DÉFORMATIONS ET DÉGÉNÉRESCENCE
WR
Lorsqu'il y a synéchie postérieure du bord pupillaire, les mouvements mêmes de la membrane suffisent dans certains cas à lui rendre sa liberté, et alors il persiste sur la cristalloïde antérieure des dépôts d'uvée, vestiges des adhérences rompues; mais le plus souvent la libération est incomplète, la pupille reste déformée, et, sous l'influence des tractions répétées, l'iritis se réchauffe. Les synéchies se complètent, se renforcent (fig. 92); toute communication entre les deux chambres disparaît et l'humeur aqueuse, sécrétée derrière l'iris, le repousse en avant (iris en corolle) ; de là encore des tractions qui provoquent l'exagération de la tension oculaire, des désordres nutritifs et la cécité.
L'oblitération de la pupille survient par un mécanisme analogue à celui qui produit les synéchies; alors des fausses membranes masquent l'ouverture pupillaire et fixent l'iris sur la cristalloïde. La perte de la vision est en rapport avec l'épaisseur et l'étendue du voile pupillaire ; les dangers, que court le malade, résultent encore des accidents glaucomateux auxquels exposent l'exagération de la tension oculaire et les tiraillements de la zone ciliaire.
En prévision des synéchies et de l'oblitération de la pupille, on emploiera les mydriatiques dans le cours de l'iritis ; si
ces lésions existent, on y aura encore recours pour rompre les adhérences et rendre la liberté à la membrane. Ce résultat a été cherché par l'emploi alternatif de l'atropine et de l'éserine, mais il faut attendre pour faire cet essai, car les myotiques réveillent l'iritis. Du reste les mydrialiques, administrés seuls, réussissent souvent et de plus présentent l'avantage de paralyser l'iris et le muscle accommodateur, ce qui met la membrane à l'abri des tiraillements. Mais si, au bout de quelques jours, l'adhérence persiste, mieux vaut abandonner les mydriatiques, dont l'emploi prolongé provoque alors des douleurs et favorise la venue d'accidents glaucomateux. Parfois on peut être amené à pratiquer chirurgicalement la rupture des synéchies ou à faire une pupille artificielle.
Pig. 92.
Synéchie postérieure totale.
t, iris; — c, cristallin; — ch p, chambre
tiostérieure ; — m ex, exsudât s oblitérant a pupille.