TEMPERATURE FROIDE ET SÈCHE
nerveux, chez ceux qui sont affaiblis par l’âge et par de longues maladies; et enfin chez les enfans. Cette température prédispose aux congestions sanguines de toute espèce, aux inflammations de poitrine et aux hémorragies. Les moyens propres à lu. ter contre cette température sont l’exercice musculaire, l’usage modéré des alimens fibrineux, de quelques boissons fermentées, celui de vêtemens chauds. Enfin il Souvient d’échauffer les habitations par une bonne disposition des feux, ainsi que nous le dirons plus loin.
D. Température froide et humide. L’action du froid humide diffère de celle de toutes les autres températures et est la plus nuisible. L’impression qu’elle fait sur la peau est plus vive que celle d’un froid sec au même degré; parce que l’eau lui communique sa faculté conductrice du calorique. Il ne faut pas croire, du reste, que cette action du froid soit tonique, la vapeur d’eau annulle cet ;ffet. La perspiration est alors presque nulle, e système capillaire est dans un état de •esserrement presque permanent. Alors les ligestions languissent, l’appétit diminue,
HYCIÈNE. 7
<)8 FONCTIONS DE NIJTHITION.
les selles sont abondantes, et les urines rendues en quantité considérable; la circulation languit, le pouls est faible, irrégulier. C’est alors que l’on observe un grand nombre de phlegmasies des membranes muqueuses pulmonaire et gastrique. L’intelligence a peu de ressort et d’énergie. Cette température favorise encore le développement des épidémies et des contagions, des fièvres intermittentes, des hydropisies, des engorgemens lymphatiques et du scorbut.
Elle est la seule qui ne convienne à aucun tempérament. Tous ressentent plus ou moins sa fâcheuse influence; c’est donc à l’éviter qu’il faut mettre toute son attention. On obtient ce résultat désirable à l’aide d’une combustion active qui élèvela température, raréfie l’air et vaporise l’eau qu’il contenait en trop grande quantité. Il faut joindre à ce moyen l’usage de vêtemens chauds, d’alimens sains, nourrissans et même légèrement excitans, dont l’effet est de favoriser une réaction du centre à la circonférence, réaction toujours utile. Mais ici n’oublions pas que c’est encore avec une certaine réserve que l’on doit user de ces derniers moyens, puisque l’abus
TEMPERATURE FnOIDE ET HUMIDE. gg d’une pareille alimentation, loin de favoriser l’épanouissement des capillaires de la i périphérie, ne ferait que provoquer les phlegmasies pulmonaire et gastrique que nous avons déjà dit être imminentes sous l’action du froid humide.
IV. Effets de l’état électrique de l'air. — Tous les corps étant pénétrés de fluide électrique*
8 et l’air étant celui par lequel l’action de ce fluide se fait principalement sentir sur le :j corps humain, ce ne serait peut-être pas ici le lieu de traiter de l’action de cet important agent sur l’économie animale. En effet , c’est plutôt par le moyen des nerfs cutanés que l’électricité transmet ses effets à l’économie. On ne peut nier néanmoins que l’air atmosphérique que nous respirons constamment
f n’agisse différemment sur les poumons et la circulation lorsqu’il est peu ou beaucoup chargé d’électricité. Du reste, comme ce
1 chapitre est exclusivement consacré à l’action de l’air atmosphérique sur notre économie, ce serait être incomplet que de négliger de parler de l’action d’une de ses conditions les plus puissantes.
Depuis les belles expériences de Galvani
et de Volta, le fluide électrique a joué un rôle plus ou moins puissant dans l’explication des phénomènes vitaux. Et dans ces derniers temps , les ingénieuses expériences de M. Dutrochet, sur la valeur desquelles ce n’est pas ici le lieu de se prononcer, sont encore venues donner à cet agent un nouveau degré d’importance. Sans donc prétendre déterminer avec une précision que ne comporte pas l’état actuel de nos connaissances, l’action de ce fluide, nous pouvons cependant faire connaître les effets résultant de la surabondance électrique.
Lorsqu’il y a équilibre parfait entre le fluide électrique du globe et celui de l’atmosphère, il ne se manifeste aucun phénomène électrique, et les fonctions de l’homme s’accomplissent avec liberté et facilité, A à tel point que nous ne nous apercevons pas de la présence de cet agent. Si au contraire cet équilibre est rompu , et que les nuées soient chargées d’électricité et qu’elles restent quelque temps dans cet état sans se décharger sur le globe, soit parce qu’elles ne contiennent pas assez de fluide pour qu’il y ait explosion , soit parce qu’elles ne
EFFETS DE l’eTAT ELECT. DE e’aIR. lOI fout que s’équilibrer entre elles; alors les personnes nerveuses, et même celles qui ne le sont pas, éprouvent un accablement particulier, dont l’intensité varie selon le degré d’irritabilité nerveuse propre à chacun. Cet accablement s’accompagne d’agitation in térieure,de malaise, de tremblement dans les membres , d’oppression et d’une anxiété plus ou moins pénible. 11 en est chez, qui cet état de l’atmosphère trouble les diges-
Ii tions,et amène quelquefois de la diarrhée et des vomissemens. D’autres ressentent des douleurs dans les articulations, sur le trajet de cicatrices anciennes, dans les moignons des membres précédemment amputés. Aussitôt que l’équilibre se rétablit dans l’atmo- ; sphère, ces elfets disparaissent. L’unique moyen de s’y soustraire consiste a diminuer la susceptibilité nerveuse; et on obtient ce but en se livrant à quelques exercices mus- : culaires.en s’abandonnant au sommeil, en évitant de trop surcharger l’estomac, et surtout en abandonnant toute espèce de • travaux intellectuels.
Mais si quelqu’un se trouve sur le passage du lluide électrique au moment où la fou-
îoa FONCTIONS DE HUTUITION.
dre éclate, il en reçoit la décharge. Dans ce cas, la commotion reçue se borne tantôt à un ébranlement général très-fort, qui laisse des traces plus ou moins profondes et durables, telles que des brûlures, des contusions; d’autres fois elle peut être assez vive pour déterminer la mort sur-le-champ.
Le plus sûr moyen de se préserver des dangers résultant de la foudre consiste à faire mettre sur son habitation un paratonnerre, et à s’y tenir tant que dure l’orage, (Voyez Résumé de Physique, les principes sur lesquels est fondée la construction des paratonnerres.) Il convient en outre de fuir, pendant l’orage, les maisons et les lieux élevés et terminés en pointe, tels que les arbres et les clochers d’église ; et on doit s’abstenir d’établir aucun courant d’air, soit en ouvrant les fenêtres des appartemens, soit en bâtant sa marche, si on se trouve en plein air.
§ III. — Effets déterminés par les propriétés chimiques de l’air.
Dans le Résumé de Physiologie il a été suffisamment établi que les résultats de l’action
EFFETS DÉTERM. FAR LES PROF R. DE l’AIR. Iü3 de l’air sur l’économie animale, sont i° la conversion du sang veineux en sang artériel; 2° la production de la chaleur animale, qui parait être en raison directe de l’activité de la respiration. Pour que ces phénomènes s’exécutent dans toute leur plénitude, il importe que l’air que l’on respire soit pur et jouisse d’une certaine densité. Si donc, par une suite de causes faciles à apprécier, il arrive que souvent la pureté de l’air soit altérée, il s’ensuivra que la respiration sei'a moins parfaite, et que l’économie souffrira de imperfection de la respiration. Mais , ainsi que nous l’allons établir, les altérations de l’air ne se bornent pas à le priver de son principe respirable (l’oxigène); dans certains cas, ce fluide contient des gaz, des vapeurs ou des émanations délétères, qui deviennent la source de maladies plus ou moins graves. Il convient donc que nous passions en revue chacune des causes qui altèrent la pureté de l’air, et que nous indiquions les moyens de les éloigner, et d’en combattre les effets.
I. Effets de l'air 'vicié par les vapeurs qui se dégagent dans les lieux où l’on prépare les IL -
queurs fermentées. — Ces vapeurs se rencontrent dans les endroit» où l’on prépare e vin, le cidre, la bière, et sont formées par le gaz acide carbonique. Si ce gaz forme seulement la cinquième partie de l’air atmosphérique, il asphyxie ceux qui le respirent, en moins de deux minutes. Lorsqu’il est combiné avec l’air dans une moindre proportion, il détermine les accidens suivans : engourdissement des membres , serrement de poitrine, étourdissement, perte de connaissance, suspension de la respiration, de la circulation , et cessation de ces fonctions si on reste trop long-temps exposé à l’action de ce gaz. Les cadavres de ceux qui ont succombé à cette espèce d’asphyxie conservent leur chaleur et leur flexibilité pendant un temps fort long. On a donné les deux caractères suivans comme propres à faire reconnaître la présence de ce gaz : i 0 il rougit le papier de tournesol ; 20 il éteint les corps en ignition. ( Voy. pour plus de détails le Résumé de Méd. lég. et d’ Hj'g. pub.)
Il y a deux espèces de moyens propres à prévenir les accidens que nous venons d’énumérer ; les premiers consistent à renou-
EFFETS DE l’AIR VICIE PAR TES VA1\ Iü5 veler l’air des lieux où l’on prépare les liqueurs fermentées, en y établissant des portes et des fenêtres dans des directions oppo- ? sées, de tellé sorte qu’il puisse s’établir un ! courant d’air rapide. Les seconds consistent ,! à détruire le gaz acide carbonique en le c faisant absorber par des lessives alcalines.
; Il convient en outre de recommander aux r ouvriers de ne jamais pencher leur tête sur ; la cuve et de ne les laisser travailler qu’ autant qu’ils sont en nombre suffisant pour pouvoir se porter réciproquement secours.
Les mêmes accidens se rencontrent dans les fours à chaux et dans certaines cavités souterraines ; et comme ils dépendent delà 'i même cause, les mêmes moyens leur sont ( applicables.
II. Effets de l’air non renouvelé. — Les nombreux accidens qui résultent de l’air non renouvelé sont principalement dus à ; l’action du gaz acide carbonique dont nous " venons de parler, et à celle du gaz azote. Ainsi que nous l’avons établi , l’azote entre pour une grande partie dans la composition de l’air atmosphérique; mais du moment où celui-ci contient plus des deux tiers
Io6 FONCTIONS DE NUTRITION.
en sus de la quantité qu’on y rencontre ordinairement , ce gaz devient très-dangereux a respirer. En effet, à peu près aussitôt que l’homme et les animaux se trouvent soumis à son action, leur respiration devient gênée, ils éprouvent des vertiges et de la céphalalgie le visage et les lèvres deviennent livides; et pour peu qu’on reste quelque temps exposé à l’action de ce gaz, l’asphyxie survient. Du reste, la rapidité des accidens est toujours en raison directe du nombre d’individus rassemblés dans le même lieu. Dans notre vie sociale, il est très-rare de voir les accidens provenant de l’air non renouvelé, portés à un très-haut degré; cependant il ne faudrait que remonter <je quelques années vers le passé, pour trouver le récit des tourmens effroyables qu’éprouvaient les malheureux nègres à bord des bâtimens destinés à la traite. Les salles de spectacle, où chaque jour un grand nombre d’individus se rassemblent, nousoffrent, quoiqu’à un bien moindre degré, le tableau des accidens que nous avons énumérés : il n’est point rare d’y voir des femmes éprouver des syncopes et des défaillances qui ne reconnaissent pas d’autre cause.
EFFETS DE l’üR NON RENOUVELE. I 07
Il serait superflu d’insister longuement 1 sur les moyens propr js à renouveler l’air des a appartemens ; car aujourd’hui ces moyens sont devenus à peu près populaires. Cepen- : dant il n’est pas inutile de rappeler qu’il ne «suffit point, pour atteindre ce but, de pratiquer plusieurs ouvertures dans chaque ap- Ipartement; il est encore nécessaire qu’elles
■ soient faites dans des directions opposées,
■ afin que le courant qui s’établit enlève rapidement l’air vicié en lui substituant un air
plus pur.
Quand la différence de température entre ftl’air extérieur et celui d’un appartement est ■telle qu’on doive redouter l’impression du jlfroid produite par un courant d’air, on conseille de tirer parti de la seule différence de ■température. C’est ce qu’on obtient à l’aide ' du feu. La colonne d’air qui occupe le tuyau *de la cheminée se trouvant raréfiée par la i?chaleur, s’échappe par le. tuyau, et se trouve l'remplacée par la couche d’air placée à l'ouverture du foyer; au bout d’un certain ■:emps toutes ces couches disparaissent et 1 sont remplacées par l’air plus dense qui s’inî oduit par les portes et les fenêtres, quelque
Jt>8 FONCTIONS DE NUTRITION.
bien closes qu’elles soient. C’est sur le même mécanisme que sont fondés les tuyaux d’appel inventés par M. Darcet (Voÿ. Hyg.pub.).
On renouvelle encore une masse d’air au moyen des ■ventilateurs ; ces machines produisent les mêmes effets que le tuyau d’appel, mais avec plus de promptitude et d’activité. Comme elles sont surtout applicables à l’assainissement des lieux publics et des bâtimens, c’est encore dans le Traité d’hygiène publiquequ’il conviendra d’en parler.
III. F.Jfets de T air ■vicié par les végétaux. — Chacun sait que les grands végétaux contribuent puissamment à l’assainissement de l’air ambiant. Mais cette question ne peut être convenablement traitée qu’a l’ar icle habitation. Ici nous ne parlerons que de l’action des plantes placées dans les appartemens, et des inconvéniens qu’il y a à respirer, à certaines heures du jour, l’air des lieux où se trouvent réunies une grande quantité de plantes.
Les végétaux placés dans un lieu renfermé, et où par conséquent l’air ne se renouvelle qu’avec difficulté, absorbent une portion de son oxigène, qui est remplacé par
EFF. DE L’AIR VICIE PAR LES VÉGÉx. IOf)
une partie à peu près égale de gaz acide carbonique. Ce phénomène n’a lieu qu’autant que les végétaux ne sont pas exposés à l’action des rayons solaires, et il se manifeste aussitôt qu’ils sont à l’ombre. Pendant la nuit surtout , ils absorbent le gaz oxigène de l’air, et en transforment une partie en gaz acide carbonique. De ces faits il faut conclure qu’il est on ne peut plus nuisible de se livrer au sommeil dans les appartemens où se trouvent des fleurs; que l’action délétère de ces corps se fait également sentir dans tous les lieux où l’action solaire ne se manifeste pas; tandis qu’il est utile d’en placer dans ceux qui sont échauffés par cet astre; que l’air que l’on respire le soir, dans les bois, est souverainement malsain, parce qu’il 'est peu riche en oxigène, et chargé d’acide carbonique ; qu’il convient de fermer, après que le soleil est couché, les fenêtres des appartemens ombragés d’une grande quantité d’arbres élevés , tandis qu’il est fort utile de respirer, le matin, l’air des bois, surtout au moment où ils sont soumis à l’action solaire.
Tout ce que nous venons de dire des par-
lies vertes des végétaux est applicable aux fleurs. Les émanations odorantes que fournissent les pétales ont en outre l’inconvénient de causer, aux personnes nerveuses, de vives angoisses, de la céphalalgie, quelquefois des défaillances, des syncopes, des étouffemens ; et, s’il faut en croire le témoignage d’observateurs dignes de foi, ces émanations ont même produit des asphyxies; le plus souvent les accidens se bornent à de la somnolence, avec diminution des battemens du cœur. Il suffit de signaler les causes de pareils accidens, pour indiquer les moyens de les éviter et faire connaître les précautions qu’ils réclament.
IV. Effets de l'air 'vicié par la 'vapeur des corps en combustion. — Les différentes espèces de charbons, la braise de bois, sont les corps dont la combustion peut altérer la pureté de l’air ambiant, et cette altération est toujours due à la présence du gaz oxide de carbone, et peut-être à celle du gaz hydrogène carboné. Les accidens qui se manifestent alors sont d’abord un violent mal de tête, accompagné chez quelques-uns de sentiment de compression à la région des