PHÉNOMÈNES INTELLECTUELS
mènes intellectuels proprement dits, il en résulte que, du moment où cet organe est trop fortement excité, soit par une violente contention d’esprit , soit par un exercice trop prolongé, l’organe s’altère, et ne devient plus qu’un instrument infidèle, que l’intelligence sollicite en vain.
Du moment où, par le fait de l’éducation et des habitudes qui en dérivent, l’homme ne cultive en lui que les puissances dites intellectuelles ou rationnelles, ou tout au moins les cultive de préférence aux autres, les portions de l’encéphale qui sont affectées à cet ordre de manifestations acquièrent un très-grand développement, qui est toujours en rapport avec l’activité de ces facultés. Mais cet accroissement n’a lieu qu’aux dépens des autres parties du même appareil; et alors, moralement parlant, l’homme est incomplet, car il faut reconnaître que nos affections et nos sentimens forment une des sources des jouissances les plus vives que nous rencontrions sur le chemin de la vie. Une activité intellectuelle trop grande, entretenue par des efforts trop prolongés, a en outre l’inconvénient de porter le
trouble clans toutes les autres fonctions de l’économie, telles que le cœur et l’appareil digestif, et nuit à la nutrition des muscles et à celle de tous les autres organes. Tous ces dérangemens se manifestent sous plusieurs formes diverses; ainsi, l’excitation de l’encéphale portée à un trop haut degré se manifeste par les accidens suivans : on éprouve de la chaleur, de la douleur de tête; ; des phlegmasies aiguës ou chroniques du cerveau ou de ses enveloppes se déclarent; quelquefois la folie, la paralysie, l’apoplexie, et même l’épilepsie peuvent survenir.
Dans chacun de ces différens états les autres organes de l’économie refléchissent les désordres cérébraux. C’est ainsi que souvent on observe une plus grande irritabilité de toute l’organisation ; les muscles deviennent faibles, les fonctions digestives languissent, la circulation se trouble, et les poumons ne se dilatant jamais qu’imparfaitement pendant l’inaction prolongée que nécessitent les travaux intellectuels , le cœur ne tarde pas à devenir malade. Mais la réaction du cerveau sur les autres organes se fait principalement sentir sur ceux qui sympathisent
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le plus avec lui, et surtout sur ceux qui sont le plus irritables. C’est ainsi que chez les individus sanguins , ce sont les poumons et le cœur qui deviennent malades; chez ceux qui sont bilieux, ce sont l’estomac, les intestins et le foie qui s’affectent de préférence; tandis que les glandes mésentériques et les glandes sous-cutanées sont les organes qui éprouvent les plus grands désordres chez les lymphatiques.
Celui donc qui, doué d’heureuses dispositions, ambitionnera d’arriver au plus haut degré d’énergie intellectuelle possible, devra ne jamais perdre de vue que, s’il est bon d’exercer l’intelligence, cela ne doit jamais aller jusqu’au point de troubler les fonctions des autres organes. Or, le cerveau épuisant beaucoup la sensibilité des organes, il faut l’exercer modérément et surtout varier les objets auxquels on l’applique. Comme, au moment où il est mis en jeu par l’étude et la méditation, il devient le siège d’une très-grande concentration des forces vitales qui s’oppose au libre accomplissement des fonctions digestives, on doit éviter de se livrer à l’étude peu de
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temps après les repas. Le moment qui doit être préféré à tous les autres pour les travaux intellectuels, est le matin, vu que le< repos de la nuit a réparé les forces , et que l’intelligence, affranchie des préoccupations' que lui suggèrent les travaux de la veille, , a besoin de moins d’efforts pour embrasserr dans leur ensemble les questions quelle veut approfondir, les difficultés qu’elle prétend vaincre. Ceux qui, par état, sont obligés à une contention d’esprit presque continuelle,, ne pourront balancer les inconvéniens de< leur position sociale, qu’autant qu’ils s’astreindront à suivre un régime très-sévère; autrement en peu d’années ils verront leur santé dépérir, et ils peuvent être sûrs qu’un peu plus tôt ou plus tard ils finiront toujours par succomber avant le temps.
§ II. < — Sentimens moraux.
Outre les phénomènes dits intellectuels, on rencontre dans l’homme une autre classe de phénomènes psychologiques qui ont été indifféremment appelés sentimens, affections, actes moraux. De même que les faits