CUAP. IV. — DE LA CONSTIT. ET DES TEMPÉRAM
vantes : « Tout homme est doué primitivement et originelle- « ment dTine constitution propre, distincte du tempérament « proprement dit... La constitution est le fond de la nature « individuelle ; le tempérament en est la forme plus ou moins « durable. Enfin la constitution est la formule générale de « l’organisation particulière de chaque individu. » D’après Michel Lévy, les constitutions se jugent par le résultat sommaire de toutes les causes individuelles, telles que le tempérament, l’idiosyncrasie, le degré de force physique, la régularité des diverses fonctions, la somme de résistance aux diverses maladies, enfin, la proportion de vitalité. Ce résultat sommaire s’exprime par les mots force ou faiblesse. Conséquent avec son point de départ, Lévy examine successivement les rapports de la force avec : 1° le tempérament, 2° l’idiosyncrasie, 3° l’âge, 4° le sexe, 5° l'hérédité, 6° l’habitude, 7° la taille, 8° le poids du corps. Pour moi, la constitution est une chose que l’on ne définit pas, c’est la manière d’être de l’organisation de chaque individu; c’est, comme on l’a dit plus haut, la formule générale de l’organisation particulière de chacun, formule qui se traduit, je le répète, par ces expressions force et faiblesse : constitution forte et constitution faible. Sans entrer ici dans aucun développement à cet égard, on peut dire que la force de la constitution de chaque personne est en raison directe des cinq circonstances suivantes : 1° la solidité et la perfection de la structure anatomique des divers organes, 2° la régularité du jeu physiologique des diverses fonctions, 3° le degré de force physique, 4° la résistance aux causes de maladie, 5° l’énergie de la vitalité.
La faiblesse de la constitution est en raison inverse des mômes circonstances. Il y a de nombreuses nuances intermédiaires.
Bibliographie. — Lemnius (L.), De habitu et constilutione corporis, quant Græci triviales xpàmv, complexionem vacant , lib. II. Antuerpiæ, 1561, in-8. — Fouquier, Avantages d’une constitution faible. Th. de Paris, 1802, in-8. — Montegre, art. Constitution , in Dict. des sc. mêd., et vov. plus bas Tempéraments.
§ 2. — Dés tempéraments.
Cette expression est loin d’être nouvelle. Elle est née de cette idée des anciens, qui supposaient les corps organisés formés d’éléments divers, associés pour les constituer, mais dans des proportions telles qu’ils se tempéraient les uns les autres.
Cette organisation ainsi équilibrée, et à laquelle ils don- A. Becquerel, 6e édition. 7
9 8 PREMIÈRE PARTIE. — SUJET DE L’ilYGIÈNE.
liaient le nom de tempérament (tempéré ou parfait) se rencontrait rarement.
Le plus souvent ils admettaient qu’il y avait disproportion entre ces éléments, mais que ces disproportions étaient compatibles avec la santé. C’était là ce qu’ils appelaient les tempéraments proprement dits ou mixtes . La disproportion excessive était appelée intempérie.
[Les dogmatiques, successeurs d’Hippocrate, réunissant les doctrines déjà anciennes des quatre éléments, des quatre qualités, des quatre humeurs, etc., en formèrent un système que j’appellerai quaternaire, e t dont la tradition transmise jusqu’à nous explique beaucoup d’opinions hypothétiques sur les affections climatériques, les constitutions médicales, etc. Le tableau suivant donne une idée de ces concordances tout à fait arbitraires.
1° L’air: — l’humide et le chaud ; — les climats tempérés ; — le printemps ; — le sang; — l’enfance; — le tempérament sanguin; — les maladies sanguines.
2° Le feu : — le chaud et le sec ; — les climats chauds et secs; — l’été; — la bile; — la jeunesse; — le tempérament bilieux; — les maladies bilieuses.
3° La terre : — le sec et le froid ; — climats secs et froids ; — l’automne ; — l’atrabile ; — Fâge viril; — le tempérament mélancolique; — les maladies cachectiques.
4° L’eau : — le froid et l’humide ; — climats froids et humides ; — l’hiver ; — la pituite ; — la vieillesse ; — le tempérament pituiteux; — les maladies catarrhales.]
Sans tracer ici l’historique de toutes les opinions émises sur les tempéraments, nous signalerons seulement les principales.
Hallé admettait qu’il fallait. chercher la raison des tempéraments dans les actions vitales des organes et dans leurs divers degrés d’irritabilité.
Il plaça les fondements anatomiques des tempéraments : 1° dans les systèmes généraux qui sont répandus dans toutes les parties de l’organisme, tels que les systèmes vasculaire, nerveux et musculaire ; 2° dans les principales régions du corps et les principaux organes : les premiers constituaient les tempéraments généraux, les deuxièmes les tempéraments partiels.
Rostan, s’attachant à des idées purement organiques, substitua le mot constitution à celui de tempérament , et en admit six espèces qu’il fondait sur le degré de prédominance ou d’infériorité des divers appareils de l’économie : 1° prédominance de l’appareil digestif, de ses annexes et du foie ; 2Ü prédominance des appareils respiratoire et circulatoire ; 3° prédomi-