CHAPITRE XII
Des infirmités.
Il est assez difficile de définir ce que l’on doit entendre par infirmité. On peut admettre que c’est un état de santé incertain, dans lequel un ou plusieurs organes éprouvent un dérangement dans leur structure ou un affaiblissement dans leurs fonctions, qui les met dans un état de débilité ou d’irrégularité voisin de la maladie, mais qui n’est pas la maladie elle-même.
Les infirmités sont congénitales ou acquises, relatives ou absolues.
Les infirmités amènent plutôt une gêne qu’un désordre morbide dans les fonctions; elles obligent à contracter des habitudes nouvelles plutôt qu’à employer des médicaments ou des opérations particulières. Un certain nombre d’entre elles exercent une fâcheuse influence sur le moral, produisent de la tristesse, et peuvent même conduire à l’hypocondrie.
Les principales infirmités qui méritent véritablement ce nom, et qui ne constituent pas des maladies réelles, sont les suivantes :
1. La plupart des vices de conformation congénitaux compatibles avec la santé.
Dans cette classe très-nombreuse, et dont nous ne pouvons faire l’énumération, se trouvent en particulier, comme infirmités des] plus désagréables, le pied-bot, le bec-de-lièvre, l’adhérence des doigts, celle des membres, l’absence de cloison nasale, l’ankylose congénitale d’une ou de plusieurs articulations, l’atrophie également congénitale d’un membre, etc.
2. Un certain nombre de lésions, résultat de maladies qui ont disparu’ou d’opérations chirurgicales, et qui, n’altérant plus la santé, sont néanmoins la cause d’une gêne plus ou moins grande£dans le commerce de la vie commune ; telles sont en particulier la perte d’un œil ou la cécité complète, la surdité d’une ou deux oreilles, la perte du goût ou de l’odorat, celle d’un j)u plusieurs membres, celle d’un testicule.
On regarde souvent comme une infirmité la présence d’un exutoire, tel qu’un séton ou un cautère.
Telles sont les principales infirmités généralement admises.