude qui provient des machines à vapeur, et l’eau du puits artésien de Grenelle, qui ne perd qu’une très-faible partie de sa température dans les conduits destinés à l’amener dans les réservoirs.
Les professions qui réclament le plus impérieusement les bains sont, d’après M. Tardieu, les suivantes : les ouvriers qui travaillent le massicot, le blanc de plomb, le mercure, les chapeliers, les couverturiers, les hongroyeurs, les mégissiers, les teinturiers, les étameurs de glaces, les fabricants de noir animal, les équarrisseurs, les vidangeurs, les égoutiers, etc.
[L’autorité prescrit aux chefs de bains certaines réglementations que nous devons faire connaître. — 1° Pour les bains chauds , on exige que les sexes soient constamment et convenablement séparés ; que les cabinets des bains soient pourvus de thermomètres; que les garçons et femmes de service s’assurent, pendant la durée du bain, que les baigneurs n’éprouvent aucune défaillance, ne s’abandonnent point au sommeil etc. — 2° Pour les étuves celles-ci ne doivent point être en bois, qui s’échauffe trop facilement: il faut qu’elles n’aient pas moins de 10 mètres cubes d’air; qu’elles soient très-éclairées et prennent jour par en haut, et que, là, existe un vasistas permettant le prompt départ de la vapeur ; que les cabinets soient munis d’un robinet d’eau froide toujours à la disposition du baigneur. — 3° Pour les bains froids , outre la défense faite au public de se baigner dans certains endroits déterminés et rappelés tous les ans par des ordonnances, les entrepreneurs d’établissements publics doivent se conformer à certaines prescriptions : les bains doivent être entourés de planches et fermés depuis le fond de la rivière jusqu’à son niveau supérieur par des perches en forme de grille pour empêcher les baigneurs dépasser dehors ou sous les bateaux; il est de plus enjoint de placer autour des écoles de natation, à l’intérieur, un filet très-résistant et qui doit toujours être tendu; il est planté de distance en distance des pieux entre lesquels sont tendues des cordes pour la sûreté et la commodité des baigneurs. 11 est formé des chemins solides et bordés de perches à hauteur d’appui pour arriver de la berge dans l’établissement ; un bachot muni de ses agrès est
5 4 0 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE I)E L’UYtilÈNE.
continellerrient attaché à chaque bain pour porter des secours en cas de besoin, etc.]
Lavoirs publics. — L’établissement des lavoirs publics est un des grands progrès de l'hygiène appliqués aux populations. Ces lavoirs doivent être disposés de manière à favoriser toutes les opérations du blanchissage, opérations qui sont au nombre de huit, et qui sont les suivantes : l’essangeage, le lessivage, le savonnage, le passage ou bain à l’eau de javelle, le rinçage, le passage au bleu, l’essorage ou tordage, le séchage. — Cette dernière opération est celle qu’il est peut-être le plus important de voir établir dans beaucoup de lavoirs qui manquent de séchoir. — Le linge humide mis à sécher dans les petites chambres ou les mansardes des ouvriers, est une cause puissante d’insalubrité, et qui les expose à tous les inconvénients de l’action d’une humidité prolongée. Les lavoirs se sont beaucoup multipliés à Paris depuis 1848. Il y en a maintenant 91 recevant une concession de 10,815 hectolitres d’eau, et contenant 5,276 places. Il y a de plus 81 bateaux-laveurs, contenant 2,968 places.
Le blanchissage des ouvriers coûte en moyenne, non compris les draps (Tardieu), 3 fr. 25 c. par mois, et, si la femme peut laver ce linge, ce prix s’abaisse à 1 fr. 90 c., et, en ne comptant pas le temps qu’elle y perd, on pourrait le faire tomber à 85 c. C’est là que l’on doit espérer arriver avec les lavoirs, mais ce qu’on n’a pas encore atteint, malgré les concessions gratuites d’eau de la ville de Paris. 11 s’est établi dans cette ville une société pour en favoriser le développement.
[Voici quels sont à Paris les prix exigés dans les lavoirs : le prix de l’heure est de 5 cent. ; la demi-journée, de 20 cent., et pour la journée, 40 cent. ; l’eau chaude pour le savonnage se paye 5 cent, le seau de 12 litres; l’eau froide est donnée à discrétion pour le rinçage ; l’essorage est de 20 à 30 centimes dans des essoreuses mues par la vapeur ou par une manivelle, mais comme les dimensions de celles-ci sont assez grandes, deux ou trois femmes peuvent se cotiser pour assécher leur linge à frais communs. 11 en résulte un grand avantage pour l’économie, car le tordage à la main brise les fibres du tissu et hâte l’usure et la destruction de celui-ci. C’est là une chose bien simple, mais qu’il a été fort difficile de faire comprendre aux femmes du peuple. — Le lessivage se fait en commun, et généralement à la vapeur. Chaque paquet bien fermé et muni d’un numéro en zinc dont le pareil est remis à la ménagère, est placé dans de grands cuviers ; après l’opération, les femmes le reprennent pour aller se livrer à leur place au savonnage et au rinçage. Le tarif est fixé d’après le volume des objets. Pour un paquet
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renfermai)!, trois ou quatre chemises, on prend 10 centimes, et ainsi de suile, en proportion. Les différentes fournitures, savon, eau de javelle, etc., sont aux frais de chaque laveuse qui apporte ou achète à très-bon compte, dans l’établissement même, ces différents objets.
L’établissement des lavoirs, en raison de la buée qu’il produit et du départ des eaux sales et savonneuses, exige certaines précautions : d’abord un isolement complet entre le lavoir, les couleries, etc., et les maisons voisines, au moyen d’un intervalle de 15 à 50 centim.; revêtement des murs en briques et chaux hydraulique ; dallage et bitumage du sol avec pente convenable pour l’écoulement des eaux, et entraînement de cellesci par un conduit souterrain jusqu’à l’égout. Si cet écoulement ne peut avoir lieu, traiter les eaux par une solution de chaux ; n’en jamais permettre la diffusion sur la voie publique, n’en jamais permettre l’écoulement dans les cours d’eau, où elles causeraient la mort du poisson; — les châssis mobiles destinés à la ventilation seront établis sur les côtés opposés aux maisons voisines; on laissera un intervalle d’un mètre entre chaque laveuse, etc.]
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