DES SENS EXTERNES
in-4°. — Albrecht (D. J. W.), Tractaïus pnysicus de effectibus musices in corpus animatum. Lipsiæ, 1734, in-8». — Marteau (L. R.), An ad sanitatem musice? [ R. aff.)! Th. de Paris, 1743, in-4°. — Nicolai ^E. A.), Von der Verbindung der Musik mit Arzneigelahrtheit. Halle, 1745, iu-8°. — Roger, Tentamen de vi sont et musices in\ corpus humanum. Avenione, 1758, in-80, tr. par Y. Maire. Lyon, 1803, in-8°. — Debout L.), Sur l’effet de la musique dans les maladies nerveuses, trad. de l’italien. Pétersbourg, 1784, in-8°. — Y***, Réflexions sur la musique et les effets qu’elle produit. Paris, 1785, iu-12. — Ollivier, L’esprit d’Orphée, ou Influence de la musique sur la morale, etc. Paris, 1798, in-8°. — Sprengel, De musicæ artis cum medicinà connubio. Halæ, 1800, in-8u. — MojoN (B.), Mém. sur l’utilité de la musique , tant dans l’état de santé que dans celui de maladie, trad. par C. D. Mugetti. Paris, 1800, in-8°. — Lichtenthal (P.), Der musikalisch Arzt, oder Abhandlung von der Einfluss der Musik auf dem menschlichen Kôrper, und, etc. Wien, 1801, in-8°. — Desessarts, Réflexions sur la musique considérée comme moyen curatif. Paris, an XI, in-8°. — Quelques dissertations à la Faculté de Paris : Delagrange (an XI, n° 261); Lamarche (1815, n° 122); Guillaume (1817, n° 125); Durand (1819, n° 123), etc. — Fournier-Pescay, art. Musique, in Dict. des sc. méd., t. XXXV, 1819. — Becker (J. C.), De musicæ vi salutari. Berolini, 1821, in-8°. — Steinbeck (Fr. Alb.), De Musices atque poeseos vi salutari. Berolini, 1826, in-8°. — Sundelin (K.), Aerztlicher Rathgeber fur Musiktreibende nach, etc. Berlin, 1831, in-8. — Hansen (J. N.), De musices in corpus humanum vi, ibid., 1833, in-4°. — Schneider (P. J.), Musik und Poesie, nach ihren Wirkungen historisch-und kritisch dar. gestellt, oder System, etc. Bonn, 1835, in-8°. — Raudnitz (L.), Die Musik als Heilmittel, oder : der Einfluss der Musik auf Geist und Kôrper , etc. Prag, 1840, in-8°. — Merkel (Aem.), Musica medice considerata. Buda, 1843, in-8°. — H. S. K. Die Musik als Heïlmittel. Wien, 1817, in-8°. — Rolland, De l’influence de la musique sur la guérison des maladies, in Union méd., t. VII, 1853.
— Colombat (de l’Isère), De la musique dans ses rapports avec la santé publique. Paris, 1873, in-8°. — Helmholtz, Théorie physiologique de la musique, etc. Trad. de l’ail, par Guéroult. Paris, 1874, in- 8°. — Collàdon (H.), De la surdité, hygiène de F oreille, etc. Genève et Bâle, 1875. — Krishaber, Art. Musiciens et Musique , in Dict. encycl. des sc. méd., 2e sér., t. XI, 1876. — Burckhardt-Merian, Prophylaxis u. Behandl. der Ohrenkrankheiten, in Schweiz. Corr. Bl.} 1876.
Odorat.
L’organe de l’olfaction doit surtout être considéré comme une annexe de l’appareil digestif ; il a pour but de juger par un procédé spécial la qualité des corps, et surtout de ceux qui sont destinés à notre nourriture. L’appareil destiné à accomplir l’olfaction est simple : c’est une surface muqueuse, propre à recevoir le contact des matières odorantes, et qui recèle un nerf spécial, capable de recevoir ce mode d’impression ; le cerveau juge ensuite. Mais, là, le contact est immédiat , il y a transport d’un corps, d’un agent ayant des propriétés palpables, physiques et chimiques, qui pénètrent en quelque sorte dans l’organe.
L’air et le calorique sont les agents destinés à volatiliser certaines parties des corps, et ce sont ces particules ainsi volatilisées qui, portées sur la pituitaire, déterminent l’olfaction. Ces particules constituent les odeurs : elles sont incoercibles, et on
ne possède aucun moyen d’analyse pour en constater les propriétés. I,cs classifications qu’on a essayé d’en donneront peu de valeur, attendu qu on a été obligé de les baser sur l’impression même de l’organe qui les reçoit, et sur le jugement individuel qui, en pareille matière plus qu’en toute autre, est sujet à erreur. Les odeurs sont des corps matériels ; la perte de poids des corps d’où elles( émanent le prouve suffisamment. Elles diffèrent entre elles sous un grand nombre de rapports. Ainsi, certaines odeurs ne se font sentir que le jour, d’autres que la nuit, quelques-unes ne se développent que le matin, d’autres que le soir; telles substances ont besoin d’être échauffées, à d’autres il faut de l’humidité ; celles-ci, combinées avec d’autres, donnent lieu à des émanations abondantes, celles-là voient leurs propriétés détruites parle mélange.
Quoi qu’il en soit, on ne saurait mettre en doute l’action des émanations sur le cerveau ; elles produisent une stimulation remarquable sur l’encéphale, et cette stimulation est en rapport avec la nature de l’odeur, avec son intensité et, aussi, avec la susceptibilité particulière de l’individu. Dans le plus grand nombre des cas, les odeurs habituelles agissent sur le cerveau de manière à l’exciter légèrement. On peut en voir un exemple dans les cas où l’on veut ranimer l’action cérébrale affaiblie, comme cela arrive dans les asphyxies et les syncopes. Une irritation portée sur la pituitaire (ammoniaque, acide acétique) agit immédiatement sur la masse cérébrale, réveille toutes ses fonctions et ranime tous les appareils qui en dépendent, comme ceux de la respiration et de la circulation.
1° Intensité des odeurs. — Si l’on observe de bons effets toniques d’un certain nombre d’odeurs aromatiques, il n’en est plus de même lorsque ces odeurs sont trop fortes. On sait, par exemple, les fâcheux effets qui sont dus à la viciation de l’air par la présence d’une trop grande quantité de vapeurs aromatiques dégagées des plantes de la famille des liliacées ; il en résulte une céphalalgie plus ou moins forte, et même, si ces odeurs sont trop énergiques, on observera des vomissements sympathiques, quelquefois enfin, mais plus rarement, des altérations spéciales des organes des sens voisins. C’est ainsi qu’on voit fréquemment, en pareil cas, les stimulants des nerfs olfactifs agir sur les nerfs optiques et rendre la vue plus faible. Dans d’autres cas, l’inspiration de vapeurs de beaucoup desolanées peut donner lieu à des éblouissements, des vertiges, et produire une cécité momentanée.
L’inspiration habituelle d’odeurs trop énergiques peut émousser l’olfaction et lui faire perdre, sinon toute sa sensibilité, au moins une partie. L’inspiration d’une même odeur, continuée
pendant quelques minutes sans interruption et placée immédiatement sous le nez, finit par ne plus être perçue.
L’olfaction peut être nulle chez certains individus; et, en pareil cas, on n’a pas observé de fâcheux effets qu’on pût rapporter à la privation de cette fonction. Cette disparition de l’odorat arrive quelquefois d’une manière lente, graduée, d’un seul côté •ou des deux côtés; quelquefois elle survient tout d’un coup, et résulte d’une lésion cérébrale, du développement d’une tumeur dans la partie antérieure de l’organe, d’un polype fibreux au sommet des fosses nasales. Dans tous ces cas, cette privation est moins grave que la maladie dont elle provient.
2° Age. — Dans la première enfance, alors que la nourriture est fournie par la mère, et que cet aliment tout préparé n’a pas besoin d’être apprécié, l’odorat n’est pas développé, et l’hygiène n’a rien à prescrire. — Plus tard, et à l’époque où il commence à manifester son action, alors que l’âge est encore tendre et les appareils délicats, il faut éviter les impressions profondes d’odeurs trop énergiques, il faut ménager la sensibilité de l’odorat, pour ne pas l’émousser trop rapidement. Plus tard, l’instinct et l’expérience sont un guide sûr à cet égard.
3° Le sexe ne présente aucune indication spéciale; l’odorat des femmes paraît, en général, doué d’une sensibilité plus exquise que celui des hommes, et doit être plus ménagé.
4° Les habitudes jouent un rôle dans l’influence des odeurs et des parfums. — Il arrive souvent qu’on s’habitue tellement à une odeur qu’on respire constamment, que l’olfaction ne l’apprécie plus ; tandis qu’elle a conservé toute sa délicatesse à l’égard des autres parfums. On s’habitue aussi bien, à cet égard, aux odeurs agréables qu’à celles qui ne le sont pas.
Certains individus ont de singulières antipathies pour des odeurs tantôt fort peu actives, et d’autres fois agréables : tel est quelquefois le parfum de la rose, celui de la violette, etc. ; pour d’autres, c’est l’odeur de la graine de lin ou bien celle des pommes. Les règles hygiéniques se déduisent de ces idiosyncrasies.
L’odorat donne quelquefois lieu à des jugements faux, et la sensibilité de quelques individus perçoit des odeurs fort différentes là où il y a un même point de départ. Les aberrations de ce sens sont nombreuses, et plus, peut-être, que celles de tous les autres. Beaucoup de maladies ont pour symptômes des hallucinations de toute espèce. — Un grand nombre d’hypochondriaques, de femmes nerveuses, sont poursuivis par des odeurs fort singulières, et rien ne saurait rendre raison de la singularité de ce phénomène.
Bibliographie. — Voir p. 422.
A. Becquerel, 6e édition.
77 0 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’üYGIÈNE.
Il U KOÛt.
Le sens du goût se rapporte plus spécialement à l'homme matériel et à sa conservation ; l’intelligence n’en reçoit ordinairement aucune impression; toutefois l’état social modifie ce sens, lui donne une extension considérable et sert ainsi à réunir les hommes par les liens gastronomiques, qui ne sont pas toujours à dédaigner.
L’appareil dégustateur, placé à l’orifice supérieur du canal digestif, est évidemment destiné à percevoir des sensations qui se rapportent à la nature des aliments, et leur contact avec la langue fournit des lumières exactes sur la nature de la substance ingérée. Lorsque les coutumes bizarres de la société n’ont pas altéré ce sens si délicat, il suffit, presque toujours, pour accepter les substances salutaires ou repousser les substances nuisibles à l’individu.
L’appareil de la gustation est simple; c’est un nerf qui se répand sur une membrane muqueuse et subit le contact des corps sapides. Quel est le phénomène qui s’opère à la surface de la langue; quelle combinaison se fait entre les molécules sapides des corps et les extrémités des nerfs glosso-pharyngiens ? On l’ignore. Si, dans quelques cas, la composition chimique et le plus ou moins de solubilité des corps déterminent leur saveur, il n’en est pas de même dans une foule d’autres circonstances, et l’on ne connaît guère mieux les saveurs que les odeurs.
L’intégrité de la langue est une condition indispensable pour la gustation. Si cet organe est enflammé, les saveurs y font une impression trop vive, douloureuse, insupportable même, surtout quand la substance est très-soluble et sapide. Si le mucus qui recouvre la langue est rare, le sens est obtus; s’il est nul et que la langue soit sèche, il n’y a pas de sensation. Il faut, pour bien apprécier les saveurs, que le mucus soit en quantité suffisante pour bien humecter l’organe et pour dissoudre le corps sapide ; si la langue a été soumise à une légère torréfaction, et si les papilles sont brûlées, il y a absence momentanée de goût.
1° Intensité des saveurs. — Les saveurs trop énergiques, trop stimulantes, agissent sur le sens du goût comme la lumière sur l’œil, les sons sur l’oreille : elles stimulent énergiquement la langue, ^t, si cette stimulation est répétée trop souvent avec la même énergie, elles finissent par émousser le sens et par faire disparaître pour lui l’appréciation des saveurs fines et délicates.
Quelquefois môme les saveurs trop énergiques peuvent abolir complètement le goût. Il est rare d’avoir à constater la diminution d’intensité de ce sens. 11 n’y a, du reste, aucun accident spécial qui puisse en être le résultat.
2° Nature des saveurs. — La nature des saveurs agit d'une manière particulière sur chaque individu. Ainsi, la saveur acide, qui est fraîche, agréable, émousse pour quelques instants le goût, mais il ne tarde pas à reprendre. sa finesse : si les acides sont trop énergiques, ils l’abolissent. — Les condiments âcres émoussent également beaucoup le sens du goût, et le rendent incapable d’apprécier des saveurs plus délicates.
Le sens du goût, plus peut-être que les autres, a besoin d’une sorte d’éducation qui le conduit à trouver bonnes des choses qui avaient d’abord paru très-mauvaises, et à dédaigner des substances qui avaient été considérées comme très-agréables. C’est sur cette éducation qu’est fondée la profession d’expert-dégustateur des vins, qui est exercée avec une grande habileté par un certain nombre d’individus. La pratique de la gastronomie est entièrement fondée sur cette éducation, et ne s’acquiert qu’après de longs exercices.
3° Les climats exercent une certaine influence. Ainsi, dans les pays chauds, si les aliments simples, les végétaux farineux et presque insipides, sont choisis de préférence, . c’est presque toujours à condition qu’on y ajoute des condiments stimulants, qui sont nécessaires pour donner du ton aux organes et leur permettre de résister à toutes les causes débilitantes de ces climats. — Les habitants des pays froids font aussi bien souvent usage d’aliments et de boissons excitants. Les substances animales altérées, les graisses rances et d’un goût détestable, certaines liqueurs enivrantes, de la saveur la plus violente, font les délices des Lapons, des habitants du nord de la Russie, et rien ne peut rebuter leur organe gustateur.
4° Age. — Le goût existe dès la naissance, car on ne peut changer la nourriture habituelle des nouveau-nés sans leur arracher des cris. Ils ont des organes dont la structure est en rapport avec la nature de l’aliment qui leur convient : aussi, lorsqu’on vient à leur donner quelque substance très-sapide, ils témoignent, par des grimaces et des cris, le mal que leur cause cette sensation . Plus tard, à mesure que l’organisation se perfectionne et que de nouveaux besoins se font sentir, des aliments plus substantiels sont nécessaires, et le goût se modifie suivant les exigences ; mais arrivent alors les habitudes singulières, les bizarreries que l’on observe dans certains pays, et, dès lors, le goût se déprave, s’altère, et l’on trouve du plaisir
7 72 DEUXIÈME PARTIE. — • MATIÈRE DE l’üYGIÈNE.
à dos impressions qui seraient fort pénibles, et môme insupportables dans d’autres circonstances.
Dans la vieillesse, le goût bien souvent s’émousse, s’aftaiblit, et il est besoin de saveurs plus énergiques pour flatter le goût des personnes âgées.
5° Sexe. — Les femmes ont, en général, le sens du goût plus délicat . que celui de l’homme, ce qui tient sans doute à ce qu’elles font beaucoup moins que lui usage d’excitants énergiques capables de l’émousser.
6° Certaines maladies dépravent le goût et font trouver agréables des substances insipides. Beaucoup de jeunes filles chlorotiques ont une grande propension à manger du charbon, de la craie, de l’argile, du papier, etc., etc. Dans d’aulres cas, un état pathologique de l’estomac ou des centres nerveux vicie la sensation et détermine une sorte d’hallucination singulière, en vertu de laquelle on attribue des saveurs exquises ou trèsfortes à des substances qui en sont tout à fait dépourvues. Dans les maladies fébriles ordinaires, le sens du goût se trouve aboli, et les aliments paraissent mauvais. C’est une sorte de mouvement instinctif de la nature qui excite de la répugnance pour des objets inutiles ou nuisibles.
Un toucher.
L’impression du tact a lieu à la surface de la peau ; elle s’opère sur les houppes nerveuses des papilles recouvertes par l’épiderme, et le rôle de cette couche inorganique n’est pas sans importance, car elle protège l’organe du toucher contre les violences extérieures et contre les corps étrangers et nombreux qui pourraient le blesser. — L’excitant de la peau n’a rien de spécial, tout corps matériel palpable peut provoquer la sensation du toucher.
L’intégrité de la peau est indispensable pour que le tact conserve sa finesse et sa perfection; il y a cependant une distinction à faire à cet égard. Quand la peau est dépouillée de son épiderme, la sensibilité est au contraire augmentée ; car les papilles nerveuses sont mises à nu ; ce n’est donc pas ce genre d’altérations qui diminue la sensibilité du tact. Lorsqu’au contraire la peau est complètement détruite et remplacée par une cicatrice, ou bien lorsqu’il existe des épaississements épidermiques considérables, le toucher est moins parfait et . quelquefois même aboli complètement.
Les corps qui agissent avec trop d’énergie sur la peau finissent par émousser la sensibilité de cette membrane. Les contu-
sions répétées, les frottements rudes et continuels, ont pour résultat d’augmenter la couche épidermique, et de diminuer la sensibilité du tact. Tel est le résultat qu’amène bien souvent l’exercice de certaines professions. On trouve une autre série de causes dans les affections du cerveau, et l’anesthésie n’est souvent que le symptôme de quelque maladie de l’encéphale.
Dans un autre ordre de causes, on voit l’augmentation de la sensibilité cutanée déterminer des accidents spéciaux. Qui ne connaît les souffrances que font éprouver de simples démangeaisons, produites par des maladies de la peau de peu d’importance? Elles déterminent quelquefois de l’insomnie, une agitation très-grande et môme un état névro-sthénique général. On les a vues, chez les enfants, aller jusqu’à provoquer des convulsions. Les démangeaisons qui se produisent dans le voisinage des organes génitaux déterminent quelquefois un état d’éréthisme de cet appareil.
L’âge exerce une influence sur le sens du toucher. Cet organe est d’autant plus développé, que le sujet est plus jeune : moins sensible peut-être, mais plus expérimenté et plus instruit dans l'âge adulte, il diminue notablement dans la vieillesse.
Sexe. — Les femmes ont, en général, le sens du toucher plus délicat et plus perfectionné. Elles sont plus vivement impressionnées par les corps qui agissent sur lui.
Les sujets doués d’un tempérament nerveux ont, en général, la sensibilité portée à un haut degré de perfection. Les autres tempéraments ne présentent rien de particulier à cet égard.
L’habitude donne une grande perfection au sens du tact, et c’est sur l’éducation ainsi que sur les habitudes auxquelles on peut soumettre cet organe, que sont fondées la plupart des professions manuelles délicates.
Dans les convalescences , le toucher augmente quelquefois de sensibilité pour revenir ensuite à son état normal.
Règles hygiéniques. — Elles consistent à protéger la peau contre les violences extérieures et contre les corps dont le contact pourrait la souiller : il faut, en même temps, y entretenir une grande liberté de circulation. Les bains, les lotions, les lavages fréquemment répétés, remplissent bien ces indications. 11 faut faire attention, toutefois, de ne pas donner à la peau une sensibilité trop vive; car, alors, on favoriserait l’action des agents atmosphériques, et on verrait se développer, spécialement pendant la saison froide, les inflammations chroniques de cette membrane auxquelles on donne le nom d’engelures. L’usage des gants est indispensable dans les circonstances suivantes : 1° pendant le froid : ils doivent alors être en peau ou bien
en laine ; 2° pendant la chaleur : l’usage du fil est préférable. On doit encore avoir recours à l’usage de gants appropriés à cette destination spéciale, toutes les fois que les mains sont obligées d’accomplir des travaux auxquels elles ne sont pas habituées.
De l’usage du tabac, de l’opium et du haschisch, du bétel et de l’arsenic.
Les coutumes de certains peuples les ont conduits à l’usage de substances qui n’ont aucune utilité pour conserver la santé de l’homme, ou pour contribuer à le nourrir par suite de leur absorption. Leur usage mériterait plutôt le nom de bizarrerie. Mais enfin des millions d’individus ont adopté ces coutumes, et il est indispensable d’en examiner ici la valeur hygiénique.
1° Du tabac.
Le tabac peut être pris de trois manières différentes : 1° en feuilles et mâché ; 2° en poudre ; 3" à l’état de fumée.
1° En traitant des condiments, nous avons vu que le tabac est fréquemment employé à l’état de masticatoire, et qu’aucun avantage ne vient justifier son usage. Les résultats qu’il détermine consistent d’abord dans une salivation abondante : plus tard, la persistance de cette habitude produit la sécheresse de la bouche, et finit quelquefois par détériorer le goût ; enfin, lorsqu’il est absorbé, il peut en résulter de légers symptômes de narcotisme auxquels on s’habitue, et dont on ne peut plus^ensuite se passer. L’hygiène ne peut donc que proscrire cette forme d’emploi du tabac.
2° Le tabac en poudre et appliqué sur la pituitaire, par suite de son introduction dans les fosses nasales, agit comme sternutatoire : il active d’abord la sécrétion nasale, puis il dessèche consécutivement la membrane muqueuse. Son usage répété finit par détruire la finesse de l'odorat. A l’état de poudre, le tabac agit rarement comme narcotique; son inconvénient le plus grand est d’être une habitude peu agréable pour ceux qui en sont témoins, et peu commode pour ceux qui en font usage. Du reste, cette habitude n’a aucune utilité et ne remplit aucune indication. L’action sternutatoire qu’elle exerce agit quelquefois comme un révulsif puissant ; on est même allé jusqu’à prétendre qu’en cette qualité, il pouvait dissiper des coryzas, des ophthalmies légères, des odontalgies et quelquefois même des céphalalgies opiniâtres. Quelques médecins regardent les éter-
numents comme capables de déterminer la rupture des poches anévrismales du cœur ou des vaisseaux : si le fait est vrai, il faut au moins que les maladies organiques dont ils hâtent ainsi la fin soient déjà bien avancées.
3° Le tabac aspiré ou fumé agit d’une manière différente, suivant que l’on commence à en faire usage ou qu'on en a déjà contracté l’habitude.
Dans le premier cas, la fumée du tabac, aspirée par la bouche, agit par sa causticité, sa chaleur et les produits pyrogénés et narcotiques qu’elle renferme ; elle détermine une véritable ivresse caractérisée par la céphalalgie, les vertiges, la décoloration de la face, les nausées, les vomissements et une singulière prostration des forces. A mesure qu’on acquiert l’habitude de fumer, ces accidents diminuent et finissent par ne plus être appréciables; mais sont-ils nuis? Là est toute la question. Aux yeux de beaucoup de personnes et même de médecins, ils sont nuis en effet, et l’habitude de fumer n’exerce aucune action quelconque sur la santé. Cette conclusion est une erreur. Le tabac ne cesse jamais d’exercer une action locale et une action générale.
L’action locale n’est pas toujours la même : tantôt elle produit la diminution de l’appétit, d’autres fois des pertes de salive abondantes, ou bien encore l’impossibilité d’en sécréter sans avoir recours à l’emploi de la fumée du tabac. La diminution de la sensibilité du goût peut également en être la conséquence.
[On se rappelle que Roux attribuait à l’action de la pipe les cancroïdes de la lèvre inférieure. M. Bouisson a repris cette question et l’a étayée de faits assez nombreux.]
L’action générale delà fumée du tabac, bien que peu intense, est cependant incontestable ; elle consiste dans un très-léger état de stimulation cérébrale, sous l’influence de laquelle l’esprit est plus lucide, le travail plus facile, l’intelligence plus ouverte. Son action une fois cessée, la stimulation disparaît, et elle est souvent remplacée par un certain degré de langueur qui rend l’homme plus lourd, plus apathique et moins propre au travail; il se trouve alors dans la nécessité de recommencer à fumer, et c’est dans cette série d’alternatives que se passe une partie de son existence. Le fumeur, en effet, est voué désormais à aspirer la fumée du tabac toutes les fois qu’il veut faire usage de. ses facultés intellectuelles.
[Et ce n’est pas seulement pour réveiller l’intelligence que le retour de l’excitant habituel devient une triste nécessité, cela a lieu également pour d’autres fonctions ; le fumeur est obligé d’avoir recours à la substance nuisible dont il fait ses délices,
77 6 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’ilYGIÈNE.
pour stimuler son appétit avant le repas, puis, après encore, pour faciliter la digestion, puis encore pour provoquer les garderobes. En un mot, le fumeur est devenu l’esclave de sa pipe ou de son cigare. Quant aux effets généraux sur les facultés intellectuelles, nous signalerons la remarque faite par M. Danet et vérifiée par Bertillon, qu’à l’École polytechnique les fruits secs sont de grands fumeurs. M. Fleury, que sa position a mis à môme d’étudier un grand nombre d’affections du système nerveux, est porté à croire qu’il faut rapporter à l’extension si considérable qu’a prise en France la déplorable habitude du tabac, la fréquence vraiment digne de remarque, depuis une vingtaine d’années, de ces paralysies à marche lente et progressive qui se montrent en dehors de toute lésion appréciable du système nerveux. Beau attribuait également au tabac une part considérable dans l’étiologie de l’angine de poitrine. De son côté M. Sichel a fait connaître une variété d’amaurose qu’il a rencontrée plusieurs fois dans son immense pratique, et qui serait due à l’excès dans l’habitude de fumer.
Un auteur anglais, M. Richardson, dans une récente communication à Y Association britannique pour les progrès des sciences, a signalé les désordres suivants comme effets du fumer. Le sang devient d’une fluidité anormale, ses globules sont modifiés. Il cause des délabrements d’estomac, des nausées, et, dans des cas exceptionnels, des maladies véritables. L’action du cœur est affaiblie et rendue irrégulière ; les organes des sens sont diversement affectés : à un degré très-élevé, on observe la dilatation des pupilles, des troubles de la vision (lignes de feu, mouches volantes, persistance de l’image sur la rétine, été.) : sensations analogues du côté de l’organe auditif (difficulté d’apprécier exactement les tons ou perception fatigante de bruits divers, sifflements, tintements de cloches, etc.) : troubles divers des facultés intellectuelles ; hypertrophie des amygdales et état d’irritation permanente de l’arrière-gorge (angine des fumeurs, sécheresse et exfoliation de la muqueuse, état fongueux des gencives, etc.); irritabilité habituellè des bronches, excitation à la toux, etc... Richardson constate surtout les inconvénients sérieux du tabac chez les jeunes sujets, dont il entrave l’accroissement, amenant une virilité prématurée et une véritable dégradation physique.]
Bien que cette conclusion puisse paraître un peu sévère, je crois qu’on ne doit pas hésiter à signaler l’habitude de fumerie tabac comme une coutume inutile, mauvaise, et dont l’hygiène doit, le plus possible, chercher à détourner ceux qui l’ont contractée.
[Une autre observation que nous devons faire ici, c’est que
CIIAl». XXIII. — DES SENS EXTERNES.
l’habitude d’envelopper le tabac dans des feuilles de plomb, ou de le serrer dans des boîtes de ce métal, surtout pour le tabac en poudre, a produit des accidents graves d’intoxication saturnine. Enfin on a signalé, dans certains cigares, la présence de l’arsenic. Comme si ce n’était pas assez de la nicotine !]
2° De l’opium.
Il semble que ce soit une nécessité pour l’homme de chercher à se soustraire aux préoccupations de la vie réelle et d’entrer dans un monde imaginaire, au sein duquel il oublie momentanément ses maux. Cette nécessité, plus grande encore peutêtre chez les Orientaux que chez beaucoup d’autres peuples, les a conduits à remplacer en partie l’usage du vin, qui leur est interdit, par celui de l’opium. Cette substance servant maintenant, chaque année, à altérer la santé de plusieurs millions d’hommes, il est du devoir du médecin d’en étudier l’action.
L’opium est employé de deux manières : introduit par la bouche et avalé, ou bien fumé ; ces deux modes produisent des effets sensiblement différents.
1° Opium introduit en nature dans le tube digestif.
C’est le mode d’emploi de l’opium chez les Turcs et dans la plus grande partie de l’Orient ; on fait avec cette substance des espèces de pilules que l’on avale et qui déterminent assez rapidement des effets spéciaux.
Ces effets consistent dans une espèce d’ivresse rêveuse, accompagnée d’une excitation momentanée et suivie d’un sommeil quelquefois profond, et, dans d’autres cas, mêlé de rêves. La nécessité d’augmenter sans cesse les doses de la substance narcotique, pour produire les mêmes effets, conduit les mangeurs d’opium à en prendre des quantités assez considérables : c’est ainsi qu’on a vu des Orientaux en avaler jusqu’à 2sr,50 à 3 grammes par jour, et même davantage.
La répétition continuelle de ces excitations finit par user la sensibilité. Les forces se perdent, l’appétit disparaît, les digestions s’altèrent, le dégoût pour les aliments arrive. Au bout d’un certain temps, on voit se développer l’incapacité du travail, la stupidité, auxquelles ne tardent pas à succéder le marasme, une décrépitude prématurée et la mort. Dans cette série de phénomènes, il y en a un bien remarquable, c’est le défaut d’appétit et la possibilité où sont fréquemment les mangeurs d’opium de ne prendre que des quantités d’aliments très-inférieures à celles qui sont ordinairement nécessaires pour vivre. Pour expliquer ce fait, on peut déjà invoquer le repos habitue].
7 78 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’dYGIÈNE.
l’état d’immobilité et la stupeur dans laquelle les mangeurs d’opium passent une partie de leur vie ; mais cela ne suffit pas, et la quantité d’aliments est encore trop faible, même pour des individus qui ont suspendu presque complètement toute espèce d’exercice.
11 faut donc nécessairement supposer que l’usage habituel de l’opium a pour effet de diminuer l’activité du mouvement de nutrition interstitielle, de ralentir la composition et la décomposition moléculaire des tissus, et de rendre ainsi beaucoup moins nécessaire l’usage aussi répété et aussi abondant des aliments réparateurs.
2° Usage de l'opium sous forme de fumée .
C’est ce mode d’emploi de l’opium qui est en usage chez les Chinois (1), les Malais, les Indiens, etc. : il semble que ses effets soient différents de ceux que produit l’opium introduit dans les voies digestives. On doit à M. Botta (thèse, 1829) des observations curieuses sur le mode d’action de la fumée de l’opium sur l’économie.
L’opium, fumé comme le tabac, doit subir préalablement une préparation particulière qui le transforme en extrait aqueux parfaitement sec, dont le poids est au moins le tiers et quelquefois la moitié de celui de l’opium brut. Cette préparation lui enlève son odeur vireuse et nauséabonde. L’extrait d’opium, ainsi préparé, est fumé d’une manière particulière dans des pipes spéciales, par aspiration de la fumée, que l’on conserve un certain temps dans la bouche et que l’on avale en partie. La quantité d’opium consommé varie beaucoup suivant les individus; cette quantité peut être énorme. Ainsi, d’après M. Little, un homme a pu fumer, par jour, jusqu’à une demi-once (15 gr.) d’opium. Dans un relevé de la consommation de 603 personnes, on put établir que la moyenne est de 29 grains d’extrait, ce qui équivaut à 50 grains d’opium brut par jour.
Les effets de la fumée d’opium sont primitifs ou consécutifs.
Effets primitifs. — C’est d’abord une langueur, une faiblesse musculaire, un besoin impérieux de repos qui augmente à chaque aspiration. La faiblesse fait des progrès, se répand dans tout le corps. Les paupières sont à demi fermées, les mains agitées
(1) En Chine, jusqu’à l’année 1787, l’opium n’était connu que comme médicament, et on n’importa cette même année que 200 balles de cette substance. En 1796, cet usage était tellement répandu, qu’il fallut des lois répressives de l’importation de l’opium. Sa consommation s’est accrue à un tel point, qu’en 1837, on en introduisit 40,000 balles, ou la valeur de 125 millions de francs. M. Little, à qui j’emprunte ces détails, dit qu’on peut évaluer approximativement à 9 millions les hommes qui se livrent à l’habitude de fumer de l’opium. A Singapour, sur une population de 70,000 habitants, il y a 15,000 fumeurs d’opium.
d’un léger tremblement, la démarche chancelante ; en même temps le pouls diminue de fréquence, et devient un peu irrégulier, la respiration tend à devenir haletante. Bientôt se manifeste un certain degré d’excitation cérébrale; la tête se congestionne légèrement, les facultés intellectuelles s’exaltent, et, malgré les images qui passent devant les yeux, le jugement et la raison sont parfaitement sains; c’est même là le caractère particulier de l’action de la fumée d’opium. On éprouve un sentiment de bien-être, les chagrins sont oubliés, la douleur n’est pas perçue, et un calme parfait est la sensation des fumeurs. La peau n’est pas le siège d’une chaleur anormale, mais il existe des démangeaisons. Le fumeur ne rêve ni au jour ni au lendemain ; le sourire sur les lèvres, il remplit sa pipe, et, pendant qu’il l’achève, ses yeux se dérident et il tombe dans une béatitude complète. La pipe tombe de sa bouche, la tête repose lourdement sur l’oreiller, les yeux se ferment, les traits s’affaissent, les inspirations deviennent de plus en plus profondes, et tou te perception a cessé; les objets peuvent frapper ses yeux, mais ils ne sont pas vus ; les sons peuvent frapper ses oreilles, mais ils ne sont pas entendus ; il tombe dans un sommeil troublé et peu réparateur, pour recouvrer, au lever, le sentiment de ses misères. A cet état de béatitude succèdent une langueur, une incapacité complète pour tous les mouvements et pour tous les exercices, ainsi que le dégoût pour tous les aliments ; un sentiment de brisement dans tous les membres, un aspect d’accablement et d’hébétude profonde : tout cela persiste jusqu’au moment où le malade revient à l’usage de ses habitudes favorites.
Effets consécutifs . — D’après M. Little, c’est à tort que l’on a dit que l’usage de l’opium n’entraînait aucune suite fâcheuse pour la santé et pour la vie. D’abord, il y a des troubles dans le sommeil, des étourdissements, des tournoiements de tête; quelquefois de la céphalalgie, un appétit capricieux, une langue blanche, souvent de la constipation, un sentiment d’oppression indéfinissable et la perte d’expression du regard. Plus tard, une sécrétion abondante de mucus se fait par les yeux et souvent par le nez, les digestions sont troublées, la miction difficile, et un écoulement muqueux se fait par les organes de la génération. Les organes sexuels, d’abord anormalement excitables, perdent peu à peu leur tonicité, le corps maigrit, les muscles s’émacient et sont le siège de douleurs souvent intenses dans la première moitié de la journée; peu à peu les traits s’affaissent et prennent un aspect particulier d’hébétude caractéristique. En même temps les sourcils se froncent, les paupières inférieures s’entourent d’un cercle noirâtre; les yeux
s’excavent et prennent un aspect hagard et stupide; les traits acquièrent l’expression d’une vieillesse prématurée; les facultés génitales s'affaiblissent, et, chez les femmes qui ont des enfants, la sécrétion lactée ne s’établit pas. Bientôt les aliments et les boissons sont vomis presque continuellement; il y a des douleurs d’estomac, môme quand le fumeur n’est pas sous l’influence de l’opium. Souvent il y a de la diarrhée, les urines sont troubles, rendues à des intervalles plus rapprochés; des maladies de la vessie se développent assez souvent. Dans d’autres cas, c’est une dyspnée qui peut aller jusqu’à la suffocation; ou bien, ce sont les signes d’une affection organique du cœur qui se développe : d’autres fois, ce sont des affections strumeuses et des éruptions furonculeuses ou charbonneuses trèsgraves. D’après M. Little encore, l’influence sur le moral n’est pas moindre. Il y a une grande indolence; le fumeur néglige ses travaux et ses occupations habituelles ; la misère arrive, et une dépravation profonde conduisant au crime. M. Little rapporte que sur 40 Chinois criminels, renfermés dans les prisons de Singapour, 35 étaient fumeurs d’opiuin, et 14 d’entre eux dépensaient en opium 8 schellings de plus par mois qu>ls ne gagnaient, de sorte qu’ils demandaient au vol ce qui leur manquait. Les crimes sont, du reste, beaucoup moins communs pendant l’intoxication de l’opium que pendant celle de l’alcool.
Il n’est pas facile de renoncer à cette habitude, surtout quand le fumeur est arrivé à une prostration profonde des forces, et qu’il y a des troubles digestifs, de la diarrhée et des vomissements. ^
3° Hascliiscli.
Le haschisch est le produit du suc extrait du chanvre ( cannabis indica ). Cette préparation est peut-être plus employée encore que l’opium, dans une grande partie de l’Orient, et même dans l’Inde. On doit avouer cependant que ces deux narcotiques sont souvent associés ensemble. Le haschisch entre dans plusieurs préparations, conserves ou gâteaux, dont il n’est pas utile de parler ici.
Le haschisch produit une ivresse dont l’intensité est en rap- • port avec la proportion du principe résineux que contient le chanvre. Cette ivresse est caractérisée par un état d’extase tout particulier, pendant lequel paraissent des hallucinations de toute sorte, mais sans phénomènes convulsifs. Le haschisch produit des hallucinations au moral comme au physique : on voit mal ce qui existe, ou l’on voit ce qui n’existe pas ; on juge mal ce qu’on est, ou on le juge autrement que l’on n’est.
Cil AP. XXIII. — DES SENS EXTERNES. 781
D’expériences tentées en France par beaucoup de personnes bien portantes, il semblerait résulter que celle substance procure des jouissances fort vives et des sensations fort agréables, exemptes du malaise et du sentiment de courbature, qui accompagnent les excès alcooliques.
[Le haschisch a surtout pour effet de produire une gaieté folle, avec éclats de rire, hallucinations bizarres, scènes burlesques, visions fantastiques, se succédant avec une rapidité inouïe et dont on conserve le souvenir.]
Il y a en Orient un grand nombre d’individus qui font usage du haschisch, dans le but de se procurer des jouissances qui ont quelque analogie avec celles de l’opium. Lorsque cet usage devient une habitude, il arrive un instantoù les suites sont bien funestes. La dégradation physique et morale des individus se produit peu à peu, les forces diminuent, la stupidité, mêlée de folie, se développe, et une mort prématurée arrive au milieu de la décrépitude. Le haschish, pas plus que l’opium, ne saurait trouver en nous un approbateur.
4° Du Bétel.
[Parmi les habitudes ridicules ou nuisibles qu’enfante un goût dépravé, il faut ranger l’usage du bétel si cher aux Hindous et aux peuples de la Malaisie. Le bétel est une espèce de poivrier dont les feuilles excessivement âcres employées comme masticatoire sont, dit-on, apéritives, mais ont surtout pour effet de teindre les dents en noir, et la muqueuse buccale en rouge foncé. Pour modifier l’âcreté des feuilles du bétel et leur donner une saveur plus agréable, on y mêle de la chaux, de l’amande d’areck coupée par morceaux, du cardamome, du clou de girofle et de la cannelle. Ce masticatoire, qui devient un besoin impérieux, ne paraît avoir d’autre inconvénient que celui de se colorer les dents d’une manière désagréable à nos yeux et, dit-on, d’en altérer l’émail.]
5° De la Coca.
[C’est un arbrisseau de la famille des Érythroxylées, cultivé au Pérou et en Bolivie et dont les feuilles sont très-employées dans cette partie de l’Amérique, comme masticatoire. Elles contiennent un alcaloïde particulier, la cocaïne , dans lequel semblent résider les propriétés merveilleuses qu’on leur attribue. Ces feuilles sont mâchées comme le bétel, et on leur ajoute un
782 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’üYGIÈNE.
peu de poudre (llipta) formée de cendres de liges sèches du Chenopodium quinoa, de pétioles de feuilles de bananier, etc. La coca ainsi employée excite la salivation et les habitués avalent leur salive avec un grand plaisir, malgré le goût désagréable que lui trouvent les novices. Suivant une foule de témoignages très-dignes de foi, ce masticatoire pourrait tenir lieu d’aliments pendant quelques jours, ou du moins permettrait des efforts continus, un travail pénible, pour les courriers, les mineurs, par exemple, en faisant seulement usage d’une nourriture peu abondante. Son action stimulante est bien caractérisée, la coca accélère les battements du cœur avec besoin de mouvement, facilité très-grande pour veiller sans que l’on éprouve la fatigue qui suit ordinairement l’insomnie ; à haute dose elle détermine une sorte d’ivresse (ivresse cocaline) ; enfin l’usage trop longtemps prolongé amène des troubles notables dans la digestion, de cruelles insomnies, l’affaiblissement des facultés intellectuelles et un affaissement qui finit par conduire à une terminaison funeste.]
6° De l’Arsenic.
[L’usage habituel de l’arsenic à doses assez élevées peut-il être favorable à la santé? Les premières observations sur ce sujet remontent à plus de quarante ans. Le professeur Schallgruber, de Graetz, signale, à l’occasion de quelques cas d’empoisonnement par les arsenicaux, la singulière habitude prise par des paysans de la haute Styrie d’avaler de fortes doses d’arsenic pour exciter l’appétit ; cette substance est connue parmi eux sous le nom d ’Hydrach, d’autres disent Hüttereich, corruption évidente du mot Hüttenrauch (vapeur ou fumée de fonderie) (Med. Jahrb. des CEsterr. St. Neue Folge, t. Ier, p. 99, 1822). Plus tard, le docteur Flechner, s’occupant de l’empoisonnement de cinq personnes, attribué à de l’eau contenant de l’arsenic, constate le même fait ( Verhandl . der K. K. Gesellsch. der Aerzte zu Wien , 1842-43). Mais c’est seulement à dater du mémoire de Tschudi (Wien. Med. Wochenschr., 1851, n° 28) que l’attention du monde médical se trouva appelée sur cette question. Une vive opposition se manifesta, surtout en Angleterre, contre les assertions de Tschudi. Comme les faits rapportés par cet auteur contrariaient les idées généralement admises sur les doses toxiques des arsenicaux, on commença tout simplement, suivant l’usage, par les révoquer en doute. Kesteven, Pereira, Ghristison, etc., les regardèrent comme controuvés et les traitèrent de fables. Mais les rapports de Y. Yest et Schæfer, de
Graetz, qui ont reconnu l’existence de l’arsenic dans l’urine de sujets adonnés à la loxicopliagie ; le dernier mémoire de Maclagan qui, dans un voyage en Styrie, a constaté les mômes faits, ont mis hors de doute la vérité des allégations de Tschudi.
Voici, au total, ce dont il s’agit : dans plusieurs parties de la basse Autriche et de la Styrie, on rencontre chez quelques paysans la coutume de prendre, à certains intervalles, des doses de plus en plus élevées d’un composé arsenical. Les toxicophagesont un double but : 1° de se donner de la fraîcheur, de l’embonpoint; aussi observe-t-on assez souvent cet usage parmi les jeunes sujets des deux sexes; 2° de se rendre plus légers , c’està-dire de faciliter la respiration pendant la marche ascendante: à chaque longue excursion qu’ils doivent faire dans les montagnes, ils ont soin de prendre un petit morceau d’arsenic; c’est ordinairement du sulfure, orpiment, ou de l’acide arsénieux, qu’ils avalent avec une bouchée de pain, ou qu’ils laissent fondre dans leur bouche. L’effet en est surprenant, dit Tschudi ; ils gravissent alors aisément des hauteurs auxquelles ils ne sauraient atteindre qu’avec la plus grande 'peine sans cette pratique. Ils soumettent souvent leurs chevaux au même régime, dans la même intention, et avec le même succès.
La quantité d’arsenic par laquelle commencent ordinairement les toxicophages représente à peu près le volume d’une lentille, c’est-à-dire de 2 à 3 centigrammes. Ils s’arrêtent pendant quelque temps à cette dose, qu’ils avalent soit quotidiennement, soit une, deux ou trois fois par semaine, soit à des intervalles plus éloignés; puis ils augmentent peu à peu le volume de la prise d’arsenic, et peuvent arriver ainsi à en ingérer jusqu’à 20 ou 25 centigrammes. Immédiatement après l’absorption de la dose, ils s’abstiennent, en général, de boissons et de viandes ou de graisses. Si l’augmentation a lieu trop rapidement, il peut survenir des accidents quelquefois mortels, comme le docteur Parker en a vu récemment un exemple ; mais, quand la progression est sagement ménagée, on n’observe pas les phénomènes de l’intoxication chronique à laquelle on aurait pu s’attendre. Chose singulière, ces accidents se montrent quelquefois, bien qu’à un degré assez modéré, quand le toxicophage vient à interrompre brusquement son habitude ; l’ingestion de nouvelles doses ramène alors la santé.
Au dire de tous ceux qui ont eu l’occasion de les voir et de les étudier, les sujets soumis d’une manière régulière et méthodique à cet usage jouissent d’une excellente santé ; ils sont vigoureux, alertes, bien musclés, frais et dispos. Il paraîtrait même que, chez eux, et contrairement à ce qui a été vu dans l’emploi thérapeutique, les désirs vénériens seraient vivement
excités ; M. Maclagan en donne pour preuve le chiffre véritablement exccplionnel des naissances illégitimes (60 pour 100), constalé dans les contrées où l’emploi de l’arsenic est très-répandu. Hon nombre de ces sujets arrivent à un âge très-avancé, les vieillards de soixante-seize ans et môme plus ne sont pas rares parmi eux. Chose digne de remarque, les femmes s’adonnent plus rarement que les hommes à cet usage, ou du moins elles s’en cachent davantage, et l’on ne peut guère découvrir la vérité que quand elles éprouvent des accidents dus à une augmentation trop brusque des doses.]
— Tabac : Un nombre très-grand de monographies, de dissertations, etc., parmi lesquelles : Gononi (J.), Instr. sur l’herbe petun dite l’herbe de la roync ou medicée. Paris, 1572, in-8°. — Monardes, Herba tabacco d’india. Gênes, 1578, in-8°. — Everartus (Ægid.), De herbâ panaeæâ quam alii tabacum , alii petun aut nicotianam vocant, brevis commentariolus. Antuerpiæ, 1583. — Neander, Tabacologia, fig. Lugd. Batav., 1622, in-4° ; trad. fr., intit. : Du Tabac ou Nicotiane. 1626, in-8°. — Collectio opusculorum de tabaco, Everarti, Neandri, de Meres (Guil.), Jacobi I (roi d’Anglet.), Misocapnos. — Thorius (Raph.), Hymnus. Utrecht, 1614, in-16. — Pauli (Simon), Comment, de abusu tabaci Americanorum veteriet herbæ thee, etc. Argentorati, 1675, in-4°. — Mattot, Ergô ex tabaco calvities. Th. de Paris, 1676. — Crade (de), Histoire du tabac, où il est traité particulièrement du tabac en poudre. Paris, 1677, in-12. — Question agitée le 26 mars de l’année 1699 aux écoles de médecine de Paris, sous la présidence de M. Fagon , savoir si le fréquent usage du tabac abrège la vie. (Rép. affirm.) Paris, 1699, in-12. — IJecquet, Si le tabac rompt le jeûne, in Traité des dispenses de carême, 2e édit. Paris, 1715 ; t. II, p. 479-512. — Andry, Même question, in Le régime de carême. Paris, 1710, in-12, p. 517-565. — Meisner (L. F.), De caffe, chocolatæ, herbæ thee ac nicotianæ usu et abusu. Norimb., 1721, in-8°. — Garbenfeld, De tabaci usu et abusu. Argentorati, 1744, in-4°. — Beck (G. L.), De succione fumi tabaci. Altorfii, 1745, in-4°. — Delasoxe (J. M. F.), præs. Barjolle (J. B.), prop. : An tabacum lentum sit homini venenum. (Resp. affirm.) Th. de Paris, 1751, in-4°w’ — Triller, De tabaci abusu. . Yitebergæ, 1761, in-4°. — Menuret (J. J.), Observations sur le débit du tabac après la suppression du privilège, etc. Paris, in-8°. — Wilson (A. Ph.), An Experimental Essay on the Manner in which Opium und Tobacco act on the living Animal Body, in The Treat. on Febrile Diseases, t. IV. Appendix, 1804, in-8°. — Cadet (C. L.), De quelques tabacs du commerce et des sternutatoires en général , in Bullet. de pharm., t. I, p. 263, 1809. — Gast (C. A.), De usu et abusu tabaci. Th. de Strasb., 1811, t. XVI, n° 302. — Roques, Observations sur un cas de consomption produit par un usage abusif du tabac à fumer, in Ann. cliniq. de Montpellier, 2e sér., t. I, p. 87. — Nouveau fait qui prouve le danger de l’usage abusif du tabac à priser, in Gaz. de santé, 1818, n° 33. — Waterhouse (B.), Cautions to Young Persons concerning Health , in a Lecture showing the Evil Tendency of the Use of Tobacco , more especially the Pernicious Effects of Smoking Cigars, 5th. edit. Cambridge, 1822. — Szerlecki (VI. Al.), Monographie über Tabak , dessen Einwirkung auf den menschlichen Organismus und Heilkràfte, etc. Stuttgart, 1840, in-8°. — Schmidtmànn, Uebermàssiges Tabakrauchen und nachtheilige Wirkung davon , in Hufeland’s Journ., t. CXI, St. vi, p. 112, 1840. — Montais (G.), Quelques considérations sur le tabac, de son abus et de son influence sur la santé, etc. Lyon, 1840, in-8°. — Muller (J.). Der Tabak in geschichtlicher , botanischer, chemischer und diatetischer Hinsicht. Emmericht, 1842, in-12. — Wurth, Sanitàtspolizeiliche Vürdigung des Tabaks und seines zunehmend schadliches Gebrauchs, in Ann. der Staatsarzn., t. VIII, p. 63, 1843. — Zuckerhaxdel (M.), De Fumatione herbæ nicotianæ. Pest, 1843, in-8°. — Boussiron (B.), De l’action du tabac
sur la santé et de son influence sur le moral et l’intelligence de l'homme. Paris, 1815, in-8». — Allnatt (R. II.). On the Effects of Tobacco, in Lond. Med. Gaz., t. XXXVI, p. 23C, 1845. — Wright and Laycock, On the Diseuses resulting from immoderate use of Tobacco, including some llesults, etc., in Lond. Med. Gaz., 2* sér., t. III, p. 590, 1846 ; trad. par Guérard, in Ann. d’hyg., lr« sér., t. XXXVIII, p. 337, 1847. — Liébaut, Recherches sur le tabac, son histoire, son action physiologique, toxique et thérapeutique. Th. de Paris, 1851, n° 234, in-4°. — Guérard iA.), Sur le tabac et les principales substances enivrantes, in Ann. d’hyg., lrc sér., t. XLVIII, p. 321, 1852. — Malapert, Un mot aux consommateurs de tabac sur la nicotine, in Bullet. de la Soc. de méd. de Poitiers, 2e sér., n° 19, p. 20, 1852. — Danet, Mém. sur le tabac, in Journ. de la Soc. acad. de la Loire-Inférieure, t. XXIX, p. 219. 1853. — Tiedmann (F.), Geschichte des Tabaks und anderer âhnlicher Genussmittel. Francfurt am M., 1853, in-8°. — Ravoth, Nachtheilige Wirkung des Tabakrauchens, in Med, Ctrlztg, 1855, no 72, et Schmidt’s Jahrbb., t. LXXXIX, p. 24, 1856. — Hammund (W. A.), The Physiological Effects of Alcohol and Tobacco, in Amer. Journ. of Med. Sc., 2e sér., t. XXXII, p. 305, 1856. — The Great Question of Tobacco; sorte d’enquête ouverte dans le journal The Lancet,
1856, t. II, et 1857, t. I. — Fiévée (de Jeumont), Du tabac, de son usage, de ses effets médiats et immédiats sur l’économie, et de son influence sociale. Paris, 1857, in 16. — Fermond, Monographie du tabac contenant l’historique, les propriétés thérapeutiques, physiologiques et toxicologiques, les diverses espèces, etc. Paris,
1857, in-fol. — Milton (J! L.), Death in the Pipe; or the Great Question of Tobacco. Lond., 1857. — Steinmetz (Andr.), Tobacco; its history, cultivation, manufacture, etc. London, 1857. — Shew (Jorl.), Tobacco ; its History, Nature and Effects on the Body and Mind., etc. New-York, 1857.— Morand, Essai sur l’hygiène du tabac, principalement au point de vue de l’hygiène militaire. Épinal, 1859, in- 12. — Prudent (L. A.), Du tabac, de ses différents usages et de ses effets. Th. de Paris, 1859, n° 162, in-4°. — Bouisson, Du cancer buccal chez les fumeurs, in Gaz. méd. de Paris, 1859. — Fairholt (F. W-), Tobacco; its History, and Association, etc. London, 1859. — Dean of Carlisle, Tobacco ; its Influence Physical , Moral and Religious, 2e édit. Lond., 1859. — Brodie (sir B.), On the Use and Abuse of Tobacco,in Edinb. Med. J., t. VI, p. 397, 1860. — Beau (S.), Fumée de tabac, considérée comme cause de l’angine de poitrine, in Compt. rend, de T Acad, des sc ., t. LIV, p. 1179, 1862. — Pfaff, Das Tabakrauchen, in Henke’s Ztschr., 1862, 4 Hft., et Canstatt’s Jahresb., 1863, t. VII, p. 5. — Smith (Edw.), Tobacco- Smoking ; its Effects upon Pulsation* in The Lancet , 1863, t. I, p. 292. — Wordsworth (J. C.), Three Cases of Amaurosis produced by Tobacco, ibid., 1863, t. II, p. 95. — Bornay (L.), Du tabac ; sa découverte, son introduction en Europe, etc., ses différents usages et ses effets (Empoisonnement chroniqüe). Th. de Paris, 1863, n° 49. — Ehrhardt (Ch.), Du tabac ; son usage, ses effets. Th. de Paris, 1863, n° 179. — Sichel (J .),De l’influence du tabac à fumer sur la production de l’amaurose (Soc. méd. prat. de Paris), in Union méd., 2e sér., t. XVIII, p. 236, 1863. — Du même, Nouvelles recherches pratiques sur l’amaurose causée par l'abus du tabac à fumer, avec des remarques, etc., in Ann. d’oculistique, 8e sér. Bruxelles, 1865. — Decaisne (E.), Intermittence des battements du cœur et du pouls, par suite de l’abus du tabac à fumer, in Gaz. des hôpit., 1864, p. 263. — Du même, Des effets du tabac à t fumer chez les enfants, ibid., 1868, no 76. — Richardson (B. W.j, The Physiological Effets of Tobacco, in Med. Times and Gaz., t. II, p. 363, 1864. — Stugocky (J. L.), Du tabac, de son influence sur la santé et les facultés intellectuelles. Th. de Paris, 1867, n° 96. — Decroix, Hygiène publique, inconvénients du tabac. Paris, 1868, in-12. — Velut (Ph. J.), De V amblyopie par l’alcool et le tabac. Th. de Paris, 1868, n° 2Ü5.< — Alexandre*, Faut-il fumer? Amiens, 1869, in-8o. — Lepervanche (C. M. de), Du tabac et principalement du tabac à fumer. Th. de Paris, 1869, n° 69. — Vohl (H.) et Eulenberg (H.), Ueber Tabak in toxicologischer Beziehung mit besonderer Berücksichtigung der im Tabakrauche enthaltenen chemischen Verbindungen, in Vtjschr. f. ger. Med., Ne Fe, t. XIV, p. 249, 1871. — Voir aussi The Anti-Tobacco , journal publié à Londres par la Société contre le tabac, constituée en 1853.
Tabac rendu toxique : Chevallier (A.), De la présence de divers sels de plomb
so
A. Becquerel 6* édition.
dans le tabac, in Ann. d’hyg., lr« sér., t. VL, p. 197, 1831. — Schwartz, reber Taba/cshüllen, deren Papier mit giftigen Farben gefdrbt ist, in Henke’s Ztschr ., t. XXXVI, et Schmidt’s Jahrbb., Spl. III, p. 342, 1842. — Otto, Bleiverrjiftung durch Maccubaschnup [tabule , in Jlamburg. Ztschr. f. d. gcr. Med., t. XXII, Hft. 3, et Schmidt’s Jahrbb., t. LXl, p. 167, 1844. — Arsène (A.), L’arsenic ou d'autres poisons volatils introduits dans les cigares peuvent-ils donner lieu à un empoisonnement chez ceux qui les fument, in Ann. d’hyg., 2« sér., t. V, p. 225, 1856. — Granara, Multedo e ageno, Saggio di alcune esperienze eseguite allô scopo d’investigare la possibilità dell’ avvelenamento per mezzo di sigari preparati coll’ arsenio , etc., in Annali univ. di med., t. CLVUI, p. 1, 1856. — Bunsen, Ueber die Môglich/ceit der
Yergiflung durch Cigarren (arsenic), in Casper’s Vtjschr., t. XI, p. 33, 1857.
Sulla possibilità dell' avvelenamento per mezzo di sigari continenti arsenio ed altre sostanze venefiche, in Gaz. med.ital. Lornb ., 1856, n° 16 et Canstatts’s Jahresb., 1856, VII, 80. — Guenther (R. B.), Ueber chronische Bleiyergiftung durch Schnupftabak, in Archiv. d. deutsch. meclic. Gesetzg., etc., t. II, n°* 42-44, 1858. — Sonnenkalb, Ueber Bleigehalt der Schnupftabak, mit besonderer Beziehung zu Leipzig, in Deutsche Ztchr. f. d. St. A., t. XIII, Hft. 2, et Canstatt’s Jahresb., 1860, t. VII, p. 82. — Pappenheim (L.), Eine Notiz betreffend den in Bleiverpaken Schupftabak, in Beitràge zur exact Forsch., etc., 3 Hft., p. 73, 1862. — Flinzer, Ueber Bleiverpackung und Bleigehalt der Schnupftabake, in Vtjschr. f. ger. med.. Ne F®, t. IX, p. 175, 1868.
Opium : Siebold (G. C.), Commentatio de effectibus opii in corpus animale sanum, maxime respectu ad ejus analogiam cum vino. Gottingæ, 1789, in-4°. — Wilson (A. Ph.), An Experimental Essay on the Manner in vohich Opium and Tobacco act on the Living Animal Body, in The Treatise on Febrile Diseases, t. IV, Append., 1804, in.-8°. — Quincy (de). Confession of an English Opium-Eater , 2e edit. Lond. 1823, in-12. — Botta (P. E.), De l’usage de fumer de l'opium. Th. de Paris, 1829, n° 257. — Documents pour servir à l’histoire de l’opium et de la philanthropie anglaise, in Revue d’Orient et Union méd., t. I, p. 636, 1847. — Little (R.), On the Habituai Use of Opium, in Journ. of the Eastern Archipelago, jan. 1848, et Monthly Journ., t. X, p. 524, 1850. — Bibra (E.), Die narkotischen Genussmittel und der Mensch. Nürnb., 1855, in-8». — Reveil (P. O.), Recherches sur l’opium; des opiophages et des fumeurs d’opium. Th. de Paris, 1856, n° 193. — Libermann (H.), Recherches sur l’usage de la fumée d’opium en Chine, et sur ses effets, in Bec. de mém. de méd. milit., 3e sér., t. VIII, p. 287, 352, 440, 1862. — Du mêmb. Les fumeurs d’opium en Chine ; étude médicale. Paris , 1 863 , in-8°. — Mattéi, Quelques réflexions sur l’abus de l’opium. Th. de Montpellier, 1862, n° 58. — Nicolau-Barroqué, Des dégénérescences de l’espèce humaine produites par l’abus des alcooliques et de l’opium. Th. de Montpellier, 1863, n° 72. — Opium smoking in India , in Med. T. and Gaz., 1867, I, 529. — Pour l'opium, voir surtout les Voyages en Asie et dans le grand Archipel indien.
Haschisch : O’Shaughnessy, On the Préparations of the Indien Hemp. Calcutta, 1839, in-8°. — Aubert (L.), Du haschisch et de son emploi dans le traitement de la peste, in De la peste ou typhus d’Orient, p. 210. Paris, 1840, in-8°. — Lallemand (F.), Le haschisch. Paris, 1843, in-18. — Lawrie, Cases illustrating some of the Effects of Indien Hemp., in Monthly Journ., t. IV, p. 939, 1844. — Liautaud, Mém. sur l’histoire naturelle et les propriétés qiédicales du chanvre indien, iu Compt. rend, de l’Acad. des sc., t. XVIII, p. 149, 1844. — Moreau (de Tours), Du haschisch et de l’aliénation mentale. Paris, 1845, in-8°. — Accidents occasionnés par le haschisch, in Gaz. des hôp., 1847, p. 447. — Courtive (Ed. de), Haschisch ; étude historique , chimique et physiologique. Th. de pharm. de Paris, 1848, in-4°. — Horvault, Hist. naturelle, chimique et pharmacologique du haschisch ; ses préparations diverses en mage en Orient, etc., in Bull, de thérap:, t. XXXV, p. 360, 1848. — Bertault (J. M. E.), Du haschisch; son histoire, ses effets physiologiques et thérapeutiques. Th. de Paris, 1854, n° 258, in-4°. — Judée, De quelques hallucinations produites par le haschisch, in Gaz. des hôp., 1855, p. 279. — Martius (G.), Pharmacologisch-medizinische Studien über den Hanf. Erlangen, 1855. — Hamberg, Versuche mit dem Haschisch und dem Extr. cannabis indicæ, in Hygiea, t. XV,
•Cil Al’. XXIII. — DES SENS EXTERNES.
t. XXIV, p. 15, 1856. — Vest (von), U cher die Arsenikesser in Steiermar/c, anal, in Vjschr.f. d.prakt. Ileilk. in Prag, t. LXIX, anal., p. 124, 1861. — Roscog (H. F.), On alleged Practice of Arsenic-Eating in Styria, in Mcm. of Literar y and Philos. Soc. of Manchester, 1859-1860, et Brilish and For. Itev., 2« sér., t. XXIX, p. 145, 1862. — Heisch, On arsenic-Eaters of Styria , in Pharm. Journ., 1860, may, et Jtanking’s Abstr., t. XXXI, p. 15, 1860. — A Village of Arsenic-Eaters, in Med. Times and Gaz., 1860, t. II, p. 344. — Davy (John), On the Question : Is Oxyde of Arsenic, long Used in a very Small Quantity Injurions to Man ? in Edinb. Phil. Journ., 1863. July, et British and For. Rev., t. XXXIII, p. 429, 1864. — Craig-Maclagan, On the Arsenic-Eaters of Styria, in Edinb. med. Journ., t. X, p. 200, 1864. — Parker (M' N.), Case of Death resulting from the Practice of Arsenic-Eating, ibid., p. 116, etc., etc.
p. 626, 1856. — Sciiroff (K. D.), Vergiftung durch Haschisch, in Wien. Wochnbl., 1857, nos 40, 41. — Fronmuller, Ber indische Hanf besonders in Beziehung auf seine sclilafmachende Eigenschaft, in Prager Vier tel jahrschr., t. LXY, p. 102, 1860. — Grimaux (Ed.), Du haschisch ou chanvre indien. Th. de Paris, 1865, n° 142. — Villard (F.), Du haschich. Etude clinique , physiologique et thérapeutique. Paris, 1872, in-8°.
Bétel : Peron (F.), Sur l’usage du bétel, in Journ. de méd. de Corvisart, t. IX, p. 57, an XIII. — Macquart, art. Bétel, in Encyclop. méth. (médecine), t. III, 178. — Halle et Nysten, art. Bétel, in Dict. des sc. méd., t. III, 1812. — Mérat »t Delens, art. Bétel, in Dict., univ. de mat. méd. ; t. I, 1829. — Delioux de Savignac, art. Bétel, in Dict. encycl. des sc. méd., t. IX, 1868. — Y. les voyages en Asie et dans la Malaisie.
Coca : Weddel, Notice sur la coca, sa culture, etc., in Mém. de la Soc. centrale d’agric ., 1853, p. 141. — Mantegazza (P.), Sulle virtù igieniche e medicinali délia coca,e sugli alimenti nervosi ingenerale[ Mém. cour.), in Ann. univ. di med., t. CLXVII, p. 449, 1859, et Milano, 1859, in-8°. — Woehler, Ueber das Cocaïn, ein organische Base in der Coca. Wien, 1860, in-8°,et Anal., in Répert. de pharm., t. XVII, 1860 ; in Ann. de chim ., 3e sér., t. IX, 1860. — Gosse (L. A.), Monographie de l'Erythroxylum toca. Bruxelles, 1861, in-8". — Demarle (L. G.), Essai sur la coca (Erythroxylum coca) du Pérou. Th. de Paris, 1862, n. 116. — Reis, Note sur l’emploi du coca, in Bull, de thérap., t. LXX, p. 75, 1866. — Moreno y Êaiz (Th.), Recherches chimiques et physiologiques et sur l’erythroxylum-coca du Pérou et la cocaïne. Th. de Paris, 1868, n° 6.
Arsenic : Tschudi, Ueber die Giftesser, in Wien. Med. Wchnschr., 1851, n» 28 ; trad. in Journ. de Brux. et Union méd., 1854, p. 249, 253. — Kesteven (W. B.), On Arsenic-Eating, in Assoc. Med. Journ., 1856, sept., et Rankina’s Abstr.,
— V ohl u. Eulenberg. Ueber Tabak in toxicol. Beziehung, etc., in Viertelj. f. ger. u. ôff. Med., 1871. — Heubel, Experim. Beitràge zur Kenntniss der chem. Eigensch. u. toxicol. Wirkungen des Tabakrauchs, in Centralbl. d. med. Wiss., o:t. 1872. — Drysdale (C.), The absorption of tobacco-smoke, in The med. Press a. Cire., 12 fév., 1873. — Baader, Vergiftung durch Grünspan beim Rauchen, in Schweiz. Corr.-Bl., 1873. — Parent (H.), Du tabac. Th. de Paris, 1874. — Decroix, Le tabac devant Vhygiène et la morale. Paris, 1875. — Jolly (P.) Le tabac et l’absinthe, etc., Paris, 1875, in-18. — Dickinson, The use of tabacco as a cause of madness, in Saint- Louis med. a. surg. Journ., nov. 1875.
Naquet (A.), Sur les effets du chanvre indien, in Compt. rend, de l’Acad. des sc., t. LXXVII, p. 1504, 1873.
Bordier, Art. Coca, in Dict. encycl. des sc. méd., lre sér., t. XVIII, 1876.