‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 311 sur 353 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Professions mécaniques exigeant un grand déploiement de forces musculaires.

Cette classe renferme un grand nombre de professions bien différentes, et dans lesquelles la seule circonstance commune est celle des efforts musculaires énergiques qu’il faut accomplir. Les principales profe ssions qu’on peut y ranger sont les suivantes : maçons, paveurs, charpentiers, menuisiers, serruriers, forgerons, constructeurs de machines, mécaniciens, tourneurs, charrons, carrossiers, et beaucoup d’autres employés à des travaux analogues.

Il est certains avantages inhérents à ces diverses professions, lorsqu’elles sont exercées avec modération et sans excès. Le déploiement des forces physiques, l’exercice musculaire énergique, le renouvellement naturel de l’air produit par le déplacement, augmentent l’appétit, favorisent le développement du système musculaire, lui donnent de l’énergie, contribuent, enfin, à la conservation et au maintien de la santé. A côté de cef

HYGIÈNE APPLIQUÉE

avantages, il y a parfois des causes spéciales de maladies à redouter. Ce sont celles qui dépendent de l’exercice forcé, des efforts trop considérables qu’il faut faire pour accomplir des travaux très-pénibles. Les accidents qu’on observe en pareils cas ne sont autres que ceux qui sont la conséquence ordinaire des efforts : ce sont, en particulier, les hernies, le lumbago, les ruptures de quelques fibres musculaires, et, plus rarement, des fractures ou des luxations. Ce sont là des lésions traumatiques de tout genre, pour lesquelles l’hygiène n’a d’autres conseils à donner que de les éviter.

Nous allons dire quelques mots d’un certain nombre de ces professions dans lesquelles on a observé des accidents spéciaux.

Ouvriers carriers. — Le travail des carriers est des plus dangereux ; ce n’est pas tant en raison de l’humidité au sein de laquelle ils vivent et de la poussière qu’ils respirent, que par suite des accidents dont ils peuvent être les victimes. Nous citerons, en particulier, les blocs qui se détachent pendant l’ascension, les éboulements qui surviennent, les échelles qui se brisent ou les cordes qui se rompent. — Signaler ces accidents, c’est indiquer les moyens d’y remédier.

Caillouteurs . — Ce sont les ouvriers chargés de casser en morceaux, au moyen d’une masse de fer, les cailloux destinés à former les chaussées des routes. Ce travail est trèsfatigant. Le corps est courbé en avant, les extrémités inférieures immobiles, les extrémités supérieures activement occupées. Ces ouvriers sont exposés à recevoir les fragments de silex, qui sautent souvent avec une grande force sous la masse qui les brise. Il en résulte quelquefois des blessures graves, et, quand ces fragments atteignent les yeux, des plaies, des ophthalmies intenses, et môme la perforation de la cornée. Le seul conseil à leur donner, s’ils voulaient le suivre, serait d’employer de larges lunettes, offrant, au lieu de verre, un grillage à mailles serrées.

[Quant aux conséquences de l’inspiration de poussières siliceuses, il en sera question à propos des aiguilleurs et des aiguiseurs.]

Tourneurs. — M. Tardieu a étudié avec soin la forme des doigts et des membres inférieurs chez les tourneurs; il en ré* suite des déformations qui deviennent permanentes et qui consistent dans un durillon sur le bord cubital de l'index : un calus, très-gros, dur et saillant, sur le pouce, au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne ; un autre calus sur le bord cubital de la main, et, enfin, un sur le petit doigt de la main gauche; en môme temps, tous les doigts de cette main

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