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CUAP. IX. — PROFESSIONS HYGROMÉTRIQUES

de précautions hygiéniques. 11 est nécessaire de faire usage de vêlements suffisamment chauds et isolants, en grosse laine, par exemple; il faut surveiller avec le plus grand soin le développement des accidents qu’on peut attribuer à l’influence de l’humidité, afin de les combattre dès qu’ils paraissent; enfin il est souvent nécessaire de donner aux ouvriers occupés à ce genre de travaux quelques alcooliques, mais en petite quantité, et destinés seulement à les aider à résister ù la température basse et humide de l’atmosphère extérieure.

Mous ferons quelques observations particulières touchant les blanchisseuses et les débardeurs.

Blan hisseuses. — La profession de blanchisseuses, en raison de l’humidité dans laquelle elles doivent être plongées, de la position fatigante qu’elles conservent, du contact des liquides plus ou moins âcres et des matières sordides, est une des plus pénibles. Les accidents auxquels elles sont sujettes sont : les rhumatismes, les affections catarrhales, l’aménorrhée, l’œdème des membres inférieurs, les varices et les ulcères aux jambes, des abaissements de l’utérus.

L’âcreté delà lessive occasionne souvent aux mains des gerçures qui peuvent amener, plus tard, des accidents sérieux; les callosités des mains et des bras sont encore fréquentes chez les blanchisseuses.

M. Tardieu n’est pas éloigné de croire qu’en recevant ou en triant le linge à blanchir, les blanchisseuses ne puissent contracter le germe de maladies transmissibles. Elliotson a cité l’exemple d’une blanchisseuse qui aurait contracté la morve en lavant des linges souillés par un malade atteint de cette affection .

[Les blanchisseuses présentent à la face cubitale de chaque avant-bras des callosités (une à gauche et deux à droite) résultant de la pression de ces parties sur le bord du baquet. Elles ont, de plus, à la face dorsale des dernières phalanges de chaque main, des bourrelets épidermiques dus au frottement pendant le rinçage. Ces lésions ont été très-bien étudiées par MM. Tardieu {Ann. d’hyg., lre sér., t. XLÏI1, p. 398, 1849), Vernois (ibid., 2e sér., t. XVII, p. 113, 1862) et Espagne ( Montpell . méd., t. XII, p. 534, 1864).]

Débardeurs. — Les débardeurs sont les ouvriers employés à retirer le bois de l’eau. On les considère comme les ouvriers les plus robustes de Paris, après les forts de la halle. La nature de leur travail les expose d’une manière particulière aux maladies suivantes : les fièvres intermittentes, les affections catarrhales, la pneumonie, le rhumatisme aigu et chronique, les ulcères aux jambes, enfin les conséquences du froid et de l’humi-

HYGIÈNE APPLIQUÉE

dité habituelle. Il faut aussi tenir compte des efforts musculaires considérables qu ils sont obligés de, faire. Parent-Duchâtelet a étudié cette question avec soin, et il est arrivé à un résultat tout à fait opposé. J’avoue que je ne puis admettre ses conclusions, et il faudrait, pour moi, de nouveaux travaux pour me convaincre que ces hommmes, passant une partie de leur existence dans l’eau, n’en subissent pas l’influence funeste. Nous devons dire, toutefois, que Parent-Duchâtelet décrit comme propre aux débardeurs une affection du derme qui est le résultat d’une véritable macération de la peau dans l’eau, et qu’on appelle la grenouille.

Cette maladie est caractérisée par un ramollissement, des gerçures, et souvent une usure, une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l’eau. Elle siège de préférence entre les orteils, où elle détermine de vastes fentes ou crevasses, dont la profondeur est quelquefois de plusieurs lignes : on l’observe aussi au talon. Dans son état d’acuité, elle détermine une douleur et une cuisson très-vives lorsque les parties, étant hors de l’eau, commencent à se dessécher. Cette maladie n’a aucune gravité, et le repos suffit pour la guérison.

[Guides-baigneurs. — Michel Lévy a fait d’intéressantes recherches sur les guides qui dirigent les baigneurs aux bains de mer et restent généralement à l’eau pendant sept ou huit heures par jour, pendant la saison active, c’est-à-dire de la fin de juillet au 15 septembre. Ce travail exige beaucoup de vigueur et une parfaite intégrité des organes de la respiration et de la circulation. L’abus des alcooliques s’opposant à la réaction est funeste pour eux. — L’immersion du corps entier dans l’eau produit, dans les premiers temps, de l’anxiété, de l’oppression, surtout après les repas, mais l’accoutumance fait disparaître ces accidents. Vient ensuite le refroidissement des extrémités, surtout si la température est basse, et surtout à la sortie de l’eau ; l’application d’un thermomètre sous l’aisselle avant le bain et après quelques heures de séjour dans la mer a fait constater un abaissement de 0,5 à 1 ou 2 degrés. Un fait trèscurieux, c’est l’abondance de la transpiration qui, dès qu’ils sont au lit, les oblige souvent à changer de chemise, la réaction empêchée pendant le jour se fait pendant la nuit. Cette sudation, loin de les fatiguer, leur laisse un sentiment de bienêtre. Il en est de même de la sécrétion de l’urine qui est augmentée pendant qu’ils sont dans l’eau, parce qu’alors la transpiration cutanée est suspendue. Du reste, santé excellente, point de congestions cérébrales, point d’éruptions ni même de varices. On note seulement de l’œdème des pieds et des malléoles qui disparaissent pendant le séjour au lit. Ils sont sujets

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