CHAP. VIII. — PROFESSIONS A TEMPÉRATURE ÉLEVÉE
sont des érythèmes ou des brûlures au premier degré ; c’est ce qui arrive lorsque le foyer est momentanément plus ardent, ou que l’ouvrier est obligé de s’en approcher davantage.
Parmi les influences pathogéniques, on doit citer le passage rapide et continuel d’une température élevée à une chaleur beaucoup moins forte, et meme au froid et à l’humidité, et vice versa. Ces brusques variations amènent un certain nombre de maladies aiguës, et, en particulier, des érysipèles, des pneumonies, des pleurésies, des bronchites, et môme des rhumatismes articulaires aigus ; le développement delà maladie de Bright, également à l’état.aigu, estbeaucoup plus rare; cependant on l’observe quelquefois. Une autre conséquence de l’exposition à une chaleur ardente, c’est la soif habituelle qu’elle occasionne chez ceux qui y sont soumis. Il en résulte une disposition à boire qui les engage à faire usage des alcooliques, et les conduit rapidement à l’abus des liqueurs fermentées et distillées, puis à tous les maux qui en sont la conséquence.
Plusieurs de ces professions exigent, en môme temps, un déploiement considérable de force, et un exercice musculaire énergique. Ces conditions sont encore une cause de maladie de plus. Les préceptes hygiéniques qu’on doit observer peuvent être rattachés aux deux règles suivantes :
1° Éviter les variations brusques de température, et se couvrir de vêtements plus chauds, de tissus de laine, par exemple, à l’instant où l’on cesse d’être exposé au foyer ardent devant lequel on travaille ;
2° Éviter surtout de satisfaire la soif qui accompagne le travail exécuté sous l’influence d’une haute température. Cette précaution est difficile à obtenir des classes peu éclairées, et c’estdeces classes que sortent, ainsi qu’on le sait, les ouvriers qui exercent les métiers dont nous nous occupons ici.
Nous aurons cependant quelques observations à faire relativement à la profession de boulanger.
Boulangers. — Il y a trois espèces de garçons boulangers : le brigadier, qui façonne et enfourne ; le geindre, qui pétrit, et l’aide qui chauffe et assiste les autres ouvriers. De ces ouvriers, les uns sont exposés à une excessive chaleur, les autres au travail fatigant de la pâte et à la poussière que donne la farine. De plus, le travail de la boulangerie se fait pendant la nuit. Il résulte de tout ceci, que, ce que les ouvriers boulangers ont le plus à redouter, ce sont les brusques variations de température et l’influence du froid sur le corps en sueur. — Ramazzini a démontré, en effet, que les boulangers sont surtout exposés au rhumatisme aigu et aux phlegmasies aiguës du thorax. —
90 6 HYGIÈNE APPLIQUÉE
M. Tardieu signale la pâleur caractéristique des garçons boulangers, et il l’attribue à une anémie particulière, propre à tous les artisans qui vivent dans une atmosphère très-chaude ; il signale egalement la dyspepsie comme commune chez les boulangers. — La poussière de la farine ne paraît pas avoir d’influence bien sensible sur les voies aériennes. Enfin, on observe fréquemment, chez les boulangers, une éruption squameuse ou papuleuse qui est due, soit aux matières irritantes mêlées à la farine, soit aux pellicules diverses, soit peut-être enfin au contact du levain.
Ifiihllographie. üeaugrand (E.), art. Boulangers, in Bict. cncycl. des sc. méd., t. X, 1869. — Du hikme, art. Meuniers, Ibid., 2e sér., t. VII, 1873. — Du flÊME, art. Chauffeurs , Ibid., lre sér., t. XV, 1874. — Guérard, Hyg. des ouvriers chargés du service des moteurs à vapeur, in Ann. d’hyg. pub., 2<= sér., t. XL, 1873. et voy. la bibliographie des usines, fonderies, fours à chaux.